Mon aventure sur la Carretera Australe en Patagonie-2018

Tout a commencé par une tempête de verglas à Toronto le jour de mon départ. Arrivé à l’aéroport de Québec 3 heures à l’avance avec mon vélo et mes sacoches, je voulais m’assurer d’embarquer avec tout mon kit!

Premier en ligne au comptoir d’Air Canada, on m’annonce que mon vol de 20h est annulé. J’avais une correspondance à Toronto a minuit. La préposé me trouve un siège sur le vol de 18:30h, Youpie!!! Je me retrouve dans la zone internationale…et ce vol est retardé à 5 reprises jusqu’à ce qu’on annonce son départ pour 23h.  Inutile d’attendre plus longtemps pour espérer prendre ma connexion à Toronto!  Je reprend possession de mon vélo et je retourne à la maison après m’être assuré une place sur le vol du lendemain. Je venais aussi de perdre mon vol de Santiago vers Puerto Montt. $$$

Je décolle finalement Samedi et arrive à temps avec TOUT mes bagages à Santiago. Je rejoins Puerto Montt à 21h et mon taxi m’attendait comme prévu!

Petite ville touristique intéressante avec sa promenade sur la mer. Comme la Carretera est partiellement fermé à Santa Lucia en raison d’un glissement de terrain, je dois prendre le traversier de Puerto Montt à Chaiten.

16-17 Janvier, Mardi-Mercredi; 11C

Raul Marin Balmaceda-La Junta: Distance: 75.35 km; Temps roulé: 5:55:39; Vitesse moyenne: 12.7 K/H; Vitesse Max: 47,5km/h; Gain alt: 773 m; Cadence moyenne: 78RPM

Départ à 23h pour 8 heures de mer jusqu’à Chaiten).  Tout le monde dort sur les chaises ou sur les banquettes.

Je ferai une escale de 15 heures à Chaiten avant de prendre un second ferry vers Raul Marin Balmaceda. Départ à 21h pour 7 heures de traversée de nuit.

Arrivée sous la pluie à Raul Marin pour entreprendre mon périple sur le Ripio (route de terre et de gravier, genre planche à laver). Je fais un arrêt 2 km plus loin chez le premier Hospedage afin d’y déposer 2 pneus que j’ai apporté pour mes amis Normand et Hélène qui voyagent sur leur tandem depuis plus d’un an.   Ils viendront les chercher dans quelques semaines. Je leur ai laissé 2 petites bouteilles de sirop d’érable en cadeau!

75km et 773D+ sous la pluie pour me rendre à La Junta.  Un peu raide pour la première journée d’un cycliste qui n’a pas vraiment la forme.  On prétend que ça revient après la première semaine! Consolation: Lorsqu’il pleut, les véhicules ne soulèvent pas de poussière!

Je croise 3 Chiliens en vélo de montagne quelques km plus loin.  L’un d’eux a fait une chute dans le ripio mou en prenant trop vite une courbe au bas d’une descente. Il a fracturé son porte-bagage arrière dans sa chute.  Je lui offre 2 Tie-wrap en plastique mais je doute que ça fasse l’affaire.  La ville la plus proche est à 75km et la route est en ripio jusqu’à destination.  Il devra sans doute trouver un véhicule pour se rendre à La Junta.

J’ai fait la rencontre d’un australien (Henry) et d’un argentin (Andreas) sur le ferry.  Henry, qui est âgé de 70 ans, a traversé les USA de San Francisco à New York en 89 jours l’an dernier. Après s’être croisé 2 fois sur la route, il me tient compagnie jusqu’à La Junta et nous ne nous quitterons plus jusqu’à El Chalten en Argentine.  Andreas cassera la patte de son dérailleur après 30 km.  J’apprendrai quelques jours plus tard qu’il a réussi à en trouver une par hasard dans un petit magasin de vélo.  Incroyable!

Le plus déconcertant avec le ripio, ce sont les rouleaux de terre, des bosses à répétition, comme un planche à laver.  Difficile à expliquer si vous n’avez jamais expérimenté par vous même! Admettons qu’il est préférable de tenir le guidon à deux mains.  Il est impossible de maintenir un rythme, même en descente. Casse-gueule assuré! Le voyage s’annonce un peu plus compliqué que j’anticipais!

Il a plu toute la journée mais je suis très confortable sous mes vêtements de pluie. Le mercure se tient autour de 11-15C.  Arrivé à La Junta, nous ne trouvons qu’un gîte avec un lit double à se partager….hahaha…plutôt intime pour une première nuit avec mon nouveau copain! Espérons que nous ne ronflerons pas trop!

18 Janvier, Jeudi, 14C

La Junta/Puyuhuapi: Distance: 44.62 km; Temps roulé: 2:56:39; Vitesse moyenne: 15.2 K/H; Vitesse Max: 50,5km/h; Gain alt: 728 m; Cadence moyenne: 85RPM

Lever à 7h et on embarque sur la route vers 8:00h. Henry préfère rouler tôt, ce qui est préférable pour éviter la circulation et la poussière soulevée par les véhicules. Henry a beaucoup d’expérience en cyclotourisme et des mollets d’acier. Il est très méthodique et j’apprendrai beaucoup de lui.  Comme il est beaucoup plus en forme que moi, il m’amènera à dépasser mes limites à de nombreuses occasions. Il est un partenaire patient, courtois, et nous nous accordons à merveille.

Partiellement nuageux, 27km de route pavée, nous arrivons à Puyuhuapi vers 11:30h.  Jolie petite ville située sur le bord d’un lac où j’avais reservé un guest house tenu par une allemande. Nous louerons un taxi (Pickup) pour nous rendre au Parc Queulat en après-midi. La route est fermé sur une section de 5km et nous devrons prendre un ferry. On en profite pour embarquer des pouceux dans la boîte. Au souper, nous aurons droit à la parade du Carnaval avec danse et musique.  Malgré la bruine, tout le village est présent!

Le Carnaval à Puyuhuapi!

19 Janvier, Vendredi, 17C

Puyuhuapi/Villa Amengual: Distance: 81.71 km; Temps roulé: 6:22:45; Vitesse moyenne: 12.8 K/H; Vitesse Max: 53,3km/h; Gain alt: 1969 m; Cadence moyenne: 81RPM

Ouf, un grosse journée aujourd’hui.  Départ de Puyuhuapi à 8h et arrivée à Villa Amengual à 20h! Le rythme d’Henry est beaucoup plus soutenu que le mien mais il est patient. Il prend ça cool mais moi j’ai toujours le pied dans le plancher! Les derniers kilomètres ont été pénibles. Je fais attention de bien m’hydrater et on bouffe fréquemment.  J’ai apporté des électrolytes pour diluer dans mes gourdes et des jujubes GU. On bouffe des Snickers, du pain, du fromage, des biscuits, des barres tendres, du Chocolat, Beurre d’arachides, des cannes de saumon ou de thon, etc… On remplit nos bouteilles dans les milliers de ruisseaux et chutes qui longent la route.

En approchant du village, on rencontre un cycliste au bord de la route pour lui demander de nous indiquer un gîte.  Je suis heureux de constater que mon espagnol 101 n’est pas complètement effacé de ma mémoire car Henry ne parle qu’Anglais et Allemand. Il s’avère que ce cycliste est un Argentin dans la 60n qui voyage avec 6 copains venus avec leurs vélos de montagne pour rider sur la Carretera. Il me recommande une guest house et nous convenons de souper ensemble vers 21h. Ce sera un repas très agréable et une bonne pratique d’espagnol qui est d’un niveau semblable à leur anglais. LOL!

20 Janvier, Samedi, 28C

Villa Amengual/Villa Maniguales Distance: 59.07 km; Temps roulé: 3:26:45; Vitesse moyenne: 17.2 K/H; Vitesse Max: 66,6km/h; Gain alt: 692 m; Cadence moyenne: 86RPM

Une magnifique journée ensoleillée et chaude…un peu trop même! Une étape reposante. Les paysages sont à couper le souffle. Le village borde une grande lagune dans laquelle nous n’hésiterons pas à s’y baigner!  L’eau est froide mais devient confortable après quelques minutes d’immersion. Quel plaisir après une journée de vélo!  Ce sera la seule occasion qui se présentera pour se baigner.

21 Janvier, Dimanche, 22C

Villa Maniguales/Coyhaique Distance: 88.55 km; Temps roulé: 5:42:36; Vitesse moyenne: 15,5 K/H; Vitesse Max: 55,6km/h; Gain alt: 1336 m; Cadence moyenne: 86RPM.

Journée costaude avec de bonnes côtes! À mi-chemin, on fait un arrêt dans un ranch équestre pour se ravitailler.  Nous sommes les seuls clients et nous aurons droit à un hamburger de mouton gargantuesque. Nous traverserons un tunnel dans la montagne au cours d’une longue montée de 12km atteignant D+11% par endroit. Elle sera suivi d’une deuxième montée abrupte avant d’atteindre la ville de Coyhaique. Ouf, j’étais content d’arriver!

Coyhaique est une magnifique petite ville touristique.  Un centre de ski en saison hivernale.  Le coeur du village offre une multitude de boutiques et restaurants sur une rue piétonnière. Nous y dégusterons notre premier Parrilla, un plateau de viandes variées servi sur un mini BBQ au charbon de bois. (Poulet, Boeuf, Mouton, Porc, Saucisses accompagnés d’un gigantesque plats de frites!) He non, en en viendra pas à bout!

En sortant du restaurant, on fait une rencontre ahurissante, un chien au comportement pour le moins bizarre!

22 Janvier, Lundi, 15C

Coyhaique/Cerro Castillo Distance: 97,61 km; Temps roulé: 7:02:07; Vitesse moyenne: 13,9 K/H; Vitesse Max: 75,6km/h; Gain alt: 2831 m; Cadence moyenne: 87RPM.

Ouf, celle-là a été tough!  J’ai vraiment été au bout de mes ressources et j’ai failli renoncer à plusieurs reprises, d’autant plus que la journée précédente avait été costaude aussi.  Des montées qui n’en finissent pas, à chaque virage, on espère que c’est la dernière. Je dois pousser mon vélo sur plusieurs kilomètres et les cyclistes plus jeunes que nous rencontrons en font autant. J’en ai même vu un abdiquer! Henry est un ancien coureur de vélo de montagne. Il s’adapte plus facilement que moi et jamais on ne l’entend se plaindre. Un exemple de résilience inspirant!

Vers le KM 80, j’envisage sérieusement de faire du pouce.  J’avance péniblement par poussée de 500mètres.  Pause…Chocolat…breuvage…jugubes! Rien y fait et le vent de face s’est levé depuis plusieurs kilomètres. Je suis découragé mais je me rend bien compte qu’Henry a encore de l’énergie à revendre.  Merde, je me sens comme un poids lourd.  Je lui propose de continuer seul, il refuse et m’affirme que lui aussi souffre beaucoup.  On envisage même de planter notre tente sur le bord de la route.

Sur le pont d’abandonner, je consulte mon GPS Garmin et je constate qu’à quelques km plus loin se profile une longue côte descendante. Exactement ce qu’il fallait pour me ragaillardir.  Nous sommes à environ 25km de Cerro Castillo et nous sommes en ascensions depuis 50 kilomètres. Il faudra bien que ça descende à un moment donné!

Arrivé au km 81, nous entreprenons une descente continue de plus de 12kilomètres. La jouissance totale et le panorama est a couper le souffle!!! Je m’en serais voulu pour le reste de mes jours si j’avais embarqué dans un camion 25 km plus tôt! La route descend comme un serpent jusqu’au village de Cerro Castillo. Nous faisons un pause dans une halte pour prendre des photos et jouir du moment!

Arrivée en bas, il ventait à écorner un boeuf!

 

On finit par trouver un guest house plutôt ordinaire( il y avait des champignons de 6 centimètres qui poussaient dans la salle de bain) et un petit resto sympa pour le souper.  On y retournera même le lendemain pour déjeuner.

Aujourd’hui, Henry a eu 71 ans!

24 Janvier, Mercredi, 19C

Cerro Castillo/Bivouac camping sauvage Distance: 52,35 km; Temps roulé: 5:30:39; Vitesse moyenne: 9,5 K/H; Vitesse Max: 32,8 km/h; Gain alt: 983 m; Cadence moyenne: 84RPM.

Les derniers 12km étaient robustes! Notre destination est Puerto Tranquillo mais c’est trop loin pour y arriver en une journée. A mi-chemin, on commence à chercher un endroit pour bivouaquer. Un couple de cycliste français nous guident vers un endroit près d’un ruisseau qu’ils ont repéré sur une application IPhone. Malheureusement, un clôture barrée en interdit l’accès.  Ils poursuivent leur chemin alors que nous décidons d’enjamber la barrière. Ce sera ma première nuit sous la belle étoile. Heureusement, il ne pleut pas!  Henry a une crevaison lente sur sa roue arrière et en profite pour tenter de la localiser…sans succès! Changement de tube! Depuis ce matin qu’il doit gonfler son pneu périodiquement.

C’est ça le ripio, impossible d’accélérer dans les descente sans risquer de tomber:

J’ai gelé toute la nuit, le mercure a du descendre sous les 0C.  Il y avait même de la glace sur le double-toit de la tente. Lever à 7h et on reprend la route vers 8h.

25 Janvier, Jeudi, 19C

Bivouac/Puerto Tranquilo Distance: 63,76 km; Temps roulé: 4:54:39; Vitesse moyenne: 13,0 K/H; Vitesse Max: 47,5 km/h; Gain alt: 892 m; Cadence moyenne: 78RPM.

Étape importante avec une journée de repos pour visiter les célèbres Cavernes de Marbre. Une petite pause me fera le plus grand bien! On arrive en début d’après-midi et on se trouve une auberge à proximité.  J’en avais réservé une sur Booking.com mais on a réalisé qu’il fallait monter 5km de pente pour y accéder!

On magasine nos billets pour la croisière prévue le lendemain et on relaxe en faisant sécher nos tentes. J’en profite pour aller faire laver nos vêtements chez une voisine.

Lever à 7h pour se rendre au bateau. Chanceux, il n’y a qu’une famille de 4 chiliens qui se joint à nous. Les autres embarcations transportent parfois jusqu’à 12 touristes. Nous voguons pendant 30 minutes pour atteindre les cavernes.  La visite durera 2 heures et nous sommes époustouflés par la beauté et les couleurs des cavernes. Un must à ne pas manquer!

Nous passons le reste de la journée à bouffer et relaxer sur une terrasse tout en profitant du WIFI pour communiquer avec nos familles via Facebook. Le WIFI est tellement lent que nous le surnommons WIFOU! Je trimballe mon ordinateur pour maintenir le contact avec mes clients et faire rouler la business depuis le début.  C’est parfois un peu agaçant mais j’ai pas à me plaindre! Quelle chance que j’ai de pouvoir m’absenter du bureau pendant 30 jours tout en continuant de travailler et de voyager.  Joindre l’utile à l’agréable!

27 Janvier, Samedi, 19C

Puerto Tranquilo/Cochrane Distance: 49,61 km; Temps roulé: 3:55:46; Vitesse moyenne: 12,6 Km/H; Vitesse Max: 51,1 km/h; Gain alt: 1145 m; Cadence moyenne: ???RPM.

Cette étape est très vallonnée. Ça ne cesse démonter et descendre. Cochrane est la dernière ville dotée d’un guichet automatique (ATM) où nous pouvons acheter des devises pour nous rendre jusqu’en Argentine. Nous y trouvons un guest house potable et passons la journée à se promener en vélo et à déguster des bières dans un petit bistro.  Faut vus dire que les bières artisanales chiliennes sont nombreuses et délicieuses. Bien que je ne boive plus d’alcool depuis plus de 3 ans, je n’ai pu résister à me désaltérer avec la bière chilienne.  Je n’ai trouvé qu’une seule fois de la bière sans alcool.

Nous repartons vers 9h le lendemain après être repassé au guichet ATM et je constate que j’ai perdu mon détecteur de cadence hier.

Nous longeons la Rio Baker. Son eau est turquoise!

28 Janvier, Dimanche, 22C

Cochrane/Bivouac Camping super Distance: 49,02 km; Temps roulé: 4:40506; Vitesse moyenne: 10,5 Km/H; Vitesse Max: 44,3 km/h; Gain alt: 936 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Les prochains 40km seront les plus difficiles ou du moins, les plus dangereux du voyage en raison de la qualité du rupio.  En effet, une vingtaine de centimètres de gravier a été récemment ajouté sur la route. Il est mou, poussiéreux, instable et mal compacté. La roue avant du vélo s’enfonce dedans et dérape en tout sens.  Il faut ralentir l’allure et être constamment aux aguets lorsque des véhicules nous dépassent. Encore pire dans les descente, on risque la chute à tout moment. À chaque véhicule qui passe, nous sommes arrosés de poussière. J’ai le moral au plus bas! On prend un ravito a l’écart du chemin pour respirer un peu.

À plusieurs reprises nous échangerons nos positions avec un groupe de jeunes cyclistes chiliens. On se dépassera mutuellement à plusieurs reprises. Après une longue descente, nous les rencontrerons encore à l’approche d’un pont. Il nous indique qu’il y a un camping magnifique à 3.5Km dans la forêt.  Après réflexions, nous décidons de les suivre.  Ce sera une très sage décision!

On re retrouve sur une ferme perdue longeant une magnifique rivière. La propriétaire y a aménagé un terrain de camping avec douche (froide), toilette et foyer extérieur.  Un cheval se promène librement au milieu du terrain.  Nous sommes les seuls clients. Le site est enchanteur, que du bonheur!

Je me dirige vers la maison de la fermière pour payer mais il n’y a âme qui vive! J’entends la voix d’une femme au loin. C’est la fille de la fermière qui m’indique qu’elle et en train de cueillir des framboises pour préparer de la confiture pour demain. Henry est un grand amateur de fruits sauvages. Je vais donc le chercher pour aller aider la fille.  n se retrouve dans une grande clairière couvertes de framboisiers.  Il y en a des milliers.  En moins d’une heure, nous remplissons un 4 litres de framboises et lui remettons en cadeau!  Jje lui demande si nous pouvons déjeuner chez elle le lendemain. Yes!!!

Nous passons une soirée magnifique et je prépare un spaghetti sauce tomates et fromage pour nous eux. C’est le paradis!  Vers 9h, nous allons nous coucher bien que la brunante n’arrive que vers 22h.  Le lendemain, déjeuner chez la fermière. Délicieuses brioche et confitures de cerises et de framboise avec Nescafé, bien entendu! (Le chilien ne boivent que du Nescafé, à notre grand damme!)

29 Janvier, Lundi, 16C

Bivouac Camping super/Caleta Tortel Distance: 84,59 km; Temps roulé: 6:33:54; Vitesse moyenne: 12,9 Km/H; Vitesse Max: 48,6 km/h; Gain alt: 972 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Journée costaude. On savait que la route serait longue et qu’il y avait peu de possibilité que nous atteignons Caleta Tortel en une journée. Pour s’y rendre, nous devons quitter la Careterra Australe pour franchir 20km en direction de l’océan. Ce village est reconnu mondialement pour ses trottoirs en bois. c’est la seule façon de circuler dans le village. Pittoresque!  Arrivé à l’intersection en fin de journée, nous y rencontrons une jeune cycliste Suisse que nous avions croisé à deux reprises plus tôt cette semaine. Elle revient de Tortel et nous indique qu’il y pleut tout le temps! La route descend sur plusieurs km avec une remontée abrupte vers la fin.  Nous profitons d’un vent arrière et décidons d’essayer de l’atteindre. Ouf…j’ai poussé fort!

Nous avons atteint le village vers 17h. Sur la place principale, un kiosque touristique vous indique les pensions disponible pour nous héberger. Le préposé nous propose un gite au bas des escaliers (quelques centaines). Ça fait pas mon affaire pantoute!Il nous propose de camper sur une plate-forme en bois! Pas vraiment, merci!

Je demande à Henry de surveiller les vélos pendant j’entreprends de cogner aux portes des maisons à proximité du stationnement pour trouver un gîte plus facile d’accès. Bingo!

Nous sommes allés diner dans un petit bistro qui n’offrait que du pain et des confitures. Vers 20h, une pluie diluvienne ne cessera de tomber jusqu’au lendemain!

En soirée, nous irons souper dans un charmant petit resto à la cuisine prétendument française. Le proprio était vraiment sympa!

Lever vers 7h am.  Nous profitons d’une accalmie pour aller visiter le village. Les trottoirs se prolongent sur plusieurs kilomètres. C’est magique de parcourir la baie sur ces planches de bois franc pendant que plusieurs chiens nous accompagnent! nous avons marché jusqu’à 9h sans réussir à trouver un seul endroit pour déjeuner. En dernier recours, nous nous sommes rendus chez la boulangère du village qui a accepté de nous préparer exceptionnellement 2 cafés et de nous vendre des gâteaux pour déjeuner. Elle est allée chercher les cafés dans sa maison à l’arrière!

30 Janvier, Mardi, 12C

Caleta Tortel/Puerto Yungay/Rio Bravo Refugio Distance: 25,92 km; Temps roulé: 1:49:36; Vitesse moyenne: 13,5 Km/H; Vitesse Max: 13,5 km/h; Gain alt: 450 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Nous quittons Caleta Tortel en voiture. Je déniché un chauffeur pour nous reconduire à l’intersection quelques 20km plus loin. Ça ne me tentait pas de me retaper la même route qu’hier. Nous avons ensuite roulé jusqu’au traversier de Puerto Yungay\Rio Bravo. Nous avons bouffé au resto du quai en attendant le bateau.

La traversée a durée environ 90 minutes. Arrivé de l’autre côté à Rio Bravo, nous avons roulé pendant 12km avant de trouver un refuge abandonné sur le bord de la route. Je suis allé demandé l’autorisation de camper au propriétaire à l’arrière et nous nous sommes installés pour la nuit. une heure plus tard, un des jeunes que nous avions rencontré sur le ferry est venu nous rejoindre. Un jeune argentin en cyclotourisme pour 6 semaines. Après souper, nous avons placoté jusqu’à 20 heures et puis dodo pour tous dans nos tentes respectives que nous avions montés à l’intérieur du refuge.

31 Janvier, Mercredi, 8C

Rio Bravo Refugio/ Refugio de Jorge Distance: 57,75 km; Temps roulé: 4:30:36; Vitesse moyenne: 12,8 Km/H; Vitesse Max: 50,4 km/h; Gain alt: 1211 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Lever à 7h après une nuit glaciale.  On plie bagages après un bol de céréales et un Nescafé. Notre ami Argentin décide de faire la grasse matinée. Quelques bonne bosses sur le parcours et la pluie s’installe en début d’après-midi. On nous avait recommandé le refuge de Jorge à 55 km de Rio Bravo. On s’arrête à la première maison que nous rencontrons et demandons si on peut camper au propriétaire. Il ne parle pas un mot d’anglais mais on finit par comprendre qu’on peut s’installer un peu n’importe où. Le sol est en forte pente et la forêt est intense. Après plusieurs minutes à rechercher un endroit, j’en conclu qu’on est pas au bon endroit.  Je sors mon espagnol 201 et j’essaie de faire comprendre au proprio qu’on recherche un Refugio. Il finit par nous indiquer qu’il y en a un 5 km plus loin.

On reprend la route sous la pluie et on tombe sur le fameux refuge de Jorge. Je vais demander la permission qui nous est accordée avec un mot de bienvenu!  Le refuge est une cabane en bois dont les planches pivotent pour laisser entrer l’air. Surprise en ouvrant la porte…un gros feu de foyer réchauffe l’endroit. C’est très rustique mais au moins, nous sommes à l’abri de la pluie et bien au chaud.  Il y a même une bécosse sèche à l’arrière.  Un ruisseau roule de l’autre côté de la rue où nous pouvons nous approvisionner en eau potable.

Une demie-heure plus tard, on entend quelqu’un arriver avec une brouette de buches. C’était le célèbre Jorge!  Il ne parle pas un mot d’anglais et est collant comme une mouche. Il s’est paisiblement assis à côté du foyer et nous a observé pendant de longues minutes…pendant des heures! En réalité, il est resté avec nous pendant au moins 2 heures, jusqu’à ce que nous lui fassions comprendre qu’on devait préparer notre repas et dormir.  On a bien essayé d’échanger un peu avec lui.  J’ai cru comprendre qu’il est né à O’Higgins, qu’il est célibataire, que ses seuls amis sont les cyclotouristes qui font escale au refuge. Il est bien fin Jorge, mais c’est un méchante tache à marde comme on dit chez nous.

Il est revenu en soirée nous porter 2 bûches mais nous avions déjà fait une razzia dans la forêt de l’autre coté de la rue.  Nous avons réussi à le mettre dehors pour dormir mais on s’est fait emboucanner solide pendant la nuit, à tel point qu’Henry à ouvert la porte pour ne pas étouffer (il fait de l’asthme) .  Nos vêtements et sacs de couchage auront une odeur de fumée pour le reste du voyage!

Nous avons levé le camp vers 7 heures avant que Jorge ne se pointe encore. En faisant mes bagages, j’ai remarqué qu’il manquait un mousqueton sur l’une de mes sacoches. Henry me dit qu’il l’avait aperçu sur le plancher la veille… Jorge?

En discutant avec notre amie Cycliste Suisse le lendemain, nous apprendrons que Jorge l’a harcelé sexuellement la veille. Il réclamait des baisers et voulait qu’elle aille avec lui dans sa maison. Elle a eu la peur de sa vie!  Heureusement, d’autres cyclistes sont arrivés dans la soirée!

1 Février, Jeudi, 12C

Refugio de Jorge/Villa O’Higgins Distance: 31,15 km; Temps roulé: 2:23:49; Vitesse moyenne: 13,0 Km/H; Vitesse Max: 49,0 km/h; Gain alt: 467 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Villa O’Higgins, avant dernière étape au Chili avant de prendre le traversier pour l’Argentine. La route qui longe la Lago Cines est splendide mais il en va tout autrement des 10 derniers kilomètres de rupio.  Ils devaient surement servir à graver dans votre mémoire combien il est parfois pénible et enrageant de rouler dessus! L’Enfer avec ses planches à laver, ses côtes pentues et sla poussière. Un bon vent de face pour agrémenter le tout!

Mais quelle satisfaction d’arriver à destination!

O’Higgins est un charmant petit village touristique et constitue la fin de la Carretera Australe. Impossible de se rendre plus loin avec un véhicule moteur!

Le défi consiste ici à se trouver un place sur l’un des trois traversiers qui assurent la liaison avec l’Argentine. La procédure de réservation est chaotique, voir anarchique sinon délirante! Il faut mentionner que le plus gros des 3 est hors d’usage depuis plusieurs mois.  Les 2 autres peuvent transporter 18 passagers et entre 5 et 7 vélos sur le pont arrière. Il peut y avoir 2 voyages par jour selon l’humeur des capitaines de des conditions météo. Les 2 premiers quittent le port vers 7h du matin. Si le vent le permet, les capitaines acceptent parfois de faire une deuxième traversée. Prenez note que les vagues passent parfois pardessus le bateau!

La première étape consiste à enregistrer son nom sur les listes d’attente.  Comme il y a 2 compagnie maritime différentes, il y a 2 listes. Pour ajouter un peu de piment, les touristes s’inscrivent sur les 2 listes en espérant embarquer sur le premier qui se libère. Ça fout le bordel total.  Pas moyen de savoir quand nous embarquerons, mai son nous prévient que ce ne sera pas avant 3 ou 4 jours. Nous rencontrons des cyclistes qui attendent depuis une semaine. Au moins, du côté de O’Higgins, il y a des hôtels et des restaurants et des épiceries. Si vous venez ans l’autre sens, il n’y a aucune nourriture disponible de l’autre côté du lac. Imaginez 5 jours sans bouffe!!! Heureusement, la majorité des voyageurs connaissent la situation et l’entre-aide est de mise.

Pour mettre les chances de notre bord, je suggère à Henry de louer notre chambre chez la femme de l’un des capitaines.  Elle tient un auberge et des cabanas. On ira même jusqu’à y prendre nos souper pour qu’elle nous aime encore plus! On s’installe donc pour quelques jours, tout en rayant mon projet de me visiter Torres Del Paine en raison du manque de temps avant de m’envoler de El Calafate. Nous sommes mercredi!

Vendredi, elle (Ana) nous laisse un petit espoir pour le voyage de l’après-midi….mais il sera annulé. Samedi matin au déjeuner, je lui montre mon billet d’Avion pour Buenos Aires le 11 février tout en lui expliquant que j’ai besoin de 5 jours de vélo au minimum pour me rendre à El Calafate. Mon calme, mon sourire et ma gentillesse finiront par porter fruits!

Vers midi, elle me suggère de préparer nos bagages au cas où…et vers 13h, elle nous confirme de nous rendre en toute urgence au port qui est a 7 kilomètres d’O’higgins.  Ni une ni deux, on roule comme des débiles jusqu’au port!

Arrivé au quai, l’ambiance est tendue.  Il y a 7 cyclistes et un groupe de 15 australiens sur un tour organisé. Moi et Henry sommes arrivée les derniers, on fait pattes blanches. soudainement, le Capitaine nous crie d’avancer avec nos vélos. On passe devant tout les autres cyclistes et les 4 jeunes commencent à se plaindre disant que ça fait une semaine qu’ils attendent et que leurs billets sont déjà payés! Des Carabineros surveillent l’embarquement. On monte avec les vélos et le cœur léger! Quelle chance nous avons! Notre stratégie a été payante!

La traversée a été mouvementée. 2 heures à se faire brasser dans les vagues.  Les derniers 30 minutes ont été holé holé!

Arrivé à Candelario Mancilla, il y avait un camping à côté du port. Nous avons préféré passer immédiatement aux douanes et de faire un bivouac sauvage quelques kilomètres plus loin pour tenter d’embarquer sur le traversier de 11h à Lago Desierto demain.

Les 8 premiers kilomètres en sortant du traversier sont costauds. Un montée continuelle avec des dénivelés variant de 7 à 14% sur un ripio impossible à rouler en vélo.  On pousse continuellement! Nous avons parcouru 4 kilomètres avant de trouver un terrain plat à l’abri du vent pour planter nos tentes.

3 Février, Samedi, 13C

Candelario Mancilla/El Chalten Distance: 48,39 km; Temps roulé: 3:37:49; Vitesse moyenne: 13,4 Km/H; Vitesse Max: 38,9 km/h; Gain alt: 861 m; Cadence moyenne: ??RPM.

Réveil à 5h du matin, il fait encore noir. La nuit a été fraiche et courte. C’est pas l’envie de me blottir au fond de mon sac de couchage qui me manque!  On pli bagages, Henry nous prépare un café et des céréales avec du lait en poudre et de l’eau chaude. Beurk!…mais il faut se mettre quelque chose dans l’estomac avant d’entreprendre le mythique sentier vers Lago Del Desierto!

Le soleil se lève et nous offre des éclairage magique sur la montagne. On pousse, pousse et pousse.

Arrivé au sommet, la piste fait 2 mètres de large et devient partiellement carrossable sur 3 à 5 kilomètres. Il faut rouler avec prudence sur cette corniche car la falaise est profonde et escarpée. Soudainement, on aperçoit un pancarte de bienvenue en Argentine. Surprise, le sentier passe de 2 mètres à 500 centimètres de large. Ayoye, c’est un sentier pédestre!

Nous traverserons des marécages, des cours d’eau à pieds nus, des forêts enchanteresses, des montées dingues, des talus a 20%D+, des passages étroits entre les conifères, et j’en passe. Ce sentier nous laisse des souvenirs inoubliables et merveilleux. Tout un défi mais tellement fascinant. Nous nous comptons chanceux car depuis quelques jours, il n’y a pas eu de pluie. Le sentier est presque sec!

À 3 ou 4 km de la fin, du sommet de la montagne, on aperçoit le Lago Desierto .  Il est 10;50h et le traversier est encore à quai. Encore un peu d’espoir mais nous ne nous faisons pas d’illusions, ça va être serré.  Je prends les devant et pousse du mieux que je peux dans la longue descente mais le sentier est tellement accidenté qu’il est impossible d’accélérer sans tomber.  J’arriverai au quai à 11;15h pour voir le bateau s’éloigner à 500 mètres de moi.  Déception mais heureusement, il y sera de retour vers 17h.

Nous passons par le contrôle frontalier pour estampiller nos passeports et officialiser notre entrée sur le territoire Argentin. Nous profiterons de la journée pour laver nos vélos, admirer le paysage et les bourrasques de vents qui soulèvent l’eau sur le lac comme des tempêtes de sable: Lago Del Desierto tient-il son nom de là?

Chili Photo Henry (25)

Le bateau revient vers 18h et le vent nous fait craindre le pire…mais on largue les amarres vers 6:30h. La traversée se passe sans encombres mais c’est très impressionnant de voir les gouttelettes d’eau balayées par le vent. Nous accostons à destination vers 20h. Il reste environ 38km de rupio avant d’atteindre El Chalten et la pluie s’est mise de la partie. Le parcours est relativement plat et nous bénéficions d’un vent de dos.  Par endroit, la route est inondée par la rivière.

Nous rejoignons El Chalten à la brunante vers 21;30h. J’avais réservé une chambre double dans une magnifique auberge avant de partir de Québec.  J’offre à Henry de la partager avec moi.

5 Février, Lundi, 19C

El Chalten est une petite bourgade très touristique situé au pied du Fitz Roy.  C’est une plaque tournante internationalement reconnue pour ses multiples sentiers pédestres en montagne. On se croirait en Suisse! Des dizaines de restaurants et de boutiques offrent des produits aux nombreux touristes. Un confort occidental parfait mais le cachet argentin en prend pour son rhume!

Henry reprend la route vers El Calafate après-demain. J’irai le rejoindre en bus 2 jours plus tard. Au programme: lecture avec ma liseuse, promenades dans le village, copieux repas dans les restaurants argentins.  Déjà trois semaines qu’on voyage ensemble! Ça fait du bien de me retrouver seul à relaxer à mon rythme. J’aurais aimé escalader le sentier qui se rend au Fitz Roy mais d’épais nuages enveloppent la montagne et mon corps n’a pas envie de se faire violence.

8 Février, Jeudi, 18C

Je prends le bus à 13h en direction d’El Calafate. 235km de pampa.  Le chauffeur me demande de retirer les pédales, la Roue Avant et le guidon pour pouvoir loger le vélo dans le compartiment a bagages. On m’avait prévenu que le vélo pourrait suivre dans un autre bus en cas de manque d’espace. Ouf!
Le paysage change dramatiquement dès la sortie de El Chalten. De plaines à pertes de vues et aucun arbre à l’horizon..et le vent qui ne cesse d’augmenter. Ça me fait penser à Henry qui s’est tapé ces 235km en 48 heures.

J’arrive à El Calafte vers 16;30h.  Je reçois un texto d’Henry.  Il a réservé un autre hotel que le mien.  Celui que j’avais réservé est en haut de la montagne, à 3km du centre-ville. J’annule ma réservation et je rejoins Henry quelques minutes plus tard. Son hotel est super.

El Calafate est un gros village touristique et constitue le point de départ pour se rendre au glacier Perito Moreno. Henry a déjà acheter les billets pour demain matin. On s’offre une bonne bouffe avant d’aller se coucher tôt pour l’expédition au glacier.

Le bus nous se pointe à 8;30h et nous nous dirigeons vers le terminus où une luxueuse autobus nous attend.  Le trajet pour se rendre au Perito Moreno durera presque 2 heures. Nous arrivons dans un gros stationnement vide situé a proximité d’un gros restaurant. L’endroit doit être très achalandé en milieu de journée! Des indications nous dirigent vers de modernes passerelles en acier qui se rendent au glacier. Un panneau nous indiquent qu’il y aura plusieurs kilomètres de passerelles à parcourir.  Après quelques minutes de marche nous apparait le glacier au loin.  La scène me coupe le souffle. Il est gigantesque! J’ai pris des centaines de photos…mais aucune ne semble rendre hommage aux images que j’ai sous les yeux!

Tout simplement Grandiose! On se sent minuscule devant autant de beauté!

J’aurai même droit à un évènement spectaculaire.  C’est ce qu’on appelle être au bon endroit, au bon moment, et avec la caméra en marche!

Nous retournerons à El Calafate à 16 heures. Quelle journée mémorable…et un souper typique nous attends en ville!

Encore une fois, on se paye la traite. Nous irons manger un parrilla (barbecue argentin avec d’énormes morceaux de viande qui cuisent sur une braise blanche) dans le plus chic restaurant de la ville. Pour couronner le tout, on s’offre notre première bouteille de vin du voyage, un savoureux Syrah Argentin.

C’est notre repas d’adieu! Henry poursuit sa route jusqu’à Ushuaïa demain. Pour ma part, je dois démonter mon vélo pour prendre l’avion en direction de Buenos Aires dans 2 jours.

Henry a été un compagnon de voyage idéal.  Je n’avais pas prévu voyager en duo et sincèrement, l’idée ne m’avait même pas effleuré l’esprit! Nous nous sommes entendus comme des copains d’enfance. Aucune tension, un respect mutuel total, un rythme similaire, même si Henry a dû m’attendre à quelques reprises. J’ai beaucoup appris de lui et il a su m’amener à dépasser mes limites. Je n’aurais jamais pu franchir de si longues distances en solo, du moins j’en doute fort!  Merci Henry, j’espère que nous aurons l’occasion de faire un autre voyage ensemble un jour…Le Pamir?

 

10 Février, Samedi, 18C

J’ai pris possession de la boîte que j’avais réservée avant mon départ dans une boutique de vélo locale. USD$25 pour une boite de carton qui avait déjà au moins un voyage trans-atlantique dans le corps. (Étiquette de France sur la boîte). Me voici donc prêt a rentrer a la maison. Mais elle est parfaite!

Après une escale de 36 heures à Buenos Aires, j’ai pris le Vol AC93 en direction de Santiago/Toronto/Québec.

Fin de l’aventure!IMG_8625

Des nouvelle de mon périple en Patagonie

Bonjour à tout mes abonnés!

Je fais un voyage fantastique en Patagonie et je rencontre des gens super intéressants. Comme j’ai pas envie de passer mes soirées à écrire sur le Blog à tout les jours, je vous demande de me suivre sur Facebook pour voir mes photos et impressions.

Mon compte Facebook est le: pierre.julien.925

Lorsque j’aurai une journée de repos, je vais essayer de publier un article détaillé pour vous faire partager tout ce qui m’arrive.

Voici quelques IN:

Aujourd’hui, ce fut ma plus exigeante journée de vélo a vie!

J’en ai bavé!  3 heures de montées d’affilé avec des Dénivelés de 8 a 14% sur des chemins de gravelle (Rupio).  Vous devez considérer que c’est ma 3iéme journée de voyage. Mon corps n’est pas encore habitués a rouler en vélo. ä prends normalement 7 a 10 jours à s’acclimater.  Je suis TRÈS fier de moi.

Puyuhuapi  à Villa Amengual

Distance 81.71 km
Temps sur la route: 10:14h
Temps de pédalage: 6:23:12
Vitesse moyenne; 12.8 K/H
Gain alt: 1,969 m
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Désastre Naturel en Patagonie, ça se complique!

Noël est à nos portes et un malheur se déchaine sur la Carretera Australe.  Le village de Villa Santa Lucia a été emporté par un éboulement de boue provoqué par les pluies diluviennes des derniers jours: 8 morts et 16 personnes portées disparues. La ville est privée d’électricité et d’eau potable. Quelle tristesse pour sa population!

Vidéo du déluge.

Cette section de la Careterra sera fermée pour plusieurs semaines. Bon, on ne paniquera pas immédiatement, mais il faut envisager un plan B si la route est encore bloquée dans un mois.

  1. À partir de Chaiten, il semble y avoir des traversiers qui se rendent à Puerto Raul Marin Balmaceda pour rejoindre ensuite La Junta par une route secondaire.  Il faudra que je me renseigne.
  2. De Puerto Montt, je pourrais choisir la direction Ouest par de l’ile de Chiloé et prendre le traversier à Quellon vers Puerto Raul Marin Balmaceda.  L’inconvénient, c’est que les pluies sont plus abondantes sur ce parcours. En plus, la route principale #5 est très achalandée et montagneuse et si on emprunte les routes secondaires, on se retrouve sur des chemins de terre en très mauvais état.
  3. De Puerto Montt, je pourrais prendre le bus jusqu’à San Carlos de Bariloche en Argentine.  De là, je pourrais emprunter la mythique Routa #40 et rejoindre la Carretera Australe en passant par Futaluefu, mais il semble que la jonction avec la Carretera ne se fasse aussi par Villa Santa Lucia.

Enfin, patientons… il reste encore 3 semaines avant mon départ! Bien des choses peuvent se produire d’ici là! Je prévoyais arriver dans cette région vers le 18 janvier.

Un exemple pour vous démontrer combien je peux être imbécile et distrait quelques fois. Pour plusieurs raisons, j’ai toujours le sommeil léger.  Si j’ai le malheur de me réveiller à 2 heures du matin, disons que les probabilités que je me rendorme sont en deçà de 30%.  L’anxiété me direz vous?…probablement! J’ai un hamster dans la caboche qui ne rate jamais une occasion de rouler un marathon dans sa cage!hamser

Toujours est-il que je me réveille au milieu de la nuit de lundi dernier en réalisant que la chambre de l’auberge que j’ai réservé pour la journée de mon arrivée était cédulée pour le jour de mon départ de Québec.  Malheureusement, je n’arriverai à Puerto Montt que le lendemain. Bon…pas si grave, je sors du lit pour aller modifier ma réservation sur Booking.com. Et là j’ai un flash… Ai-je commis la même erreur avec mon vol entre Santiago et Puerto Montt? Devinez?

J’avais acheté mon billet en ligne sur le site de la compagnie aérienne chilienne LAM. Impossible de faire des changements sur Internet.  Ce vol assurait ma liaison entre Santiago et Puerto Montt à l’arrivée et El Calafate en Argentine vers Buenos Aires au retour. Je saute sur le téléphone à la première heure pour rejoindre une téléphoniste… après 30 minutes d’attente. Le gentille dame m’informe que mon billet n’est pas transférable et que si je modifie le premier segment, ça annule le second.  Parfait alors, laissez le billet comme ça pour le second segment et vendez-moi en un nouveau pour le premier segment!!! Désolé monsieur, si vous ne vous présentez pas à l’embarquement du premier segment, ça annule automatiquement le second .  Merde…he oui, j’ai perdu mon billet et j’ai dû en acheter un autre.  Pour éviter que ça ne se reproduise, j’ai choisi 2 billets individuels et modifiables.  Comme quoi, c’est pas toujours évident d’obtenir le meilleur billet quand on l’achète directement en ligne.

Manquerait plus qu’Air Canada perde mon vélo à Toronto et que je ne puisse embarquer sur mon Santiago/Puerto Montt. J’atterris à 12h et je redécolle à 17h.

Mon entrainement chez Powewatts va bon train.  J’en arrache…et pas à peu près!!! Je suis impressionné par la qualité des Coachs et j’apprends énormément sur les techniques de pédalage et d’économie d’énergie dans les côtes. Je pensais que j’en savais déjà pas mal sur le vélo mais chaque séance me rend meilleur. Cependant, je suis déçu de constater mon manque de techniques et d’endurance. 2 à 3 séances par semaine combinées avec mes sorties de FatBike et de Ski de fond devraient faire la job!

powerwatts

J’ai reçu beaucoup de conseils de cylotouristes qui ont fait ou qui sont sur le parcours de la Carretera. Charles et Denise, Normand et Hélène, Robert Bibeau, Benoit et Tess pour ne nommer que ceux-là.

Pendant le voyage, j’aimerais essayer de produire des vidéos avec ma nouvelle caméra Canon G7X MarkII et un selfie stick. J’ai testé un montage l’autre jour avec le logiciel AVS Video.  Ouf…c’est pas vraiment compliqué mais ça demande énormément de travail et de patience! humm…pas certain que je vais en avoir assez pour produire quelque chose d’agréable à visionner??? Je ne veux surtout pas passer mes temps libres sur un ordi. L’avenir le dira!

Je voulais apporter mon drone MavicPro mais je trouve que j’ai déjà trop de bagages et e bébelles.  De plus, comme il vente constamment en Patagonie, je risque de ne pouvoir l’utiliser souvent.  J’aurai cependant ma caméra Giroptic 360 pour vous offrir des vues panoramiques! Elle fonctionne en se raccordant sur mon Iphone.

Et c’est parti pour la Carretera Australe en Patagonie chilienne en Janvier 2018!

Et voici ma surprise annoncée: C’est confirmé, je m’envolerai vers Puerto Montt au Chili le 12 janvier pour parcourir la mythique Carretera Australe en solo! La Patagonie chilienne, j’en rêvais depuis si longtemps! À 61 ans, il faut saisir toutes les occasions qui se présentent, qui sait ce que l’avenir nous réserve.

La Carretera Australe en photos.

Patagonie: Le Parcours! The ride!

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30 jours pour franchir ses 1300km sur mon vélo Surly! Destination finale, El Calafate en Argentine! Hé non, pas de moteur pour ce périple!

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Mon vélo Surly Disc Trucker

Je prévois 22 jours de route et 7 jours pour prendre des pauses et jouir du paysage et des rencontres.

Voici 3 vidéos qui vous donneront une idée de ce qui m’attend.

Cette route de terre qui relie le Sud du Chili à la Capitale nationale a été construite sous le régime de Pinochet. À chaque année, de nouvelles sections sont goudronnées et donc, augmentation de la circulation, moins de paysages sauvages, plus de touristes… Bref, plus les années passent, moins l’expérience devient envoutante pour le cyclotourisme. Le dénivelé est appréciable (16,000mètres D+) et les vents de la pampa m’attendent dans la portion d’Argentine. Il me reste 2 mois pour améliorer ma condition physique.

Humm, non, je ne parle pas espagnol mais j’ai l’oreille!  Quoiqu’il en soit, les Chiliens sont réputés pour leur fort accent et je ne comprendrais sans doute pas grand chose de toute façon.  Disons que je pense pouvoir me débrouiller pour demander mon chemin et faire mes achats quotidiens.  Et puis, il y aura d’autres cyclistes bilingues qui pourront sans doute me dépanner en cas d’urgence. En dernier essor, espérons que certains Chiliens parleront anglais! J’ai quand même dépoussiéré mes vieux manuels d’espagnol et je me suis inscrit à des cours en ligne sur Babbel. Ce serait dommage de ne pouvoir échanger quelques propos avec les autochtones!

Ce que je peux vous confirmer c’est que cette route est réputée comme l’une des 11 plus belles au monde pour les cyclotouristes.

 

 

Montage du Scorpion FS 20

Après maintes péripéties, j’ai finalement réussi à faire traverser la frontière américaine à mon trike Scorpion FS. Acheté au Utah, je l’ai d’abord fait livrer dans le Maine chez un de mes amis.  Pour minimiser les frais de taxes, je suis ensuite allé le chercher en VUS pour le rapatrier à la maison.

Il est équipé d’un moteur-roue BionX 350W.  Je vais le tester dans les côtes mais je prévois le changer pour le premier moteur pédalier Bafang de 1000w que je n’ai pu installer sur notre Pino en raison de la largeur des 2 pédaliers.

Ouf, que c’est raide pour le jambes de rouler en trike!  On ne sollicite pas du tout les mêmes muscles que sur un vélo droit. Après 4 ou 5 sorties, j’ai le moral dans les talons!  Mal aux genoux et aux fesses après une heure de route.  Vitesse moyenne de 15km/h au lieu des 25-28 km\h à laquelle je suis habituée sur mon vélo de route.  Dans quoi je viens de m’embarquer encore!

Le vélo est lourd avec son moteur et sa batterie, sans compter le poids des 3 roues et du cadre d’aluminium. Pour acquérir de la force, j’évite d’utiliser le moteur à outrance (c’est pas une moto! ) mais j’arrive avec peine à gravir les côtes d’un dénivelé supérieur à 6%..et encore, impossible de dépasser les  6 à 8km/h! Ouf, grosse déception!

Personne ne roule en trike au Québec, ou très peu. Il m’est donc impossible d’obtenir  conseils et références.  Je commence à poser plusieurs questions à des trikeux d’expérience sur Facebook. Est-ce que mon positionnement est adéquat? Quelle vitesse moyenne roulent-ils? A quel point sollicitent-ils le moteur? Éprouvent-ils des douleurs aux jambes? Quelle distance peuvent-ils parcourir par jour?

Bien qu’on m’affirme que c’est super confortable, je me retrouve avec des crampes dans les fesses, les pieds et genoux! Ayoye! Bob…on se calme!  Patience et persistance!  Je continue mon entrainement mais je raccourci le bôme de 2 centimètres pour rapprocher les pédales. Haaaaa….quelle amélioration!  On se rapproche de la vérité! J’incline le siège vers l’arrière au maximum et c’est encore mieux. Je commence à trouver mes repères!

Après quelques semaines, mon moral remonte et j’entreprends les modifications pour le mettre à mon goût! Moteur pédalier (le BionX ne me convient pas), batterie plus puissante (Celle du Pino conviendra parfaitement avec ses 24Ah), Contrôleur Cycle-Analyst V3-BBS, Suspension avant plus ferme et amortisseur arrière hydraulique, transmission interne Rohloff, Dynamo SON dans le moyeu de roue avant, un toit Veltop pour la pluie et pour le soleil, Portes bouteilles, haut-parleur pour la musique, et j’en passe. Y a rien de trop beau pour les amis de Zorro! La facture sera conséquente! Ceux qui me connaissent savent que je suis un peu excessif quand il s’agit de gadgets pour le vélo!

Je me fabrique donc un support d’atelier démontable à l’aide de tuyaux de plombiers en ABS de 3 pouces. Voici ce que ça donne!

Voici quelques étapes du montage: (un peu technique pour les profanes mais…instructif!)

En Gros voici un Résumé:
Moteur pédalier Bafang BBSHD 1000W
Plateau Lekkie 42T
Batterie 48V; 24Wh
Console de contrôle Cycle Analyst CA3-BBS
Veltop Sun
Klaxon AirZound
Suspension avant Ferme
Suspension Arrière hydraulique Rockshox
Moyeu avant Dynamo SON
Lumière avant B&M IQ-X
Lumière arrière B&M Toplight
Moyeu arrière Rohloff 17T-18T-19T
Jante arrière Andra 40 avec Rayons Sapin double butted
Freins a disques Avid BB7 au 3 roues
Flasques de roues en carbone Velobiel.nl
Porte Bouteille T-Cycle double sur la bome avant
Sac d’hydratation 3 litres de T-Cycle
Mirroirs HP Velotechnik
Chaine KMC Ebike X9e EPT
Walking aid Mount HP Veloechnik
Handrest HP Velotechnik
Support Iphone QuadLock
GPS Garmin 810
Haut parleurs Ultimate Ears ROLL
Ortlieb Recumbent Panniers et Backpack
2 Panneaux solaires 110Wc chaque (à venir)
2 Chargeurs solaires Genasun
Une remorque TZC 150 litres de Christian Touze.
Porte drapeau et drapeau t-Cycle avec logo FFOTR.com

J’ai compris que pour aimer ça, il fallait rouler dans un autre état d’esprit et accepter de rouler moins vite. Bien calé dans le siège, avec 3 roues qui nous empêchent de reverser, les muscles des bras et des épaules relâchés, on est beaucoup plus relax!  De plus, comme les roues ne font que 20 pouces de diamètres, forcément, la vitesse moyenne se maintient en dessous de 20kmh/h si on ne sollicite pas le moteur. On a tout le loisir de contempler le paysage, prendre des photos, saluer les gens, emprunter des chemins de terre!  Plus je roule, plus j’ai de plaisir, mais encore beaucoup de progrès faire avant de pouvoir franchir aisément les sorties de plus des 80km.  Hier, 20 Oct, j’ai parcouru 70km, 650 mètres de dénivelés positifs en utilisant que 7Ah. Vitesse moyenne 15.8km/h avec des rafales de vent de face a 50km/h, ça décoiffe!

J’adore mon trike même si je ne suis pas encore conquis à 100%.  J’ai acheté ce vélo en pensant faire le Suntrip 2018 de Lyon à Canton en 90 jours. plus de 12,000km de route au travers de l’Asie Centrale avec une moyenne de plus de 130km par jour.  J’ai consulté plusieurs cycliste et j’en suis venu à la conclusion que ça ne correspondait pas à mon profil de voyageur. Maintenir cette moyenne pendant 3 mois, c’est tout un défi et ça nous prive de rencontres enrichissantes et de moments à partager avec la population. Sans compter les journées perdues en raison de bris mécaniques, problèmes de santé, visas qui tardent à arriver, mauvaises météo, etc.

Je me réserve donc ce vélo pour parcourir de longues distances en cyclotourisme solo. Je vais installer des panneaux solaires au dessus de ma tête au cours de l’hiver. Jean-Guy a accepté de m’aider pour la conception.  Et qui sait, peut-être un Suntrip solo en 2020.

En attendant, Claudette s’entraine régulièrement avec moi sur le Tandem, même si le mercure frôle les 10C. Comme elle est frileuse, elle s’habille comme un ours avec 3 à 4 couches de chandails, des gants et une tuque…c’est vraiment rigolo de la voir. Admirable de constater sa motivation malgré l’accident en France!  Nous avons commencé par des sorties de 15 à 20 km, deux à trois fois par semaine. La semaine dernière, nous avons dépassé les 35km!!! Pour ménager sa hanche nous sollicitons davantage le moteur.  L’ajout de la ceinture de sécurité semble convenir à merveille. J’ai trouvé cette ceinture chez HP Velotechnik et bien qu’elle soit conçue pour les trikes, elle convient parfaitement pour le tandem Pino.

Claudette souhaite que nous retournions en France en juin 2018.  Elle prévoit recommencer son entrainement en salle dans quelques semaines.  Espérons que tout va bien se passer ! J’aimerais qu’on fasse le Saguenay/Lac St-Jean en mai prochain pour mesurer nos capacités!

Pleins de belles aventures nous attendent…mais je vous réserve une petite surprise me concernant…Ne manquez pas mon prochain article!

Trike Cap-Roue

 

Dur retour à la réalité, et me voici embarqué dans le Suntrip-2018 vers la Route de la Soie!

Nous sommes de retour à la maison et notre train-train quotidien a bien changé. Claudette est en convalescence pour plusieurs mois et doit se déplacer en chaise roulante (et en béquilles sur de courtes distances). Il lui est impossible de s’appuyer sur la jambe droite. Elle ne peut prendre sa douche sans assistance, doit monter les escaliers sur le derrière, ne peut conduire sa voiture et par dessus le marché, malgré ses nombreuses pilules, la douleur est continuelle et assez intense. Le Doc a prédit que ça prendrait 3 à 4 semaines avant de pouvoir utiliser sa jambe droite. Néanmoins, je vois bien que Claudette fait des progrès à chaque jour.  La patience et notre amour mutuel viendra encore une fois à bout de cette nouvelle épreuve!

 

Nous suivons quotidiennement nos Suntrippers qui parcourent les Alpes et nous offrent des images saisissantes. Nous éprouvons de brulants pincements au cœur en s’imaginant sur ce parcours!  Shiff!

Déjà 2 semaines d’écoulées depuis l’accident et le tandem est encore en pièces détachées dans le sous-sol.  Faut dire que mon moral est comme des montagnes russes…Up and Down! Avant-hier, mon voisin m’a invité à aller faire une ride de vélo de route. Ouf…c’était ma première sortie en vélo de route cette année!  Je conduisais en zigzaguant comme un débutant et je me sentais comme si c’était me première sortie de la saison! Après 3 semaines sans exercice intense au menu, mon cardio s’envolait pour arriver à suivre son rythme.

Ça m’a foutu une gifle en pleine face!  »-1 Daniel » …que je lui criais pour indiquer de ralentir!

Cette sortie m’a fait réaliser que je devais me ressaisir.  C’est pas parce que Claudette est temporairement immobilisée qu’il faut que j’en fasse autant.

En Mai dernier, je m’étais inscrit au Suntrip-2018 qui parcourra le Route de la Soie, de Lyon en France jusqu’à Canton en Chine entre les mois de mai et août 2018. Comme Claudette ne peut s’absenter de Québec pour une période aussi longue, je ferai la course en solo sur mon Trike Scorpion FS20. Je devrai le modifier pour y ajouter un moteur pédalier, une transmission Rohloff et des panneaux solaires semblables à ceux du tandem.

 

 

 

Je veux cependant éviter d’utiliser une remorque. Les panneaux devront donc se trouver au dessus de ma tête et tout mes bagages dans des sacoches latérales. Voici à quoi ça devra ressembler.  Il me reste à inventer un mécanisme pour ajouter une deuxième paire de panneaux extensibles sur le toit. Celui que nous avions sur la remorque du tandem étaient trop lourd. Jean-Guy Camirand m’a promis de me prêter mains fortes encore une fois.! Merci Jean-Guy! Si je trouvais un sponsor, c’est en fibre de carbone qu’il faudrait le fabriquer.

 

 

 

J’ai donc entrepris les démarches pour trouver toutes les composantes nécessaires à ce montage. Heureusement, je pourrai réutiliser plusieurs équipements du tandem.

12,000km de 3 mois, ce ne sera pas de la rigolade et ça mérite une préparation de longue date. Le Suntrip-2018 n’est pas une ballade, c’est vraiment une course! Une moyenne de 130km par jour en moins de 90 jours. Après avoir parcouru l’Europe jusqu’en Turquie, nous nous retrouverons sur le continent asiatique après avoir traversé le Bosphore. Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, avant d’entreprendre la traversée des déserts du Taklamakan et du Gobi en Chine. Pour finir, direction sud vers Canton où la chaleur, l’humidité et les villes densément peuplées rendront le parcours très relevé! Suis-je capable de relevé ce défi à 62 ans???

Que désigne-t-on par la « Route de la Soie »?

Le terme est apparu au 19è siècle pour désigner un formidable réseau transcontinental de près de 15 000 kms de routes commerciales, terrestres puis maritimes, reliant la Chine à l’Europe de l’ouest en passant par la région du Levant (Liban, Syrie, Jordanie). Ces axes se sont développés à partir du IIè siècle av. J-C grâce au commerce de la soie1. Les premiers relais furent établis par les Chinois et les Parthes2: ceux-ci fournissaient l’empire romain, friand de cette matière précieuse, et ont prospéré plusieurs siècles grâce à leur position stratégique, solidement gardée, d’intermédiaire entre ces deux mondes.

Les itinéraires ont évolué au cours des siècles: la route terrestre partait cependant de l’actuelle Xi’an (Chine) et passait par de redoutables obstacles naturels, au pied desquels se dressaient des cités caravanières fortifiées et des oasis qui servaient de lieux d’échange des marchandises.

L’existence de ces routes et de ces terres à perte de vue ont favorisé les conquêtes (Alexandre le Grand, les Arabes et les Mongols de Gengis Khan notamment) et les explorations (Marco Polo). L’Asie centrale (constituée des pays en ‘stan’3), au cœur de ce réseau, a été ainsi une terre de passage et de contact, entre les empires antiques (grec, romain, perses et chinois), entre les caravaniers nomades et les commerçants sédentaires mais également entre plusieurs pensées religieuses (zoroastrisme, bouddhisme, islam).

  • Quelles produits étaient échangés?

Outre la soie, les porcelaines, le jade et les épices faisaient le trajet est-ouest. En outre, nous lui devons la poudre à canon et le papier. Dans l’autre sens, elle est la route des pierres précieuses, de l’or et de la laine.

  • Comment les commerçants communiquaient-ils?

Si plusieurs langues se sont succédées, au gré des empires dominants, les langues iraniennes et turciques (d’origine turques) ont néanmoins dominé dans les échanges. Aujourd’hui, les langues kazakhe, kirghize et ouzbèke sont turciques, alors que le turkmène et le tadjik sont persanophones.

  • Quel(s) moyen(s) de transport terrestre utilisaient-ils?

Les chevaux mais essentiellement les chameaux, plus robustes: en effet, ils résistent à des conditions climatiques extrêmes, peuvent galoper aussi vite qu’un cheval et supporte plus de poids.

  • Est-ce que ces routes sont toujours utilisées aujourd’hui?

L’utilisation du réseau terrestre a décliné avec le développement des techniques et connaissances maritimes au XVè siècle ap. J-C: ces routes étaient plus sûres que celle d’Asie centrale et demandaient moins d’intermédiaires que les axes terrestres.

Route de la Soie - Tragets possibles

Mon Scorpion FS20:

 

 

 

Rouler sur un vélo couché (communément surnommé un Trike) est totalement différent que sur un vélo debout. Confortablement couché sur le siège du vélo avec les jambes allongées à l’horizontale, on ne sollicite pas du tout les mêmes muscles et par conséquent, cela exige un entrainement particulier. On dit qu’il faut rouler 500 à 1000km avant de trouver ses repères et de se sentir en pleine maîtrise.

J’ai choisi d’utiliser un trike pour plusieurs raisons:

Contrairement au vélo droit, où le regard est naturellement dirigé vers le bitume, la position du trike permet de regarder droit devant soi sans perdre une miette du décor, et sans le moindre signe de torticolis.

– Excellente tenue de route.
– Stabilité de l’ensemble à l’arrêt et à basse vitesse , monter des côtes devient plus facile pour les « moins entraînés ».
– On peut s’arrêter au milieu d’une côte très raide, sans souci pour repartir. Avec un tricycle couché, on peut monter toutes les pentes.
– Sensation de glisse.
– Plus sécurisant qu’un vélo droit, pas de risque de chute, on prend sa place dans le trafic et les voitures s’ écartent beaucoup plus qu’en doublant un vélo traditionnel.
– Capacité plus grande de chargement sans risque de déséquilibre.
– On peut rouler en toute décontraction et s’arrêter très aisément. Les plus expérimentés arrivent même à lire, dessiner, prendre des photos… en roulant.

En contrepartie, il comporte certains désavantage:

– Plus lourd et encombrant, il nécessite une préparation particulière pour le transport en avion.
– Sa très faible garde au sol ne lui permettent pas de passer partout.
– Avec trois roues, plus de résistance au sol qu’avec 2 roues.

Pour ce périple, j’ai choisi de produire des VLOGS au lieu de ce maintenir ce BLOG. Il s’agit de capsules vidéos qui seront disponibles sur Youtube et Facebook.  Je me suis également équipé d’un Drone Mavic Pro pour vous offrir des prises de vues époustouflantes de mon parcours. Ça promet! Espérons que je ne le planterai pas dans le décor pendant le voyage!

Première et dernière semaine en France- Une fin tragique!

Je vous écrit un résumé pour vous mettre à jour en ce Samedi 1 juillet, Fête du Canada!  Le moral est au plus bas!

Dimanche 26 Juin: Journée complète à démonter la remorque, les panneaux, le tandem et faire entrer tout ça dans 3 boîtes de vélo. C’est la première fois que je déconstruis le tandem Pino en 2 sections!🤓. Un vrai casse-tête avec beaucoup de petites pièces, visses, boulons, écrou, tie wraps, câbles, et j’en passe. Au final, 3 boites de vélo de 32 kilos chacune. Le poids limite est de 25kg chez Air France. En plus de ça, on a la remorque, 2 sacoches Ortlieb et 2 sacoches de guidon.

 

J’ai réservé de l’espace en extra pour 3 boîtes de vélo dans l’avion à $120 chacune. On fait une prière en espérant qu’on ne se fera pas saigner à l’embarquement en raison des excédents!

Reste plus qu’à empaqueter les vêtements et le matériel de camping! Je vais vous confier un secret: Voyager léger en Tandem Solaire, on oublie çà! Par chance, nos batteries de 8 kilos chacune sont déjà rendues à Nantes!  Une belle surprise: Claudette nous a déniché une péniche pour nos 2 premiers dodos!

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Mardi, Nantes: Nous voici rendu à Nantes! Au départ de Québec, la ligne d’attente n’avançait pas au comptoir d’Air Canada.  Heureusement notre fils Guillaume est venu nous reconduire 3 heures avant le vol.  Les gens s’impatientaient…et l’ambiance était lourde.  Après une heure d’attente, nous attirons l’attention d’un commis avec notre plus beau sourire, le gars s’est mis à rigoler nous indique de s’avancer.  Après quelques bonne blagues et de ,a rigolade, il me dit qu’il nous offrait le transport de nos 4 grosses boîtes de vélo gratuitement.  Je n’en croyais pas mes oreilles en me dirigeant vers le comptoir d’embarquement des colis de grandes dimensions hors normes. L’inspecteur nous fait ouvrir toutes les boites.  Tout est en règle.. On doit mener une bonne vie!!!

Arrivés à Nantes avec 5 heures de retard, nous réalisons que nos 4 boîtes de vélos ont été égarées entre Montréal et Paris. Notre ami Thomas nous attendait à l’aéroport avec une camionnette pour transporter notre chargement…Déception! Il me remet les batteries que j’avais fait livrer de Chine et nous reconduit à notre gîte sur un péniche. L’endroit est paradisiaque et Pascaline notre hôte, d’une gentillesse extrême!

 

Nous sommes très fatigués mais heureux. Délicieux souper dans un petit bistro de Nantes. Mercredi matin, nous apprenons qu’air France a retracé 2 boites. Nous les recevrons ce soir. Un jour perdu sur notre calendrier et malheureusement impossible de prolonger notre séjour dans la péniche car complet jeudi. On prend ça relax, inutile de stresser sur des éléments hors de notre contrôle!

 

Mercredi soir, Pascaline reçoit un appel d’Air France nous indiquant que les colis seraient livré dans moins d’une heure. Nous les avons enfin reçu vers 21h. On donne un sprint et la remorque est finalement remontée vers minuit et demi.  L’une des fixations du panneaux arrière cassée par Air France . On fera réparer plus tard. Grosse journée, c’est le temps de retourner à la péniche pour un bon repos!

 

Claudette avait raison, on aurait du amener Jean-guy Camirand avec nous dans nos bagages! On aurait peut-être eu un problème d’excédent de poids supplémentaire??? Lol!!!

Jeudi 8h: J’ai complété le montage du vélo vers 14h, pendant que Claudette se rendait dans une usine de soudure http://www.guilberteau.com/ pour réparer le panneau. C’est Pascaline, notre hôte de la péniche qui a utilisé ses contacts pour trouver une soudeur d’aluminium. Elle y a même reconduit Claudette à 45 min de voiture de la ville. C’est Michel Guilberteau lui-même qui a accueilli Claudette. Réparation effectuée comme du neuf. Elle en a profité pour faire redresser la tige de la glissière arrière.

 

Nous avons finalement pu quitter Nantes vers 15h. Sortir de la ville s’est avéré un peu compliqué mais après quelques détours, on y est parvenu. La piste qui longe la Loire est calme mais le revêtement est inégal (asphalte cabossée, terre battue, gravier et nids de poules) mais les paysages de campagne sont agréable. La ligne de chemin de fer longe la piste et les TGV circulent fréquemment. On a bouffé des crêpés dans un camion resto au village de Mauve.

 

 

Première chute du voyage en entrant dans un tunnel pour piétons. Il y avait des marches au bout!!! Ouf, plus de peur que de mal mais ça saisit son homme. Nous avons poursuivi jusqu’à OUDON après avoir fait une petite pause pour récupérer nos esprits! Le camping le long de la voie ferrée ne nous a pas séduit donc hébergement chez l’habitant et souper dans un charmant petit Café.

Vendredi: Départ vers 10heures sous un ciel menaçant mais au sec.  Les paysages qui se succèdent nous remplissent de bonheur. Vers 14 heures, de petites averses nous obligent à revêtir nos vêtements de pluie. On fait une pause à Mauve pour déguster des crêpes dans une cantine ambulante. On repart en direction de Rochefort.  La route est belle, le vélo roule merveilleusement bien, c’est le bonheur total! Je ne cesse de répéter à Claudette combien nous sommes chanceux de réaliser ce périple.

 

On fait un crochet dans une ville pour trouver un fixation de sacoches Ortlied pour l’une d’entre elles. Décatlon, Intersport, personne ne garde les produits Ortlieb.  Tant pis, on verra rendu a Clermont Ferrand.  C’est alors que je remarque un bris sur la béquille avant du tandem.  La braquette de fixation droite s’est rompu lors de notre chute.  J’envoie un message à Anja au Vermont (celle qui m’a vendu le Pino) qui me transmet les cordonnées du représentant Hase en Allemagne.  Je lui téléphone sans succès et lui poste une photo de la pièce défectueuse. Sans réponse.

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Vers 16h, le ciel se déchaine et il pleut tellement que mes lunettes rendent ma vision obstruées.  Je doit regarder par dessus pour distinguer le chemin. On décide de faire une pause à Rocheford pour reprendre nos esprit. Une bière dans un bistro tabac et on décide de trouver un gite dans la région. Recherche sur Internet pour localiser un gite das le village voisin à Savennière. L’aubergiste nous informe qu’il vaudrait mieux de souper avant d’arriver au village. On s’offre une bonne bouffe dans un petit café.  Foie gras de canard au menu!  Miammmmmmmm!

Vers 8:30h, en reprend la route vers notre gîte à 7 km de là. Le ciel est couvert mais la pluie vient de cesser.  On entre dans le village et débouchons sur une coquette place publique devant l’église au centre du village. Magnifique!  Je suis les indications de l’aubergiste sans trouver son emplacement. On revient au centre du village.  On rencontre le Maire qui est stupéfait par notre tandem!  Il est bien sympathique et on placote un peu. Séance de photos et de rigolade! On se quitte et reprenons la route du Gite. C’est alors que la roue avant glisse sur les pavés mouillés et que nous chutons violemment a moins de 10km/h. Les pavés mouillés étaient comme des plaques de glace. Claudette semble sérieusement amochée à la hanche droite.

 

Le Maire la reconduit au Gite en voiture et je ramène le vélo. Elle est incapable de marcher sur sa jambe droite. On contacte un médecin vers 22h.  Il recommande un anti-douleurs et d’attendre au lendemain pour réévaluer la santé de Claudette.  Somnifères et dodo jusqu’à 8h. Au réveil, il lui est impossible de mettre du poids sur sa jambe. On appelle l’assureur au Canada et ensuite l’ambulance. Direction hôpital d’Angers.

 

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Accueil chaleureux à l’hôpital d’Angers pour les cousins Québécois.  Les infirmières nous posaient des questions juste pour savourer notre accent québécois! Vraiment sympathique!  Merci Violette, notre médecin de garde.  Donc, radiographie pour un diagnostique encourageant : aucune fracture apparente! Étape suivante, le scanneur, car il faut déterminer ce qui empêche Claudette de se maintenir debout???

 

C’est là que ça se gâte. On aperçoit une fracture de la hanche. Terminus, tout le monde descend! Fin du Suntrip pour Pierre et Claudette!  Nous apprendrons après avoir consulté un orthopédiste à Québec qu’il s’agit en fait d’une double fracture du bassin. Ce n’est pas opérable et la période de convalescence pourra s’étendre entre 3 à 5 mois. C’est la fin notre saison de tandem en 2017!

Radio Clo 13-07-2017

Nous sommes samedi, je recherche un vol sans escale à Paris pour ménager Claudette.  Je réserve sur Air Canada en partance de Lyon.  On devra se taper 6 heures de route en camionnette pour rapporter le Tandem avec nous.

Ma voisine m’apprend qu’Air Transat offre une liaison Nantes\Montréal sans escales. Moins de 100km de route à parcourir par l’autoroute. J’annule donc le vol avec Air Canada.

Jean-François, notre hôte à Savennières est tout dévoué pour nous venir en aide. On part à la recherche d’une pharmacie ouverte le samedi, achète des béquilles et de la bouffe pour les 3 jours que nous y passerons.

Voilà où nous en sommes ce soir. Demain, j’entreprends le démontage du chameau.  Le moral est dans les talons!

 

Ciao les amis et vraiment désolé que notre passionnante aventure ne se termine de cette façon!  Merci pour la centaine de messages de sympathie que nous avons reçus de toute part! J’ai bien envie de brailler…mais ça n’apporterait rien de positif!

Chose certaine, nos aventures en Chameau ne font que commencer! Nous avons adoré les deux jours que ça a duré! Pour l’instant, j’ai besoin d’évacuer la pression! En attendant, allez nous visiter sur Facebook au pierre.julien.925

Ce matin, Frédéric Lepron m’a proposé de venir nous chercher mardi à Savennières avec sa camionnette pour nous reconduire à Nantes. Quelle gentillesse! Nous prendrons l’avion vers Québec jeudi midi.  Thomas a accepté de nous reconduire à l’aéroport avec nos 4 boîtes de vélos….si je réussis à en dénicher d’ici là?

Voici quelques bons moments de nos 4 jours de voyage en France!

 

 

 

 

 

Quelques surprises avant le jour J!

Ouf!!! bien des choses se sont passées depuis notre retour de Charlevoix.

À commencer par les problèmes de freinage. La descente à 75km/h aux Éboulements était bien euphorisante mais le manque de freinage dans les derniers 200 mètres l’était moins. Il fallait que je trouve une solution!

Le manufacturier du tandem m’indique que notre poids est trop lourd et qu’aucun frein ne conviendra dans ces conditions. Les disques surchauffent, transmettent la chaleur dans les étriers ce qui liquéfie l’huile et réduit la pression dans les leviers.  J’envisage de les remplacer par des freins mécaniques à câbles (SRAM BB7) mais on m’informe que les plaquettes étant plus petites, la surchauffe sera encore pire. J’entreprends donc la recherche de freins plus robustes sur Internet et je tombe sur un Youtube de mon coloré manufacturier de Batteries EM3ev. Visionner ça, il est vraiment ahurissant!

Il recommande donc les freins hydrauliques Tektro Dorado HD-E710 qui ne sont disponibles qu’en Californie chez Empowered Cycle pour la modique somme de… bof, je vous ferai grâce des détails, ça fait longtemps que le budget est défoncé de toute façon!

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Trois jours plus tard, je reçois mes freins par FedEx.  Le vendeur est drôlement efficace et très gentil de surcroit! Le disque avant est de même dimension (203mm) mais fait 2.3mm d’épaisseur au lieu de 1.8mm. Les plaquettes sont plus larges et les manettes mieux construites que les SRAM Guide que j’utilisais. Comme mon moyeu de roue arrière est un Rolhoff, le disque 180mm Dorado est incompatible. Je vais quand même remplacer l’étrier et la manette par le Dorado 710 et saigner les freins pour qu’ils s’adaptent au disque Rolhoff. Précision: Il a fallu que je raccourcisse la ligne du frein arrière et que je remplace celle de devant par une plus longue.  Ça m’a permis d’élargir mes compétences avec les freins hydrauliques.  En toute modestie, je suis quand même pas mal fier de moi!

Le résultat est remarquable. Je pense que nous pouvons envisager la descente des hauts cols des Alpes en toute sécurité…mais nous serons tout de même très prudents. Chat échaudé craint l’eau froide!

La semaine suivante, nous avons fait une petite escapade de 150km vers l’Islet-sur-Mer pour fêter le 70ième anniversaire de mon frère. Nous avons pu y tester notre matériel de camping. Plusieurs membres de la famille en ont profité pour faire un tour de chameau!

À notre retour, Éole s’est payé notre gueule avec un violent vent de face de 50km/h  alimenté par des rafales de 80km/h. Laissez-moi vous dire qu’il n’y a pas juste les muscles des jambes qui y ont gouté, les batteries aussi! C’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille!

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Les vents étaient tellement violents qu’il fallait que je le retienne par la selle pour éviter qu’il ne bascule sur le traversier Lévis-Québec.

En effet, le niveau de recharge de nos panneaux solaires m’inquiète. En réalité, le problème a toujours été là mais j’en ignorais l’existence en raison de mon manque de compétences en énergie solaire et en électricité.

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Un mauvais pressentiment me revenait constamment en tête tel un signal d’alarme. J’avais l’impression que nos chargeurs solaires ne fournissaient pas le niveau d’énergie auquel on était en droit de s’attendre! Alimenté par 4 panneaux de 100W/h chacun (dont seulement 2 fonctionnent lorsque nous sommes en déplacement), j’espérais obtenir une moyenne de 100 à 140Watt/heure lorsque nous roulons et de 200 à 300W/h lorsque les 4 panneaux sont déployés, bien entendu, en tenant compte du niveau d’ensoleillement disponible. Dans le meilleur des cas, je n’arrivais pas à dépasser les 140W/h.

Tout cela démontre l’importance de bien tester le matériel avant d’entreprendre la randonnée finale!

Deux de mes panneaux sont neufs mais les 2 autres proviennent de l’ancien propriétaire de la remorque qui a parcouru le Suntrip en 2013. J’ai donc recherché un technicien qui pourrait mesurer individuellement la capacité de chacun des panneaux.  J’ai fait affaire avec une firme spécialisée en énergie solaire mais après quelques tests, le gars n’a rien trouvé d’anormal et m’a gratifié d’une facture de $75… mais mon mauvais pressentiment continuait à me hanter et m’indiquait que quelque chose n’allait pas.

Charly, mon ingénieur de voisin qui a fait le tour du monde sur son catamaran, est venu me prêter mains fortes. Il utilisait des panneaux semblables pour alimenter les batteries de son voilier.

À l’aide d’un multimètre, nous avons donc mesuré la production sur chaque paire de panneaux :

  • Les 2 Neufs = 120W au grand soleil
  • Les 2 Vieux = 35W au grand soleil

Ensuite, nous avons recouvert d’une couverture l’un des vieux panneaux:

  • Résultat: 32-35W

Et enfin, nous avons recouvert le second vieux panneau :

  • Résultat:2-5W

Nous avons ensuite vérifié le voltage sur chacun de ces derniers:

  • Le premier : 19V
  • Le second : 9V

Conclusion: Il fallait changer au moins un des vieux panneaux.  Je m’étais procuré les deux neufs en Chine via Internet au prix de USD$112/ch. Mais à une semaine du départ, je ne disposais plus d’assez de temps pour en importer d’autres.  J’ai donc contacté tout les magasins d’électronique et de bateaux de la région.  Le plus compliqué, c’était de trouver un panneau semi-flexible de même puissance et de même dimensions car je devais le fixer sur mon support de 540 x 1100cm.  Évidemment, aucune disponibilité à Québec, mais on pouvait m’en commander un avec 72 heures de délai, pour la modique somme de CAD$430 (rien pour encourager à acheter local). À 5 jours de notre départ, c’est comme un fusil sur la tempe…je n’ai d’autres choix que d’accepter.

Tel que promis, ma commande est arrivée le mercredi et je l’ai installée après un laborieux travail pour décoller l’ancien panneau. 24 heures supplémentaires pour que le silicone durcisse et j’étais prêt pour les premiers tests…sauf qu’il a plu toute la journée de vendredi!!!

Samedi, le grand jour pour le test final! Météo partiellement ensoleillée avec 31°C et des bourrasques de 35km/h.

J’installe le tandem sous un soleil timide et assombri par le passage des nuages: 120 Watts avec 2 panneaux.  Je déploie les deux autres avec un pincement au cœur…Bingo!!! 234 Watts et 9.39 Ampères/heure avec 4 panneaux.  Ouf, je respire!

On peut maintenant s’envoler la conscience tranquille!

Et c’est parti pour 4 jours!

Je constate que c’est beaucoup plus difficile de tenir un Blog lorsqu’on voyage à deux. Se retirer pendant quelques heures pour transcrire les évènements de la journée demande un effort et une discipline qui peuvent devenir lassant pour le partenaire.

 

Bref, voici quatre jours que nous sillonnons la région de Charlevoix.

Samedi matin J#1, notre fils Guillaume est venu nous reconduire à la Basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré où nous avons décidé de débuter notre périple. Le ciel est menaçant et dès les premiers kilomètres une fine pluie se met à tomber sous un mercure frôlant les 15°C . Petit arrêt sur l’accotement pour revêtir nos habits de pluie!

Les premières montées se pointent après 2 kilomètres.  Un dénivelé de 6 à 10% pour nous mettre en jambes. Ma conduite est hésitante car c’est la première fois que nous roulons aussi chargé. Je serais curieux de mettre notre monture sur une balance pour connaître son poids exact? Peut-être mieux pas au fond?

Après avoir dépassé la station de ski du Mont-Saint-Anne, nous montons allègrement vers St-Féréol-les-neiges. Le paysage est magnifique et cette route secondaire nous permet de s’acclimater à la conduite du tandem en toute quiétude.  Une petite pause pour enfiler une barre tendre et nous revoilà repartis.  Nous aurons plus de 1000 mètres d’ascension à franchir aujourd’hui sur une distance de 60 kilomètres. Facilement gérable jusqu’à maintenant mais quand même une nouvelle expérience en ce qui nous concerne. Après tout, ce voyage vise à tester nos équipements et nos jambes dans un contexte montagneux et se déroulant plusieurs jours consécutifs.

IMG_6320À l’approche de St-Tite-des-Caps, nous devons quitter la route secondaire pour rejoindre l’autoroute avec son trafic intense et bruyant. Comme nous sommes en weekend, l’absence des camions en direction de la Côte Nord rend la ballade moins désagréable. L’ascension se maintient entre 6-15% sur une quarantaine de kilomètres, jusqu’à ce qu’on atteigne le Massif de la Petite-Rivière-St-François.  Nous sommes encore frais comme des roses et le tandem se comporte à merveille. C’est ici que s’amorce une longue descente de 5 à 12% sur 11 kilomètres jusqu’à Baie St-Paul. J’utilise occasionnellement les freins avant et arrière en alternance pour prévenir la surchauffe lorsque nous dépassons les 60km/h. Bref, on se laisse aller jusqu’en bas et on s’immobilise au supermarché pour faire quelques emplettes. C’est à ce moment que je réalise que le moteur ne démarre plus!. Un indicateur oscille sur mon moniteur m’indique une dis-fonction mais je ne me rappelle plus quelle en est la signification???  Je fais le tour de tous les raccords électriques du système mais je ne constate rien d’anormal.  Putain…qu’est-ce qui se passe? et qui pourrait bien venir à notre secours un jour de weekend?

Je sors mon Iphone et je prends une brève vidéo de l’indicateur qui clignote sur mon moniteur. Voici ce que ça donne: Remarquez la barre verticale qui oscille de droite à gauche.

 

Une idée me passe par la tête mais je n’y crois pas trop étant donné que nous sommes le weekend. Je téléphone à Justin chez Ebikes à Vancouver en espérant que quelqu’un va prendre l’appel…Déception… boîte vocale m’informant que le bureau est fermé.

Je prend la chance d’expédier la vidéo par courriel à Justin et en CC à Reinhard en Allemagne (E-bike-technologies).  En moins de 10 minutes, Reinhard me répond que la sonde électronique de mon frein semble être en défaut. Je m’empresse de vérifier pour constater que l’aimant qui l’actionne était déplacé d’à peine 5mm et que ça coupait le contact du moteur. Incroyable et Ouf!!!,  je n’y aurais jamais pensé!  Quelques minutes plus tard, je reçois un second courriel de Justin me confirmant la même chose.  Wow…ça c’est du service! Quand je pense qu’il y a plus de 8 heures de décalage horaire entre Justin et Reinhard. Incroyable!

Avec Internet, il n’y a plus de frontières! Vous rappelez-vous de l’époque où c’était  »IN » de posséder un télécopieur!  LOL!

Quelques instants plus tard, on se retrouve confortablement installés sur la charmante terrasse du Café des Artistes à siroter une bière et déguster un bon repas. Laissez moi vous dire que notre traversée de la ville en tandem n’est pas passée inaperçue.  On se fait interpeller de toutes parts, même par des motards qui viennent rouler à nos côtés pour nous poser des questions.IMG_6327

Nous avions réservé une chambre dans un coquet B&B   »Terre et Ciel » tenu par David, un gars fort sympathique à l’imagination débordante d’idées plus originales les unes que les autres! et son gentil toutou Benoit peut en témoigner!

Un exemple: David invite un musicien à chaque vendredi pour enregistrer une chanson dans une chambre différente de l’auberge et la met en onde sur YouTube.

David, notre aubergiste de TerreCiel!

En soirée, nous sommes allés bouffer à La Muse, un bistro d’ambiance chaleureuse où nous avons dégusté 4 entrées au lieu d’opter pour un plat principal.  Nos papilles gustatives s’en sont réjouies pendant tout le repas! Accras de Morue, Carpaccio d’Émeu, Feuilleté de ris de veau  sauce à la crème et à la moutarde et Rocher de foie gras Ferme Basque farci à la figue pochée au Porto. Dur! Dur! la vie de cyclotouriste!

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Mais kossé que tu fais là?

Bilan de la journée #1: Distance: 64.33 km; Vitesse moyenne:22.3 K/H; Temps: 2:53:27; Gain alt: 1,008 m

Dimanche matin J#2, nous quittons Baie-St-Paul vers 11 heures. David, l’aubergiste, me demande de réaliser une entrevue qu’il publiera sur YouTube et Facebook jeudi le 8 juin à 11:30h exactement. J’ai hâte de visionner ça!!!!

À la sortie de la ville en direction des Éboulements, nous entreprenons la montée de la falaise pour 450m+ sur 12 km. Dès la première butte, j’éprouvais de la difficulté à maintenir la direction du tandem. Il y avait un jeu dans la direction et le vélo oscillait de gauche à droite.  On s’arrête dans le milieu de la pente à la halte touristique pour constater que la visse Allen qui maintien le pivot du guidon dans le cadre était dévissée. Malheureusement, l’accès était trop étroit pour que je puisse utiliser mon Multi-Tools. Je jure bien fort et dit à Claudette que j’aurais dû apporter mes clefs Allen individuelles.

Derrière moi, une gentille demoiselle qui prend un lunch avec ses enfants sur la table à pique-nique et qui m’a entendu sacrer…me dit qu’elle pense avoir ce que je recherche dans sa voiture. J’en revenais pas…ouf!!! ça devenait vraiment dangereux de continuer à rouler comme ça! Voici la gentille maman qui nous a dépanné! Elle participait au Grand Prix cycliste Vélo-Charlevoix qui ce déroulait ce weekend. Qui sait, elle nous a peut-être sauvé la vie?
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Gros soupir de satisfaction! Nous avons pu poursuivre notre route jusqu’à Malbaie sur un parcours en montagnes russes au sommet des falaises qui longent le fleuve St-Laurent.

 

Paradisiaque! Au total, 1590 mètres de dénivelé sur 68 km. Arrivés à Malbaie, changement de programme. Nous n’avons plus le goût de nous rendre à Port-au-Persil 20km plus loin.  Nous décidons de revenir sur nos pas car le reste du parcours manquait de relief et notre motivation à rouler juste pour rouler avait baissé. Notre journée s’est terminée dans le SPA d’un charmant B&B à St-Irérée (Le Manoir Hortensia).

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Manoir Hortensia St-Irénée
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Et ‘est reparti!

Nos Hôtes, Mario et Pierre nous ont gentiment prêté leur véhicule pour que nous puisions nous rendre au bistro Le Café St-Laurent situé de l’autre côté de la montagne. Délicieux repas…encore une fois!

 

Bilan de la Journée #2: Distance: 48.72 km; Vitesse moyenne: 1;9.0 K/H; Temps: 2:34:16; Gain alt: 1,217 m

 

Lundi matin, J#3, nous prenons la route vers 10h en direction des 2 légendaires côtes des Éboulements. 300 mètres de dénivelés sur 3 km de distance avec des pointes à 22% d’inclinaison. Nous entreprenons la descente de façon prudente en alternant de bref coups de freinage avant et arrière de façon à éviter la surchauffe. La pente s’accentue jusqu’à 22% et je sens mes leviers de freins s’amollir progressivement.  Nous avons franchi les 2/3 de la pente et l’inclinaison diminue à 10-12% mais les disques sont tellement chauds que je n’ai plus aucun freinage. Je les laisse refroidir quelques secondes et ça reprend un peu! J’ai la chienne! …on roule à 60km/h auand enfin j’aperçois le plat à quelques centaines de mètres de la dernière courbe…je freakais ben raide! OUFFFFFFF!

 

Bon, un autre apprentissage indispensable à ajouter sur notre C.V.! Va falloir néanmoins que j’ajoute un frein cantilever sur la roue arrière pour parer à ce type d’urgence!

Après une pause au quai où un traversier assure la liaison avec l’Isle-aux-Coudres, nous décidons de reprendre la route et de remonter par la côte Grondin, située du côté ouest des Éboulements.  Au premier virage, le GPS grimpe de façon vertigineuse jusqu’à 22% sur 200 à 300 mètres pour nous faire prendre un virage à 120 degrés rendu en haut…et non, on est pas rendu en haut!!! et ça repart à 16%-18% et 22% encore. La température du moteur monte jusqu’à 46°C. On décide de lui accorder un repos de quelques minutes au milieu de la pente…et c’est reparti pour un autre 500 mètres…il chauffe mais ne démontre aucun signe de fatigue…même si l’inclinaison de la pente ne faiblit pas.
Nous avons enfilé plus de 3 km comme ça…et sommes arrivés en haut détrempés de sueur mais tellement fier de nous! Les passagers des véhicules que nous croisions dans la montée nous dévisageaient comme si nous étions des extra-terrestres…certains nous pointant avec le pouce en l’air.
Désormais, plus aucune pente ne nous fait peur!

De retour à Baie-St-Paul, nous sommes retournés chez David au Gîte TerreCiel! Faut que vous sachiez que cette charmante ville a une attrait particulier pour nous. C’est un peu le refuge de notre couple où nous allons depuis plus de 35 ans. Notre nid d’amoureux en quelques sortes! Plusieurs endroits nous sont chers dont le légendaire bistro  »Le Mouton Noir ». Nous n’avons donc pas manqué l’occasion de nous y restaurer bien qu’il soit fermé le lundi….et oui, mais quelqu’un veille sur nous car exceptionnellement, il est ouvert ce soir parce qu’un groupe avait réservé pour la soirée. Le repas était exceptionnel du début à la fin! Nous avons appris du même coup que l’établissement avait été acquis par un Breton il y a une douzaine d’années. Le nouveau propriétaire a mis tout en œuvre pour en préserver le cachet et améliorer le menu! Bravo!

Bilan de la journée #3: Distance: 35.03 km; Vitesse moyenne: 9.9 K/H; Temps: 3:32:20; Gain alt: 627 m.

Mardi matin, J#4, nous avons quitté notre charmant Gite TerreCiel  vers 10 heures en direction de St-Féréol. Benoit, le Chien de l’aubergiste était bien triste de nous voir partir! IMG_6393
Baie-St-Paul étant situé au creux d’une vallée, notre itinéraire débute en pente abrupte dès le km 8 et monte à 775 mètres au Km 24. Admettons que les gauffres au sirop d’érable du déjeuner se tassent assez rapidement!
La montée s’est super bien déroulée. La température du moteur a atteint 46C et nous avons pris 2 poses pour le laisser refroidir et reposer nos jambes (et pourquoi pas relâcher la vessie un peu!). C’est vraiment rigolo de voir Claudette pisser debout comme un gars en utilisant son urinette!

 


60 km plus tard, nous sommes arrivés à St-Féréol-Les-Neiges vers 13:30h. Nos amis de Québec nous avaient prêté les clefs de leur condo au Mont-Ste-Anne.

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St-Féréol-Les-Neiges