Mai 2019: France/Corse/Italie/Croatie/Dolomites/Autriche/Allemagne et Suisse. 2704km, 32,317 mètres D+

On se prépare pour un départ le 15 Mai 2019 vers Marseille!
7 semaines pour parcourir la Corse, traverser l’Italie vers Ancône, remonter la Croatie en passant par les îles, franchir les Dolomites en Italie pour parcourir ensuite l’Autriche via le Tyrol et franchir la frontière allemande pour contourner le Lac de Constance et terminer le voyage à Zurich le 3 juillet.
Ça promet de belles aventures!

Notre itinéraire
#ffotr Facebook: pierre.julien.925

 

Récit de notre traversée de la France et des Alpes; 2031km et 21,900 mètres D+!

Nous voici à l’aéroport de Nantes à 12;00h le 19 juin, en attente de nos 4 bagages hors dimensions ( 2 boîtes de vélos contenant l’avant et l’arrière du tandem, un troisième avec les 4 panneaux solaires et en prime, la remorque de 140 litres. Heureusement, Air Transat ne nous a facturé que 2 x $30 pour les 2 boîtes de vélos. Quelques minutes d’anxiété au carrousel car l’an dernier, nos bagages avaient été retenus à Paris pendant 36 heures. C’est pourquoi nous avons choisi un vol direct de Montréal à Nantes avec Air Transat.

Notre fidèle ami Thomas est au rendez-vous et nous attend patiemment à la porte de l’aéroport. Les bagages nous ont suivis et nous voici en direction de la maison de Cécile, une amie de Thomas qui nous permet encore une fois de remonter le vélo en toute sécurité chez elle!

On ouvre les boîtes et je constate que l’une d’entre elle est endommagée. Le boitier du chargeur de batterie sur la dynamo de la roue avant est cassée.  Bof, on s’en passera! À 20h, le tandem et la remorque sont remontés. Bravo!

Nous pouvons nous rendre chez Pascaline, notre hôte qui nous reçoit encore sur sa péniche! Le soir, nous allons manger au même Bistro que l’an dernier. Quelle surprise de se faire demander par le serveur si Claudette s’était bien rétablie de notre chute en 2017. Une mémoire d’éléphant!

Seul soucis, le potentiomètre qui gère la consommation du moteur a été endommagé pendant le transport. Le lendemain matin, je pars avec Pascaline pour tenter de trouver un atelier d’électronique pour réparer ou remplacer le potentiomètre. Nous en dénichons un qui est compatible mais impossible à intégrer dans le boitier. Le second atelier me prête un fer à souder pour raccorder les fils. Reste plus qu’à trouver une façon de coller le boitier et le potentiomètre ensemble et d’espérer que ça fonctionne avec le moteur. Voici le résultat :

Malheureusement, une fois sèche, je constate que la résine s’est infiltré à l’intérieur et a endommagé le circuit électronique.  J’envisage de me faire poster celui que j’ai au Québec quand j’ai la brillante idée de contacter un de mes fournisseurs de composantes Ebike en Allemagne. Nous identifions un village où nous passerons dans une semaine et faisons expédier le potentiomètre à la poste restante.  Il ne me restait plus qu’à modifier la programmation du moteur pour qu’il fonctionne temporairement sans ce bidule!

21-22 juin-18; Nantes/Savennières  RELIVE; 95,09km; 11,7Vm; 159D+; 84Cad

Nous entreprenons notre voyage après cette escale de 48 heures. La sortie de Nantes se passe beaucoup mieux que l’an dernier…jusqu’à ce que la chaine de vélo de Claudette ne déraille et se coince entre le bloc moteur et le pédalier. J’essaie par tout les moyens de la décoincer sans succès et je me retrouve avec les mains noires de graisse.  Rien à faire sans endommager ou même risquer de tordre la chaîne.  C’est à ce moment que j’ai un flash : Disloquer le maillon de chaine rapide qui joint les deux bouts de la chaine pour pouvoir l’extraire en la faisant passer entre le moteur et le plateau. Décidément, il faut être McGyver pour faire fonctionner ce tandem!

La chaîne nous causera des problèmes pendant quelques jours, jusqu’à ce que je me résigne à ré-aligner les tubes de chaîne à proximité du plateau de pédalier arrière.

Et c’est reparti pour un tour…direction Savennières à 95km de Nantes, endroit fatidique où Claudette s’est fracturé le bassin lors de notre chute l’an dernier. Vous pourrez lire ce récit d’aventure ici : SuntripTour 2017 https://ffotr.com/2017/07/01/premiere-et-derniere-semaine-en-france/

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À mi-chemin, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire une pause-ravito au petit bistro de Oudon où nous nous étions restaurés l’an dernier. Bien installés sur la terrasse, un jeune couple de cyclotouristes se stationne à coté de notre tandem. Le jeune fille observe notre vélo d’un drôle d’air. Elle s’approche de nous et demande : ‘’Êtes-vous les québécois en direction de Savennières?’’ Nous sommes interloqués, ‘Oui!’ que je lui réponds avec une expression de poisson sorti de son bocal! Elle m’explique qu’ils sont originaires de Suisse et qu’ils sont partis ce matin du Gîte où nous nous dirigeons à Savennières. L’aubergiste les avait avisé qu’ils rencontreraient peut-être 2 québécois sur un drôle de tandem. Pourrait-on affirmer : ‘’Le monde est petit’’?

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Nous reprenons le sentier de la Loire dont plusieurs sections sont en mauvais état. Sentiers de terre et de roches, traversés par des racines d’arbres et parsemés de barrières en S pour empêcher les motos d’y circuler librement.  Il faut mentionner que parfois, ça passe très serré avec notre tandem et remorque et que les bosses projettent la remorque dans les airs si on ne les repère pas à temps. C’est ainsi qu’à 10km du gîte de nos hôtes, la roue de la remorque est expulsée de son socle et recule de 10cm en tordant plusieurs sections de l’armature d’aluminium de nos panneaux solaires. Ayoye, là, on est mal barrés!

Je réussis après plusieurs manipulations à la remettre en état de rouler en espérant se rendre jusqu’au gîte de Savennières.  Il faudra inventer des solutions demain…en espérant ne pas avoir de soudures fracturées car les soudeurs d’aluminium sont difficiles à trouver.

Une escale de 48 heures s’impose pour réparer.  Mes hôtes (Jean-François et Catherine) https://www.facebook.com/chezjeffthebest me prêtent des serres joints et je réussis à redresser le cadre après 2 heures de bricolage.  Est-ce que ça va tenir le coup pendant 2000 kilomètres???

23-juin-18; Savennières/Rigny-Ussé RELIVE; 98,43km; 08:56:32h; 11km/h~; 382 D+; 87Rpm

Le lendemain, nous reprenons la route en direction de Saumur avec un peu d’anxiété. Jean-François et Catherine nous accompagnent sur leurs vélos électriques pendant 15km. Notre objectif est Rigny-Ussé à 100km sur la Loire. Notre moyenne de vitesse est de 20km/h.

Pause-repas à Candes St-Martin où se déroule une compétition de vélos vintages. La ville est assiégée par des centaines de cyclistes. On a de la difficulté à se frayer un chemin entre les barrières et les spectateurs. Un des responsables près de la ligne d’arrivée nous interdit de passer sans raisons valables (Power trip). Bien que je lui explique que notre tandem est long et lourd, il nous sommes oblige à contourner l’obstacle au risque d’une chute. Je ne me suis pas privé de l’envoyer chier en bon québécois!

La route de la Loire est magnifique et longe les deux rives. Comme je l’ai déjà mentionné, les revêtements sont variables. Ça inclus les sentiers de terre de 12cm de large jusqu’aux routes de bitume partagées avec les automobilistes. Beaucoup de détours dans les villages pour nous inciter à encourager les économies locales.

Un peu plus loin sur le parcours, un peloton de 3 cyclistes nous colle au train pendant plusieurs kilomètres.  Lorsqu’ils nous dépassent, on réalise qu’un second peloton les suit un peu plus loin.  On se retrouve intercalé entre les deux à 25km/h de moyenne, on rigole un bon coup.  Un des cyclistes nous dépasse en nous filmant avec son cellulaire. On le laisse prendre les devant quelques instants, jusqu’à ce que j’accélère pour le dépasser à 40km/h. On l’a bien surpris…Claudette en pissait dans ses pantalons car le gars avait une expression de stupéfaction sur le visage tout en agitant le pouce en l’air pour marquer son approbation! LOL!

Nous voici arrivés à Rigny-Ussé, où se dresse le Château de la Belle Au Bois Dormant. Il est 17h et les auberges affichent complet.  Je me dirige vers le bureau du Château pour solliciter de l’aide pendant que des curieux encerclent Claudette et le tandem. La demoiselle à la réception est très courtoise et téléphone plusieurs gîtes de la commune sans succès.  Sa collègue intervient et lui suggère d’appeler la propriétaire du magasin général. Bingo!!! elle possède une maison d’hôte à nous proposer. Je sors du Château et me dirige vers Claudette, les 2 bras en l’air en signe de victoire. Elle est derrière le tandem, une expression de désespoir sur le visage, presque en larmes. Que s’est-il passé? Le tandem a basculé de sa béquille et les panneaux ont heurté les jambes de Claudette en lui écorchant la peau en bas des genoux jusqu’aux chevilles. (on avait oublié de mettre le frein à mains et un curieux s’est probablement appuyé sur la remorque?) Rien de cassé mais elle a les deux jambes en sang. Merde!

On se dirige tout de même vers notre chambre d’hôte (Saladerie Relais De La Poste, 26 Rue Principale, 37420 Rigny-Ussé, France) et la gentille propriétaire se fait un devoir de prendre Claudette en charge. Elle téléphone une de ses amies qui est infirmière dans le village voisin et nous installe dans son gîte. Une belle maison de 4 chambres, un grand salon, une cour intérieure et un stationnement pour le tandem.  Nous sommes les seuls locataires, le gîte nous appartient!

Une heure plus tard, l’infirmière se pointe, stérilise les plaies de Claudette, y applique des onguents et des pansements. Elle lui remet des pansements de rechange, une crème et des médicaments antidouleur.  Elle insiste pour revenir demain matin inspecter ses plaies avant que nous ne reprenions la route. Quelle gentillesse, nous sommes stupéfaits! Un bon repas dans un petit bistro et une bonne bouteille de vin apaiseront nos émotions. La nuit sera salvatrice mais la douleur persiste!

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Après le petit-dej, l’infirmière se pointe encore tel que promis. Vraiment! Elle change les pansements, nettoie encore les plaies et remet à Claudette une prescription de médicaments homéopathiques qui accélèreront la cicatrisation. Elle refuse notre argent et nous souhaite bonne route!  Merci mille fois!

24-juin-18; Rigny-Ussé/Montlouis RELIVE; 67,43km; 03:13:58h; 20,9km/h~; 157D+

Quelle belle journée…avec un vent de face maintenu! Arrivé à Mont Louis, nous nous sommes retrouvés sur la place de la Mairie. L’endroit était désert, à croire que la population avait déserté la ville! Nous étions en fin d’après-midi et nous n’avions réservé aucune chambre.  Après de multiples recherches sur Internet, je finis par trouver la chambre d’hôtes de la Généserie. Le propriétaire (Claude) nous explique le chemin au téléphone mais nous dépasserons la maison de plusieurs kilomètres sans s’en rendre compte.  Claude viendra à notre rencontre pour nous guider.

Nous sommes accueillis dans leur belle demeure avec piscine dans la cour. Comme nous sommes dimanche, nous réalisons rapidement que tout les restaurants du village sont fermés. Claude et son épouse (Monique est un cordon bleu! Nous avons dégusté des produits du terroir, un vin rosé produit par leurs enfants, et quelques autres bonnes bouteilles dans la soirée, pour terminer avec de succulents fromages. Ils nous ont raconté leur parcours de vie et nous avons échangés nos expériences jusque tard dans la nuit! Des moments mémorables, merci!

25-juin-18; Mont-Louis/Suèvres; 73,19km; 07:20:57h; 10km/h~; 336D+

Après avoir roulé toute la journée, on se retrouve à Suèvres vers 17h, crevés et sans logis. On prend une bière sur le trottoir en cherchant en vain une chambre sur Internet. Je me dirige alors vers la Mairie mais elle vient juste de fermer. Un homme arrive en auto et se dirige vers la porte. Je l’interpelle et lui demande s’il y connait une auberge à proximité. Après quelques coups de fil à des amis, il me suggère de me diriger au village suivant au  »Le bonheur de Hotes ».

2 km plus loin, une charmante jeune femme nous accueille chaleureusement dans son auberge qui ressemble d’avantage à un Domaine qu’à une chambre d’hôte. Piscine, jardin privé et table d’hôte gastronomique élaborée à partir de produits du terroir. Au diable la facture….on va se régaler!

26-juin-18; Suèvres/Jargeau RELIVE; 74,2km; 05:57:06h; 12,5km/h~; 121D+; 88Rpm

On aimerait se plaindre du soleil de plomb mais on ose pas! LOL! Sur notre chemin, on fait la rencontre d’un cycliste, Bruno Sanades, qui fait le tour de la France sur un tricycle cargo. Il trimballe une librairie ambulante et vend un livre qu’il a écrit sur la traversée de la France à pieds avec un âne.

On se déniche un AirB&B plutôt très ordinaire et on va souper en ville. Rien de spécial à signaler.

27-juin-18; Jargeau/Chatillon RELIVE; 77,52km; 08:38:40h; 21,2km/h~; 238D+; 87Rpm

Notre journée de mercredi. Une chaleur écrasante. Visite du Château de Sully sur Loire. Passage au bureau de poste où j’ai récupéré le potentiomètre que mon fournisseur allemand ma expédié. Youppie!

Malheureusement, le potentiomètre ne fonctionnera pas plus de 2 jours avant que le câble ne se rompe. On devra faire sans!

Ce soir nous seront hébergés à La Ferme du Buisson, à Chatillon-sur-Loire, Briare. L’aubergiste n’offre pas le repas du soir mais accepte de nous préparer une assiette de charcuteries, fromages et fruits. Délicieux!

Augerge La Ferme du Buisson-Briare
La Ferme a Briare

28-juin-18; Chatillon/Charité-sur-Loire RELIVE; 73,1km; 05:50:12h; 12,5km/h~; 181D+

On est sur le point de charger des frais pour répondre à toutes les questions des curieux qui sont fascinés par les caractéristiques du tandem. On est même invité à une parade de vélo le 27 juillet près de Marseille!!!
Camping ce soir et petite chute qui nous permettra de tester la nouvelle ceinture de Claudette. Elle fonctionne à merveille!

Belle occasion d’étrenner nos chaises!

29-juin-18; Charité-sur-Loire/Nevers RELIVE; 48,26,1km; 02:13:04h; 21,8km/h~; 72D+

Seconde chute en vélo ce soir en tournant trop lentement à un coin de rue achalandé (5 km/h). La ceinture a encore une fois bien remplie sa fonction et Claudette est demeurée en sécurité sur son siège!!!

Récapitulatif: Nous avons quitté le camping ce matin en remarquant qu’une soudure était en train de se fracturer sur le support des panneaux solaires. Gros ennuis en perspective!
Au programme aujourd’hui, nous devons rejoindre nos copains tandémistes Charden-velomonde à Nevers. Partis de Granby en avril, ils roulent sur un tandem Pino comme le nôtre (mais non-motorisé) depuis le Sud de la France. Nos chemins se croiseront aujourd’hui!

Rendu à 12km de Nevers, je sens notre remorque devenir instable et j’entends de drôles de grincements. Vérification faite, le cadre du support des panneaux est bien sectionné, mais pas du tout à l’endroit où je m’y attendais.
On se creuse les méninges pour trouver une solution temporaire!!! J’ai en réserve un morceau de bois qui servait à protéger la fourche du vélo pendant le transport en avion et quelques attaches rapides. J’utilise mon couteau et je creuse un chemin de tout son long pour qu’il s’emboufte sur le cadre en alu. Voici ce que ça donne après une heure de rafistolages.

Je lance un SOS sur Facebook:

URGENT: Besoin d’aide à Nevers:
Est-ce que quelqu’un peu nous trouver un atelier à Nevers qui fait de la soudure d’aluminium pour réparer notre support de panneaux solaires?
Nous arriverons à Nevers aujourd’hui.

Nous reprenons la route et arrivés en périphérie de la ville, nous pénétrons dans un secteur industriel. Pendant ce temps, Charles et Denise m’indiquent qu’ils sont arrivés à Nevers et qu’ils partent à la recherche d’un soudeur d’Aluminium (très rares).
À l’entrée du parc industriel, j’interpelle des ouvriers dans la cour de ce qui semble être une voirie municipale.
On accepte de nous aider mais le temps est limité…et démontage en urgence de la remorque. Nos 2 nouveaux amis font un travail exceptionnel et solidifient l’ensemble de la remorque avec des plaques d’aluminium de 10mm d’épaisseur. Près de 2 heures de travail!

Et nous voilà prêt à reprendre la route jusqu’à Marseille. Encore une fois, nous avons été sauvés par nos généreux et accueillants cousins français. Merci, on vous adore!
Aussitôt arrivés à l’hôtel, nos amis Charles et Denise nous rejoignent pour passer une soirée mémorable dans un restaurant Italien dont l’accueil du serveur et le service nous laisse pantois. Il faut préciser que tout à commencé par une pigeon qui a déféqué en vol en plein centre du menu que Denise tenait dans les mains! Signe prémonitoire? Bref, on entendait une mère battre son enfant qui hurlait au meurtre, le serveur était d’une humeur massacrante, la bouffe ordinaire et la facture salée…

30-juin-18; Nevers/Bourbon-Lancy RELIVE; 86,41km; 03:42:39h; 23,3km/h~; 297D+

87km à faire, 42 roulés sous un soleil de plomb à 35C. Sortir de Nevers a été laborieux. Encore une petite chute sans gravité à l’arrêt. Le parcours du combattant continu pour Claudette! Un repos bien mérité dans un petit village médiéval bien sympathique. Notre hotel La Tourelle de Lancy est génial!!!

01-juil-18; Bourdon-Lancy/Paray Lemonial RELIVE ; 48,03km; 05:14h; 9,4km/h~; 79D+

Un petit bout de chemin en Bourgogne! On appelle plus cela des cannes à pêche mais plutôt des télescopes!!! Elle doit mesurer plus de 6 mètres!

Voici un bel exemple de ce qu’est la véloroute de la Loire avec ses milles et une écluses.

Nous pénétrons dans Paray Le Monial vers 13h sous un soleil de plomb et un mercure frisant les 40C. La ville semble déserte!  À la recherche d’un endroit pour se loger, on se dirige vers le kiosque touristique situé juste à côté de la basilique Sacré Coeur. Il est fermé et personne pour nous indiquer les heures d’ouvertures. On patiente une bonne demi-heure, jusqu’à ce que je trouve le Delfôtel situé à 7km de la ville et pourvu d’une belle piscine.

Arrivé à l’hôtel, Claudette réalise qu’elle a oublié nos 2 gourdes d’eau à côté de la porte de l’information touristique. Il était fermé lorsque nous y sommes passés. On saute sur le tandem et pédalons à toute vitesse en se croisant les doigts! 7km plus loin, elles sont encore là qui nous attendent…Nous sommes vraiment chanceux! Ces bouteilles Camelbak sont isolées et dotées d’un déversoir spécial. Elles ne sont pas disponibles en Europe et nous sont très précieuses.

En soirée, la famille nous servira sur la terrasse une délicieux repas agrémenté de vin régional. Ils sont charmants et très accueillants. Ils me prêtent des outils pour que je puisse bricoler la batterie du vélo.

02-juil-18; Parray/Dennevy RELIVE ; 74,48km;03:02:42h; 24,5km/h~; 116D+

Une autre mésaventure: mon sac d’hydratation momifié dans la glace du petit congélateur de l’auberge! Il a fallu qu’on dégivre le congélateur avec des cafetières d’eau bouillante pour l’en extraire sans la déchirer!

Claudette voulait qu’on aille se marier à la Mairie…j’ai pris la fuite!

Crevaison sur la remorque hier, j’ai réalisé que mon pneu de rechange avait une valve presta alors que le trou de la jante nécessitait une schrader! Comme je n’ai que des Presta, on répare avec une rustine.

Nos dénichons un charmant B&B un peu à l’extérieur du village. Le Petit Dennevy. Notre nous permettra d’utiliser sa laveuse pour faire une grosse brassée de lavage. Ça commençait à urger. En cours de route, nous avons déniché des tubes avec valve Schrader au village précédent. J’en profite pour la changer.

En soirée, aller-retour en ville pour manger un Kebab gargantuesque dans un petit comptoir libanais doté d’une minuscule terrasse sur le coin de la rue.  La chaleur qui régnait dans le resto était infernale en raison des rôtisseurs de viande.

Au retour, je recharge la batterie, le chargeur m’indique qu’elle est en survoltage. Elle ne fonctionne plus! Message d’urgence en Chine et chez Ebikes. Toujours pas de réponses après 24h d’attente. On utilisera que la seconde batterie aujourd’hui.
Ce soir, je re-teste la batterie défectueuse…elle semble s’être remise en fonction après 24h de repos!
Ouf!!! Étourdissant ce voyage! Il faudrait que je suive une formation sur le fonctionnement des batteries au lithium.

03-juil-18; Dennevy/Verdun-sur-Boubs RELIVE ; 65,59km; 06:22:13h; 10,3km/h~; 84D+

Partis à la recherche d’un magasin de vélo, nous faisons un détour vers Chalon sur Saône. On s’est perdu à quelques reprises, on a joué au chat et à la souris pour trouver des tubes de 20’ pour la remorque (qui a crevé hier), et l’enfer pour retrouver notre chemin et ressortir de la ville, sans compter une autre chute sans gravité! En début d’après-midi, des orages électriques pointaient à l’horizon, ce qui a mis fin à notre journée sur une jolie terrasse où on a accepté de nous servir des pâtés et fromages bien que l’heure du diner soit terminée. Heureusement, nous sommes arrivés à destination juste avant le début de la pluie.  Le kiosque d’information touristique nous a déniché un B&B assez particulier.

Y a aussi ces couchers de soleil qu’on n’est pas près d’oublier!

04-5-juil-18; Verdun-sur-Boubs/Poligny RELIVE ; 67,08km;04:31:21h; 14,8km/h~; 684D+

Pour sortir de Chalon, on a tourné en rond pendant un bonne trentaine de 30 minutes dans le village parce que la route était détournée en raison de travaux…Le GPS n’arrivait pas à nous indiquer le chemin qu’il fallait utiliser!

Malheureusement, l’une de nos 2 batteries est hors d’usage. J’ai reçu des instructions de mon manufacturier en Chine. Première fois que j’ouvre un boitier de batterie et ça s’annonce un peu compliqué. On aimerait bien la récupérer! A suivre.

Aujourd’hui, nous avons pénétré dans le Jura. Paysages vallonnés qui sollicitent d’avantage nos mollets et notre unique batterie. Demain, pluie au programme. Bien chanceux, nous nous sommes déniché une magnifique chambre à Poligny dans une Chambres d’hôtes fantastique appelé ‘L’école‘  qui était à l’origine l’école primaire Saint-Louis. Le décor est de circonstance. Le pupitre d’école et tableau d’ardoise dans notre chambre d’hôte. Claudette en profite pour faire la lessive avec notre Hôte Doriane.

La ville est magnifique!

Sa remorque est plus grosse que la nôtre!

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06-juil-18; Poligny/Mouthe RELIVE ; 54,42km; 03:04:19h; 17,7km/h~; 1097D+

Youpie! J’ai réussi à remettre la seconde batterie en fonction. Pour fêter ça, on s’offre un séjour à l’hospice du Grand St-Bernard dans quelques jours. Reste plus qu’à s’y rendre! https://www.aubergehospice.ch/

Nous serons hébergé par Madame Marmet à La Chaumière de Mouthe par un charmant couple qui nous en apprendra beaucoup sur les relations entre les frontaliers, ces Français qui travaillent en Suisse mais qui habitent en France.

Sa voisine acceptera d’entreposer notre vélo dans son garage et de recharger nos batteries sans frais. Merci!

Nous voici au Lac de Joue en Suisse après une descente de 10km euphorique!

Escale à Lutry, Lausanne. Les Alpes nous font un clin d’œil! Demain les choses sérieuses commencent!

On a franchi notre premier col aujourd’hui : Col de Saint Sorlin. Modeste mais beau test pour ce qui s’en vient. Des routes cantonales qui ressemblaient parfois à des sentiers forestiers. Quelques petites frayeurs sur le parcours! La batterie a tenu le coup mais on s’est fait brasser solide! On recharge ce soir et on croise les doigts!

Demain, direction Lausanne et on sera hébergé à Vevers chez les parents de Tessalia Wyss (et Benoit) qui ont traversé les 2 Amériques en tandem Pino en 2016!

07-juil-18; Mouthe\Morge\Vevey #1 RELIVE ; 61,14km; 05:23:05h; 11,4km/h~; 765D+; 85Rpm et Morges\Vevey #2 RELIVE; 33,11km; 03:48:52h; 8,7km/h~; 3095D+

Longue journée dans le Jura avec pause à Morges, près de Lausanne. Assis sur une terrasse, un homme nous interpelle et nous propose une bière pour placoter un peu avec nous.  Il a vécu pendant plusieurs années au Canada et a reconnu le drapeau québécois sur le tandem. Bien sympathique et très volubile! Merci pour ces bons moments!

On reprend ensuite la route vers la maison des parents de Tessalia à Vevey (C’est ici  que Charlie Chaplin a terminé ses vieux jours). Emmanuelle et Philippe nous ont accueillis chaleureusement et nous avons passé la soirée sur la terrasse devant un merveilleux repas a déguster des bières et du bon vin. Je me rappellerai toujours l’expression du visage d’Emmanuelle lorsqu’elle nous a posé la question:  »Mais à quel endroit avez-vous rencontré notre fille? »
 »Nous ne l’avons jamais rencontrée » que nous lui répondons! Sur le coup, son visage s’est figé! LOL!  Puis nous lui avons expliqué que nous avions développé notre amitié sur Facebook et en lisant leur Blog racontant leur Traversée des Amériques. C’est grâce à eux que nous avons découvert notre remorque en fibre de carbone TZC fabriquée en France par Christian Touze.
Étonnamment, Emmanuelle et Philippe avaient exactement le même âge que chacun de nous. Merci mille fois, on vous attend au Québec!

08-juil-18; Vevey\Orsières RELIVE ; 73,07km; 06:12:30h; 11,8km/h~; 884D+

Nous voici au pied du col du Grand St-Bernard à Orsière. 70km et 738mètres d’ascension 4 à 6%.. plutôt facile et on prend confiance. Déjà le tiers de la montée franchi!

En cherchant à longer le Lac Leman, on s’est retrouvés coincé dans un cul-de-sac sur un sentier pédestre de 2 mètres de large. Le virage à 180° a été laborieux!

Trouver notre chambre d’hôte à Orsière n’a pas été une mince affaire. Faut mentionner que n’eut été de notre assistance électrique, nous aurions peiné à s’y rendre tellement la journée avait été éprouvante et le dénivelé important.

On s’est donc retrouvé dans la luxueuse maison de Marie-Claude et Maurice Tornay située en flanc de montagne avec chambre et balcon donnant vue sur la vallée.  Marie-Claude a le pouce vert et son grand potager en témoigne! Les restaurants du village étant fermé en ce lundi soir, Maurice nous réserve une table dans un petit Bistro de la commune voisine, à moins de 10 minutes de vélo de là. Nous y dégusterons une succulente fondue au fromage suivi d’un trou normand offert par la maison!

Au retour chez les Tornay, nous sommes invités sur la terrasse à partager vins et amuse-gueules avec 3 de leurs amis. Ils nous feront notamment déguster La Petite Arvine, un vin vinifiée par leur vigneron et produit à partir d’une récolte de leur vignoble. Nous avons rigolé comme des fous jusqu’à tard dans la nuit en compagnie deux amis de nos hôtes (Martial et Michael). Martial avait des tonnes d’anecdotes à raconter dans un timbre de voix et de mimiques qui me faisait penser à l’acteur Jean Rochefort. Nous avons ri à en pleurer! Merci milles fois pour cette belle soirée!

Demain, 1500mètres sur 25km…On croise les doigts devant l’inconnu. Est-ce que le moteur va résister? Les batteries seront-elles suffisamment puissantes! Aurons-nous l’énergie nécessaire pour pousser les pédales si longtemps?
En tout cas, la météo sera parfaite, même un peu trop chaude!

09-juil-18; Orsières/Gr-St Bernard RELIVE ; 25,13km; 03:37:37; 6,9km/h~; 1510D+

La circulation automobile était plus stressante que le dénivelé! La montée a été longue et soutenue. À quelques reprises, il a fallu laisser reposer le moteur lorsque sa température dépassait les 50C. Nous avons été interpellés tout au long de la montée: des applaudissements, des coup de klaxons, des pouces en l’air et des regards stupéfaits! Nous sommes l’Attraction, pas moyens de s’arrêter sans que les gens ne nous interpellent…et les mêmes questions qui recommencent encore et encore!

L’arrivée au Col est émouvante.  L’auberge de l’hospice du Grand-St-Bernard se dresse des 2 côtés de la rue, au creux du col. Elle dissimule un grand lac qui délimite la frontière italienne. Le paysage est saisissant.  L’auberge abrite 2 sections, un dortoir pour les randonneurs et un hôtel de luxe pour les tandémistes québécois (LOL).  On demande è un commerçant où se trouve la réception? Il nous dirige vers le dortoir…décidément, notre allure ne diffère de celle pas des touristes fortunés!

L’hôtel est presque vide, il est 15h. La préposé nous propose un surclassement pour une chambre à l’angle du bâtiment avec vue sur le lac et les Alpes italiennes. Génial!  Douche, vêtements plus chauds et Beer Time! On se trouve une terrasse à l’abri du vent et on déguste une assiette de charcuterie/fromage accompagnée d’une bière locale.

L’auberge abrite un musé et un chenil pour chiens St-Bernard. La visite en vaut le détour.

En 1855, un croisement est effectué avec des Terre-neuves à poils longs, chiens qui se rapprochaient le plus des saints-bernards par leur intelligence et leur force. Le but désiré fut atteint et les chiens devinrent plus forts et plus endurants. En 1867, un bernois, Henry Schumacher (1831-1903) exposa à Paris des chiens originaires du Grand-Saint-Bernard et en 1884, il fonda le Club suisse du saint-bernard. A la fin du 19ème siècle, l’élevage de l’hospice a eu la surprise de voir naître des chiens à poils longs, ancêtres des poils longs actuels.

Eut été un crime de séjourner en Suisse sans s’offrir une raclette!!! Cheers!

Le directeur de l’auberge nous propose donc un repas typique pour le soir.  Nous serons 2 groupes à partager une raclette en salle privée. Délicieux!

Notre vache du Jura a désormais un St-Bernard pour l’accompagner!

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10-juil-18; Gr-St-Bernard/La Thuile RELIVE ; 76,5km; 03:29:12h; 21,9km/h~; 1385D+;

La descente du col du Grand-Saint-Bernard était époustouflante! 30 km de lacets enfilés à une vitesse moyenne de 27km/h. Les virages en épingle ont tellement sollicité les freins que j’ai dû changer une plaquette arrière à mi-parcours. J’en avais changé une à l’avant la veille au soir.

Le reste du parcours en Italie nous a mené jusqu’à La Thuile. 76km au total sous un soleil radieux pour une arrivée à destination vers 16h.
Des paysages à tomber sur le cul avec le Mont Blanc qui se dressait devant nous. Quel beau voyage!

Dans la ville de La Thuile, le bruit de la rivière est omniprésent. Je me demande quelles sont les répercussions à long terme sur le moral des citoyens? Nous, on trouve ça assourdissant à la longue!

Délicieuse pizza pour le souper et repos sur la terrasse de notre chambre. Notre auberge est une magnifique résidence suisse transformé en B&B par une famille italienne. Le jeune propriétaire perpétue la tradition familiale. Il est entraineur de l’équipe nationale de skis alpin et guide de montagne. Il nous remettra en cadeau un Buff au couleur de l’équipe.

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11-12-juil-18; La Thuile\Val d’Isere RELIVE ; 50,76km; 03:21:28h; 15,1km/h~; 1900D+

Départ de La Thuile à 9h pour entreprendre la montée du col du Petit Saint-Bernard (2188m). La montée est abrupte mais se passe sans difficulté. L’arrivée au sommet est spectaculaire. On s’offre une bière au petit restaurant de la cime. Encore une fois, notre tandem est l’attraction de la journée.

La descente (1350m D-) s’avèrera encore plus spectaculaire que celle de son grand frère. 32 km de descente en épingles avec une vue imprenable sur la vallée.  C’est le Col de la Rosière! Dans 6 jours, il sera la 11ième étape du Tour de France. Les noms des coureurs sont déjà peints sur le bitume et des pancartes de stationnement interdit sillonnent le parcours. Très émouvant tout ça!
Le chemin est étroit, les voitures doivent ralentir pour se croiser. Pas de garde-fou, la chute serait mortelle! Nos freins chauffent, on doit interrompre la descente à plusieurs reprises. Claudette flippe un peu, assise aux premières loges!

Le Col du Petit-Saint-Bernard, l’Hospice y est beaucoup plus modeste qu’au Grand.

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Nous voilà de retour en France. On approche de Tignes avec son barrage imposant.  Nous avons traversé plusieurs tunnels sombres et stressants et les automobilistes sont plus agressifs.  L’arrivée à Val d’Isère est cependant décevante. Cette station de ski internationale semble sommeiller en attendant les prochaines chutes de neige. Il s’y tient le salon annuel du Véhicule électrique. La ville est un gros village touristique où les habitants semblent avoir déserté pour ne laisser place qu’aux commerçants et aubergistes.

Nous décidons de prendre une journée de repos pour faire la lessive, purger les freins hydrauliques du tandem dans un boutique de vélo géniale (Intersportbypitte) et mettre à jour mes travaux sur Internet. La météo est fraiche mais idéale!

13-juil-18; Val d’Isère/St-Michel-Maurienne RELIVE ; 91,07km; 07:55:53h; 11,5km/h~; 1192D+

Sur la montée du Col de l’Iseran, 2 tandémistes nous ont accompagnés pendant quelques kilomètres.  Le cycliste à l’arrière (stoker) était aveugle et le tandem lui appartenait. Il rémunère des cyclistes pour l’accompagner.  Les 2 gars roulaient à fond de train avec leur remorque, sans assistance électrique…des athlètes! Ils nous dépassaient à plus de 70km/h dans les descentes et on les rattrapait dans les montées. Nous nous sommes ainsi pourchassés pendant 2 jours!

Une journée mémorable … encore une fois!!! On commençait à avoir hâte d’arriver à destination. Ce soir: CAMPING au Marintan!

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Camping ce soir!
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De quoi j’aurai l’air après le col du Télégraphe et du Galibier demain?

14-15-juil-18; St-Michel-Maurienne\Monetier les Bains RELIVE ; 57,26km; 05:55:36h; 9,7km/h~; 2009D+

Nous allons gravir un des cols les plus légendaires aujourd’hui: Le Galibier…en passant par Col du Télégraphe. À mi-chemin de la montée, on s’est retrouvé en plein milieu d’une course de cyclistes. Tous étaient stupéfaits de voir notre tandem Pino et sa remorque remonter le Col! Applaudissements, photos, cris d’encouragement!

Nous devons avouer que la montée a été éprouvante. Le moteur et les mollets ont chauffés pas mal!

Journée de repos avant d’entreprendre le Col d’Izoard, 2200m. Espérons que les averses annoncées nous laisseront passer au sec!

Nous serons hébergé dans à L’Hôtel Alley, un SPA grand luxe avec Table d’Hôte gastronomique.

PS: On pourrait être plus mal logé!

Pour finir la journée, le feu d’artifice du 14 juillet! Bonne Fête à nos cousins français!

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Le 15 juillet, c’est la finale de la coupe du monde de soccer en Russie. Les Français affrontent la Croatie à 17h. La ville est en effervescence, les bistros sortent leurs écrans sur les terrasses, les tables sont combles, les drapeaux de France sont déployés. On crie, on râle, on siffle…et l’équipe française gagne de justesse, malgré une grosse bévue de leur gardien. Ouf!  Jusqu’à tard dans la nuit, nous entendrons des voitures traverser Monetier-les-Bains en klaxonnant et en hurlant Vive la France!

16-juil-18; Monetiers/Mont-Dauphin RELIVE ; 75,46km; 07:33:05h; 10,0km/h~; 1489D+;94RPM

Col d’Izoard 1200m D+ sur 19km à partir de Briare. Les derniers km étaient raides (10-12%) et on a travaillé fort mais la descente était délirante. Heureusement, pas de casse mais les plaquettes de freins fondent! Il faut absolument que je les vérifie demain matin!

Pour la première fois depuis notre départ, on se fait prendre par une averse! On arrête sur le bord de la route pour se changer mais il est trop tard, nous somme détrempés. Heureusement, nous sommes à moins de 20 km de Mont Dauphin et la pluie cessera après 30 minutes.

Arrivé dans la forteresse de Mont Dauphin où se trouve notre auberge L’auberge de l’Échauguette, on se frappe le nez sur une porte clause. Je tente de rejoindre l’aubergiste par texto et au téléphone sans succès. Elle finit par se pointer le nez vers 17;30h et nous fait la gueule de bois. Le lundi est son jour de congé et elle n’ouvre qu’à 18h qu’elle nous sermonne. On avait envie de l’envoyer paitre mais nous n’avions pas d’autres alternatives. Elle nous offre une chambre minuscule et étouffante. L’auberge sent le renfermé et les produits de nettoyage. Comme elle n’offre pas de souper le lundi, elle nous dirige vers le gite Le Glacier Bleu que nous n’avions pas recensé sur Internet. La propriétaire Chloé est super sympathique et nous propose des mets du terroir. On regrettait beaucoup de ne pouvoir y déménager!

Le village est une forteresse sans grands intérêts!

À certains virages en épingle pendant la montée de l’Izoard, des photographes se postent aux endroits clefs et nous prennent en photo. Ensuite, il nous remettent une carte d’affaires avec l’heure de la prise de photo et leur site WEB. Ensuite, vous pouvez les acheter sur Internet. Nous en avons choisi 3.

17-juil-18; Mont-Dauphin\St-Vincent RELIVE ; 69,01km; 05:06:32h; 13,5km/h~; 1028D+

Nous arrivons dans les Alpes Sud, en Provence. Hier nous avons longé le lac de Serre-Poncon. Il est d’un bleu qui me rappelle la Carretera Australe au Chili. Magnifique!

On pensait en avoir fini avec les cols mais rien n’est moins vrai. Hier, en fin de journée, on montait un long col de 1234 mètres lorsqu’on s’est rendu compte qu’on avait passé tout droit devant notre Gite…il a fallu redescendre à 1063m! Alors ce matin, devinez comment notre journée débutera?

L’auberge que nous avions réservée ‘La Pension Rolland’ sur Gîtes de France se trouve dans un coin perdu, au creux d’une montagne et au bout d’un chemin étroit. L’endroit est charmant avec sa piscine et une vue saisissante sur la vallée. Le repas était délicieux et la famille qui nous accueille super gentille! Un beau souvenir!

18-juil-18; St-Vincent/Dignes les bains RELIVE ; 57,39km; 06:12:05h; 9,3km/h~; 683D+; 95RPM

Hier matin, avant de partir de Mont-Dauphin, j’avais pris le temps de démonter les plaquettes de freins arrière et avant. Je sentais les leviers de freins s’amollir depuis le dernier col. Je me disais bien qu’après l’Iseran et l’Izoard, elles méritaient une petite inspection.
Conclusion: +/-5000 mètres pour un set de plaquettes.
On a usé 4 paires jusqu’à maintenant. Il n’en reste plus que deux…

Notre journée vers Digne Les Bains. Le parcours enfilait une série de cols entre 1300 et 1400 mètres pour se terminer par une descente de plus de 25kms! Jouissance!..Claudette ne tenait plus sur son siège!
Nous trouverons un B&B grâce au kiosque d’information touristique. L’hotel de Provence. La majorité des hôtels affichaient complet.Super!

19-juil-18; Digne-les-bains/Moustier RELIVE ; 48,32km; 03:33:26h; 13,6km/h~; 562D+; 95RPM

On arrive en Provence avec ses champs de lavande et de tournesols!

Classé un des plus beaux village de France, Moustier Sainte-Marie sied au creux d’une montage. Il est célèbre pour ses artisans et sa faïence.Très pittoresque, il est surpeuplé de touristes pendant le jour. On se penserait sur la rue du Petit Champlain en plein mois de juillet. Nous serons hébergés à l’Hôtel-restaurant Le Relais Moustiers.

Par contre, tard en soirée et tôt le matin, elle révèle tout ses charmes!

20-21-juil-18; Moustier/Trigance RELIVE ; 38,49km; 04:40:59h; 8,2km/h~; 720D+

En direction des Gorges du Verdon. Nous ferons le tour en 2 étapes. les montées se font sous un soleil de plomb et une chaleur accablante! Les paysages sont saisissants et les Gorges impressionnantes! La route est très étroites par endroits et quelques tunnels ajoutent un peu de stress au ravins et falaises qui encadre la route achalandée. Pas toujours idéal pour des cyclistes en tandem avec une remorque!
Un bonne hydratation sera déterminante sous cette chaleur écrasante!

Arrivés à Trigance, une aubergiste qui affichait complet nous propose un Gîte (Lou Cafoucho) chez un de ses amis, Thierry! Son auberge est géniale et il nous propose un appartement sur 2 étages! En plus, il est cuisinier et propose un menu du terroir.

Aujourd’hui, jour de lessive et de repos à Trigance!  Moules à volonté au restaurant Lou Cafoucho…à guichet fermé!

Le 24 heures de repos chez Thierry était un pur plaisir! On a bien rigolé et il nous a offert une nuitée gratuite pour partager plus de temps avec nous! Merci Thierry!

22-juil-18; Trigance/Ste-Croix RELIVE ; 67,84km; 06:59:08h; 9,7km/h~; 1329D+

Nous sommes arrivés à Ste-Croix du Verdon. Les paysages du versant sud des Gorges du Verdon étaient encore plus spectaculaires! Il y avait même un pont où on offrait un saut en Bungee! Non merci!

Encore un fois, des tunnels un peu freakants!

Encore une fois, nous avons évité la pluie! Ste-Croix est une station balnéaire. Notre Gîte ‘Le Comptoir’ est en surplomb sur la falaise. La terrasse est magique et le déjeuner mémorable!!

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23-juil-18; Ste-Croix/Rians RELIVE ; 59,29km; 03:51:44h; 13,8km/h~; 463D+; 92RPM

C’est beau la Provence…mais c’est chaud; 32C aujourd’hui sous un soleil de plomb! Je vous avoue qu’en vélo, ça épuise! Mais bon, est-ce qu’on a le droit de s’en plaindre?
Nous sommes arrivés à Rians! 30km de descente avant d’entreprendre la montée de 2 petits cols.
On a fait un gros effort pour le dernier sourire! Lol!

La journée achève…le soleil se couche…et les tandémistes amoureux se régalent encore!

24-juil-18; Rians/Pourrières RELIVE ; 58,55km; 03:45:22h; 15,6km/h~; 828D+; 92RPM

Nous sommes en avance sur notre itinéraire. Marseille approche trop vite et notre vol de retour n’est que dans 6 jours. Nous partons donc pour un tour de la montagne Sainte-Victoire. Une montagne dans le Var près de Aix-en-Provence. Plus de 34C, la chaleur épuise rapidement nos ressources! On préfère les montagnes! Nous la contournerons en périphérie de Aix-en-Provence. On nous recommande de ne pas pénétrer dans la ville en raison du trafic et de la circulation dense.

Nous logerons au Cottage Sainte-Victoire, un gîte tenu par une charmante famille avec 2 enfants. Ils projettent de venir au Québec en Aout 2019! Bienvenu! Nous passons une soirée agréable avec Jérôme et Diana en leur suggérant un itinéraire pour leur prochain voyage au Québec. Les bons restaurants étant fermés en ce mardi, Jérôme nous dégote une pizza au comptoir du village.

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25-juil-18; Pourrières/Aubagne#1 RELIVE ; 27,61km; 02:51:39h; 9,7km/h~; 300D+

Aujourd’hui, direction Aubagne où nous accueille Michèle, une cyclotouriste que nous avions rencontrée dans un camping au début de notre périple à Charité-sur-Loire. Elle nous avait invité à coucher chez elle..Son mari possède 2 magnifiques chevaux. En fait, il ne connaissait rien aux chevaux mais rêvait d’en posséder un.  Il a négocié pendant un an avec un fermier avant de réussir à l’obtenir.  Un seul hic! le vendeur ne l’a pas avisé que la pouliche était enceinte! Il s’est donc retrouvé avec 2 chevaux quelques mois plus tard!Le croirez-vous?

Un BBQ solaire…et c’est pas une blague!

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25 au 30 juil-18; Aubagne/Carry le Rouet RELIVE  ; 64,36km; 02:51:09h; 22,6km/h~; 632D+

Nous sommes arrivés à destination. J’ai préféré terminer notre voyage à Carry-Le-Rouet plutôt que de rentrer sur Marseille. Plusieurs nous ont mis en garde à propos de Marseille. (Grosse ville, beaucoup de criminalité, danger sur les routes, etc.) En plus, l’aéroport est plus proche que si nous étions à Marseille. Donc, 5 jours libres pour rassembler les boîtes de vélos, relaxer et emballer le tout!

Nous séjournons au charmant hôtel Villa Arena qu’un jeune couple Jérémy et Laeticia viennent d’acheter. Lui est un Grand Chef et leur restaurant ouvrira Jeudi prochain, 2 jours après notre départ. Zut, on va manquer ça!

Prochaine étape…les boites sont prêtes!!! Mais on va attendre à lundi et rouler un peu sur la côte avant de démonter! La route qui longe la côte était étroite et achalandée. On prenait les petits chemins mais on se retrouvait toujours dans des cul-de-sac!

C’est notre 3ieme repas au Resto le Scoop en 5jours. Toujours reçu un accueil fantastique et une bouffe excellente. Ce soir, grosse déception. Notre serveur est antipathique, il apporte la bouteille de vin sans faire gouter, pas de pain sur la table, ne revient jamais nous servir et j’en passe. Dommage, il a presque réussi à gâcher notre séjour à Carry!
Le maitre d’hôtel était en congé, on a senti l’équipe désorganisée!

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Quelques photos des dernières 48 heures…

Izoard payé (2)

FIN!!! À l’an prochain…peut-être l’Italie et la Croatie en partance de Marseille car nos 2 batteries restent en France.  Elles nous attendent chez nos amis aubergistes Laetitia et Jérémy au Villa Arena de Carry le Rouet!

Juin\Juillet 2018: Bis…on retourne faire le tracé de notre Suntrip avorté en 2017.

Hé non, vous n’avez pas la berlue, les billets d’avion pour la France sont achetés!

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Départ le 18 juin vers Nantes et retour le 31 juillet de Marseille.  Nous longerons la Vallée de la Loire, traverserons la Bourgogne et le Jura, contournerons le lac Léman pour grimper dans les Alpes Suisses, Italiennes et Françaises. Nous franchirons les cols du Petit et Grand Saint-Bernard, de l’Iseran, de la Rozière et de la Croix-de-Fer. En direction vers Marseille, nous ferons un crochet pour visiter les deux versants des Gorges du Verdon. Une distance d’un peu plus de 1700 kilomètres avec 25,000 mètres de dénivelés positifs…si nos jambes et l’équipement ne défaillent pas!

Que du bonheur! https://vimeo.com/261628771

Trajet détaillé sur Ride with GPS

On l’avait encore sur le cœur notre Suntrip Tour 2017 avorté!  Il fallait exorciser cette mésaventure et chasser les démons.

Quelques modifications seront apportées au tandem pour sécuriser notre voyage. Il faut comprendre que lorsque nous pédalons, nos souliers sont clippés dans les pédales. En cas de chute, le capitaine (moi à l’arrière en position verticale) dispose de quelques secondes pour dé-clipper et poser pied à terre. Il en va autrement pour la Stoker (Claudette) qui est en position assise avec les jambes allongées à l’horizontale. En dérapant sur le côté, son bassin a glissé de son siège pour heurter violemment le sol.  Résultat: Double fracture du bassin.

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Manoir Hortensia St-Irénée

En recherchant de l’équipement pour mon tricycle HP Velotechnik Scorpion, j’ai découvert une ceinture utilisée pour sécuriser les cyclistes sur leur siège. Après m’être assuré qu’elle serait compatible avec notre Pino, je l’ai importée d’Allemagne. Voici un aperçu de ce que ça donne. Nous avons eu l’occasion de l’essayer à plusieurs reprises cet automne et Claudette en était très satisfaite.  Pour augmenter sa protection, dorénavant, elle portera des gants de cyclistes pour parer les chutes au sol.

 

Le second changement majeur concerne les 4 panneaux solaires de 100Wc/chaque mesurant 550 x 1050cm. Nous avions construit un système ingénieux à l’aide de glissières de tiroirs de cuisine permettant de déployer les 2 étages de panneaux.  Avec une longueur totale de plus de 2 mètres, nous n’avions d’autre choix que de surélever les panneaux au dessus de la roue arrière du vélo pour qu’ils puissent pivoter lorsque nous tournons abruptement. Malheureusement, le centre de gravité s’est retrouvé si élevé qu’il devenait ardu de maintenir le vélo vertical lorsqu’on l’incline à plus de 10 degrés. Il ne faut pas oublier que le remorque pèse plus de 50 kilos avec ses panneaux et les bagages qu’elle contient.

J’ai donc commandé 4 nouveaux panneaux plus courts (800cm) mais plus larges (700cm) pour maintenir la puissance à 100Wc.  Nous essaierons de les rabaisser d’une vingtaine de centimètres au dessus de la remorque et de dégager la roue arrière du tandem. Le second set de panneaux sera amovible et fixé par dessus les deux premiers.  Je vais compléter le montage de ces composantes au cours de l’hiver chez mon ami Jean-Guy Camirand. Espérons que ces modifications rendront la conduite plus stable et moins versante!

Je vais en profiter pour installer des panneaux solaires sur le toit de mon Trike Scorpion.  Bien que j’aie décidé de ne pas participer au Suntrip 2018 vers la Chine, il me servira pour une édition future.

Depuis Décembre, Claudette a repris son entrainement en salle de Gym. Elle est très motivée et je suis fier d’elle!  Les panoramas que j’ai contemplés lors de mon périple vélo en Patagonie me laissent croire que ce sera encore plus spectaculaire dans les Alpes!

Nous avons bien hâte!

En attendant…Vivement l’arrivée du printemps pour qu’on puisse reprendre notre entrainement sur le tandem! Quelques courtes expéditions sur la Côte Nord en perspective!

27 Mai 2018:

Les nouveaux panneaux de la remorque ont été installé sur un nouveau support plus bas et moins lourd.  Chaque panneau (4 au total) compte 5 x 7 cellules comparativement à 4 x 8 cellules sur ceux de l’an dernier. Donc un peu moins long, un peu plus large et un peu plus puissants. Le seul défaut est qu’ils sont plus lourds.  Le manufacturier m’a proposé de laminage avec une pellicule EFTE. Ce matériel a la réputation d’être plus résistant au délaminage, d’être auto nettoyant et d’offrir une meilleur absorption des rayons du soleil.  Le seul hic, c’est qu’ils sont plus lourds que les précédents.  Nous devrions terminer le montage cette semaine et les tester au début Juin…ouf, il ne reste que 25 jours avant le départ.

J’en ai profité pour installer des panneaux sur le Trike et de positionner la batterie sur le bôme avant.

Beaux souvenirs et agréables moments de 2017!

 

 

 

 

 

Mon aventure sur la Carretera Australe en Patagonie-2018

Tout a commencé par une tempête de verglas à Toronto le jour de mon départ. Arrivé à l’aéroport de Québec 3 heures à l’avance avec mon vélo et mes sacoches, je voulais m’assurer d’embarquer avec tout mon kit!

Premier en ligne au comptoir d’Air Canada, on m’annonce que mon vol de 20h est annulé. J’avais une correspondance à Toronto à minuit. La préposé me déniche un siège sur le vol de 18:30h, Youpie!!! Je me retrouve dans la zone internationale…mais ce vol est reporté à 5 reprises jusqu’à ce qu’on confirme son départ pour 23h.  Inutile de patienter plus longtemps à l’aéroport pour espérer rejoindre ma connexion à Toronto sur mon vol vers Santiago à minuit!  Je fais débarquer mon vélo de la soute de l’avion et je retourne à la maison après m’être assuré une place sur le vol du lendemain. Par la même occasion, je venais de perdre mon vol au Chili entre Santiago et Puerto Montt. $$$

Je décolle finalement le lendemain à 16h et arrive à temps avec TOUT mes bagages à Santiago. Je rejoins Puerto Montt vers 21h et mon taxi m’attendait comme prévu!

Puerto Montt est une coquette ville touristique avec sa promenade longeant la côte.

Comme la Carretera est partiellement fermée à Santa Lucia en raison d’un glissement de terrain, je dois prendre 2 traversiers, le premier de Puerto Montt à Chaiten. Ce glissement a définitivement rayé de la carte Villa Santa Lucia…du moins pour un bon moment. Le gouvernement a fait évacuer le village car les risques d’un second glissement sont encore bien présents. La pluie incessante a obligé les secouristes à interrompre la recherche des disparus. C’est un glacier qui s’est décroché en haute montagne emportant avec lui roches et végétation.  Tout ça a provoqué la création d’un gigantesque torrent qui dévalait la vallée engloutissant sur son passage la moitié du village et tuant plus d’une quinzaine de personnes.

16 Janvier, Mardi; 15C

Ballade à Chaiten:

Je fais escale à Chaiten pendant 15 heures avant d’embarquer sur le second traversier de 23h. Je passe la journée à me balader en ville après avoir loué une chambre pour la journée avant que la pluie ne se pointe. J’aurais pu m’en passer… je n’ai pas réussi à dormir de toute façon!

17 Janvier, Mercredi; 11C

Raul Marin Balmaceda/La Junta: Distance: 75.35 km; Temps roulé: 5:55:39; Vitesse moyenne: 12,7km/h; Vitesse Max: 38,5km/h; Gain alt: 773 m; Cadence moyenne: 78RPM

Départ à 23h pour 7 heures de mer jusqu’à Chaiten.  Tout le monde dort sur les banquettes.

Arrivé sous la pluie à 6h du matin à Raul Marin pour entreprendre mon périple sur le Ripio (route de terre et de gravier, genre planche à laver). Je fais un arrêt 2 km plus loin chez le premier Hospedage afin d’y déposer 2 pneus que j’ai apportés pour mes amis Normand et Hélène qui voyagent sur leur tandem depuis plus d’un an.   Ils viendront les chercher dans quelques semaines. Je leur ai offert 2 petites bouteilles de sirop d’érable en cadeau!

75km et 773D+ sous la pluie pour me rendre à La Junta.  Un peu raide pour la première journée d’un cycliste qui n’a pas vraiment la forme.  On prétend que ça revient après la première semaine! Consolation: Lorsqu’il pleut, les véhicules ne soulèvent pas de poussière!

Je croise 3 Chiliens en vélo de montagne quelques km plus loin.  L’un d’eux a fait une chute dans le ripio mou en prenant trop vite une courbe au bas d’une descente. Il a fracturé son porte-bagage arrière dans sa chute.  Je lui offre 2 Tie-wrap en plastique mais je doute que ça fasse l’affaire.  La ville la plus proche est à 75km et la route est en ripio jusqu’à destination.  Il devra sans doute trouver un véhicule pour se rendre à La Junta.

J’ai fait la rencontre d’un australien (Henry) et d’un argentin (Andreas) sur le ferry.  Henry, qui est âgé de 70 ans, a traversé les USA de San Francisco à New York en 89 jours l’an dernier. Après s’être croisé 2 fois sur la route, il me tient compagnie jusqu’à La Junta et nous ne nous quitterons plus jusqu’à El Calafate en Argentine.  Andreas cassera la patte de son dérailleur après 30 km.  J’apprendrai quelques jours plus tard qu’il a réussi à en trouver une par hasard dans un petit magasin de vélo.  Incroyable!

Le plus déconcertant avec le ripio, ce sont les rouleaux de terre, des bosses à répétition, comme un planche à laver.  Difficile à expliquer si vous n’avez jamais expérimenté par vous même! Admettons qu’il est préférable de tenir le guidon à deux mains.  Il est impossible de maintenir un rythme, même en descente. Casse-gueule assuré! Le voyage s’annonce un peu plus compliqué que j’anticipais!

Il a plu toute la journée mais je suis très confortable sous mes vêtements de pluie. Le mercure se tient autour de 09-12C.  Arrivé à La Junta, nous ne trouvons qu’un gîte avec un lit double à se partager….hahaha…plutôt intime pour une première nuit avec mon nouveau copain! Espérons que nous ne ronflerons pas trop!

18 Janvier, Jeudi, 14C

La Junta/Puyuhuapi: Distance: 44.62 km; Temps roulé: 2:56:39; Vitesse moyenne: 15.2km/h; Vitesse Max: 50,5km/h; Gain alt: 728 m; Cadence moyenne: 85RPM

Lever à 7h et on embarque sur la route vers 8:00h. Henry préfère rouler tôt, ce qui est préférable pour éviter la circulation et la poussière soulevée par les véhicules. Henry a beaucoup d’expérience en cyclotourisme et des mollets d’acier. Il est très méthodique et j’apprendrai beaucoup de lui.  Comme il est beaucoup plus en forme que moi, il m’amènera à dépasser mes limites à de nombreuses occasions. Il est un partenaire patient, courtois, et nous nous accordons à merveille.

Partiellement nuageux, 27km de route pavée, nous arrivons à Puyuhuapi vers 11:30h.  Jolie petite ville située sur le bord d’un lac où j’avais réservé un guest house tenu par une allemande. Nous louerons un taxi (Pickup) pour nous rendre au Parc Queulat en après-midi. La route est fermée sur une section de 5km et nous devrons prendre un ferry. On en profite pour embarquer des pouceux dans la boîte. Au souper, nous aurons droit à la parade du Carnaval avec danse et musique.  Malgré la bruine, tout le village est présent!

Le Carnaval à Puyuhuapi!

19 Janvier, Vendredi, 17C

Puyuhuapi/Villa Amengual: Distance: 81.71 km; Temps roulé: 6:22:45; Vitesse moyenne: 12.8 km/h; Vitesse Max: 53,3km/h; Gain alt: 1969 m; Cadence moyenne: 81RPM

Ouf, un grosse journée aujourd’hui.  Départ de Puyuhuapi à 8h et arrivée à Villa Amengual à 20h! Le rythme d’Henry est beaucoup plus soutenu que le mien mais il est patient. Il prend ça cool mais moi j’ai toujours le pied dans le plancher! Les derniers kilomètres ont été pénibles. Je fais attention de bien m’hydrater et on bouffe fréquemment.  J’ai apporté des électrolytes pour diluer dans mes gourdes et des jujubes GU. On bouffe des Snickers, du pain, du fromage, des biscuits, des barres tendres, du chocolat, beurre d’arachides, des cannes de saumon ou de thon, etc… On remplit nos bouteilles dans les milliers de ruisseaux et chutes qui longent la route.

En approchant du village, on rencontre un cycliste au bord de la route pour lui demander de nous indiquer un gîte.  Je suis heureux de constater que mon espagnol 101 n’est pas complètement effacé de ma mémoire car Henry ne parle qu’anglais et Allemand. Il s’avère que ce cycliste est un Argentin dans la 60n qui voyage avec 6 copains venus avec leurs vélos de montagne pour rider sur la Carretera. Il me recommande un guest house et nous convenons de souper ensemble vers 21h. Ce sera un repas très agréable et une bonne pratique pour mon espagnol qui est de niveau semblable à leur anglais. LOL!

20 Janvier, Samedi, 28C

Villa Amengual/Villa Maniguales Distance: 59.07 km; Temps roulé: 3:26:45; Vitesse moyenne: 17.2 km/h; Vitesse Max: 66,6km/h; Gain alt: 692 m; Cadence moyenne: 86RPM

Nous avons fait une pause ravito sur un viaduc surplombant une rivière…encore! À l’approche d’une voiture, à la blague, j’allonge le bras pour leur présenter un biscuit au bout de mes doigts afin de les inviter à partager avec nous.  10 mètres plus loin, la voiture s’immobilise…je m’approche, un peu méfiant!  Le chauffeur et sa conjointe me font un large sourire et m’offrent une grosse barre de chocolat à peine entamée.  Muchos Gracias!  et ils reprennent leur chemin.  Génial, nous l’avons bouffé au complet sur le champ!

Ce fût une magnifique journée ensoleillée et chaude…un peu trop même! Une étape reposante. Les paysages sont à couper le souffle. Le village borde une grande lagune dans laquelle nous n’hésiterons pas de s’y baigner!  L’eau est froide mais devient confortable après quelques minutes d’immersion. Quel plaisir après une journée de vélo!  Ce sera la seule occasion qui se présentera pour se baigner au cours du voyage.

21 Janvier, Dimanche, 22C

Villa Maniguales/Coyhaique Distance: 88.55 km; Temps roulé: 5:42:36; Vitesse moyenne: 15,5 km/h; Vitesse Max: 55,6km/h; Gain alt: 1336 m; Cadence moyenne: 86RPM.

Journée costaude avec de bonnes côtes! À mi-chemin, on fait un arrêt dans un ranch équestre pour se ravitailler.  Nous sommes les seuls clients et nous aurons droit à un hamburger de mouton gargantuesque. Nous traverserons un tunnel dans la montagne au cours d’une longue montée de 12km atteignant D+11% par endroit. Elle sera suivi d’une deuxième montée abrupte avant d’atteindre la ville de Coyhaique. Ouf, j’étais content d’arriver!

Coyhaique est une magnifique petite ville touristique.  Un centre de ski en saison hivernale.  Le cœur du village offre une multitude de boutiques et restaurants le long d’une rue piétonnière. Nous y dégusterons notre premier Parrilla, un plateau de viandes variées grillées sur un mini BBQ au charbon de bois. (Poulet, Boeuf, Mouton, Porc, Saucisses accompagnés d’un gigantesque plats de frites!) Hé non, on en viendra pas à bout!

En sortant du restaurant, on fait une rencontre ahurissante, un chien au comportement pour le moins bizarre!

22 Janvier, Lundi, 15C

Coyhaique/Cerro Castillo Distance: 97,61 km; Temps roulé: 7:02:07; Vitesse moyenne: 13,9 km/h; Vitesse Max: 75,6km/h; Gain alt: 2831 m; Cadence moyenne: 87RPM.

Ouf, celle-là a été tough!  J’ai vraiment été au bout de mes ressources et j’ai failli renoncer à plusieurs reprises, d’autant plus que la journée précédente avait été costaude aussi.  Des montées qui n’en finissent pas, à chaque virage, on espère que c’est la dernière. Je dois pousser mon vélo sur plusieurs kilomètres et des cyclistes plus jeunes que nous rencontrons en font autant. J’en ai même vu un abdiquer! Henry est un ancien coureur de vélo de montagne. Il s’adapte plus facilement que moi et jamais on ne l’entend se plaindre. Un exemple de résilience inspirant!

Vers le 80ième km, j’envisage sérieusement de faire du pouce.  J’avance péniblement par poussée de 500mètres.  Pause…Chocolat…breuvage…jujubes! Rien y fait et le vent de face s’est levé depuis plusieurs kilomètres. Je suis découragé mais je me rend bien compte qu’Henry a encore de l’énergie à revendre.  Merde, je me sens comme un poids lourd.  Je lui propose de continuer seul, il refuse et m’affirme que lui aussi souffre beaucoup.  On envisage même de planter notre tente sur le bord de la route.

Sur le point d’abandonner, je consulte mon GPS Garmin et je constate qu’à quelques km plus loin se profile une longue côte descendante. Exactement ce qu’il fallait pour me ragaillardir.  Nous sommes à environ 25km de Cerro Castillo et nous sommes en ascension depuis 50 kilomètres. Il faudra bien que ça descende à un moment donné!

Arrivé au km 81, nous entreprenons une descente continue sur plus de 12 kilomètres. La jouissance totale et le panorama est à couper le souffle!!! Je m’en serais voulu pour le reste de mes jours si j’avais embarqué dans un camion 25 km plus tôt! La route descend comme un serpent jusqu’au village de Cerro Castillo. Nous faisons un pause dans une halte pour prendre des photos et jouir du moment!

Arrivée en bas, il ventait à écorner un bœuf!

On finit par trouver un guest house plutôt ordinaire ( il y avait des champignons de 6 centimètres qui poussaient dans la salle de bain) et un petit resto sympa pour le souper.  On y retournera même le lendemain pour déjeuner.

Aujourd’hui, Henry a eu 71 ans!

23 Janvier, Mardi, 19C

Cerro Castillo/Bivouac camping sauvage Distance: 52,35 km; Temps roulé: 5:30:39; Vitesse moyenne: 9,5km/h; Vitesse Max: 32,8 km/h; Gain alt: 983 m; Cadence moyenne: 84RPM.

Les derniers 12km étaient robustes! Notre destination est Puerto Tranquillo mais c’est trop loin pour y arriver en une journée. À mi-chemin, on commence à chercher un endroit pour bivouaquer. Un couple de cycliste français nous guide vers un endroit près d’un ruisseau qu’ils ont repéré sur une application IPhone. Malheureusement, une clôture barrée en interdit l’accès.  Ils poursuivent leur chemin alors que nous décidons d’enjamber la barrière. Ce sera ma première nuit sous la belle étoile. Au moins, il ne pleut pas!  Henry a une crevaison lente sur sa roue arrière et en profite pour tenter de la localiser…sans succès! Changement de tube! Depuis ce matin qu’il doit gonfler son pneu périodiquement.

C’est ça le ripio, impossible d’accélérer dans les descente sans risquer de tomber:

J’ai gelé toute la nuit, le mercure a du descendre sous les 0C.  Il y avait même de la glace sur le double-toit de la tente. Lever à 7h et on reprend la route vers 8h.

24 Janvier, Mercredi, 19C

Bivouac/Puerto Tranquilo Distance: 63,76 km; Temps roulé: 4:54:39; Vitesse moyenne: 13,0km/h; Vitesse Max: 47,5 km/h; Gain alt: 892 m; Cadence moyenne: 78RPM.

Étape importante avec une journée de repos pour visiter les célèbres Cavernes de Marbre. Une petite pause me fera le plus grand bien! On arrive en début d’après-midi et on se trouve une auberge à proximité.  J’en avais réservé une sur Booking.com mais on a réalisé qu’il fallait monter 5km de pente pour y accéder!

On magasine nos billets pour la croisière prévue le lendemain et on relaxe en faisant sécher nos tentes. J’en profite pour aller faire laver nos vêtements chez une voisine.

Lever à 7h pour se rendre au bateau. Chanceux, il n’y a qu’une famille de 4 chiliens qui se joint à nous. Les autres embarcations transportent parfois jusqu’à 12 touristes. Nous voguons pendant 30 minutes pour atteindre les cavernes.  La visite durera 2 heures et nous sommes époustouflés par la beauté et les couleurs des cavernes. Un must à ne pas manquer!

Nous passons le reste de la journée à bouffer et relaxer sur une terrasse tout en profitant du WIFI pour communiquer avec nos familles via Facebook. Le WIFI est tellement lent que nous le surnommons WIFOU! Je trimballe mon ordinateur pour maintenir le contact avec mes clients et faire rouler la business depuis le début.  C’est parfois un peu agaçant mais j’ai pas à me plaindre! Quelle chance que j’ai de pouvoir m’absenter du bureau pendant 30 jours tout en continuant de travailler et de voyager.  Joindre l’utile à l’agréable!

26 Janvier, Vendredi, 24.4C

Puerto Tranquillo/Puerto Bertrand Distance: 63,43 km; Temps roulé: 5:47:39; Vitesse moyenne: 11,5km/h; Vitesse Max: 46,09 km/h; Gain alt: 1346 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Une belle journée sans encombres. De bonnes montées en début et fin de journée sous des paysages magnifiques. Rendu à Puerto Bertrand, on s’est arrêté dans un petit resto et j’ai demandé à la serveuse des indications pour s’héberger.  Elle nous propose une merveilleuse chambre dans une bâtiment en construction à l’arrière du resto. Génial!

27 Janvier, Samedi, 19C

Puerto Bertrand/Cochrane Distance: 49,61 km; Temps roulé: 3:55:46; Vitesse moyenne: 12,6km/h; Vitesse Max: 51,1 km/h; Gain alt: 1145 m; Cadence moyenne: ???RPM. Pour revivre ma journée: RELIVE Cochrane

Cette étape est très vallonnée. Ça ne cesse démonter et descendre. Cochrane est la dernière ville dotée d’un guichet automatique (ATM) où nous pouvons acheter des devises pour nous rendre jusqu’en Argentine. Nous y trouvons un guest house potable et passons la journée à se promener en vélo et à déguster des bières dans un petit bistro.  Je vous confirme que les bières artisanales chiliennes sont nombreuses et délicieuses. Bien que je ne boive plus d’alcool depuis plus de 3 ans, je n’ai pu résister à me désaltérer avec la bière chilienne.  Je n’ai trouvé qu’une seule fois de la bière sans alcool.

Nous repartons vers 9h le lendemain après être repassé au guichet ATM et je constate que j’ai perdu mon détecteur de cadence hier.

Nous longeons la Rio Baker. Son eau est turquoise!

28 Janvier, Dimanche, 22C

Cochrane/Bivouac Camping Framboises Distance: 49,02 km; Temps roulé: 4:40506; Vitesse moyenne: 10,5km/h; Vitesse Max: 44,3 km/h; Gain alt: 936 m; Cadence moyenne: ??RPM. Pour revivre ma journée: RELIVE Cochrane

Les prochains 40km seront les plus difficiles ou du moins, les plus dangereux du voyage en raison de la qualité du rupio.  En effet, une vingtaine de centimètres de gravier a été récemment ajouté sur la route. Il est mou, poussiéreux, instable et mal compacté. La roue avant du vélo s’enfonce dedans et dérape en tout sens.  Je réduit la pression dans mes pneus. Il faut ralentir l’allure et être constamment aux aguets lorsque des véhicules nous dépassent. Encore pire dans les descentes, on risque la chute à tout moment. À chaque véhicule qui passe, nous sommes saupoudrés de poussière. J’ai le moral au plus bas! On prend un ravito à l’écart du chemin pour respirer un peu.

À plusieurs reprises nous échangerons nos positions avec un groupe de jeunes cyclistes chiliens. On se dépassera mutuellement à plusieurs reprises. Après une longue descente, nous les rencontrerons encore à l’approche d’un pont. Ils nous indiquent qu’il y a un camping magnifique à 3.5Km dans la forêt.  Après réflexions, nous décidons de les suivre.  Ce sera une très sage décision!

On se retrouve sur une ferme perdue longeant une magnifique rivière. La propriétaire y a aménagé un terrain de camping avec douche (froide), toilette et foyer extérieur.  Un cheval se promène librement au milieu du terrain.  Nous sommes les seuls clients. Le site est enchanteur, que du bonheur!

Je me dirige vers la maison de la fermière pour payer mais il n’y a âme qui vive! J’entends la voix d’une femme au loin. C’est la fille de la fermière qui m’indique qu’elle est en train de cueillir des framboises pour préparer de la confiture. Henry est un grand amateur de fruits sauvages. Je vais donc le chercher pour aller aider la fille.  On se retrouve dans une grande clairière couverte de framboisiers.  Il y en a des milliers.  En moins d’une heure, nous remplissons un 4 litres de framboises et lui remettons en cadeau!  Je lui demande si nous pouvons déjeuner chez elle le lendemain. Yes!!!

Nous passons une soirée magnifique et je prépare un spaghetti sauce tomates et fromage pour nous eux. C’est le paradis!  Vers 21h, nous allons nous coucher bien que la brunante n’arrive que vers 22h.  Le lendemain, déjeuner chez la fermière. Délicieuses brioches et confitures de cerises et de framboises servis avec Nescafé, bien entendu! (Le chilien ne boivent que du Nescafé, à notre grand damne!)

29 Janvier, Lundi, 16C

Bivouac Camping super/Caleta Tortel Distance: 84,59 km; Temps roulé: 6:33:54; Vitesse moyenne: 12,9km/h; Vitesse Max: 48,6 km/h; Gain alt: 972 m; Cadence moyenne: ??RPM. Pour revivre ma journée: RELIVE Caleta Tortel

Journée costaude. On savait que la route serait longue et qu’il y avait peu de possibilité que nous atteignons Caleta Tortel en une journée. Pour s’y rendre, nous devons quitter la Careterra Australe pour franchir 20km en direction de l’océan. Ce village est reconnu mondialement pour ses trottoirs en bois. C’est la seule façon de circuler dans le village. Pittoresque!  Arrivé à l’intersection en fin de journée, nous y rencontrons une jeune cycliste Suisse que nous avions croisé à deux reprises plus tôt cette semaine. Elle revient de Tortel et nous indique qu’il y pleut tout le temps! La route descend sur plusieurs km avec une remontée abrupte vers la fin.  Nous profitons d’un vent arrière et décidons d’essayer de l’atteindre. Ouf…j’ai poussé fort!

Nous avons atteint le village vers 17h. Sur la place principale, un kiosque touristique vous indique les pensions disponibles pour nous héberger. Le préposé nous propose un gite au bas des escaliers (quelques centaines). Ça fait pas mon affaire pantoutte! Il nous propose de camper sur une plate-forme en bois! Pas vraiment, merci!

Je demande à Henry de surveiller les vélos pendant que j’entreprends de cogner aux portes des maisons à proximité du stationnement pour trouver un gîte plus facile d’accès. Bingo!

Nous sommes allés diner dans un petit bistro qui n’offrait que du pain et des confitures. Vers 20h, une pluie diluvienne ne cessera de tomber jusqu’au lendemain!

En soirée, nous irons souper dans un charmant petit resto à la cuisine prétendument française. Le proprio était vraiment sympa!

Lever vers 7h am.  Nous profitons d’une accalmie pour aller visiter le village. Les trottoirs se prolongent sur plusieurs kilomètres. C’est magique de parcourir la baie sur ces planches de bois franc pendant que plusieurs chiens nous accompagnent! Nous nous sommes promenés jusqu’à 9h sans réussir à trouver un seul endroit pour déjeuner. En dernier recours, nous nous sommes rendus chez la boulangère du village qui a accepté de nous préparer exceptionnellement 2 cafés et de nous vendre des gâteaux pour déjeuner. Elle est allée chercher les cafés dans sa maison à l’arrière!

30 Janvier, Mardi, 12C

A) Caleta Tortel/Puerto Yungay ; B) Rio Bravo/Refugio Distance: 25,92 km; Temps roulé: 1:49:36; Vitesse moyenne: 13,5km/h; Vitesse Max: 13,5 km/h; Gain alt: 450 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Nous quittons Caleta Tortel en voiture. Je déniché un chauffeur pour nous reconduire à l’intersection quelques 20km plus loin. Ça ne me tentait pas de me retaper la même route qu’hier. Nous avons ensuite roulé jusqu’au traversier de Puerto Yungay\Rio Bravo. Nous avons bouffé au resto du quai en attendant le bateau.

La traversée a duré environ 90 minutes. Arrivé de l’autre côté à Rio Bravo, nous avons roulé pendant 12km avant de trouver un refuge abandonné sur le bord de la route. Je suis allé demandé l’autorisation de camper au propriétaire et nous nous sommes installés pour la nuit. Une heure plus tard, un des jeunes que nous avions rencontrés sur le ferry est venu nous rejoindre. Un cyclotouriste argentin en vacances pour 6 semaines. Après le souper, nous avons placoté jusqu’à 20 heures et puis dodo pour tous dans nos tentes respectives que nous avions montées à l’intérieur du refuge.

31 Janvier, Mercredi, 8C

Rio Bravo Refugio/ Refugio de Jorge Distance: 57,75 km; Temps roulé: 4:30:36; Vitesse moyenne: 12,8km/h; Vitesse Max: 50,4 km/h; Gain alt: 1211 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Lever à 7h après une nuit glaciale.  On plie bagages après avoir ingurgité un bol de céréales et un Nescafé. Notre ami Argentin décide de faire la grasse matinée. Quelques bonnes bosses sur le parcours et la pluie s’installe en début d’après-midi. On nous avait recommandé le refuge de Jorge à 55 km de Rio Bravo. On s’arrête à la première maison que nous rencontrons et demandons si on peut camper au propriétaire. Il ne parle pas un mot d’anglais mais on finit par comprendre qu’on peut s’installer un peu n’importe où. Le sol est en forte pente et la forêt est intense. Après plusieurs minutes à rechercher un talus horizontal, j’en conclu qu’on est pas au bon endroit.  Je sors mon espagnol 201 et j’essaie de faire comprendre au proprio qu’on recherche un Refugio. Il finit par nous indiquer qu’il y en a un 5 km plus loin.

On reprend la route sous la pluie et on tombe sur le fameux refuge de Jorge. Je vais demander la permission qui nous est accordée avec un mot de bienvenu!  Le refuge est une cabane en bois dont les planches pivotent pour laisser entrer l’air. Surprise en ouvrant la porte…un gros feu de foyer réchauffe l’endroit. C’est très rustique mais au moins, nous sommes à l’abri de la pluie et bien au chaud.  Il y a même une bécosse sèche à l’arrière.  Un ruisseau roule de l’autre côté de la rue où nous pouvons nous approvisionner en eau potable.

Une demie-heure plus tard, on entend quelqu’un arriver avec une brouette de buches. C’était le célèbre Jorge!  Il ne parle pas un mot d’anglais et est collant comme une mouche. Il s’est paisiblement assis à côté du foyer et nous a observé pendant de longues minutes…pendant des heures! En réalité, il est resté avec nous pendant au moins 2 heures, jusqu’à ce que nous lui fassions comprendre qu’on devait préparer notre repas et dormir.  On a bien essayé d’échanger un peu avec lui.  J’ai cru comprendre qu’il est né à O’Higgins, qu’il est célibataire, que ses seuls amis sont les cyclotouristes qui font escale au refuge. Il est bien gentil Jorge, mais c’est un méchante tache à marde comme on dit chez nous.

Il est revenu en soirée nous porter 2 bûches mais nous avions déjà fait une razzia dans la forêt de l’autre coté de la rue.  Nous avons réussi à le mettre dehors pour dormir mais on s’est fait emboucaner solide pendant la nuit, à tel point qu’Henry a dû ouvrir la porte pour ne pas étouffer (il fait de l’asthme) .  Nos vêtements et sacs de couchage auront une odeur de fumée pour le reste du voyage!

Nous avons levé le camp vers 7 heures avant que Jorge ne se pointe encore. En faisant mes bagages, j’ai remarqué qu’il manquait un mousqueton sur l’une de mes sacoches. Henry me dit qu’il l’avait aperçu sur le plancher la veille… Jorge?

En discutant avec notre amie Cycliste Suisse le lendemain, nous apprendrons que Jorge l’a harcelé sexuellement la veille. Il réclamait des baisers et voulait qu’elle aille avec lui dans sa maison. Elle a eu la peur de sa vie!  Heureusement, d’autres cyclistes sont arrivés dans la soirée!

1 Février, Jeudi, 12C

Refugio de Jorge/Villa O’Higgins Distance: 31,15 km; Temps roulé: 2:23:49; Vitesse moyenne: 13,0km/h; Vitesse Max: 49,0 km/h; Gain alt: 467 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Villa O’Higgins, avant dernière étape au Chili avant de prendre le traversier pour l’Argentine. La route qui longe le Lago Cines est splendide mais il en va tout autrement des 10 derniers kilomètres de rupio.  Ils devaient surement servir à graver dans votre mémoire combien il est parfois pénible et enrageant de rouler dessus! L’Enfer avec ses planches à laver, ses côtes pentues et sa poussière. Un bon vent de face pour agrémenter le tout!

Mais quelle satisfaction d’arriver à destination!

O’Higgins est un charmant petit village touristique et constitue la fin de la Carretera Australe. Impossible de se rendre plus loin avec un véhicule moteur!

Le défi consiste ici à se trouver un place sur l’un des trois traversiers qui assurent la liaison avec l’Argentine. La procédure de réservation est chaotique, voir anarchique sinon délirante! Il faut mentionner que le plus gros des 3 traversiers est hors d’usage depuis plusieurs mois.  Les 2 autres peuvent transporter 18 passagers et entre 5 et 7 vélos sur le pont arrière. Il peut y avoir 2 voyages par jour selon l’humeur des capitaines et des conditions météo. Les 2 premiers quittent le port vers 7h du matin. Si le vent le permet, les capitaines acceptent parfois de faire une deuxième traversée vers 13h. Prenez note que les vagues passent parfois par dessus le bateau!

La première étape consiste à enregistrer son nom sur les listes d’attente.  Comme il y a 2 compagnie maritime différentes, il y a 2 listes. Pour ajouter un peu de piment, les touristes s’inscrivent sur les 2 listes en espérant embarquer sur le premier qui se libère. Ça fout le bordel total.  Pas moyen de savoir quand nous embarquerons, mais on nous prévient que ce ne sera pas avant 3 ou 4 jours. Nous rencontrons des cyclistes qui attendent depuis une semaine. Au moins, du côté de O’Higgins, il y a des hôtels, des restaurants et des épiceries. Si vous venez dans l’autre sens, il n’y a aucune nourriture disponible de l’autre côté du lac. Imaginez 5 jours sans bouffe!!! Heureusement, la majorité des voyageurs connaissent la situation et l’entre-aide est de mise.

Pour mettre les chances de notre bord, je suggère à Henry de louer notre chambre chez la femme de l’un des capitaines.  Elle tient une auberge et des cabanas. On ira même jusqu’à y prendre nos soupers pour qu’elle nous aime encore plus! On s’installe donc pour quelques jours, tout en rayant mon projet de visiter Torres Del Paine en raison du manque de temps avant de m’envoler de El Calafate. Nous sommes mercredi!

3 Février, Samedi, 22C

O’Higgins/Candelario Mancilla Distance: +/-12 km; De O’Higgins au bateau; du Quai au Douanes; Des douanes au camping sauvage.

Vendredi, elle (Ana) nous laisse un petit espoir pour le voyage de l’après-midi….mais il sera annulé. Samedi matin au déjeuner, je lui montre mon billet d’avion pour Buenos Aires le 11 février tout en lui expliquant que j’ai besoin de 5 jours de vélo au minimum pour me rendre à El Calafate. Mon calme, mon sourire et ma gentillesse finiront par porter fruits!

Vers midi, elle me suggère de préparer nos bagages au cas où…et vers 13h, elle nous confirme de nous rendre en toute urgence au port qui est à 7 kilomètres d’O’higgins.  Ni une ni deux, on roule comme des débiles jusqu’au port!

Arrivé au quai, l’ambiance est tendue.  Il y a 7 cyclistes et un groupe de 15 marcheurs australiens sur un tour organisé. Moi et Henry sommes arrivés les derniers, on fait pattes blanches. Soudainement, le Capitaine nous crie d’avancer avec nos vélos. On passe devant tout les autres cyclistes et les 4 jeunes commencent à se plaindre argumentant que ça fait une semaine qu’ils attendent et que leurs billets sont déjà payés! Des Carabineros surveillent l’embarquement. On monte avec les vélos, le cœur plus léger! Quelle chance nous avons! Notre stratégie a été payante!

La traversée a été mouvementée. 2 heures à se faire brasser par le vent et les vagues.  Les derniers 30 minutes ont été holé holé!

Rendus à Candelario Mancilla, il y avait un camping à côté du port. Nous avons préféré passer immédiatement aux douanes pour faire un bivouac sauvage quelques kilomètres plus loin afin de tenter d’embarquer sur le traversier de 11h à Lago Del Desierto demain.

Les 8 premiers kilomètres en sortant du traversier sont costauds. Un montée continuelle avec des dénivelés variant de 7 à 14% sur un ripio impossible à rouler sur le vélo.  On pousse continuellement! Nous avons parcouru 4 kilomètres avant de trouver un terrain plat à l’abri du vent pour planter nos tentes.

4 Février, Dimanche, 14C

Candelario Mancilla/El Chalten Distance: 48,39 km; Temps roulé: 3:37:49; Vitesse moyenne: 13,4km/h; Vitesse Max: 38,9 km/h; Gain alt: 861 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Réveil à 5h du matin, il fait encore noir. La nuit a été fraiche et courte. C’est pas l’envie de me blottir au fond de mon sac de couchage qui me manque!  On plie bagages, Henry nous prépare un café et des céréales avec du lait en poudre et de l’eau chaude. Beurk!…mais il faut se mettre quelque chose dans l’estomac avant d’entreprendre le mythique sentier vers Lago Del Desierto!

Le soleil se lève et nous offre des éclairages magiques sur la montagne. On pousse, pousse et pousse.

Arrivé au sommet, la piste fait 2 mètres de large et devient partiellement carrossable sur 3 à 5 kilomètres. Il faut rouler avec prudence sur cette corniche car la falaise est profonde et escarpée. Soudainement, on aperçoit un pancarte de bienvenue en Argentine. Surprise, le sentier passe de 2 mètres à 50 centimètres de large. Ayoye, c’est un sentier pédestre!

Nous traverserons des marécages, des cours d’eau à pieds nus, des forêts enchanteresses, des montées dingues, des talus à 20%D+, des passages étroits entre les conifères, et j’en passe. Ce sentier nous laisse des souvenirs inoubliables et merveilleux. Tout un défi mais tellement fascinant. Nous nous comptons chanceux car depuis quelques jours, il n’y a pas eu de pluie. Le sentier est presque sec!

À 3 ou 4 km de la fin, du sommet de la montagne, on aperçoit le Lago Del Desierto .  Il est 10;50h et le traversier est encore à quai. Encore un peu d’espoir mais nous ne nous faisons pas d’illusions, ça va être serré.  Je prends les devant et pousse du mieux que je peux dans la longue descente mais le sentier est tellement accidenté qu’il est impossible d’accélérer sans tomber.  J’arriverai au quai à 11;15h pour voir le bateau s’éloigner à 500 mètres de moi.  Déception, mais heureusement, il y sera de retour vers 17h.

Nous passons par le contrôle frontalier pour estampiller nos passeports et officialiser notre entrée sur le territoire Argentin. Nous profiterons de la journée pour laver nos vélos, admirer le paysage et les bourrasques de vents qui soulèvent l’eau sur le lac comme des tempêtes de sable: Lago Del Desierto tient-il son nom de là?

Chili Photo Henry (25)

Le bateau revient vers 18h et le vent nous fait craindre le pire…mais on largue les amarres vers 6:30h. La traversée se passe sans encombres mais c’est très impressionnant de voir les gouttelettes d’eau balayées par le vent. Nous accostons à destination vers 20h. Il reste environ 38km de rupio avant d’atteindre El Chalten et la pluie s’est mise de la partie. Le parcours est relativement plat et nous bénéficions d’un vent de dos.  Par endroit, la route est inondée par la rivière.

Nous rejoignons El Chalten à la brunante vers 21;30h. J’avais réservé une chambre double dans une magnifique auberge avant de partir de Québec.  J’offre à Henry de la partager avec moi.

5 Février, Lundi, 19C

El Chalten est une petite bourgade très touristique situé au pied du Fitz Roy.  C’est une plaque tournante internationalement reconnue pour ses multiples sentiers pédestres en montagne. On se croirait en Suisse! Des dizaines de restaurants et de boutiques offrent des produits aux nombreux touristes. Un confort occidental parfait mais le cachet argentin en prend pour son rhume!

Henry reprend la route vers El Calafate après-demain. J’irai le rejoindre en bus 2 jours plus tard. Au programme: lecture avec ma liseuse, promenades dans le village, copieux repas dans les restaurants argentins.  Déjà trois semaines qu’on voyage ensemble! Ça fait du bien de me retrouver seul à relaxer à mon rythme. J’aurais aimé escalader le sentier qui se rend au Fitz Roy mais d’épais nuages enveloppent la montagne et mon corps n’a pas envie de se faire violence.

8 Février, Jeudi, 18C

Je prends le bus à 13h en direction d’El Calafate. 235km de pampa.  Le chauffeur me demande de retirer les pédales, la Roue Avant et le guidon pour pouvoir loger le vélo dans le compartiment a bagages. On m’avait prévenu que le vélo pourrait suivre dans un autre bus en cas de manque d’espace. Ouf!

Le paysage change dramatiquement dès la sortie de El Chalten. De plaines à pertes de vues et aucun arbre à l’horizon..et le vent qui ne cesse d’augmenter. Ça me fait penser à Henry qui s’est tapé ces 235km en 48 heures.

J’arrive à El Calafate vers 16;30h.  Je reçois un texto d’Henry.  Il a choisi un autre hotel que le mien.  Celui que j’avais réservé est en haut de la montagne, à 3km du centre-ville. J’annule ma réservation et je rejoins Henry quelques minutes plus tard. Son hotel est super.

El Calafate est un gros village touristique et constitue le point de départ pour se rendre au glacier Perito Moreno. Henry a déjà acheté les billets pour demain matin. On s’offre une bonne bouffe avant d’aller se coucher tôt pour l’expédition au glacier.

Le bus se pointe à 8:30h et nous nous dirigeons vers le terminus où un luxueux autobus nous attend.  Le trajet pour se rendre au Perito Moreno durera presque 2 heures. Nous arrivons dans un gros stationnement vide situé à proximité d’un gros restaurant. L’endroit doit être très achalandé en milieu de journée! Des indications nous dirigent vers de modernes passerelles en acier qui se rendent au glacier. Un panneau nous indique qu’il y aura plusieurs kilomètres de passerelles à parcourir.  Après quelques minutes de marche nous apparait le glacier au loin.  La scène me coupe le souffle. Il est gigantesque! J’ai pris des centaines de photos…mais aucune ne semble rendre hommage aux images que j’ai sous les yeux!

Tout simplement Grandiose! On se sent minuscule devant autant de beauté!

J’aurai même droit à un évènement spectaculaire.  C’est ce qu’on appelle être au bon endroit, au bon moment, et avec la caméra en marche!

Nous retournerons à El Calafate vers 16 heures. Quelle journée mémorable…et un souper typique nous attend en ville!

Encore une fois, on se paye la traite. Nous irons dévorer un parrilla (barbecue argentin avec d’énormes morceaux de viande qui cuisent sur une braise blanche) dans le plus chic restaurant de la ville. Pour couronner le tout, on s’offre notre première bouteille de vin du voyage, un savoureux Syrah Argentin.

C’est notre repas d’adieu! Henry poursuit sa route jusqu’à Ushuaïa demain. Pour ma part, je dois démonter mon vélo pour prendre l’avion en direction de Buenos Aires dans 2 jours.

Henry a été un compagnon de voyage idéal.  Je n’avais pas prévu voyager en duo et sincèrement, l’idée ne m’avait même pas effleuré l’esprit! Nous nous sommes entendus comme des copains d’enfance. Aucune tension, un respect mutuel total, un rythme similaire, même si Henry a dû m’attendre à quelques reprises. J’ai beaucoup appris de lui et il a su m’amener à dépasser mes limites. Je n’aurais jamais pu franchir de si longues distances en solo, du moins j’en doute fort!  Merci Henry, j’espère que nous aurons l’occasion de faire un autre voyage ensemble un jour…Le Pamir?

10 Février, Samedi, 18C

J’ai pris possession de la boîte que j’avais réservée avant mon départ dans une boutique de vélo locale. USD$25 pour une boite de carton qui avait déjà au moins un voyage trans-atlantique dans le corps. (Étiquette de France sur la boîte)…mais elle est parfaite! Me voici donc prêt à rentrer à la maison.

Après une escale de 36 heures à Buenos Aires, j’ai pris le Vol AC93 en direction de Santiago/Toronto/Québec.

Fin de l’aventure! Un petit montage Vidéo de mon périple!IMG_8625

Des nouvelle de mon périple en Patagonie

Bonjour à tout mes abonnés!

Je fais un voyage fantastique en Patagonie et je rencontre des gens super intéressants. Comme j’ai pas envie de passer mes soirées à écrire sur le Blog à tout les jours, je vous demande de me suivre sur Facebook pour voir mes photos et impressions.

Mon compte Facebook est le: pierre.julien.925

Lorsque j’aurai une journée de repos, je vais essayer de publier un article détaillé pour vous faire partager tout ce qui m’arrive.

Voici quelques IN:

Aujourd’hui, ce fut ma plus exigeante journée de vélo a vie!

J’en ai bavé!  3 heures de montées d’affilé avec des Dénivelés de 8 a 14% sur des chemins de gravelle (Rupio).  Vous devez considérer que c’est ma 3iéme journée de voyage. Mon corps n’est pas encore habitués a rouler en vélo. ä prends normalement 7 a 10 jours à s’acclimater.  Je suis TRÈS fier de moi.

Puyuhuapi  à Villa Amengual

Distance 81.71 km
Temps sur la route: 10:14h
Temps de pédalage: 6:23:12
Vitesse moyenne; 12.8 K/H
Gain alt: 1,969 m

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Direction Amengual

Désastre Naturel en Patagonie, ça se complique!

Noël est à nos portes et un malheur se déchaine sur la Carretera Australe.  Le village de Villa Santa Lucia a été emporté par un éboulement de boue provoqué par les pluies diluviennes des derniers jours: 8 morts et 16 personnes portées disparues. La ville est privée d’électricité et d’eau potable. Quelle tristesse pour sa population!

Vidéo du déluge.

Cette section de la Careterra sera fermée pour plusieurs semaines. Bon, on ne paniquera pas immédiatement, mais il faut envisager un plan B si la route est encore bloquée dans un mois.

  1. À partir de Chaiten, il semble y avoir des traversiers qui se rendent à Puerto Raul Marin Balmaceda pour rejoindre ensuite La Junta par une route secondaire.  Il faudra que je me renseigne.
  2. De Puerto Montt, je pourrais choisir la direction Ouest par de l’ile de Chiloé et prendre le traversier à Quellon vers Puerto Raul Marin Balmaceda.  L’inconvénient, c’est que les pluies sont plus abondantes sur ce parcours. En plus, la route principale #5 est très achalandée et montagneuse et si on emprunte les routes secondaires, on se retrouve sur des chemins de terre en très mauvais état.
  3. De Puerto Montt, je pourrais prendre le bus jusqu’à San Carlos de Bariloche en Argentine.  De là, je pourrais emprunter la mythique Routa #40 et rejoindre la Carretera Australe en passant par Futaluefu, mais il semble que la jonction avec la Carretera ne se fasse aussi par Villa Santa Lucia.

Enfin, patientons… il reste encore 3 semaines avant mon départ! Bien des choses peuvent se produire d’ici là! Je prévoyais arriver dans cette région vers le 18 janvier.

Un exemple pour vous démontrer combien je peux être imbécile et distrait quelques fois. Pour plusieurs raisons, j’ai toujours le sommeil léger.  Si j’ai le malheur de me réveiller à 2 heures du matin, disons que les probabilités que je me rendorme sont en deçà de 30%.  L’anxiété me direz vous?…probablement! J’ai un hamster dans la caboche qui ne rate jamais une occasion de rouler un marathon dans sa cage!hamser

Toujours est-il que je me réveille au milieu de la nuit de lundi dernier en réalisant que la chambre de l’auberge que j’ai réservé pour la journée de mon arrivée était cédulée pour le jour de mon départ de Québec.  Malheureusement, je n’arriverai à Puerto Montt que le lendemain. Bon…pas si grave, je sors du lit pour aller modifier ma réservation sur Booking.com. Et là j’ai un flash… Ai-je commis la même erreur avec mon vol entre Santiago et Puerto Montt? Devinez?

J’avais acheté mon billet en ligne sur le site de la compagnie aérienne chilienne LAM. Impossible de faire des changements sur Internet.  Ce vol assurait ma liaison entre Santiago et Puerto Montt à l’arrivée et El Calafate en Argentine vers Buenos Aires au retour. Je saute sur le téléphone à la première heure pour rejoindre une téléphoniste… après 30 minutes d’attente. Le gentille dame m’informe que mon billet n’est pas transférable et que si je modifie le premier segment, ça annule le second.  Parfait alors, laissez le billet comme ça pour le second segment et vendez-moi en un nouveau pour le premier segment!!! Désolé monsieur, si vous ne vous présentez pas à l’embarquement du premier segment, ça annule automatiquement le second .  Merde…he oui, j’ai perdu mon billet et j’ai dû en acheter un autre.  Pour éviter que ça ne se reproduise, j’ai choisi 2 billets individuels et modifiables.  Comme quoi, c’est pas toujours évident d’obtenir le meilleur billet quand on l’achète directement en ligne.

Manquerait plus qu’Air Canada perde mon vélo à Toronto et que je ne puisse embarquer sur mon Santiago/Puerto Montt. J’atterris à 12h et je redécolle à 17h.

Mon entrainement chez Powewatts va bon train.  J’en arrache…et pas à peu près!!! Je suis impressionné par la qualité des Coachs et j’apprends énormément sur les techniques de pédalage et d’économie d’énergie dans les côtes. Je pensais que j’en savais déjà pas mal sur le vélo mais chaque séance me rend meilleur. Cependant, je suis déçu de constater mon manque de techniques et d’endurance. 2 à 3 séances par semaine combinées avec mes sorties de FatBike et de Ski de fond devraient faire la job!

powerwatts

J’ai reçu beaucoup de conseils de cylotouristes qui ont fait ou qui sont sur le parcours de la Carretera. Charles et Denise, Normand et Hélène, Robert Bibeau, Benoit et Tess pour ne nommer que ceux-là.

Pendant le voyage, j’aimerais essayer de produire des vidéos avec ma nouvelle caméra Canon G7X MarkII et un selfie stick. J’ai testé un montage l’autre jour avec le logiciel AVS Video.  Ouf…c’est pas vraiment compliqué mais ça demande énormément de travail et de patience! humm…pas certain que je vais en avoir assez pour produire quelque chose d’agréable à visionner??? Je ne veux surtout pas passer mes temps libres sur un ordi. L’avenir le dira!

Je voulais apporter mon drone MavicPro mais je trouve que j’ai déjà trop de bagages et e bébelles.  De plus, comme il vente constamment en Patagonie, je risque de ne pouvoir l’utiliser souvent.  J’aurai cependant ma caméra Giroptic 360 pour vous offrir des vues panoramiques! Elle fonctionne en se raccordant sur mon Iphone.

Et c’est parti pour la Carretera Australe en Patagonie chilienne en Janvier 2018!

Et voici ma surprise annoncée: C’est confirmé, je m’envolerai vers Puerto Montt au Chili le 12 janvier pour parcourir la mythique Carretera Australe en solo! La Patagonie chilienne, j’en rêvais depuis si longtemps! À 61 ans, il faut saisir toutes les occasions qui se présentent, qui sait ce que l’avenir nous réserve.

La Carretera Australe en photos.

Patagonie: Le Parcours! The ride!

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30 jours pour franchir ses 1300km sur mon vélo Surly! Destination finale, El Calafate en Argentine! Hé non, pas de moteur pour ce périple!

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Mon vélo Surly Disc Trucker

Je prévois 22 jours de route et 7 jours pour prendre des pauses et jouir du paysage et des rencontres.

Voici 3 vidéos qui vous donneront une idée de ce qui m’attend.

Cette route de terre qui relie le Sud du Chili à la Capitale nationale a été construite sous le régime de Pinochet. À chaque année, de nouvelles sections sont goudronnées et donc, augmentation de la circulation, moins de paysages sauvages, plus de touristes… Bref, plus les années passent, moins l’expérience devient envoutante pour le cyclotourisme. Le dénivelé est appréciable (16,000mètres D+) et les vents de la pampa m’attendent dans la portion d’Argentine. Il me reste 2 mois pour améliorer ma condition physique.

Humm, non, je ne parle pas espagnol mais j’ai l’oreille!  Quoiqu’il en soit, les Chiliens sont réputés pour leur fort accent et je ne comprendrais sans doute pas grand chose de toute façon.  Disons que je pense pouvoir me débrouiller pour demander mon chemin et faire mes achats quotidiens.  Et puis, il y aura d’autres cyclistes bilingues qui pourront sans doute me dépanner en cas d’urgence. En dernier essor, espérons que certains Chiliens parleront anglais! J’ai quand même dépoussiéré mes vieux manuels d’espagnol et je me suis inscrit à des cours en ligne sur Babbel. Ce serait dommage de ne pouvoir échanger quelques propos avec les autochtones!

Ce que je peux vous confirmer c’est que cette route est réputée comme l’une des 11 plus belles au monde pour les cyclotouristes.

 

 

Montage du Scorpion FS 20

Après maintes péripéties, j’ai finalement réussi à faire traverser la frontière américaine à mon trike Scorpion FS. Acheté au Utah, je l’ai d’abord fait livrer dans le Maine chez un de mes amis.  Pour minimiser les frais de taxes, je suis ensuite allé le chercher en VUS pour le rapatrier à la maison.

Il est équipé d’un moteur-roue BionX 350W.  Je vais le tester dans les côtes mais je prévois le changer pour le premier moteur pédalier Bafang de 1000w que je n’ai pu installer sur notre Pino en raison de la largeur des 2 pédaliers.

Ouf, que c’est raide pour le jambes de rouler en trike!  On ne sollicite pas du tout les mêmes muscles que sur un vélo droit. Après 4 ou 5 sorties, j’ai le moral dans les talons!  Mal aux genoux et aux fesses après une heure de route.  Vitesse moyenne de 15km/h au lieu des 25-28 km\h à laquelle je suis habituée sur mon vélo de route.  Dans quoi je viens de m’embarquer encore!

Le vélo est lourd avec son moteur et sa batterie, sans compter le poids des 3 roues et du cadre d’aluminium. Pour acquérir de la force, j’évite d’utiliser le moteur à outrance (c’est pas une moto! ) mais j’arrive avec peine à gravir les côtes d’un dénivelé supérieur à 6%..et encore, impossible de dépasser les  6 à 8km/h! Ouf, grosse déception!

Personne ne roule en trike au Québec, ou très peu. Il m’est donc impossible d’obtenir  conseils et références.  Je commence à poser plusieurs questions à des trikeux d’expérience sur Facebook. Est-ce que mon positionnement est adéquat? Quelle vitesse moyenne roulent-ils? A quel point sollicitent-ils le moteur? Éprouvent-ils des douleurs aux jambes? Quelle distance peuvent-ils parcourir par jour?

Bien qu’on m’affirme que c’est super confortable, je me retrouve avec des crampes dans les fesses, les pieds et genoux! Ayoye! Bob…on se calme!  Patience et persistance!  Je continue mon entrainement mais je raccourci le bôme de 2 centimètres pour rapprocher les pédales. Haaaaa….quelle amélioration!  On se rapproche de la vérité! J’incline le siège vers l’arrière au maximum et c’est encore mieux. Je commence à trouver mes repères!

Après quelques semaines, mon moral remonte et j’entreprends les modifications pour le mettre à mon goût! Moteur pédalier (le BionX ne me convient pas), batterie plus puissante (Celle du Pino conviendra parfaitement avec ses 24Ah), Contrôleur Cycle-Analyst V3-BBS, Suspension avant plus ferme et amortisseur arrière hydraulique, transmission interne Rohloff, Dynamo SON dans le moyeu de roue avant, un toit Veltop pour la pluie et pour le soleil, Portes bouteilles, haut-parleur pour la musique, et j’en passe. Y a rien de trop beau pour les amis de Zorro! La facture sera conséquente! Ceux qui me connaissent savent que je suis un peu excessif quand il s’agit de gadgets pour le vélo!

Je me fabrique donc un support d’atelier démontable à l’aide de tuyaux de plombiers en ABS de 3 pouces. Voici ce que ça donne!

Voici quelques étapes du montage: (un peu technique pour les profanes mais…instructif!)

En Gros voici un Résumé:
Moteur pédalier Bafang BBSHD 1000W
Plateau Lekkie 42T
Batterie EM3ev 48V; 24Wh
Console de contrôle Cycle Analyst CA3-BBS
Veltop Sun
Klaxon AirZound
Suspension avant Ferme
Suspension Arrière hydraulique Rockshox
Moyeu avant Dynamo SON
Lumière avant B&M IQ-X
Lumière arrière B&M Toplight
Moyeu arrière Rohloff 17T-18T-19T
Jante arrière Andra 40 avec Rayons Sapin double butted
Freins a disques Avid BB7 aux 3 roues\ 2019: New Twin Tektro Auriga HD-E525 E-Bike – Hydraulic Disc Brake With Sensor Control
Flasques de roues en carbone Velomobiel.nl
Porte Bouteille T-Cycle double sur la bome avant
Sac d’hydratation 3 litres de T-Cycle
Miroirs HP Velotechnik
Chaine KMC Ebike X9e EPT
Walking aid Mount HP Veloechnik
Handrest HP Velotechnik
Support Iphone QuadLock
GPS Garmin 810
Haut parleurs Ultimate Ears ROLL
Ortlieb Recumbent Panniers et Backpack
2 Panneaux solaires 110Wc chaque.
2 Chargeurs solaires Genasun
Une remorque TZC 140 litres de Christian Touze.
Porte drapeau et drapeau t-Cycle avec logo FFOTR.com

J’ai compris que pour aimer ça, il fallait rouler dans un autre état d’esprit et accepter de rouler moins vite. Bien calé dans le siège, avec 3 roues qui nous empêchent de reverser, les muscles des bras et des épaules relâchés, on est beaucoup plus relax!  De plus, comme les roues ne font que 20 pouces de diamètres, forcément, la vitesse moyenne se maintient en dessous de 20kmh/h si on ne sollicite pas le moteur. On a tout le loisir de contempler le paysage, prendre des photos, saluer les gens, emprunter des chemins de terre!  Plus je roule, plus j’ai de plaisir, mais encore beaucoup de progrès faire avant de pouvoir franchir aisément les sorties de plus des 80km.  Hier, 20 Oct, j’ai parcouru 70km, 650 mètres de dénivelés positifs en utilisant que 7Ah. Vitesse moyenne 15.8km/h avec des rafales de vent de face a 50km/h, ça décoiffe!

J’adore mon trike même si je ne suis pas encore conquis à 100%.  J’ai acheté ce vélo en pensant faire le Suntrip 2018 de Lyon à Canton en 90 jours. plus de 12,000km de route au travers de l’Asie Centrale avec une moyenne de plus de 130km par jour.  J’ai consulté plusieurs cyclistes et j’en suis venu à la conclusion que ça ne correspondait pas à mon profil de voyageur. Détail important, mon travail ne m’autorise pas de perdre le contact avec mes clients et fournisseurs pendant plusieurs jours dans des régions ou l’accès Internet est limité ou inexistant. Maintenir cette moyenne pendant 3 mois, c’est tout un défi et ça nous prive de rencontres enrichissantes et de moments à partager avec la population. Sans compter les journées perdues en raison de bris mécaniques, problèmes de santé, visas qui tardent à arriver, mauvaises météo, etc. Bref, j’ai préféré retourner en France sur notre Tandem avec Claudette a l’été 2018.

Je me réserve donc ce vélo pour parcourir de longues distances en cyclotourisme solo. Je vais installer des panneaux solaires au dessus de ma tête au cours de l’hiver. Jean-Guy a accepté de m’aider pour la conception.  Et qui sait, peut-être un Suntrip solo en 2020.

Mai 2018:

Montage des panneaux solaires sur le trike! Dernière étape du montage, installation d’un toit sur le trike à l’aide de 2 panneaux solaires de 112Wc chaque.  Le tout se passe chez Jean-Guy comme d’habitude

J’en profite pour reprendre à zéro le montage des panneaux de la remorque avec 4 panneaux de 120Wc un peu plus larges et moins long.  Ils sont laminés avec un revêtement de EFTE.  Un matériel plus résistant et performant.

Pleins de belles aventures nous attendent…mais je vous réserve une petite surprise me concernant…Ne manquez pas mon prochain article!

Trike Cap-Roue

Dur retour à la réalité, et me voici embarqué dans le Suntrip-2018 vers la Route de la Soie!

Nous sommes de retour à la maison et notre train-train quotidien a bien changé. Claudette est en convalescence pour plusieurs mois et doit se déplacer en chaise roulante (et en béquilles sur de courtes distances). Il lui est impossible de s’appuyer sur la jambe droite. Elle ne peut prendre sa douche sans assistance, doit monter les escaliers sur le derrière, ne peut conduire sa voiture et par dessus le marché, malgré ses nombreuses pilules, la douleur est continuelle et assez intense. Le Doc a prédit que ça prendrait 3 à 4 semaines avant de pouvoir utiliser sa jambe droite. Néanmoins, je vois bien que Claudette fait des progrès à chaque jour.  La patience et notre amour mutuel viendra encore une fois à bout de cette nouvelle épreuve!

 

Nous suivons quotidiennement nos Suntrippers qui parcourent les Alpes et nous offrent des images saisissantes. Nous éprouvons de brulants pincements au cœur en s’imaginant sur ce parcours!  Shiff!

Déjà 2 semaines d’écoulées depuis l’accident et le tandem est encore en pièces détachées dans le sous-sol.  Faut dire que mon moral est comme des montagnes russes…Up and Down! Avant-hier, mon voisin m’a invité à aller faire une ride de vélo de route. Ouf…c’était ma première sortie en vélo de route cette année!  Je conduisais en zigzaguant comme un débutant et je me sentais comme si c’était me première sortie de la saison! Après 3 semaines sans exercice intense au menu, mon cardio s’envolait pour arriver à suivre son rythme.

Ça m’a foutu une gifle en pleine face!  »-1 Daniel » …que je lui criais pour indiquer de ralentir!

Cette sortie m’a fait réaliser que je devais me ressaisir.  C’est pas parce que Claudette est temporairement immobilisée qu’il faut que j’en fasse autant.

En Mai dernier, je m’étais inscrit au Suntrip-2018 qui parcourra le Route de la Soie, de Lyon en France jusqu’à Canton en Chine entre les mois de mai et août 2018. Comme Claudette ne peut s’absenter de Québec pour une période aussi longue, je ferai la course en solo sur mon Trike Scorpion FS20. Je devrai le modifier pour y ajouter un moteur pédalier, une transmission Rohloff et des panneaux solaires semblables à ceux du tandem.

 

 

 

Je veux cependant éviter d’utiliser une remorque. Les panneaux devront donc se trouver au dessus de ma tête et tout mes bagages dans des sacoches latérales. Voici à quoi ça devra ressembler.  Il me reste à inventer un mécanisme pour ajouter une deuxième paire de panneaux extensibles sur le toit. Celui que nous avions sur la remorque du tandem étaient trop lourd. Jean-Guy Camirand m’a promis de me prêter mains fortes encore une fois.! Merci Jean-Guy! Si je trouvais un sponsor, c’est en fibre de carbone qu’il faudrait le fabriquer.

 

 

 

J’ai donc entrepris les démarches pour trouver toutes les composantes nécessaires à ce montage. Heureusement, je pourrai réutiliser plusieurs équipements du tandem.

12,000km de 3 mois, ce ne sera pas de la rigolade et ça mérite une préparation de longue date. Le Suntrip-2018 n’est pas une ballade, c’est vraiment une course! Une moyenne de 130km par jour en moins de 90 jours. Après avoir parcouru l’Europe jusqu’en Turquie, nous nous retrouverons sur le continent asiatique après avoir traversé le Bosphore. Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, avant d’entreprendre la traversée des déserts du Taklamakan et du Gobi en Chine. Pour finir, direction sud vers Canton où la chaleur, l’humidité et les villes densément peuplées rendront le parcours très relevé! Suis-je capable de relevé ce défi à 62 ans???

Que désigne-t-on par la « Route de la Soie »?

Le terme est apparu au 19è siècle pour désigner un formidable réseau transcontinental de près de 15 000 kms de routes commerciales, terrestres puis maritimes, reliant la Chine à l’Europe de l’ouest en passant par la région du Levant (Liban, Syrie, Jordanie). Ces axes se sont développés à partir du IIè siècle av. J-C grâce au commerce de la soie1. Les premiers relais furent établis par les Chinois et les Parthes2: ceux-ci fournissaient l’empire romain, friand de cette matière précieuse, et ont prospéré plusieurs siècles grâce à leur position stratégique, solidement gardée, d’intermédiaire entre ces deux mondes.

Les itinéraires ont évolué au cours des siècles: la route terrestre partait cependant de l’actuelle Xi’an (Chine) et passait par de redoutables obstacles naturels, au pied desquels se dressaient des cités caravanières fortifiées et des oasis qui servaient de lieux d’échange des marchandises.

L’existence de ces routes et de ces terres à perte de vue ont favorisé les conquêtes (Alexandre le Grand, les Arabes et les Mongols de Gengis Khan notamment) et les explorations (Marco Polo). L’Asie centrale (constituée des pays en ‘stan’3), au cœur de ce réseau, a été ainsi une terre de passage et de contact, entre les empires antiques (grec, romain, perses et chinois), entre les caravaniers nomades et les commerçants sédentaires mais également entre plusieurs pensées religieuses (zoroastrisme, bouddhisme, islam).

  • Quelles produits étaient échangés?

Outre la soie, les porcelaines, le jade et les épices faisaient le trajet est-ouest. En outre, nous lui devons la poudre à canon et le papier. Dans l’autre sens, elle est la route des pierres précieuses, de l’or et de la laine.

  • Comment les commerçants communiquaient-ils?

Si plusieurs langues se sont succédées, au gré des empires dominants, les langues iraniennes et turciques (d’origine turques) ont néanmoins dominé dans les échanges. Aujourd’hui, les langues kazakhe, kirghize et ouzbèke sont turciques, alors que le turkmène et le tadjik sont persanophones.

  • Quel(s) moyen(s) de transport terrestre utilisaient-ils?

Les chevaux mais essentiellement les chameaux, plus robustes: en effet, ils résistent à des conditions climatiques extrêmes, peuvent galoper aussi vite qu’un cheval et supporte plus de poids.

  • Est-ce que ces routes sont toujours utilisées aujourd’hui?

L’utilisation du réseau terrestre a décliné avec le développement des techniques et connaissances maritimes au XVè siècle ap. J-C: ces routes étaient plus sûres que celle d’Asie centrale et demandaient moins d’intermédiaires que les axes terrestres.

Route de la Soie - Tragets possibles

Mon Scorpion FS20:

 

 

 

Rouler sur un vélo couché (communément surnommé un Trike) est totalement différent que sur un vélo debout. Confortablement couché sur le siège du vélo avec les jambes allongées à l’horizontale, on ne sollicite pas du tout les mêmes muscles et par conséquent, cela exige un entrainement particulier. On dit qu’il faut rouler 500 à 1000km avant de trouver ses repères et de se sentir en pleine maîtrise.

J’ai choisi d’utiliser un trike pour plusieurs raisons:

Contrairement au vélo droit, où le regard est naturellement dirigé vers le bitume, la position du trike permet de regarder droit devant soi sans perdre une miette du décor, et sans le moindre signe de torticolis.

– Excellente tenue de route.
– Stabilité de l’ensemble à l’arrêt et à basse vitesse , monter des côtes devient plus facile pour les « moins entraînés ».
– On peut s’arrêter au milieu d’une côte très raide, sans souci pour repartir. Avec un tricycle couché, on peut monter toutes les pentes.
– Sensation de glisse.
– Plus sécurisant qu’un vélo droit, pas de risque de chute, on prend sa place dans le trafic et les voitures s’ écartent beaucoup plus qu’en doublant un vélo traditionnel.
– Capacité plus grande de chargement sans risque de déséquilibre.
– On peut rouler en toute décontraction et s’arrêter très aisément. Les plus expérimentés arrivent même à lire, dessiner, prendre des photos… en roulant.

En contrepartie, il comporte certains désavantage:

– Plus lourd et encombrant, il nécessite une préparation particulière pour le transport en avion.
– Sa très faible garde au sol ne lui permettent pas de passer partout.
– Avec trois roues, plus de résistance au sol qu’avec 2 roues.

Pour ce périple, j’ai choisi de produire des VLOGS au lieu de ce maintenir ce BLOG. Il s’agit de capsules vidéos qui seront disponibles sur Youtube et Facebook.  Je me suis également équipé d’un Drone Mavic Pro pour vous offrir des prises de vues époustouflantes de mon parcours. Ça promet! Espérons que je ne le planterai pas dans le décor pendant le voyage!

Première et dernière semaine en France- Une fin tragique!

Je vous écrit un résumé pour vous mettre à jour en ce Samedi 1 juillet, Fête du Canada!  Le moral est au plus bas!

Dimanche 26 Juin: Journée complète à démonter la remorque, les panneaux, le tandem et faire entrer tout ça dans 3 boîtes de vélo. C’est la première fois que je déconstruis le tandem Pino en 2 sections!🤓. Un vrai casse-tête avec beaucoup de petites pièces, visses, boulons, écrou, tie wraps, câbles, et j’en passe. Au final, 3 boites de vélo de 32 kilos chacune. Le poids limite est de 25kg chez Air France. En plus de ça, on a la remorque, 2 sacoches Ortlieb et 2 sacoches de guidon.

 

J’ai réservé de l’espace en extra pour 3 boîtes de vélo dans l’avion à $120 chacune. On fait une prière en espérant qu’on ne se fera pas saigner à l’embarquement en raison des excédents!

Reste plus qu’à empaqueter les vêtements et le matériel de camping! Je vais vous confier un secret: Voyager léger en Tandem Solaire, on oublie çà! Par chance, nos batteries de 8 kilos chacune sont déjà rendues à Nantes!  Une belle surprise: Claudette nous a déniché une péniche pour nos 2 premiers dodos!

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Mardi, Nantes: Nous voici rendu à Nantes! Au départ de Québec, la ligne d’attente n’avançait pas au comptoir d’Air Canada.  Heureusement notre fils Guillaume est venu nous reconduire 3 heures avant le vol.  Les gens s’impatientaient…et l’ambiance était lourde.  Après une heure d’attente, nous attirons l’attention d’un commis avec notre plus beau sourire, le gars s’est mis à rigoler nous indique de s’avancer.  Après quelques bonne blagues et de ,a rigolade, il me dit qu’il nous offrait le transport de nos 4 grosses boîtes de vélo gratuitement.  Je n’en croyais pas mes oreilles en me dirigeant vers le comptoir d’embarquement des colis de grandes dimensions hors normes. L’inspecteur nous fait ouvrir toutes les boites.  Tout est en règle.. On doit mener une bonne vie!!!

Arrivés à Nantes avec 5 heures de retard, nous réalisons que nos 4 boîtes de vélos ont été égarées entre Montréal et Paris. Notre ami Thomas nous attendait à l’aéroport avec une camionnette pour transporter notre chargement…Déception! Il me remet les batteries que j’avais fait livrer de Chine et nous reconduit à notre gîte sur un péniche. L’endroit est paradisiaque et Pascaline notre hôte, d’une gentillesse extrême!

 

Nous sommes très fatigués mais heureux. Délicieux souper dans un petit bistro de Nantes. Mercredi matin, nous apprenons qu’air France a retracé 2 boites. Nous les recevrons ce soir. Un jour perdu sur notre calendrier et malheureusement impossible de prolonger notre séjour dans la péniche car complet jeudi. On prend ça relax, inutile de stresser sur des éléments hors de notre contrôle!

 

Mercredi soir, Pascaline reçoit un appel d’Air France nous indiquant que les colis seraient livré dans moins d’une heure. Nous les avons enfin reçu vers 21h. On donne un sprint et la remorque est finalement remontée vers minuit et demi.  L’une des fixations du panneaux arrière cassée par Air France . On fera réparer plus tard. Grosse journée, c’est le temps de retourner à la péniche pour un bon repos!

 

Claudette avait raison, on aurait du amener Jean-guy Camirand avec nous dans nos bagages! On aurait peut-être eu un problème d’excédent de poids supplémentaire??? Lol!!!

Jeudi 8h: J’ai complété le montage du vélo vers 14h, pendant que Claudette se rendait dans une usine de soudure http://www.guilberteau.com/ pour réparer le panneau. C’est Pascaline, notre hôte de la péniche qui a utilisé ses contacts pour trouver une soudeur d’aluminium. Elle y a même reconduit Claudette à 45 min de voiture de la ville. C’est Michel Guilberteau lui-même qui a accueilli Claudette. Réparation effectuée comme du neuf. Elle en a profité pour faire redresser la tige de la glissière arrière.

 

Nous avons finalement pu quitter Nantes vers 15h. Sortir de la ville s’est avéré un peu compliqué mais après quelques détours, on y est parvenu. La piste qui longe la Loire est calme mais le revêtement est inégal (asphalte cabossée, terre battue, gravier et nids de poules) mais les paysages de campagne sont agréable. La ligne de chemin de fer longe la piste et les TGV circulent fréquemment. On a bouffé des crêpés dans un camion resto au village de Mauve.

 

 

Première chute du voyage en entrant dans un tunnel pour piétons. Il y avait des marches au bout!!! Ouf, plus de peur que de mal mais ça saisit son homme. Nous avons poursuivi jusqu’à OUDON après avoir fait une petite pause pour récupérer nos esprits! Le camping le long de la voie ferrée ne nous a pas séduit donc hébergement chez l’habitant et souper dans un charmant petit Café.

Vendredi: Départ vers 10heures sous un ciel menaçant mais au sec.  Les paysages qui se succèdent nous remplissent de bonheur. Vers 14 heures, de petites averses nous obligent à revêtir nos vêtements de pluie. On fait une pause à Mauve pour déguster des crêpes dans une cantine ambulante. On repart en direction de Rochefort.  La route est belle, le vélo roule merveilleusement bien, c’est le bonheur total! Je ne cesse de répéter à Claudette combien nous sommes chanceux de réaliser ce périple.

 

On fait un crochet dans une ville pour trouver un fixation de sacoches Ortlied pour l’une d’entre elles. Décatlon, Intersport, personne ne garde les produits Ortlieb.  Tant pis, on verra rendu a Clermont Ferrand.  C’est alors que je remarque un bris sur la béquille avant du tandem.  La braquette de fixation droite s’est rompu lors de notre chute.  J’envoie un message à Anja au Vermont (celle qui m’a vendu le Pino) qui me transmet les cordonnées du représentant Hase en Allemagne.  Je lui téléphone sans succès et lui poste une photo de la pièce défectueuse. Sans réponse.

Vers 16h, le ciel se déchaine et il pleut tellement que mes lunettes rendent ma vision obstruées.  Je doit regarder par dessus pour distinguer le chemin. On décide de faire une pause à Rocheford pour reprendre nos esprit. Une bière dans un bistro tabac et on décide de trouver un gite dans la région. Recherche sur Internet pour localiser un gite das le village voisin à Savennière. L’aubergiste nous informe qu’il vaudrait mieux de souper avant d’arriver au village. On s’offre une bonne bouffe dans un petit café.  Foie gras de canard au menu!  Miammmmmmmm!

Vers 8:30h, en reprend la route vers notre gîte à 7 km de là. Le ciel est couvert mais la pluie vient de cesser.  On entre dans le village et débouchons sur une coquette place publique devant l’église au centre du village. Magnifique!  Je suis les indications de l’aubergiste sans trouver son emplacement. On revient au centre du village.  On rencontre le Maire qui est stupéfait par notre tandem!  Il est bien sympathique et on placote un peu. Séance de photos et de rigolade! On se quitte et reprenons la route du Gite. C’est alors que la roue avant glisse sur les pavés mouillés et que nous chutons violemment a moins de 10km/h. Les pavés mouillés étaient comme des plaques de glace. Claudette semble sérieusement amochée à la hanche droite.

 

Le Maire la reconduit au Gite en voiture et je ramène le vélo. Elle est incapable de marcher sur sa jambe droite. On contacte un médecin vers 22h.  Il recommande un anti-douleurs et d’attendre au lendemain pour réévaluer la santé de Claudette.  Somnifères et dodo jusqu’à 8h. Au réveil, il lui est impossible de mettre du poids sur sa jambe. On appelle l’assureur au Canada et ensuite l’ambulance. Direction hôpital d’Angers.

 

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