Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #4

Jour #4 LSJ 2016Vers 2 heures du matin, j’ai senti que la toile intérieure de ma tente appuyait sur ma tête. Je croyais rêver ou m’être accoté  sur la parroi pendant mon sommeil. Je me déplace un peu. Quelques minutes plus tard, j’éprouve la même sensation mais dans un endroit différent. Avant de me coucher, j’avais inséré des bouchons dans mes oreilles pour éviter de me faire déranger par les feux d’artifices de la St-Jean. Je n’ai donc pas pu distinguer de sons particuliers. J’avais vraiment pas envie de me réveiller et de scraper ma nuit.

Pas d’autres choix que de rechercher l’origine de ces mouvements…y a-il un animal menaçant dans les parrages? Ai-je oublié de la nourriture dans la tente? Trop tard, me voilà aux aguets, merde! Faut  vous mentionner que pour Pierre Julien, dormir, c’est un luxe! Alors quand ça fonctionne, j’essaie d’en profiter au max. OK, je me résigne à sortir la lampe de poche et j’apercois le plus jeune de mes voisins chatons qui s’est libéré de sa laisse et qui cherche un moyen de se faire caresser. J’ai surtout pas envie de sortir dehors à poil au beau milieu de la nuit pour le rattacher ni de me faire déchirer le revêtement de ma tente! J’ouvre donc la fermeture éclair de la tente pour le faire entrer. Laissez moi vous dire qu’il ne s’est pas fait prier.

Je me réinstalle pour dormir et il ne cesse de se frotter sur mon visage et de planter ses griffes dans ma figure. Il finit par s’endormir à un centimètre de mon nez, on dirait qu’il apprécie la chaleur de mon souffle. Ça dure jusqu’à ce que je bouge un peu et recommence le même manège.  Zut, Pierre, tu es en train de bousiller ta nuit de sommeil et la route sera longue demain.  Je me résigne à  aller le rattacher à sa laisse et pour me prévenir de mouliner le reste de la nuit, j’avale un relaxant et couvre mes yeux d’un bandeau opaque. On est équipé ou on ne l’est pas!!! Résulat, je me réveille en sueur à huit heures du matin dans une tente chaude comme un micro-ondes.

Je me sens plutôt ankylosé et la machine est lente à démarré. Le soleil plombe ferme et je suis déjà détrempé une fois que le campement est levé.  Je laisse les bagages à la ferme et roule en vélo jusqu’au Tim Horton à 3 km de là. Mes muscles me manifestent leur désaccord.

J’embarque sur la route vers 10:30h après avoir engobé 2 TimMatin aux saucisses et un gigantesque café. Ouf, que la première côte est pénible à monter. Mon escale doit me mener à Alma mais je sais qu’inconciesment, j’aimerais me rendre à St-Gédéon.

Après un peu plus d’une heure de route, je suis surpris de constater que mes jambes répondent efficacement aux sollicitations du parcours, et deux heures plus tard, je me sens comme un athlète de triathlon.  Je vais douter des directions proposées par mon GPS à plusieurs reprises er même aller jusqu’à rendre les directions proposées par des samaritains rencontrés sur mon chemin. Heureusement, leurs sugestions finissaient par rejoindre l’itinéraire planifié initialement. Seule surprise, un 15km de route de terre un peu rock&roll. J’étais content de rouler sur des jantes de 26 pouces pourvues de pneus de 1.75 pouces.

À l’approche d’Alma, le ciel s’était assombri de nuages menaçant et on entendait le tonnerre vrombir au loin. Mon tour s’en venait! Ça c’est déchainé juste au moment ou j’entreprenais la descente d’une côte à 14%. L’eau ruisselait ferme sur l’asphalte et par prudence, j’ai rebroussé chemin pour m’abriter sous la corniche d’un garage abandonné. J’ai du patienter debout plus d’une heure avant de pouvoir reprendre la route.

J’ai réussi à rejoindre Alma vers 16:30h. J’ai fini par trouver le chemin pour me rendre au traversier et je me suis embarqué sur la véloroute des Bleuets pour rejoindre St-Gédéon comme mon subconscient l’avait planifié. En ce samedi de la St-Jean Baptiste, je redoutais de ne pouvoir trouver d’hébergement convenable et la pluie intermittente me décourageait de chercher un endroit pour camper. Arrivé à la micro-brasserie du Lac à St-Gédéon, j’appelle Claudette pour lui demander de m’aider à trouver un gite. Malheureusement, rien de disponible à un prix abordable.  C’esr alors que l’employé de la brasserie me recommande de chercher sur Air BnB. Je n’avais jamais utilisé ce service et je télécharge donc l’application sur mon cell dont la batterie n’est plus qu’à 17% et dont le signal réseau me rappelle l’Afrique.

Ouverture de compte: veillez entrer vos coordonnées et password. Veillez entrer le numéro de confirmation qui vous a été acheminé par SMS!  Veillez activer le lien qui vous a été envoyé par courriel! Veillez télécharger une photo de vous!  Putain, ils commencent sérieusement à me pomper le système!

Je peux enfin procéder à la recherche de gite et je trouve une offre intéressante à $47/jour, j’achète!

Veillez payer la réservation par Paypal! Je recois un couriel de Paypal confirmant le paiement. Je ne connais toujours pas l’adresse de mon AirBnB!

Pour finaliser la transaction, veillez accepter nos conditions au bas(le texte doit remplir 22 pages format légal). Veillez utiliser votre appareil pour photographier le recto une carte d’identité légale(je ne dispose que de ma carte d’assurance maladie et de mes cartes de crédit). Veillez photographier le verso de votre carte…Je suis sur le point de péter une coche!

Merci, votre réservation est confirmée….apparait une minuscule photo de la maison indescriptible ainsi que le prénom du propriétaire. Aucune adresse, je sens qu’il y a quelquechose qui cloche. Je présente la photo de la maison à plusieurs clients de la brasserie mais personne ne la reconnait. J’embarque sur mon vélo sous la pluie et me dirige vers le dépanneur du coin espérant trouver assistance.  La caissière n’y voit que dalle et demande à un client. Celui-ci pense reconnaitre la maison que son beau- frère a vendu il y a quelques années.  Il m’indique quelle se trouve à plus de 2 km et porte une adresse civique entre 500 et 510. Et c’est reparti sous la pluie!

Arrivé à la maison, je reconnais les arbres qui la dissimule mais aucune âmes qui vivent à l’horizon. Je cogne à la porte de tout les voisins immédiats sans succès jusqu’à ce que j’arrive à un party où une vingtaine de personnes festoient allègrement.  On finit pas trouver quelqu’un qui connait les proprios et leur numéro de cellulaire. Je les rejoins immédiatement au téléphone mais mon interlocutrice me confirme qu’elle n’a reçu aucune réservation de AirBnB. Pour raccourcir l’histoire, j’ai fini par obtenur les clefs de la maison et Claudette m’a fait parvenir une photo de mon passeport pour que je finalise l’ouverture de mon compte.

Me voici donc dans une grande maison totalement bordélique après une journée de 87km de route avec 700 mètres de dénivelé. Après un délicieux repas de côtes levées à la brasserie, je vous souhaite Bonne nuit à tous! Demain, je vais essayer de rallier St-Félicien où mon  ami Alain m’attend chez lui.  Une autre bonne ride mais avec un dénivelé relativement plat.

 

 

 

Auteur : Pierre

À l'aube de la 60'n, je rêve de traverser les Amériques en cyclo-tourisme d'ici quelques années! En attendant, je parcours le Québec en cyclotourisme sur mon Surly et je transforme notre Tandem semi-couché Pino en Tandem Solaire afin de voyager avec Claudette! Early 60's, French Canadian, I love cycling, travelling, nordic skiing and enjoy life! Plan to leave home for a journey across both Americas in a near future!

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