Mettre le matériel à l’épreuve, c’est jamais assez!

13 Mai avec un beau soleil, 12°C, on se prépare pour une autre sortie de mise en forme. En faisant l’inspection du vélo, que remarque que le support de la remorque oscille un peu quand je pousse sur la remorque de gauche à droite. L’écrou de l’axe semble dévissé un peu. Je le serre du mieux que je peux avec une clef Allen et voilà qu’elle me casse dans les mains.

Allo Houston, je crois que nous avons un problème!

Je prends une photo du coupable et je l’expédie au manufacturier TZC en France.  Comme de raison, nous sommes samedi et je tombe sur sa boîte vocale.

Tige cassée

En adoptant une attitude positive, je me dis qu’il est préférable que ça m’arrive à la maison plutôt que sur la route ou encore pire, pendant notre séjour en France!

Néanmoins, je suis fourré à l’os comme on dit ici! Nous devrons interrompre notre programme d’entrainement et je ne vois pas où je pourrais trouver au Québec une tige semblables à celle-ci?  Voici la réponse de Christian chez TZC:

hello !, pas de problème ça ce remplace par de la tige fileté de M5 trouvable en bonne quincaillerie.

il faut dévisser la vielle tige en chauffant si besoin pour ramollir la colle du coté collé…et recoller la nouvelle avec de l’araldite ou du frein filet bleu (moyen)

@+ TZC

Sans plus tarder, je communique avec Jean-Guy pour lui expliquer la situation. Comme nous sommes le weekend et que ses fournisseurs sont fermés, il me demande quelques instants pour trouver à une solution à court terme! 30 minutes plus tard, il m’informe qu’il a retiré trois tiges de dimensions semblables (5x180mm) sur un vieux démarreur de BMW. Incroyable…je dois mener une bonne vie!

Je saute dans ma voiture et en un peu plus d’une heure, je me retrouve dans l’atelier de St-Léonard d’Aston. Après avoir vérifié les dimensions de la tige, il modifie les siennes sur la machinerie et refait les filets pour qu’ils puissent se marier avec mes écrous. Au bout du compte, ça me fera 2 tiges en extra en cas de besoin.

De retour à Québec, je réinstalle chaque morceau en place et tout fonctionne à merveille! En fin de compte, c’est une bonne chose que ce bris se soit produit aujourd’hui. J’ai appris comment le réparer et je peux continuer notre aventure en toute tranquillité d’esprit. Une fois de plus, Jean-Guy a été notre sauveur!

De son côté, Anja de chez RAD-Innovations m’a posté gracieusement la roue libre du pédalier avant-hier.  Je l’attend avec impatience…heureusement que ça nous empêche pas de rouler!

Pendant le remontage, j’ai remarqué que le moyeu du pédalier appuyait sur la roue libre et causait de la friction. Je me suis rappelé qu’Andreas, un autre concurrent au Suntrip 2015, avait rencontré le même problème avec son Pino et qu’il avait inséré une feuille d’aluminium à l’intérieur de l’écrou pour l’empêcher d’appuyer jusqu’au fond sur le moyeu. J’ai donc découpé un morceau d’aluminium sur une canette de bière que j’ai inséré en place.

C’est à ces occasions qu’on se rend compte combien il est important de tester à fond ses équipements avant d’entreprendre un voyage longue durée. Au fil de nos sorties, nous découvrirons plusieurs petits problèmes qui auraient pu compromettre notre aventure. Assez simple à résoudre lorsque les outils et pièces de rechange sont à votre portée mais ô combien compliqué lorsque vous êtes à 6000km de la maison.

Un autre exemple: L’autre jour, pendant que je modifiais la fixation du porte drapeau, j’ai remarqué qu’un des rayons de la roue arrière était cassé. Je n’avais jamais porté attention à ça auparavant.  Avec l’ajout du moteur, des 2 batteries et de la remorque, le poids qu’elle encaisse a dramatiquement augmenté depuis sa transformation. J’ai donc démonté la roue, remplacé le rayon et j’en ai profité pour la réaligner et rajuster la tension sur chacun d’entre eux.  J’ai fait de même avec la roue avant et celle de la remorque et je me suis procuré des rayons de rechange pour chacune d’entre elles. Pour notre sécurité, il faut absolument que je dresse un Check-list des items à vérifier avant chaque sortie!

En réinstallant la roue arrière, le câble électrique des phares arrières s’est coincé entre la chaine et le pignon du Rohloff. Il s’est rompu au premier tour de roue… merde! Conclusion, j’ai réparé et raccourci ce câble pour éviter que cela ne se reproduise.

Je pourrais vous mentionner un douzaine de petits problèmes semblables qui ont surgis au fil des entrainements.  C’est la raison pour laquelle je veux qu’on parte quelques jours dans la région Charlevoix pour mettre à l’épreuve notre matériel de camping… et nos jambes!

27 mai, hier nous avons roulé 85km avec 450 mètres de dénivelé + en 3 heures.  Nous étions encore relativement frais à notre retour. Bon, vous allez me dire que 450m c’est dérisoire en comparaison au 2754 mètres du col de l’Iseran…je sais, je sais, mais il faut bien commencer quelque part!

Les inscriptions au prochain Suntrip qui se déroulera entre la France et la Chine de Juin à Septembre 2018 viennent de s’ouvrir. 12,000km sur la Route de la Soie à parcourir en 3 mois.  Le ST-2018, c’est vraiment une course! Je me suis inscrit et j’aimerais le faire en tandem avec Claudette mais elle ne peut abandonner sa mère pour un séjour aussi long.  Ce sera donc sur mon Trike Scorpion que je me lancerai dans l’aventure.  Je pourrai réutiliser un bonne partie de mes équipements pour le transformer à mon goût, mais rouler en trike, c’est une pratique du vélo complètement différente de celle d’un vélo droit. Muscles différents, technique de pédalage différente, position différente, bref c’est comme si je recommençais mon entrainement à zéro.  Va falloir que je m’abonne à un programme d’entrainement adapté et intensif tout au long de l’hiver prochain. À suivre…

Sur près de 12 000 km et à travers 10 pays, le Sun Trip 2018 suivra les nouvelles de la Soie entre Lyon et Canton (Guangzhou), respectivement 2ème plus grande ville française et la 3ème ville chinoise.

 

Gros problème mécanique!!!

Je l’attendais pas celle-là, le moteur fait des siennes!  Au cours des dernières sorties, j’ai remarqué que mon pédalier avait un lousse quand mes manivelles franchissaient l’axe entre midi et 13h. Sur environ 1 à 2 centimètres de rotation, les manivelles tournent dans le vide.  Après vérification, j’ai constaté qu’il y avait effectivement un bris dans l’arbre du pédalier, quelque soit la position des manivelles.

J’attends avec impatience le verdict du vendeur EM3ev en Chine …

Voici ce que ça donne:

Trois nuits d’insomnie consécutives et toujours pas de nouvelles.  Mon moral est au plus bas et j’envisage tout les scénarios imaginables. Assoupi dans le divan pour récupérer un peu de sommeil, une idée me sort de ma léthargie et me frappe comme un coup bâton de baseball dans le front: Et si ce n’était pas le moteur le coupable??? Je bondis sur mes pieds et me rend à l’atelier pour vérifier mon hypothèse: E=mc² !  Je démonte le pédalier et vérifie l’axe du moteur.  Aucun jeu!  Bingo! c’est la roue libre du pédalier qui relie le mien avec celui de Claudette qui fait défaut.

Il faut que je vous explique que le Tandem Pino possède la particularité de permettre au Stoker (Claudette) de cesser de pédaler quand ça lui chante même si le Capitaine (votre serviteur) continue de mouliner. Pour rendre cela possible, le pédalier côté stoker est muni d’un mécanisme appelé Roue Libre (Freewheel) semblable à celui qu’on retrouve dans le moyeu arrière de tout vélo pourvu d’une cassette à pignons.

Je transmet donc ma vidéo au Distributeur Hase dans le Vermont qui me confirme mes appréhensions. La gentille propriétaire, Anja, me promet une pièce de rechange dans les jours à venir. Ouf, j’ai l’impression qu’on vient de m’enlever un poids de 200 kilos sur les épaules! À six semaines de notre départ, je craignais que notre programme d’entrainement ne soit compromis voire même notre aventure rendue impossible à concrétiser.

Pendant ce temps, je continue à me battre avec Air France pour qu’on me confirme l’enregistrement des 3 boîtes de vélos contenant le tandem et les panneaux solaires en plus de la remorque.  Ça fait 2 mois qu’on me donne des informations contradictoires et qu’on me reporte la confirmation. Chaque bagage ne doit excéder 23kg et la somme de Longueur + Largeur + Hauteur < 158cm. Ça me fera donc un total de 4 bagages hors dimension à raison de $720 pour l’aller et $720 au retour. Ayoye!  J’ai vérifié auprès de DHL pour les expédier par avion cargo et c’est encore plus cher, d’autant plus que je devrais me séparer de nos équipements 2 semaines avant notre départ, interrompre nos entrainements, trouver quelqu’un en France pour les réceptionner et les dédouaner, etc.. Admettons que je ne serai pas surpris si je dois me battre avec les préposés de chaque aéroport pour faire embarquer toutes nos boîtes. Ça promet des argumentations épiques!

Depuis une semaine, nous roulons tout les jours entre 45 et 65 km. Je fais attention pour y aller progressivement afin d’éviter les blessures. Les genoux chauffent, mon cul se plaint de moins en moins et ma nouvelle selle Brooks s’assouplit un peu plus à chaque sortie. Claudette performe comme une athlète et son programme d’entrainement en salle semble porter fruit. Je suis très fier d’elle! J’aimerais qu’on atteigne les 100km par sortie avant d’entreprendre une expédition de plusieurs jours dans les montagnes de Charlevoix. Le tandem, avec son chameau bien chargé, est stable et agréable à conduire mais il faut le piloter en souplesse. Les démarrages sont plus hésitants, mais un coup d’accélérateur nous permet de le stabiliser rapidement dès les premiers mètres. En deçà de 10km/h, la conduite devient plus chancelante et du même coup, il faut porter attention aux véhicules qui surgissent par derrière. Dans les montées à plus de 10% d’inclinaison, toutes nos capacités sont mises à contribution pour maintenir notre vitesse. Malheureusement, il n’existe dans notre région aucun cols comparables à ceux des Alpes pour se pratiquer. On souhaite que la dénivellation du parcours ne sera pas insurmontable!

Jusqu’à maintenant, les automobilistes sont respectueux et notre bruyant klaxon AirZound attire l’attention lorsque les situations urgentes s’imposent. J’avoue cependant qu’il m’arrive de brûler des arrêts obligatoires et quelques lumières rouges lorsque c’est sécuritaire afin d’éviter de mettre le pied à terre. Nous avons été semoncés de quelques coups de klaxons à deux ou trois reprises par des automobilistes frustrés qui manifestaient leur mécontentement en raison de notre méfait!

Chacune de nos sorties nous réconforte quand aux performances de notre monture. Le moteur nous permet de monter allègrement des dénivelés de plus de 14%, nous avons testé des pointes de 50km/h sur le plat.  Dans les descentes abruptes, nous avons atteint 70Km/h en utilisant tout de même les freins pour rassurer Claudette. J’ai pas de difficulté à imaginer que nous aurions pu dépasser les 80km/h en se laissant aller.

Concernant nos 2 batteries d’une capacité de 23.8Ah chacune, nous consommons rarement plus de 3Ah à l’heure sur un dénivelé positif de 400 mètres et un parcours de 50 kilomètres. De leur côté, les 2 panneaux utilisés pendant que nous roulons rechargent entre 1 et 2Ah à l’heure sous un ciel semi-nuageux du mois de mai. On est encore loin de l’équinoxe!  Mes premières estimations me confirment que nos batteries nous garantissent une autonomie journalière largement suffisante mais je ne sais pas encore si nos panneaux rechargeront suffisamment ces dernières sous une météo peu clémente. J’espère que nous aurons le temps d’élucider cette question avant notre départ!

Sortie 28 Avril (1)

Ha oui j’oubliais…le météo est passée de 6°C à 20°C depuis une semaine.  On annonce même jusqu’à 35°C au cours des prochains jours! Décidément, le réchauffement de la planète fait vaciller les pronostiques les plus conservateurs.

 

On commence à avoir du Fun!

À chaque sortie, j’essaie de monter la barre un peu plus haute!

On ajoute du poids dans la remorque, on choisi des parcours plus longs, des dénivelés positifs plus importants ou bien j’essaie de réduire notre consommation d’énergie. Je modifie quelques paramètres de la programmation du C-A pour essayer de comprendre son fonctionnement.  C’est fantastique parce qu’on a toujours l’impression d’apprendre quelque chose de nouveau!

Ma nouvelle selle en cuir Brooks commence à s’assouplir, les premières sorties me laissaient avec le cul en compote! Petits ajustements de positionnement en déplaçant les poignées, le guidon et la selle. Bref, le confort s’installe tranquillement. Ce qui embête le plus Claudette pour l’instant, c’est la météo froide qui ne se résigne pas à laisser le printemps s’installer. Faut mentionner qu’elle est plutôt frileuse de nature bien que je lui aie procuré toutes les couches de vêtements nécessaires pour affronter tout les climats!

Notre monture fait tourner les têtes et suscite la sympathie des gens qui nous croisent. L’autre jour, un cycliste nous salue en nous dépassant sur son beau vélo de route full carbone.  Nous laissé la remorque solaire à la maison. Lorsqu’il était rendu à plus de 500-700 mètres devant nous, je décide d’appuyer sur l’accélérateur pour le rattraper en douce car je savais qu’il n’avait pas de rétroviseurs. 25km/h, 30km/h, 40km/h et on lui colle discrètement le train. Claudette rigolait à en pisser dans ses culottes! Soudain, le cycliste tourne la tête et nous aperçoit en train de le rejoindre.  Déboussolé, il rabat la tête vers son cyclo-mètre, l’air de se demander: Ai-je ralenti de vitesse tant que ça? Il semblait vraiment déconcerté!  Visiblement, il n’avait pas réalisé que le tandem était motorisé!  Je crois qu’on frôlait les 45km/h quand on l’a dépassé! Il s’est mis à rire quand j’ai ralenti pour lui expliquer la duperie!

Lors de notre première sortie sans la remorque, j’ai proposé d’entrée de jeu à Claudette de relever un défi.  Le coté ouest de notre rue aboutie sur une cote en zigzag dont le dénivelé atteint 22% par endroit. Elle n’est pas longue (+/-300 mètres) mais fait un peu peur.  Arrivé à 30 mètres du sommet et dans sa partie la plus accentuée, Claudette me déclare qu’elle est à bout de force! Que pouvais-je répondre à ça?  »Allez chérie, on est presque rendu! » Il n’était pas question que je pose le pied à terre au milieu de cette ascension. Ouf…on y est arrivé!

Le lendemain, Claudette m’apprend qu’elle était très déçue de sa performance et qu’elle avait réalisé qu’il fallait qu’elle augmente l’intensité de son programme d’entrainement physique!!!

Claudette est tombée sur un article dans la cahier Voyage du journal Le Soleil de samedi. Il raconte le périple d’un couple de québécois dans les Alpes en Aout 2016. Le récit est très instructif mais suscite beaucoup d’inquiétudes quand à nos capacités physiques à franchir les cols qui vont se dresser devant nous. Ben non, nous ne remettons pas notre participation au Suntrip en question, mais admettons que ça nous incite à prendre très au sérieux les 6 semaines dont nous disposons pour se mettre en jambes. Le niveau d’anxiété vient de monter d’un cran! Il faut que vous compreniez que sur un tandem, les 2 cyclistes doivent être en mesure de fournir le maximum de leurs capacités. C’est un travail d’équipe!  On ne peut donc faire chacun sa petite affaire de son côté. Il faut se concerter!

Il faudrait que nous ayons l’occasion de faire une expédition de plus de 1000 kilomètres avant notre départ.  Le problème, c’est que le mercure descend encore sous les -10C la nuit et que la majorité des hébergements n’ouvrent pas avant le début juin.   »Florian, est-ce que tu pourrais retarder le départ du Suntrip de 30 jours? hahaha!

Bon…trêve de niaiseries et au boulot!

30 Avril, un autre sortie de 50km parcourus en 2:40h à une vitesse moyenne de 19km/h avec un petit 335 mètres de dénivelé positif (les montagnes sont à plus d’une trentaine de kilomètres de la maison, il va falloir allonger sérieusement nos sorties pour les atteindre.) J’ai ajouté du lest dans la remorque et aucun problème pour manœuvrer le tandem. Là où ça coince, c’est dans les montées abruptes > 10%. Si notre vitesse descend en deçà de 5km/h, ça devient très difficile de maintenir l’équilibre. Autrement dit, il est pratiquement impossible de mouliner en première vitesse car on doit alors maintenir une cadence supérieure à 100 tours/minute pour conserver une vitesse supérieure à 5km/h. En bas de ça, la chute est presque assurée.

11 Mai, inondations généralisées au Québec depuis plus d’une semaine, du jamais vu!  La météo  maussade s’acharne et entame nos ardeurs à l’entrainement.  On commence vraiment à en avoir marre!   Je commence à me familiariser avec le module de contrôle, à tel point que j’ai entrepris de changer plusieurs paramètres. Résultat, on s’est retrouvé dans une pente avec un moteur qui refusait d’avancer et un séance de reprogrammation de 20 minutes sur l’accotement de la route.  Comme je n’avais pas emporté de copie de ma programmation initiale, je n’arrivais pas à me rappeler des paramètres par défaut. Une autre bonne leçon…désormais, le tableau des paramètres fera partie de la trousse de survie.

Nous sommes allés voir un spectacle à St-Iréné dans Charlevoix.  Nous en avons profité pour examiner l’état des routes et de l’accotement.  Dans la région du massif de la Petite-Rivière St-François, il y avait encore pas mal de neige et la météo chutait de 11C a 4 C en quelques minutes. J’aimerais bien faire le tour du Saguenay\lac-St-Jean avec notre chameau…mais la plupart des hébergements et restaurants n’ouvriront pas avant le début juin. On évalue nos options pour l’instant.

Grosse nouvelles sur le site du Suntrip:

En route pour le Sun Trip 2018

Trois ans après la dernière grande édition, The Sun Trip revient en force pour l’été 2018 !

Le parcours et les grandes lignes des conditions de participation seront présentés début juin 2017.

D’ici là nous pouvons seulement vous dire que le Sun Trip 2018 proposera une distance de plus de 10.000 km, ce qui en fera la plus grande aventure terrestre du monde !

Sun Trip 2018

Y en aura pas de facile!

Sortie 25 Avril (23)Lundi, j’ai rapatrié le tandem et la remorque à la maison.  Il faisait un beau soleil et un mercure exceptionnel à 20°Celsius.  J’étais impatient de le faire essayer à Claudette.

Ni une ni deux, nous voilà chaussés de nos souliers à clips et on s’embarque pour une première sortie.  Claudette est un peu anxieuse et craintive.  Allez hop…c’est un départ!  C’était le première fois que j’essayais le tandem avec un passager assis sur le siège avant. À peine 10 mètres de franchis que j’entends un frottement à l’avant et je sens de la résistance dans le pédalier.  On se range sur le bas côté …et je cherche, je cherche!!!

En examinant le train avant du vélo, j’observe une perforation dans son garde-boue . Je réalise alors que lorsque la fourche suspendue de la roue s’enfonce sous le poids de Claudette et que la batterie écrase le garde-boue qui frotte ensuite sur le pneu.  Merde, personne ne l’avait prévue celle-là!

Je téléphone à Jean-Guy et je lui téléporte ces photos.  Il me propose de modifier les chevilles du support avant de la batterie et de m’expédier les pièces par la Poste.  Je les reçois le lendemain…efficace mon Jean-Guy!  La solution qu’il a préparé permet de décaler de 5 cm vers l’arrière la cheville qui est a situé à l’avant sous la batterie. Par la même occasion, je recule la batterie au maximum, soit un cm.   Je vérifie le tout en écrasant la suspension au maximum…humm…ça passe tout juste…on devrait être OK.

En braquant le guidon au maximum, je me rend compte que le boitier cylindrique de la clef de contact entrave le pivotement du guidon. Encore Merde!  Je démonte le boitier et réalise qu’il faudra fabriquer une plaque de fixation plus longue pour dégager le guidon. Je pars donc à la recherche d’un morceau d’aluminium pour fabriquer une nouvelle fixation.

Ma première tentative échoue parce qu’une fois découpée, le plaque d’aluminium n’est pas assez rigide. J’ai alors un Flash…il y a un atelier de peinture sur métal près de chez moi (Anacolor)!  Le contremaitre me fait cadeau d’une plaque de 20cm carré par 3mm.  Parfait, 2 heures plus tard, le boîtier en de retour en place.

Clef Pino (1)

Et nous voilà reparti pour un deuxième essai!

Une sortie de 25 kms pour tester. Je ne voulais pas trop m’éloigner de la maison en cas de panne. Je n’arrive pas à comprendre le fonctionnement de la commande du moteur.  Je réussis à le faire fonctionner mais seulement en actionnant la poignée d’accélérateur. Le système de gestion de puissance ne semble pas fonctionner automatiquement. Décidément, cette technologie commence à gruger ma patience et me taper sur le nerfs!  Avant de retourner à la maison, on se paye une montée à 12% pour s’assurer des performances du moteur.  On avait le sourire fendu jusqu’au oreilles en montant la côte!

De retour à la maison, je me résous à approfondir le manuel de l’usager pour peaufiner la programmation du module C-A. 76 pages d’informations techniques en anglais et dont je ne comprends pas la signification de plusieurs des paramètres à programmer. Même si le manuel était écrit en français, je ne serais pas beaucoup plus avancé! Bref, 2 jours perdus à faire des tentatives essais-erreurs pour arriver au bout du compte avec un vélo qui n’avance plus! Retour à la case départ!

Je décide de prendre en note chacun des paramètres que j’ai programmés dans chacun des 65 menus du C-A et de les faire parvenir aux 3 manufacturiers. Vous allez sans doute sympathiser avec moi en examinant ce tableau!

CA-BBS Setup Pierre_Page_1

2 jours plus tard, j’obtiens une réponse. L’un m’informe que je n’aurais jamais dû altérer la programmation par défaut du C-A et l’autre constate des erreurs mais sans me fournir les données les corriger.  Je les relance sans plus tarder! Je me sens comme un étranger qui voudrait joindre un Club fermé de Technos aristocrates bornés. Y en a marre!

Encore 2 nuits d’insomnie et des journées entières à étudier le manuel de programmation et faire des tentatives. Je sens les 2 manufacturiers commencent à me trouver harcelant avec mes questions et multiples courriels.  Je finis par recevoir des informations de Justin chez Ebike.ca qui m’éclairent un peu. Je reprend toute la programmation à ZÉRO et je réussis enfin à remettre le moteur en marche. Je vous fais grâce des détails mais il est évident que je devrai rouler plusieurs centaines de kilomètres avant de maitriser ce bidule!

Ce matin, nous avons fait 45km avec 250 mètres de dénivelé positif en 2 heures. Ridicule si on compare aux journées du Suntrip mais nous sommes satisfaits si on considère que c’est seulement la deuxième sortie de la saison. On réussira pas à rattraper Bernard Cauquil avec notre performance!

25 Avril, let’s go, on se lance avec la remorque!!! Beaucoup d’anxiété dans l’air et la météo se met de la partie, des vents atteignant les 35km/h et le mercure à 6°C. J’ai chargé la tente dans la remorque pour l’alourdir un peu (j’aurais plutôt dû ajouter un bon 20 kilos).  Un peu sceptique, Claudette me suggère d’aller faire un  petit tour en solo pour s’assurer que je tiens la route.  La confiance est de mise hahaha!

Je m’exécute et le premiers mètres se font en zigzaguant, comme un bébé qui apprend à marcher! La roue avant oscille au rythme des battements de mon cœur…et c’est pas peu dire! L’absence de Claudette dans le siège avant rend le tandem encore plus instable. Le moteur tarde à s’engager quand je démarre. Deuxième essai après avoir modifié la programmation du C-A. Je n’arrive pas encore à comprendre toutes les subtilités des 70 et quelques paramètres de ce contrôleur…et ça commence à m’exaspérer. Tout rentre dans l’ordre après 4 essais.

Claudette prend place dans son cockpit et on décolle. La conduite est hésitante mais par bonheur, nous sommes seuls sur la route. Je prends de l’assurance après quelques kilomètres mais le vent de face ne rend pas la tâche facile. Notre boucle nous fait passer en vent de dos après une quinzaine de kilomètres. Wouah…la conduite devient super agréable! Un peu comme si on venait d’installer une conduite à cervo-direction sur le tandem.

Bref, cette ride nous redonne confiance. Il y a encore énormément de choses à tester et apprendre avant notre vol vers la France le 26 juin.  Ça nous laisse moins de 5 semaines pour compléter nos apprentissages car je dois expédier notre monture dans la première semaine de juin pour m’assurer de pouvoir en prendre possession à Nantes à notre arrivée. Ayoye!

Le moment de vérité est arrivé!

8 Avril test (4)
Olivier teste sa programmation

Et voilà, notre chameau est enfin prêt pour l’entrainement. Olivier est venu à notre rescousse pour solutionner nos derniers problèmes électriques et programmer le module Cycle Analyst (C-A).

De son côté, Jean-Guy a adapté les pattes des supports en T sur les arches en fibre de carbone de la remorque pour les stabiliser et les empêcher de balloter de gauche à droite. Il voulait aussi rabaisser les panneaux de 8 centimètres mais on a réalisé que ça rendrait la conduite du tandem dangereuse dans les virages serrés.

Si vous relisez l’article précédent, vous comprendrai que je n’étais pas arrivé à faire fonctionner les feux arrières et avant du vélo.  Mea culpa! Mea culpa! Mea culpa! et je ne suis pas fier de moi! Figurez-vous que j’avais raccordé l’alimentation des lumières sur la borne de programmation du C-A au lieu d’utiliser la borne d’alimentation 50V. Consolation! …plusieurs connecteurs faisaient quand même défaut! Ouf, mon honneur est sauf!

La programmation du C-A n’est vraiment pas simple pour un profane. Après l’avoir raccordé à mon ordinateur, nos avons tenté de mettre son logiciel à jour, mais sans succès. Faudra que je consulte le manufacturier!  Ensuite, nous avons essayé de comprendre tout ses paramètres et de les programmer à partir de l’ordi!  Le Cycle-Analyst est pourvu de 11 menus différents, chacun subdivisé en sous-menus. De quoi à en perdre son latin!

Malgré de multiples tentatives, au bout du compte, impossible de les sauvegarder à partir de l’ordi…. Frustration!!! et je commençais à perdre espoir (et patience) de faire fonctionner mon vélo avant la fin de la journée! #$?$&@!#)@#$@U(*¾½…(PS: demander la traduction à un bédéiste).

Retour à la case départ et on décide d’opérer la programmation à partir des deux boutons du CA. Une heure plus tard et après une douzaine de tentatives, on réalise qu’il faut appliquer de la résistance sur la roue arrière du vélo pour que le CA puisse ajuster ses paramètres. On sort donc le tandem à l’extérieur pour un road test tout en croisant les doigts! Encore une fois, pas de soleil pour tester les panneaux solaires, un bon vent nord-est frigorifiant et un mercure qui nous gèle les doigts sous les 3°Celsius .

J’offre à Olivier de prendre le guidon! Ce sera sa première expérience sur un Pino! Enfin, sa programmation prend son sens et le vélo répond aux commandes de l’accélérateur, du potentiomètre et du PAS (Pedal Automatic System). Il reste quelques ajustement à peaufiner mais l’expérience m’apprendra comment y arriver. Nous sommes enfin récompensés pour notre journée de travail!

Je vais enfin pouvoir rapporter le tandem à la maison et entreprendre notre entrainement. La météo s’annonce clémente et on dirait que le printemps va enfin se pointer le nez! Youpie!

J’ai reçu un petit gadget de la France cette semaine qui sera bien rigolo à utiliser pendant le Suntrip.  Il s’agit d’une caméra 360° Giroptic.  Elle se fixe sur votre Iphone/Ipad et permet de prendre des photos et vidéos en 360° et de les publier sur Facebook et Youtube. En voici un exemple. On peut faire pivoter la caméra de 360° !  Sinon, on peut les visionner sur son ordinateur après avoir installé l’application pour Windows ou MAC .

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Un premier Road Test stressant mais concluant!

Vendredi le 31 mars…comme ça, vous serez rassuré que cet article n’est pas un Poisson d’Avril!

Jean-Guy a complété le montage des panneaux sur la remorque cette semaine, Bravo! Ce matin, je suis monté chez lui pour en finir avec les derniers problèmes d’éclairage. Malheureusement, Olivier ne peut pas venir nous aider avant la semaine prochaine. Nous avons tenté de trouver une solution via une vidéo-conférence sur Skype mais sans succès.

Tant pis pour les lumières et c’est parti pour un premier road test sous un ciel nuageux, quelques bourrasques de vent et un mercure à 5° Celsius. Je devrais peut-être détacher la remorque et faire un premier test sur le tandem motorisé mais je suis trop impatient de rouler pour prendre le temps de la retirer!  Je dois quand même m’assurer que tout est raccordé solidement: (visses, écrous, loquets, câbles électriques, sensors, panneaux solaires, transmission Rolhoff, freins, pneus bien gonflés, etc.) Je me rend compte que je devrai me dresser une liste de contrôle des items à vérifier avant d’embarquer sur la route, un peu comme le checklist d’un pilote d’avion!

Je sens mon niveau d’anxiété grimper à bloc d’autant plus que les vêtements que je porte ne sont pas adéquats pour faire du vélo (le bas de mes pantalons frottent dans les pédaliers et le fond de culotte accroche dans le museau de la selle).  Une fois rendu dehors, j’enfourche la monture et appui sur les pédales… il penche de tout les côtés! Je ressemble au débutant qui en est à sa première expérience sur deux roues. Impossible de le maintenir en ligne droite! J’aurais préféré que mes premiers tests se déroulent sur un grand stationnement désert ou le long d’une belle route fermée à la circulation.

Les premiers mètres me font vaciller de gauche à droite, la roue avant oscille comme si son écrou était détaché. Je braque le guidon pour faire demi-tour mais la remorque fait basculer le vélo sur le côté. Je dois mettre le pied à terre pour éviter la chute. Merde… la panique envahie mon esprit: Jamais Claudette n’acceptera d’embarquer sur le siège avant dans ces conditions!!!

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Allez, on se calme et on remet le compteur à zéro!

Je commence par enfiler mes pantalons à l’intérieur de mes bas, j’ajuste le rétroviseur de mes lunettes pour apercevoir les véhicules me dépasser, j’ajoute deux plaques en fonte de 10 kilos dans la remorque pour la stabiliser et je redresse le levier de mon frein arrière qui était mal positionné.  Faut pas oublier que le moteur et les 2 batteries ajoutent 25 kilos sous le cadre du vélo. Sans la présence de Claudette sur le siège avant, la monture est complètement dé-balancée.

Et c’est reparti pour une seconde tentative! Je retrouve un peu d’assurance et je me permet d’actionner l’accélérateur, Houuuuuu… ça décolle comme une fusée! et Wouawwww,  je suis impressionné! Je dois avoir le sourire fendu jusqu’aux oreilles!

Je me lance dans le rang de gravelle qui longe l’atelier, je sens la résistance dans mes pédales lorsque le revêtement devient mou.  Je n’arrive pas à comprendre quels sont les signaux qui gèrent la puissance du moteur? Je tourne le bouton du potentiomètre en espérant accroitre le niveau d’assistance mais ça ne semble pas fonctionner. J’aimerais bien me faire conseiller par quelqu’un d’expérience!

Pour ce qui est de l’information affichée sur les deux cadrans Cycle Analyst, c’est comme du chinois pour l’instant. J’espère qu’Olivier saura m’expliquer comment interpréter et programmer tout ces paramètres. Un peu de lecture attentive du manuel anglais serait de mise!

Après trois ou quatre tentatives, ma conduite se stabilise et mes inquiétudes s’estompent progressivement. Je constate que l’utilisation de l’accélérateur au démarrage facilite grandement le décollage, une vrai merveille!

Je décide d’embarquer sur la route principale et de me rendre au village. Un camion remorque de 53 pieds me dépasse et me déporte sur l’accotement par surprise.  Première expérience qui me fait vaciller. La leçon va porter fruit!  Je roule ainsi une vingtaine de kilomètre et je reprend confiance. Ça me rappelle ma première expérience en cyclotourisme sur mon Surly chargé de 45 kilos de bagages dans ses sacoches. Ma roue avant oscillait et vibrait de tout côtés pendant les 5 premiers kilomètres. J’étais persuadé que le vélo avait un problème mécanique jusqu’à ce que tout se stabilise et que je réalise que ma nervosité était à l’origine de toutes ces vibrations.

J’ai roulé jusqu’à un peu plus 20km/h mais j’entendais la remorque et les panneaux bordasser à chaque imperfection que je rencontrais sur la route. En arrivant à l’atelier, j’ai constaté que la poulie qui relie les câbles de rétention des panneaux à la remorque avait cédé sous les chocs. Il faudra que je la remplace par une version en acier oxydable semblables à celles qu’on retrouve sur les voiliers.

De retour à l’atelier, ma chemise était détrempée sous mon manteau en duvet…et c’était pas parce que j’avais fourni un effort démesuré!

Ce premier test m’a permis de réaliser qu’il faudra procéder par étapes pour apprendre à maitriser la monture. Je devrai commencer par rouler en solo et sans la remorque pour comprendre comment maximiser le rendement du moteur et des batteries. Une fois que j’aurai pris de l’assurance, Claudette se joindra à l’aventure.  J’ajouterai ensuite la remorque en y augmentant progressivement le poids des bagages. Nous devrons faire quelques excursions avec les sacoches sur le vélo.  Ça fait beaucoup d’apprentissage à moins de 3 mois du grand départ! Ouf!!!

Je pensais être prêt pour les premiers tests routiers…

21 Mars: Cette semaine, nous avons finalisé l’installation des composantes de la remorque.  Jean-Guy a usiné une demi-lune en aluminium permettant de sélectionner l’angle d’inclinaison désiré des panneaux. La plaque a été perforée à des multiples endroits pour l’alléger et la rendre plus aérodynamique. Il a ajouté un câble de rétention entre le support arrière et la remorque pour mettre de la tension sur l’ensemble du support.

De mon côté, j’ai assemblé les câbles et connecteurs pour raccordement des feux de signalisation arrière, du phare avant et de la clef de contact. Malheureusement, les feux arrières ne fonctionnent plus. On a vérifié toutes les soudures et raccordement mais sans succès. SOS Olivier…au secours!

Voici une vue des panneaux en plein déploiement. Impressionnant!

Panneaux Ouvert 100% (3)

23 Mars: Il faut maintenant à inventer un mécanisme pour immobiliser les panneaux au niveau de déploiement désiré.  Jean-Guy a un plan en tête et m’envoie chercher une tige d’aluminium de ¼″ chez CD Métaux Spécialisés  à Trois-Rivières. Apprenant que mon entreprise se spécialisait en import-export, le propriétaire me fait part de son intérêt à  importer certains de ses produits de l’Asie…peut-être une collaboration prochaine avec Zim-ex inc !!! Le hasard des rencontres!

steel

25 Mars: Je prévoyais terminer l’installation du mécanisme de blocage des panneaux et régler les problèmes de connections avec les lumières aujourd’hui mais la conception de ce mécanisme s’est avérée beaucoup plus complexe que prévu.  Un travail de fourmi tellement il y avait de petites pièces à fabriquer et assembler.

Je n’ai donc pu tester le tandem sur la route! Next Week!!! si le printemps peut finir par arriver???

Une semaine remplie de Hauts et de Bas

4 Mars: Nous avons entrepris aujourd’hui la fabrication de glissières sur rail qui nous permettront de déployer les deux panneaux solaires supérieurs comme des tiroirs au dessus de la remorque. Le défi est de concevoir un mécanisme léger mais solide et efficace.

Chaque panneau mesure 53cm x 106cm (21″ x 42″). Par mesure de sécurité, je ne pourrai cependant qu’extraire les panneaux en direction de l’accotement routier et pour une largeur totale n’excédant pas 175cm. Je ne peux me permettre de les déployer à pleine largeur sans risquer une collision avec les obstacles que nous rencontrerons en bordure de route. Il faudra prévoir des loquets permettant d’immobiliser les panneaux à la largeur désirée en fonction de la morphologie du parcours. Ce système nous permettra d’augmenter notre capacité de charge de 200 watts/heure à plus de 300w tout en roulant.  On espère que l’équilibre du tandem n’en souffrira pas trop.

Je me suis donc procuré des glissières de tiroirs auprès d’un spécialiste d’articles d’armoires de cuisine et Jean-Guy à déniché des tiges d’aluminium rectangulaires de 1.5 cm de diamètre pour fabriquer les deux cadres qui soutiendront les panneaux solaires.  Et maintenant…Comment rendre tout ça fonctionnel?

Nous avons commencé par séparer les deux panneaux inférieurs afin d’obtenir un espace de dégagement de 4 cm entre chacun, nous permettant ainsi d’y rattacher deux glissières et de faire passer les câbles d’alimentation en direction des chargeurs.  Plus facile à dire qu’à faire!

Voici un petit clip démontrant quelques étapes de fabrication du cadre.

Ça semble facile hein?

Après une première tentative, nous réalisons que nos glissières sont trop courtes.  Il faudra utiliser des 60cm.

5 Mars: De retour le lendemain avec mes glissières de 60cm, Jean-Guy m’informe qu’après avoir testé notre système la veille, il estime qu’il est trop fragile.  Il faut trouver un autre mécanisme à glissières plus rigide…et donc plus lourd.  J’avoue que cette annonce m’a un peu cassé les jambes.  Après m’avoir fait la démonstration des tiroirs utilisés sur ses classeurs à rangement d’outils Snap On , je me rend à Trois-Rivières pour en rechercher des semblables. J’en déniche deux paires chez Home Dépôt mais chaque rail pèse plus d’un kilo.  Ça m’inquiète car il en faudra quatre pour faire glisser les deux panneaux.

8 mars Pino (19)
Glissière classeurs SnapOn

De retour à l’atelier, on bizoune autour de la remorque pendant plus d’une heure à imaginer une façon d’installer ces nouvelles glissières.  Première constatation, j’aurais dû choisir des 550mm au lieu des 600.  Je retourne donc à Trois-Rivières situé à 40km de là!

Après plusieurs tergiversations et tentatives, Jean-Guy a une idée de génie! Nous installerons une glissière à la verticale aux deux extrémités et une troisième horizontale au centre qui reliera simultanément les deux panneaux.  On va ainsi soustraire le poids d’une glissière et augmenter la rigidité latérale et longitudinale de l’ensemble du support. Youpie!

Je démonte tout l’ancien mécanisme et on repart à zéro! À la fin de la journée, voici ce que ça donne!

Pas besoin de vous mentionner que nous étions très contents du résultat final! Il ne reste plus qu’à assembler les panneaux sur la remorque, évaluer la stabilité générale du support, les raccorder aux deux chargeurs et espérer que tout fonctionnera.

9 Mars: Un fois installée au dessus de la remorque, la plate-forme semble immense…ça fait peur! Ma première impression est que le centre de gravité du support est trop élevé. Nous l’avions relevé de 10cm pour permettre aux panneaux de pivoter au dessus du support des sacoches situés sur la roue arrière. Ma seconde impression est que la remorque risque d’être renversante sous l’emprise du vent et trop lourde à manipuler. Mais soyons positifs et attendons les résultats de nos tests routiers avant de d’anticiper le pire!

Les cadres que nous avons fabriqués pour les deux panneaux supérieurs sont très légers mais ceux du dessous que j’ai achetés d’un ancien concurrent du Suntrip 2013 sont deux à trois fois plus lourds.

12 Mars: Olivier, notre spécialiste du Projet Beyond est venu nous rejoindre à l’atelier aujourd’hui pour vérifier mes raccordements électriques et tester les panneaux solaires. Comme le mercure indiquait -30º C et que le soleil était dissimulé derrière une bonne couche de nuages, nous n’avons pu mesurer leur efficacité avec précision…mais je me réconforte d’apprendre qu’ils fonctionnent normalement. Olivier a raccordé le nouveau circuit électronique pour faire clignoter les feux arrières et Jean-Guy a fabriqué un boitier cylindrique étanche en aluminium pour l’abriter en compagnie de la serrure de la clef de contact.

12 Mars (10)

J’aurais bien aimé rouler un peu dehors mais le froid, le vent et la chaussée glacée rendaient l’expérience périlleuse. Va falloir patienter un peu car une tempête de neige de 30 à 50cm est annoncé dans 2 jours!

J’ai quand même pu me rendre compte que le rayon de braquage est très faible et qu’on a l’impression de piloter un train routier. Ça tourne définitivement pas comme sur un trente sous… comme on dit au Québec!  Ça laisse une foule de questions tourbillonner dans ma tête et encore quelques nuits blanches en perspective!

Avant de nous quitter, Olivier m’a offert ses services dans l’éventualité où je voudrais ajouter des équipements électriques sur le tandem…ça m’a donné des idées!!! à suivre…

 

Le moment de vérité approche…

Dernière semaine de février, le temps s’écoule à une vitesse folle. J’ai fini par recevoir toutes les commandes manquantes la semaine dernière.  Jean-Guy a usiné toutes les pièces pour fixer les 2 batteries sous le siège de Claudette. Leur position basse assure la stabilité du tandem et les protège un peu des intempéries. On est particulièrement fier du résultat…un travail de pro!

À un certain moment, j’ai eu un doute quant à la résistance des 2 batteries aux changements de températures et la pluie.  J’ai donc posé la question au manufacturier EM3ev et voici la réponse que j’ai obtenu:

The battery packs that you have are waterproof and the BMS and the CNC welded terminations are covered with a layer of dielectric film. Frankly, drilling a hole is a bad idea and will mean that the battery pack is no longer waterproof and it also risks the possibility that you could damage the battery pack.

Me voici donc rassuré!

Reinhard m’a fait parvenir d’Allemagne toutes les extensions électriques qui manquaient pour relier le moteur et les périphériques aux batteries et au Moniteur CA-BBS.  Bref, une grosse couette de fils qu’il faudra bien relier tout le long du cadre pour éviter de les accrocher en pédalant.

Les périphériques autour du moteur sont multiples.

  • Démarreur
  • Accélérateur
  • Capteur de frein
  • Capteur de vitesse
  • Capteur d’embrayage
  • Capteur de température du moteur
  • Capteur de pédalage assisté
  • et bien entendu le contrôleur qui est à l’intérieur du moteur.

Après mûres réflexions, on a choisi l’intérieur de la remorque pour abriter les 2 chargeurs solaires. Nous craignons qu’ils ne soient vulnérables aux intempéries et aux chocs. Les câbles qui les relient partent dans 2 sens: 1) Depuis les 4 panneaux solaires pour transformer l’énergie solaire et 2) Vers les batteries et le 2ième moniteur CA-SA pour gérer l’approvisionnement en énergie solaire pendant le parcours.

cablage-power

Je voulais avoir 2 lumières rouges clignotantes à la queue de la remorque. Celles que j’ai importées de Chine ne clignotaient pas. Frédéric m’a trouvé un relais électronique sur EBay. Comme le vendeur était situé en Californie et qu’il n’expédiait pas vers le Canada, j’ai fait livrer les relais chez un ami vivant près de Los Angeles. Son frère en visite à ce moment là me les a rapportées quelques jours plus tard. Je suis un peux merdeux comme on dit au Québec!  Frédéric a dû ajouter une résistance au circuit électrique des lumières pour que ça fonctionne. Cependant, nous ne sommes pas satisfait à 100% car la résistance chauffe après une utilisation prolongée. Frédéric est en train de concocter une nouveau circuit électronique.

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À la fin d’un bonne journée de travail samedi dernier, j’ai mentionné à Jean-Guy que j’avais eu une idée un peu folle pendant la nuit (ouin…le Suntrip me tient éveillé régulièrement à compter de 4 ou 5h du matin ). Si on arrivait à intercaler des glissières pas trop lourdes par dessus les 2 panneaux solaires inférieurs, nous pourrions utiliser les 2 panneaux supérieurs pendant que je roule en les extrayant vers le coté droit comme des tiroirs (ce serait trop risqué de se faire accrocher par un véhicule si on les faisait sortir du côté gauche).  Ça me permettrait d’augmenter ma production d’énergie de 50% à 60%. Super! qu’il me répond, et nous voilà repartis pour quelques jours de bricolage!

J’ai commencé à installer les pièces d’équipements que j’ai importées. Un support inclinable sur le cadre avant pour la bouteille de Claudette.  Une extension pour le phare de 400 lux 48V et une barre en forme de T pour soutenir les 2 afficheurs Cycle-Analyst sur le guidon.

J’ai quand même hâte de passer de la théorie à la pratique et de m’embarquer sur la route avec Claudette. Nous n’avons aucune idée de ce que nous réserveront les premiers road tests. Est-ce trop lourd? pas assez malléable? trop physique? pas assez puissant pour le poids de la charge? Arriverons-nous à monter les côtes? et le freinage avec la remorque qui pousse à l’arrière? Est-ce que les panneaux solaires fonctionnent?

Je dois avouer que tout ça me rend quand même un peu anxieux!

 

 

 

Mon parcours vélo

Je suis devenu passionné de vélo suite à une période dépressive au cours de ma carrière. En fait, suite à un gain de poids substantiel, mon médecin m’a imposé de faire un choix: Risquer un AVC et devenir diabétique ou perdre une vingtaine de kilos en changeant mon train de vie.

Peu enthousiaste envers les sports d’équipe, le vélo et le ski de fond se sont imposés devant moi. J’ai donc sorti mon vieux 10 Vitesses Wander et mes Skis Dynastar qui dormaient au fond de la remise depuis une vingtaine d’années. Progressivement, mes sorties vélos ont franchi le cap de 20, 30, et 40 kilomètres. J’étais très fier de moi…LOL . Au fil des ans, je suis passé au vélo hybride en alu et j’ai adhéré au RAV, un club de cycliste d’affaires. Après avoir goûté aux plaisirs du vélo en carbone, je suis devenu encadreur dans le club et mon intérêt pour la mécanique vélo n’a cessé de s’amplifier.

5-5-2009

En 2008, j’ai importé mon premier cadre de route en carbone de Chine et j’ai assemblé deux vélos pour mes 2 fils âgés aujourd’hui de 28 et 30 ans.

Pour inclure Claudette dans mes aventures, nous avons fait l’acquisition d’un tandem KHS en 2009 pour passer ensuite sur un Cannondale bleu et suite à mon accident, à un magnifique Cannondale de route Blanc au cadre plus petit. Nous avons enchainés des sorties de 25 à 60 km mais pas au delà. Un peu plus tard, nous avons entrepris de courtes escapades journalières à travers le Québec. Iles de la Madeleine, Kamouraska, Charlevoix, etc.

En 2012, j’ai rejoint le club des éclopés du vélo suite à une bonne chute. Clavicule gauche fracturée à deux endroits et commotion cérébrale. Après un mois de convalescence, j’ai commencé à ressentir des engourdissement dans ma main et progressivement, mon avant-bras s’est paralysé. Je n’arrivais plus à boutonner ma chemise ni à couper les aliments dans mon assiette. Après de multiples examens, Tacos, Radios, etc, mon orthopédiste a finalement accepté d’opérer l’épaule et de poser une plaque pour redresser la clavicule. Ça n’a apporté aucune amélioration quand à la motricité de mon bras. Un mois plus tard, une intervention chirurgicale avec un neurochirurgien a permis de dégager mon nerf brachial qui était coincé sous une masse de tissus près de l’omoplate. Un bon six mois de réadaptation m’a permis de recouvrer 95% de mes capacités. J’ai fait l’acquisition d’un Tacx Bushido pour passer ma frustration et continuer de rouler pendant ma convalescence.

tacx-screenradio-plaque-acier

En 2014, j’ai commencé à m’intéresser au cyclo-tourisme. Après avoir passé un nombre d’heures interminables à lire des Blogs de cyclomondistes, j’ai décidé de passer à l’action. Comme je ne fais jamais les choses à moitié, je me suis fait un devoir de choisir un vélo qui correspondait aux meilleures montures disponibles sur le marché. Ce fut donc un Surly Disc Trucker 26cm. Sacoches, matériel de camping, support ont suivi et j’ai entrepris mes 2 premières micro-aventures au début de l’été suivant.

À l’automne je me suis tourné vers le Fat Bike. J’avais eu l’occasion d’en essayer 2 modèles au cours de l’hiver précédent. Après des heures de recherche sur internet, je décide de m’importer un cadre en carbone et d’assembler un fat a mon goût. Roues en carbone, pneus de 5 pouces, cassette modifiée avec un pignon de 42T, pédalier elliptique etc…la totale! Que du plaisir et je l’utilise aussi en été pour rouler sur les berges du Saint-Laurent pendant les marées basses!

En 2015, j’ai initié Claudette au cyclotourisme sur notre tandem pendant une randonnée de 4 jours en Estrie. L’expérience a été positive mais a mis en relief l’inconfort de rouler sur un tandem droit avec des bagages et sans remorque.

Au cours de mon périple en solo au Saguenay, j’ai fait la rencontre d’un couple de français qui voyageaient avec leur chien sur un tandem semi-couché Hase Pino pourvu d’une remorque à l’arrière. C’était la première fois que je rencontrais ce type de tandem et j’y voyais beaucoup de possibilités pour moi et Claudette. Je les ai invité à séjourner chez nous lors de leur passage à Québec. Partis d’Halifax en Nouvelle-Écosse, ils comptaient se rendre jusqu’au Mexique avec tout leur bardas. Je sentais dans le timbre de leur voix que le dénivelé positif de la région commençait à susciter des doutes dans leur esprit quand aux chances de succès de leur expédition.

Deux semaines plus tard, ils se présentaient chez nous et j’ai pu initier Claudette aux joies du tandem semi-couché. Confort du siège pour le stoker, proximité des 2 cyclistes pour discuter pendant le parcours, originalité du vélo qui fait que tout le monde nous adresse la parole, position verticale pour le capitaine et j’en passe… 2 semaines plus tard, nous étions en route dans le Vermont pour faire l’acquisition de notre Pino chez le distributeur américain. Au Québec, lorsqu’on parle de vélos couchés ou de tandems semi-couchés, on est soit un extraterrestre soit un original! non, j’ai pas écrit Orignal!

L’année suivante, je parcourais le Saguenay/Lac St-Jean et le tour de la Gaspésie sur mon Surly version améliorée d’une transmission Rolhoff, d’un guidon Papillon, Moyeu dynamo, jantes Andra 30 etc. J’étais devenu accros!

À l’automne 2016, en lisant le blog de 2 Québécois partis 2 ans sur leur tandem Cannondale pour traverser les 2 Amériques, j’ai aperçu la photo d’un couple de Suisses roulant sur un Pino pourvu d’une bizarre de remorque en fibre de verre. C’était une remorque TZC fabriquée en France par Christian Touze. En surfant sur Internet pour localiser le fabriquant, j’ai fait la découverte du Suntrip car plusieurs concurrents l’utilisaient pour y fixer leurs panneaux solaires.

Et oui, en visitant le site du Suntrip, je n’ai pu résister à l’envie de nous inscrire au Raid 2017 qui traversera les Alpes en juillet prochain. 1100km en 14 jours avec 21,000mètres de dénivelés positifs. Départ le 8 juillet de Clermont-Ferrand et nous passerons par l’Italie et la Suisse pour compléter le parcours. Un cinquantaine d’équipage franchiront 3 des plus hauts cols de France à plus de 2700 mètres. Pour compléter notre voyage, nous avons décidé de partir de Nantes et parcourir la Vallée de la Loire pour ensuite poursuivre notre périple jusqu’à Marseille après avoir franchi la ligne d’arrivée du Suntrip à Lyon.

Il ne me restait plus qu’à motoriser notre Pino et le munir de panneaux solaires…plus facile à dire qu’à faire! Pour ceux que ça intéresse, je vous encourage à visiter et vous inscrire à notre blog:FFOTR

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Poursuivant la progression logique de mon cheminement, je me suis de plus en plus intéressé aux vélos couchés, spécialement les trikes. J’ai eu la chance de dénicher un beau Scorpion 2012 FS 20 motorisé sur BionX dans l’ouest des États-Unis. Le vendeur avait même celui de sa femme à vendre. Je me suis gardé une petite gêne comme on dit chez nous et j’ai mis la main sur celui de monsieur. Claudette n’avait pas assez le kick pour le deuxième et elle préfère rouler en Pino.
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