Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #5

Jour #5 LSJ 2016Commençons par le début!

Voici à quoi ressemble mon premier AirBnB. Assez rustique mais très confortable et situé à proximité de tout.

J’embarque donc sur la route vers 11 heures en direction de St-Félicien à 85 km de St-Gédéon. Raffales de vent de 28km/h particulièrement éprouvantes dans la région de Chamborg. J’arrive à la marina de Roberval vers 13h mais le restaurant que je préfère vient de fermer car il ne servent que des déjeuners et des soupers. Je fais les yeux doux à la serveuse pour qu’elle accepte de me servir n’importe quoi pour me rassasier. Elle me fait un clin d’oeil et m’indique de m’assoir sur la terrasse. Quelques minutes plus tard atterri une pizza-déjeuner à ma table, un genre de croque-monsieur servi sur pâte à pizza, délicieux!

Je reprend la route en espérant que les nuages ne déverseront leur colère sur ma tête comme hier.  Je rejoins le domicile de mon ami vers 16h après 85km de route. Leur charmante maison donne directement sur la plage. Comme ils ne sont pas encore rentrés, j’enfile mon maillot de bain et je plonge dans le lac.  L’eau est fraiche et relaxe mes muscles. Quelle jouissance et j’en profite pendant un bon moment!

J’emprunte la voiture de mon hôte pour aller souper à l’Auberge des Berges où l’on sert une cuisine régionale. Ma bavette de bison était succulente!

Demain, on annonce des orages violents, je risque de profiter d’une pause pour visiter le célèbre Zoo de St-Félicien!

Ciao et à plus!

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #4

Jour #4 LSJ 2016Vers 2 heures du matin, j’ai senti que la toile intérieure de ma tente appuyait sur ma tête. Je croyais rêver ou m’être accoté  sur la parroi pendant mon sommeil. Je me déplace un peu. Quelques minutes plus tard, j’éprouve la même sensation mais dans un endroit différent. Avant de me coucher, j’avais inséré des bouchons dans mes oreilles pour éviter de me faire déranger par les feux d’artifices de la St-Jean. Je n’ai donc pas pu distinguer de sons particuliers. J’avais vraiment pas envie de me réveiller et de scraper ma nuit.

Pas d’autres choix que de rechercher l’origine de ces mouvements…y a-il un animal menaçant dans les parrages? Ai-je oublié de la nourriture dans la tente? Trop tard, me voilà aux aguets, merde! Faut  vous mentionner que pour Pierre Julien, dormir, c’est un luxe! Alors quand ça fonctionne, j’essaie d’en profiter au max. OK, je me résigne à sortir la lampe de poche et j’apercois le plus jeune de mes voisins chatons qui s’est libéré de sa laisse et qui cherche un moyen de se faire caresser. J’ai surtout pas envie de sortir dehors à poil au beau milieu de la nuit pour le rattacher ni de me faire déchirer le revêtement de ma tente! J’ouvre donc la fermeture éclair de la tente pour le faire entrer. Laissez moi vous dire qu’il ne s’est pas fait prier.

Je me réinstalle pour dormir et il ne cesse de se frotter sur mon visage et de planter ses griffes dans ma figure. Il finit par s’endormir à un centimètre de mon nez, on dirait qu’il apprécie la chaleur de mon souffle. Ça dure jusqu’à ce que je bouge un peu et recommence le même manège.  Zut, Pierre, tu es en train de bousiller ta nuit de sommeil et la route sera longue demain.  Je me résigne à  aller le rattacher à sa laisse et pour me prévenir de mouliner le reste de la nuit, j’avale un relaxant et couvre mes yeux d’un bandeau opaque. On est équipé ou on ne l’est pas!!! Résulat, je me réveille en sueur à huit heures du matin dans une tente chaude comme un micro-ondes.

Je me sens plutôt ankylosé et la machine est lente à démarré. Le soleil plombe ferme et je suis déjà détrempé une fois que le campement est levé.  Je laisse les bagages à la ferme et roule en vélo jusqu’au Tim Horton à 3 km de là. Mes muscles me manifestent leur désaccord.

J’embarque sur la route vers 10:30h après avoir engobé 2 TimMatin aux saucisses et un gigantesque café. Ouf, que la première côte est pénible à monter. Mon escale doit me mener à Alma mais je sais qu’inconciesment, j’aimerais me rendre à St-Gédéon.

Après un peu plus d’une heure de route, je suis surpris de constater que mes jambes répondent efficacement aux sollicitations du parcours, et deux heures plus tard, je me sens comme un athlète de triathlon.  Je vais douter des directions proposées par mon GPS à plusieurs reprises er même aller jusqu’à rendre les directions proposées par des samaritains rencontrés sur mon chemin. Heureusement, leurs sugestions finissaient par rejoindre l’itinéraire planifié initialement. Seule surprise, un 15km de route de terre un peu rock&roll. J’étais content de rouler sur des jantes de 26 pouces pourvues de pneus de 1.75 pouces.

À l’approche d’Alma, le ciel s’était assombri de nuages menaçant et on entendait le tonnerre vrombir au loin. Mon tour s’en venait! Ça c’est déchainé juste au moment ou j’entreprenais la descente d’une côte à 14%. L’eau ruisselait ferme sur l’asphalte et par prudence, j’ai rebroussé chemin pour m’abriter sous la corniche d’un garage abandonné. J’ai du patienter debout plus d’une heure avant de pouvoir reprendre la route.

J’ai réussi à rejoindre Alma vers 16:30h. J’ai fini par trouver le chemin pour me rendre au traversier et je me suis embarqué sur la véloroute des Bleuets pour rejoindre St-Gédéon comme mon subconscient l’avait planifié. En ce samedi de la St-Jean Baptiste, je redoutais de ne pouvoir trouver d’hébergement convenable et la pluie intermittente me décourageait de chercher un endroit pour camper. Arrivé à la micro-brasserie du Lac à St-Gédéon, j’appelle Claudette pour lui demander de m’aider à trouver un gite. Malheureusement, rien de disponible à un prix abordable.  C’esr alors que l’employé de la brasserie me recommande de chercher sur Air BnB. Je n’avais jamais utilisé ce service et je télécharge donc l’application sur mon cell dont la batterie n’est plus qu’à 17% et dont le signal réseau me rappelle l’Afrique.

Ouverture de compte: veillez entrer vos coordonnées et password. Veillez entrer le numéro de confirmation qui vous a été acheminé par SMS!  Veillez activer le lien qui vous a été envoyé par courriel! Veillez télécharger une photo de vous!  Putain, ils commencent sérieusement à me pomper le système!

Je peux enfin procéder à la recherche de gite et je trouve une offre intéressante à $47/jour, j’achète!

Veillez payer la réservation par Paypal! Je recois un couriel de Paypal confirmant le paiement. Je ne connais toujours pas l’adresse de mon AirBnB!

Pour finaliser la transaction, veillez accepter nos conditions au bas(le texte doit remplir 22 pages format légal). Veillez utiliser votre appareil pour photographier le recto une carte d’identité légale(je ne dispose que de ma carte d’assurance maladie et de mes cartes de crédit). Veillez photographier le verso de votre carte…Je suis sur le point de péter une coche!

Merci, votre réservation est confirmée….apparait une minuscule photo de la maison indescriptible ainsi que le prénom du propriétaire. Aucune adresse, je sens qu’il y a quelquechose qui cloche. Je présente la photo de la maison à plusieurs clients de la brasserie mais personne ne la reconnait. J’embarque sur mon vélo sous la pluie et me dirige vers le dépanneur du coin espérant trouver assistance.  La caissière n’y voit que dalle et demande à un client. Celui-ci pense reconnaitre la maison que son beau- frère a vendu il y a quelques années.  Il m’indique quelle se trouve à plus de 2 km et porte une adresse civique entre 500 et 510. Et c’est reparti sous la pluie!

Arrivé à la maison, je reconnais les arbres qui la dissimule mais aucune âmes qui vivent à l’horizon. Je cogne à la porte de tout les voisins immédiats sans succès jusqu’à ce que j’arrive à un party où une vingtaine de personnes festoient allègrement.  On finit pas trouver quelqu’un qui connait les proprios et leur numéro de cellulaire. Je les rejoins immédiatement au téléphone mais mon interlocutrice me confirme qu’elle n’a reçu aucune réservation de AirBnB. Pour raccourcir l’histoire, j’ai fini par obtenur les clefs de la maison et Claudette m’a fait parvenir une photo de mon passeport pour que je finalise l’ouverture de mon compte.

Me voici donc dans une grande maison totalement bordélique après une journée de 87km de route avec 700 mètres de dénivelé. Après un délicieux repas de côtes levées à la brasserie, je vous souhaite Bonne nuit à tous! Demain, je vais essayer de rallier St-Félicien où mon  ami Alain m’attend chez lui.  Une autre bonne ride mais avec un dénivelé relativement plat.

 

 

 

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #3

Jour #3 LSJ 2016Commencons par le déjeuner! Digne d’un Roi et avec une fondue au chocolat comme surprise! Vive la fête de la Saint-Jean-Baptiste!

Comme promis, Maurice me reconduit à l’intersection en utilisant son 4×4 Artic Cat car le pickup refusait de démarrer ce matin. A 6h am, le thermomètre indiquait 6C. A mon départ vers 10h, il avait grimpé à 13C. Pas chaud chaud, mais le soleil promettait de me réchauffer progressivement.

La route est vallonneuse et borde le Saguenay, différente de celle que j’avais parcouru l’an dernier. Mes jambes ont accumulé de la fatigue et je crains de ne pouvoir compléter l’étape. L’avenir me prouvera que j’avais tors.  À l’approche de La Baie, j’embarque sur la magnifique piste cyclable qui longe la rive à marée basse. Des jeunes roulent en vélo sur la grève! À la sortie de la ville, je décide de m’acorder une pause pour bouffer un peu car je sais que plusieurs côtes pointent devant moi.

Mon GPS fonçtionne à merveille et m’indique la route à prendre. J’arrive à Chicoutimi vers 2:30h et je traverse le Saguenay par la voie cyclable. La ville est en effervessence et des kiosques proposent de la Street Food sur la place publique. À la sortie de la ville, une côte de 1 km à 12% me donne le goût de prendre une pose santé avant de la gravir! Quoi de mieux que l’éternelle guedille au poulet avec des frites! C’est tout ce qu’on propose outre les hotdogs, burgers et l’éternelle poutine que je ne me résigne pas à bouffer!

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Je prévoyais demander asile chez un éleveur d’Alpagas à quelque kilomètres d’ici. Je n’avais pas pris le risque de téléphoner de peur d’encaisser un refus.  Arrivé à la ferme, je doute que ce soit celle que j’avais identifié avant mon départ.  Le charmant couple de propriétaire m’invite à piquer ma tente au milieu du parc. Douche et toilette privée en prime, Yes!!!

Je m’installe au milieu des Alpagas, chatons, chevaux nains et poules pondeuses! Encore une fois, la rencontre est magique!

Réjean et Monique, les proprios, me racontent qu’ils sont à la retraite et qu’ils ont entrepris cet élevage sur les terres patrimoniales pour leur plaisir. Dernèrement, Monique a hérité de la maison centenaire voisine. Après avoir réfléchi et plutôt que de la transformer en pension pour touristes, ils ont décider de l’offrir à la communté religieuse pendant un an pour héberger une famille de 8 réfugiés Iraqiens qui vivent dans un camp au Liban depuis plusieurs années. Réjean a activé ses contacts d’affaires pour lever plus de $12,000 afin de supporter l’oganisme religieux en charge de faire venir les réfugiés.  J’ai été abasourdi par la générosité de leur geste et je me suis fait un malin plaisir à offrir ma contribution. Il y a la grand-mère, le fils et sa femme ainsi que leurs 5 enfants qui sont attendus en septembre.  Réjean m’a montré leurs photos, quel projet emballant, je suis vraimnt fier d’eux!

Donner Au Suivant … qu’on appelle ça,

Sur ce, je vais aller m’installer pour ma première nuit de camping et je suis tout exité de dormir sous la tente!

Ciao et à demain en direct du Lac St-Jean!

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #2

Jour #2 LSJ 2016Quelle journée de fou!!!
Petit déjeuner copieux et qui se prolonge en discussion avec la propriétaire du BB. Un peu comme de bons amis puisqu’elle m’avait hébergé l’an dernier lors de mon passage en vélo. J’embarque donc sur la route vers 11 heures sous un ciel semi-couvert avec une température oscillant autour de 12C. Un peu frisquet mais je prévois que le dénivelé prévu saura me garder au chaud. Ouf, je ne croyais pas si bien dire!
Dès les premiers 500 mètres, la sortie du village m’impose une côte de 250 mètres sur une distance de moins de 4km avec un dénivelé allant jusqu’à 12%. Orgueilleux et fier, j’atteint le sommet sans mettre le pied à terre, mais tout en sueur! Après une pause pour calmer mes esprits, je réalise après avoir consulté la météo sur mon Iphone que le vent de face frôle les 25km/h. Un frisson de fraicheur me traverse la colonne, ça n’en sera pas une facile! Bon, arrête de te plaindre Pierre and Keep Positive! Et c’est reparti pour une autre ascension quelques tournants plus tard. J’ai escaladé 450m de dénivlé après 12km de route.
J’ai conservé en mémoire que les pires côtes surviendront à l’Anse St-Jean. Je roule lentement à cause du vent et le ciel s’assombri progressivement. Je dévale un grande à plus de 50km/h et je me dis que tout ce qui monte redescend et inversement! Voici dons les côtes tant redoutées. La première semble interminable et mon GPS m’indique 7%, 10%, 12%, je serre les dents mais la pente est longue, vaincu, je dois mettre pieds à terre et pousser mon mulet sur les derniers 800 mètres. Un pas après l’autre, les yeux rivés sur la chaussée devant moi pour conserver le moral!

En partant ce matin, j’ai installé le mini haut-parleur sur ma potence après l’avoir raccordé à mon Iphone. La musique rend les montées plus agréable et j’ai l’impression que ça racourcit le parcours. Je suis content d’utiliser mon nouveau gadget…qui rendra l’âme 5 jours plus tard.

J’approche de Rivière-Éternité quand de gros nuages menacants pointent à l’horizon. Vite sortons le kit de pluie, manteau, pantalons, couvre casque, bas imperméables pour mettre dans mes sandales Keen que j’adore. Je dévale la côte de Rivière-Éternité à 40km/h pendant deux trois kilomètres sous un déluge de pluie glaciale qui tombe comme de la grêle. Je suis transit de froid rendu en bas mais je reconnais la roulotte casse-croute où j’avais enseigné à la propriétaire comment confectionner une guedille au poulet l’an dernier. Après avoir constaté que ma guedille avait été ajoutée au menu, j’étais fier d’en commander une à la préposée qui m’a confirmé que c’est un cycliste qui avait enseigné à sa tante comment préparer ce populaire mets québécois. J’ai pas manqué l’occasion de lui signaler que j’étais cet honorable cycliste!

J’ai repris la route une heure plus tard lorsque la pluie s’est estompée mais j’hésitais à retirer mon kit de pluie car j’avais froid et le ciel demeurait menaçant. Quelques montées plus tard, le soleil était de retour et je transpirais comme un veau. Retour aux vêtements d’été!

La suite du parcours était vallonneuse et le vent de face persistait. Chaud/Froid, Froid/Chaud. Un peu emmerdante cette météo!
J’avais prévu souper dans un charmant petit resto Le Perchoir situé dans un bled perdu. Les propriétaires m’avait recommandé d’aller camper AU POD situé à 6 kilometres de là. Deux bonnes montées plus tard, je me retrouve à pousser mon vélo comme un forcené sur un dénivelé de 14%. Très fatigué, je conserve le moral en pensant au bon repas qui m’attend une fois le bivouac installé.  Une surprise sinon deux m’attendaient au prochain tournant! Les six kilomètres en questions dévalaient à raison de 8 à 10% et de gros nuages noirs ont commencé à déverser leur colère sur ma tête.

Je trouve enfin une pancarte affichant LE POD mais l’indication m’oriente dans une côte en terre très pentue et dans laquelle je ne m’engagerais, même avec un tout-terrain à 4 roues motrices. Après avoir atteint la première courbe dans la côte, je me dis que cela n’a aucun bon sens et que jamais je n’arriverai à remonter ça le lendemain. Je vire de bord et je pousse de peine et de misère ma monture vers l’intersection de la route asphaltée. Juste arrivé au sommet, un déluge de pluie s’affale sur ma tête. J’ai à peine le temps de m’abriter sous un arbre pour revêtir mes habits de pluie. Je suis découragé, fatigué, mouillé et en beau tab…! Je me souviens alors que le propriétaire du POD m’avait communiqué son numéro de çellulaire en cas de pépins . Devinez ce qui est arrivé? Et oui, pas de signal réseau sur mon Cell. C’était pas le moment de me demander comment j’allais!

Sous la pluie et frigorifié, j’aperçois un véhicule arriver dans la direction opposée. J’aurais préféré un pickup pour y embarquer avec mon vélo! Bref, j’intercepte le conducteur pour lui demander assistance. Bien gentil, il me propose d’utiliser son cell pour joindre LE POD. Hé oui, vous l’aurez encore deviné, pas de signal non plus! Le monsieur me suggère de continuer ma route jusqu’à l’auberge du Chien Noir. Très septique de trouver une auberge décente dans ce trou perdu, je lui demande à quelle distance se trouve-elle?  Environ 1km et demie qu’il me réplique. Est-ce que le dénivelé est plat ou pentu que je lui demande? Ho non, c’est très plat qu’il me confirme! On y sert de la bouffe? Je n’en suis pas certain mais ils offre des déjeuners!
Ok, de toute façon je n’avais pas réellement le choix car j’avais nullement envie de rebrousser chemin sous la pluie pour me retrouver sans adresse où crécher. Keep positive que je me répète, c’est ça l’aventure!

Gardez en tête que je roule sur un chemin perdu en campagne dont le pavage doit remonter aux années cinquante. Premier virage, on monte à 6% pour redescendre ensuite…hum, 1 km sur le plat, ça s’annonce prometteur!
Après 2 km de montées et descentes, toujours pas d’auberge à l’horizon et à l’approche d’un lac au bas de la montagne, le bitume est remplacé par du gravier non compacté. Je capote et je vous jure que le gars de tantôt n’aurait pas avantage à se retrouver en face de moi. Perdu et la route se détériorant à chaque virage, je pose mon vélo au pied d’une côte que je devrai escalader à pied. J’entre dans un parking où sont garées 4 voitures et je descend un chemin privé interdit aux autos qui ne sont pas 4×4 . Je me retrouve derrière un chalet sur le bord du lac où il n’y a pas âme qui vive! Putain de merde comme disent nos amis européens! Je rebrousse chemin et me rends à l’évidence que je n’ai d’autres choix que de m’enfoncer davantage dans la forêt. Toujours pas d’indication de la distance à parcourir pour me rendre à l’auberge du Chien Noir!

Quelques mètres plus loin, le pente s’accentue et j’aperçois une pancarte au loin. Enfin! Reste t’il une chambre disponible? Je franchis le portail et j’aperçois un petit paradis niché sur le flanc du lac. Une petite auberge qui ressemble d’avantage à un chalet privé. Je dépose mon vélo et je cogne à la porte bordée par un Jacuzzi extérieur. Un charmant couple de mon âge m’accueille amicalement. Oui, il y a une chambre est disponible! Pour la bouffe, c’est sur réservation seulement mais je crois que mon air de chien battu l’a convaincu de me dire qu’elle se débrouillerait pour me cuisiner quelque chose. C’est combien? $70 taxes et petit-déj’ inclus. Vous m’auriez proposé $500 et je crois que je n’aurais pas refusé que je lui répond! Tout le monde éclate de rire!

Après avoir pris possession de ma coquète chambre, j’enfile mon costume de bain et je m’immerge dans le lac pendant une bonne trentaine de minutes. C’était divin et récupérateur. Je n’en voulais plus à mon bon samaritain!

Ginette et Maurice me proposent une bière et on placote jusqu’à 8 heures avant de passer à table, ils sont tout à fait charmant et la conversation dévie sur leur vie, leurs passions et leurs aventures. Quelle belle soirée j’ai passée et comme je suis content de m’être écarté dans ce bled perdu!
Toute une journée et Maurice a promis de me reconduire à la croisée des chemins demain matin!
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Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #1

Jour #1 LSJ 2016Départ de Québec à 7:00h en direction de St-Siméon. Je me rend chez Pierre Remmerie comme convenu pour abandonner ma voiture…après un arrêt stratégique à la Fromagerie St-Fidèle! On n’y passe pas sans s’y être approvisionné en crottes de fromage fraiche du matin!

En me dirigeant chez Pierre, je réalise que sa maison est située au bas de la falaise sur les bords du St-Laurent! Un site enchanteur dans une coquette maison juchée sur les roches de la rive mais qui m’impose une remontée en vélo que je juge non essentielle. Un peu paresseux me direz vous? Allez vous faire cuire un oeuf…pour rester poli sur mon blog!

Je retourne donc à l’intersection de la route 170 et je sollicite la coiffeuse … d’un salon de coiffure comme vous l’aviez deviné, qui m’autorise gentilment à laisser ma voiture devant son commerce pour les 2 semaines de mon périple. Bingo!

Il fait un temps magnifique, un généreux vent de dos, et 250 mètres de dénivelé à se taper dans les premiers 8 kilomètres! Lets go mon kiki, té capable!

Après mes 15 premiers kilomètres, un gros pickup noir me double et s’arrête devant moi. On m’a souvent raconté que parfois des bons samaritains s’offraient pour supporter les cyclotouristes dans les régions montagneuses en leur offrant breuvages et nourriture!!! Mais bon, c’était plutôt au Pérou et en Bolivie! Une charmante demoiselle en descend et vient à ma rencontre. Est-ce pour m’inviter à camper chez elle??? Hé non, déception! Elle vient me demander les clefs de ma voiture parce que la coiffeuse ignorait qu’on devait peindre les lignes du stationnement cette semaine. Heureusement, j’avais apporté mon trousseau de secours.

J’ai donc poursuivi mon parcours pour arriver sans encombres à Petit Saguenay où je me suis négocié un Bed&Breakfast après avoir été acceuilli par un bataillon de moustiques voraces pendant ma visite du camping de la Zec. Y a rien de trop beau pour les amis de Zorro.

Club sandwich et frites maisons au seul casse-croute du coin. Le repas santé par ezcellence! Malheureusement, le petit bistro qui m’avait acceuilli l’an dernier a croulé sous le poids de la neige l’hiver dernier. Il ne sera ouvert qu’à compter de la semaine prochaine, dommage!

J’ai ensuite repris mon vélo pour me rendre admirer le coucher de soleil sur le quai au bord du Saguenay. Il était éboustouflant!

Sur ce, Bonne nuit et à demain!

Saguenay/Lac St-Jean 2016

20 Juin, j’entreprendrai demain les 2 parcours que j’ai parcourus en 2015 mais en un seul trait. Un total de 784 km avec 6413 mètres de dénivelé ascendant.

Départ de St-Siméon en remontant le Saguenay, Tour du Lac St-Jean en sens horaire et retour par le côté opposé du Saguenay.  J’ai prévu 12 jours pour compléter le parcours si je réussi à me restreindre à une moyenne de 60km par jour.

Comme je me connais, à moins que Dame Nature de se mette de la partie, je bouclerai probablement le tour en 10 ou 11 jours…mais je veux faire un effort pour prendre le temps de savourer chaque étape.

Oups, gros orages le 20 au soir sut tout le Québec avec de fort vents et éclairs. Panne d’électricité  vers 22h jusqu’au lendemain 18h. Impossible de partir parce que mon ordinateur est planté.  Départ remis au 22!

Map totale LSJ 2016

 

Route des Vins 2015 en Pino

Route des vins 2015   IMG_1920

Lundi le 14 Septembre, la météo prévoit une température estivale jusqu’à vendredi, mes méninges s’activent à vitesse grand V! Voici l’occasion idéale pour tenter notre première micro-aventure avec notre nouveau tandem Pino!

Vers où se diriger? Faut pas que je manque mon coup sinon ma stoker va râler! Il faut que je choisisse un parcours comportant des escales de moins de 50 kilomètres avec des dénivelés raisonnables.  En plus, il faut que je trouve des hébergements convenables car il est hors de question de camper! Claudette conserve encore des mauvais souvenirs de notre précédente expérience avec les enfants…il y a une vingtaine d’années!

Kamouraska? Non, on l’a fait en Juin avec notre tandem Cannondale.

Les rives de l’Outaouais? Intéressant, mais le trajet en voiture est plutôt loin et le parcours un peu trop long pour faire ça en 4 jours!

Estrie, Yes!!!! Septembre, idéal pour parcourir la route des vins!!!

Jour #1- Farnham-Frelighsburg

Mardi matin, on décolle de Québec vers 10h. Arrivé à Farnham vers midi trente, on s’arrête en ville pour bouffer une guedille au poulet dans un petit casse-croute. Je vais au poste de police afin de me faire recommander un parking sécuritaire pour ma voiture.

Route des vins 2015- Jour #1_Page_113:30h, on embarque sur le tandem en direction de Frelighsburg pour une randonnée de 45kms avec 300 mètres de dénivelé.  Ça semble pas trop difficile à parcourir pour une première journée! On a prévu faire un arrêt au vignoble Les Pervenches mais on l’a manqué. Faut croire qu’on a bifurqué sur le mauvais chemin… pas facile de s’orienter avec la carte, d’autant plus que le GPS du Iphone déconne royalement dans ce secteur. À plusieurs reprises nous remettons notre localisation en question et disons-le franchement, ça provoque des discussions animées à certains moments! Un détour de 5 ou 10 kilomètres en voiture, c’est rien! mais en vélo, on cherche à éviter ce genre de désagrément.

Plus on avance, plus les dénivelés s’accentuent…mais ça demeure gérable! Vers 16:30h, nous avons estimons avoir parcouru les 2/3 du trajet. On aperçoit un vignoble au loin et on aimerait bien se procurer une bonne bouteille de vin pour ce soir. Terrasse-7-300x225- RidgeLes installations du Domaine du Ridge sont magnifiques. Belle grande terrasse, boutique où déguster leurs vins et visite du domaine.

On reprend la route vers 17h et les derniers kilomètres sont assez vallonnés…la fatigue accumulée se fait sentir. Comme c’est notre première expérience en cyclo-tourisme, nous ne connaissons pas les limites de nos capacités physiques et en ajoutant le poids des bagages, la dépense d’énergie n’a aucun rapport avec les trajets que nous avons parcourus dernièrement dans la région de Québec.

Lévis 2014De plus, notre position assise sur le Pino est complètement différente que celle du tandem Cannondale. Ça ajoute de nombreux facteurs à maitriser!

 

 

Une dernière grande côte nous projette à 45km/h vers Frelighsburg. Au champ de L'aubeOn localise rapidement notre gite! Après avoir pris possession de notre coquette chambre, direction le Resto aux 2 Clochers pour relaxer sur la terrasse devant un bon verre, accompagné d’amuse-gueules. Nous sommes très fiers de nous et la journée a été fantastique. Soleil, peu de vent, paysages bucoliques, quelques bonnes bosses pour se mettre en jambe.  Il faudra cependant apprendre à gérer notre alimentation et à s’hydrater plus régulièrement. Les batteries étaient à plats vers la fin du parcours. Faut admettre que notre condition physique ne se rapproche en rien de celle de Peter Sagan.

Jour #2- Frelighsburg-Sutton

Route des vins 2015- Jour #2Lever vers 7h après une nuit agitée. Les oreillers étaient comme des guimauves synthétiques. Nous avons tourné comme des mulots en cage toute la nuit!.  Le déjeuner servi par nos hôtes Christine et Pierre était succulent. Nous l’avons partagé autour de la table familiale avec un couple de cycliste Ontarien à la retraite et un jeune couple de Belges en visite chez leurs fils qui étudie à Montréal. Ils ont parcouru plus de 2500kms au Québec en dix jours. Un vrai rallye!

Une belle journée en perspective avec 38km et 400 mètres de dénivelé. Quelques bonnes côtes sur le menu et plusieurs vignobles. On prend la mauvaise route pour sortir du village mais heureusement, on s’en aperçoit rapidement. Mon stoker semble un peu tendu ce matin et sa mèche est courte. La nuit a été courte!

Première escale à l’Orpailleur après une douzaine de kilomètres. Le soleil plombe fort et il fait très chaud sur le bitume! On enfile ensuite jusqu’à Dunham. À partir de là, nous devons quitter la route des vins pour emprunter des chemins de terre en direction vers Sutton. Nous prenons soin de s’alimenter adéquatement (crottes de fromage, barres tendres, noix, etc). En fin de compte, la route de gravelle est parfaite. IMG_1940 Très peu de circulation automobile, paysages magnifiques, de belles bosses à monter et descendre, que du plaisir! On croise des vignobles, de belles maisons canadiennes sur un chemin qui traverse des forêts denses qui nous protègent du soleil et de la chaleur.

Encore une fois, une grande descente nous accueille à 5 kilomètres de Sutton. On repère notre hotel et prenons possession de notre chambre! Le grand Luxe…mais un peu cher!  Comble de malchance, le restaurant est fermé le mercredi! Dommage, cette table a très bonne réputation. De façon générale, nous réaliserons que tout ce qui s’adresse aux touristes est cher à Sutton!

Il est 15 heures! Une bonne douche et on se retrouve assis sur la terrasse de la Micro-brasserie La Brouerie . La ville ressemble à une station balnéaire en hibernation. La saison de ski attire les touristes en hiver mais en dehors de ça, pas grand chose à visiter pour des cyclistes. Curieusement, presque tout les restaurants ferment du lundi au mercredi. Après avoir arpenté l’artère principal de long en large, on réalise qu’il n’y a que 2 ou 3 établissements où nous pourrons souper…et la micro-brasserie que nous avons visité cet après-midi semble la valeur la plus sure!

Jour #3: Sutton-Cowansville

Malgré une bonne nuit de sommeil et un succulent déjeuner, nous constatons que la fatigue accumulée gruge nos énergies et nous mettons en doute nos capacités à respecter le trajet prévu pour cette troisième journée, d’autant plus que le parcours sera de 46km avec 465 mètres de dénivelé.

Route des vins 2015- Jour #3En sortant de Sutton, les 5 premiers kilomètres nous proposent des dénivelés de 8 à 12%. Pas réchauffées, nos cuisses en prennent un coup!  Arrivés en haut de la première bosse, notre regard se tourne vers le bas de la côte et stupéfaits, nous croyons avec peine que nous ayons réussi à la gravir en tandem. Trempés mais oh combien fiers de nous!

Pour la suivante, nous devrons mettre pieds à terre car j’ai changé les vitesses trop brusquement et la chaîne a déraillé. Zut! La difficulté dans les côtes abruptes, c’est de maintenir une ligne droite (sans louvoiement) quand on pousse fort sur les pédales et que notre vitesse baisse en bas de 8km/h. C’est encore plus vrai sur les routes de gravelle. J’imagine qu’après un bon entrainement de quelques semaines, les jambes acquièrent de la musculation et que ça permet de rouler de façon plus stable?

On poursuit notre escalade et rendu au kilomètre #17, nous décidons de prendre un raccourci. Tant pis pour l’escale à Knowltown!  Mon raccourci passe par un petit Rang de gravelle et s’avère quand même vallonneux mais au moins, il a l’avantage d’être dépourvus de circulation. On finit par atteindre Cowansville vers 13:30h.

IMG_1947Nous sommes attirés par la terrasse d’un petit bistro-traiteur que nous avions croisé en entrant dans la ville. Le Saint Rafael est situé au coin d’un artère achalandé. Le menu est simple mais alléchant et la serveuse très sympathique. Notre légère collation s’avère digne d’un repas complet. (Soupe et Wrap au Canard confit). Délicieux!

 

Notre hôtel est un magnifique Manoir fraichement restauré par un charmant couple de Montréalais, Anne-Marie et Michel . Notre chambre est vaste et luxueuse. Nos hôtes nous proposent un menu gastronomique au souper. Avec un permis d’alcool  »Apporter Votre Vin » et comme nous sommes à vélo, nous lui demandons s’il peut nous indiquer la direction de la régie. Michel va s’occuper de tout! Chambre

Le repas sera délicieux. Potage de légumes, salade d’été, Osso Bucco et fondant au chocolat! Le décor d’époque évoque une ambiance de Relais et Châteaux!

 

 

Jour #4: Cowansville-Farnham

Route des vins 2015- Jour #4Encore une magnifique journée qui s’annonce! Soleil, 25-28C et pour la première fois, un léger vent de face nous challengera! Nous réalisons que c’est la première fois en 4 jours que nous apercevons des nuages!

Encore une fois, on prend la route vers 9h après délicieux déjeuner.  Trajet de 26km avec seulement 100m de dénivelé, une petite facile pour terminer le voyage! On réussit tout de même à se perdre dans la région de Brigham, ce qui nous vaut un détour de 8km. Le paysage est parsemé de champ de maïs et on traverse des villages où la dimension de certaines maisons canadiennes laissent croire que nos agriculteurs ne sont pas tous mal nantis!

Nous retrouvons la voiture sans encombres vers 13h. Retour au bercail après une randonnée extraordinaire: Une température d’estivale en plein mois de Septembre, pas de vent, pas de pluie, aucun trouble mécanique, pas de chute au sol, que du bonheur! Nous y retournerons un de ces jours…et ce qui compte par dessus tout:  Claudette a adoré l’expérience!

Fjord du Saguenay, Jour#6 : Sainte-Rose-du-Nord/Tadoussac/Saint-Siméon

Fjord du Saguenay - Jour #6_Page_1

Encore un bon petit déjeuner copieux en ce mercredi matin. Le bagages sont prêts et l’aubergiste va me déposer au sommet de la vallée. Ouf!

J’ai un bon 85 kms à parcourir aujourd’hui. Suite à mon expérience au camping provincial de Baie Éternité, j’ai décidé de zapper mon étape au camping provincial de Baie Ste-Catherine pour me rendre directement à Tadoussac.

J’ai constaté que mon cardio s’améliorait progressivement au fil des jours. Je me souviens que mes pulsations avaient grimpé jusqu’à 178bpm lors de la première montée à St-Siméon. Il se maintiennent maintenant autour de 160bpm pour les mêmes niveaux de difficultés.

Je fais escale à Sacré-Coeur pour me ravitailler dans un petit Casse-Croute sur le bord de la route. J’y enfile ma N’ième guedillle au poulet depuis le début de cette aventure!

Sacré Coeur (4) Sacré Coeur (2)

Je profite d’un bon vent de dos pour maintenir une cadence autour de 19km/h. Le paysage est magnifique le long de la rivière Sainte-Catherine. Dernier sprint avant d’atteindre les rives du Saguenay avant une dernière bonne côte pour atteindre le sommet qui surplombe Tadoussac. Je plonge alors dans une excitante descente de plusieurs kilomètres pour m’arrêter au côté d’un camion pickup qui fait la file pour prendre le traversier. Je cogne à sa vitre:  »Bonjour, je me cherche un bon samaritain pour me déposer avec mon vélo à Saint Siméon? » Embarques qu’il me répond sans aucune hésitation.  J’ai laissé en plan 2 duo de pouceux qui me précédaient!

Claude, le chauffeur très sympathique, revenait d’un séjour à son campement du nord où il construit 2 camps de pêche en pleine forêt.  Il se dirigeait vers Sainte-Hyacinthe.  J’apprends qu’il est un cultivateur semi-retraité d’ascendance Allemande.  Il a hérité récemment d’un vignoble en Alsace qu’il rénove depuis quelque temps. Il a vendu le vignoble pour n’en conserver que les bâtiments. Très intéressé, je lui ai fait part que je serais très heureux de devenir son premier locataire lorsque les rénovations seront complétées au printemps prochain.

Incroyable les rencontres qu’on fait en vélo!  Si on fait 1+1=2, on peut facilement imaginer qu’il serait possible de faire un premier voyage en Alsace, sur un Tandem PINO avec Claudette en 2016!!! Youppie!!! et à suivre!

Claude m’a déposé à ma voiture où j’ai embarqué un duo de Français qui, après avoir atterri à St-John/Terre-Neuve, se rendait à Québec pour le Festival d’Été avant de rentrer en France.

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Fjord du Saguenay, Jour#4 et #5 : Chicoutimi/Sainte-Rose-du-Nord

Fjord du Saguenay - Jour #4_Page_1

Lundi 7:30h, réveil et je me dirige vers le petit déjeuner! C’est bizarre, parce que je me disais ce matin que je n’avais encore rencontré aucun cyclo-touriste depuis mon départ! Est-ce parce que le niveau de difficulté du parcours décourage les candidats ou bien est-ce moi qui suis trop téméraire ? La saison touristique est pourtant bien entamée!

Hummm…leur petit déjeuner continental ressemble davantage à un comptoir de dépanneur.  Céréales en boîtes, Muffins gras genre Cantine Mobile, Café percolateur et quelques fruits…et des toasts de pain blanc.  Plutôt léger pour des cyclistes!  C’est là que je fais la rencontre de mes premiers globetrotteurs à vélo:  Un couple de France qui a atterri à Halifax il y a quelques semaines. Alexis est Parisien et Mary est Américaine de Seattle. Ils se sont rencontrés au Mexique il y a trois ans alors qu’ils travaillaient dans une auberge de jeunesse. Alexis bourlinguait à vélo depuis l’Alaska vers Ushuaïa mais son parcours s’est interrompu après sa rencontre avec Mary qu’il a d’ailleurs épousé récemment.  Je les ai invité à séjourner à la maison lors de leur passage à Québec. Ils roulent sur un tandem couché de fabrication allemande Hase Pino. C’était la première fois que j’en rencontrais un. Le Capitaine est assis à l’arrière sur une selle standard alors que le Stoker (Passager) est assis à l’avant sur un siège en forme de chaise.

Inutile de vous dire que mon cerveau s’est mis à galoper en imaginant que j’avais en fin trouver la solution au problème de confort du postérieur de Claudette lorsque nous utilisons notre tandem Cannondale. À suivre….

 

Je quitte donc Chicoutimi vers 9:30h en direction de Ste-Rose-du-Nord. Le ciel est nuageux et le vent de dos presque nul. Parfait!  Une grosse montée m’attend à une dizaine de km à St-Fulgence. Je ne suis pas prêt de l’oublier celle-là! 6% à 15% pendant 2-3 kilomètres. Pour un cycliste de mon calibre, (et de mon poids), c’est tout un défi!

St-Fulgence (1) St-Fulgence (4)

S’enfilent ensuite une série de dénivelés importants qui finissent par épuiser les quelques calories que mon déjeuner m’avait permis d’assimiler. Pour la première fois, mes jambes m’abandonnent et je me rend à l’évidence: J’ai mal géré mon alimentation! J’ai beau absorber banane, barres tendres et gels énergétiques, il est trop tard, le mal est fait. Heureusement, j’ai dépassé la mi-parcours et à part quelques bosses, le reste de la journée se déroule sur pente négative. À l’approche de Sainte-Rose, je dévale une côte de 6 à 15% sur une distance de 6 a 8 kms… Mon compteur grimpe jusqu’à 75km/h.

Sainte-Rose-du-Nord est un village enchanteur. J’avais eu l’occasion d’y séjourner avec Claudette il y an une trentaine d’années. Alexis m’avait recommandé le Gite  »Au Jardin Potager » tout en me précisant qu’ils offraient le service de navette vers le sommet de la côte pour les cyclistes. Une offre irrésistible!

Ste-Rose Village (3) Potager-Ste-Rose (1)

J’apprends que l’auberge a été le site principal pour le du tournage du film  »Le bonheur de Pierre » mettant en vedette Pierre Richard en 2008.

Le village à beaucoup changé depuis mon premier séjour mais il en demeure tout aussi charmant. L’activité se déroule autour du quai où boutiques d’artisanat, croisiéristes et 2 petits restaurants offrent leurs services aux nombreux touristes qui défilement toute la journée. Des dizaines de motocyclettes bruyantes y font escale sans arrêt et le bruit de leur motos anéanti le calme qu’impose cet oasis au creux d’une vallée plongeant dans le Saguenay. Pour ma part, j’ai bien hâte qu’on impose un niveau de décibels restreint à toutes ces ho….. d’Harley. J’aimerais proposer au manufacturier de vendre des casques munis d’écouteurs reproduisant le bruit du moteur à ses clients. Comme ça, on aurait plus à endurer la pétarade des leurs engins!

Ste-Rose Village (7)

Pour diner, je me suis rendu au Rose Café ou Linda, sa fille et Martine offrent un accueil chaleureux à chaque visiteur. On y sert des repas santé du terroir. La salade au saumon fumé et fromage de chèvre était délicieuse.

Ste-Rose Village (9)Ste-Rose Village (13)

Plus tard en soirée, vers 20:30h, un panne générale d’électricité affecte tout le village.  Je suis donc retourné au Rose Café.  Il y faisait noir et le resto était désert.  On m’a proposé des salades, assiette de fromage et bière locale. Un client accompagné de ses 2 adolescents s’est présenté vers 21h. Un couple de New-yorkais un peu plus tard. Chacun bouffait de son côté jusqu’à ce que Linda arrive et interagisse avec tout un et chacun. On apprend alors que le trio est d’origine Italienne. Le père de famille (neurologue) a déjà travaillé à Montréal pendant 6 mois il y a une quinzaine d’années. Il voulait faire partager son expérience du Québec à ses 2 enfants pendant 2 semaines. Le party a levé et chacun s’est mis à échanger avec les tables voisines. Grosse déception lorsque le courant a été rétabli vers 22:30h mais quels beaux souvenirs!

La météo prévoit quelques averses demain et je sens que mes jambes réclament un moment de repos. Je décide donc de prolonger mon séjour de 24 heures.  Seconde journée à trainer dans le village, à lire sur le quai et à observer les allées et venues des touristes et des croisiéristes. Deux ou trois averses en fin d’après-midi.  Vers 19h, alors que je lisais sur le balcon de l’auberge, Johanne, l’aubergiste, m’invite à partager le souper avec ses amis. Le menu proposait de la Ouananiche à l’étuvée (saumon d’eau douce du Lac St-Jean) garni d’une délicieuse farce accompagnée de riz brun et de salade du potager! Génial !!!

Ste-Rose Village (4)Ste-Rose Village (11)    Ste-Rose Village (1)Ste-Rose Village (2)

En résumé:

GPS Ste-Rose (3) GPS Ste-Rose (4)

Fjord du Saguenay, Jour#3 : Baie Éternité/Chicoutimi

Fjord du Saguenay - Jour #3

Dimanche, 5h du matin, les averses se sont transformées en orage. Ma tente résiste très bien à l’eau et c’est agréable d’entendre la pluie ruisseler sur la toile même si j’ai de la difficulté à dormir profondément. Une accalmie se présente vers 7h. Je consulte la météo sur mon Iphone: 12 à 18mm de pluie à compter de 10h et des orages violents en après-midi. J’ai vraiment pas envie de perdre une journée à me morfondre dans ce camping ennuyant. Je décide donc de décamper au plus vite! Mon bois est humide mais je réussi quand même à allumer mon réchaud. Je fais chauffer l’eau pour le café et je me grille 3 roties au beurre de peanut. Une banane pour compléter le tout…et un deuxième café pour la route.

Baie Éternité (14)

Je m’empresse de démonter la tente encore détrempée et plier bagages. Mon voisin vient me proposer de remonter mes bagages au poste d’accueil, il ne me restera plus qu’à m’y rendre en vélo, j’accepte. Ouf! La montée est plus facile que je ne l’aurais imaginée bien que j’aie du en monter quand même une partie à pieds.

Me voila enfin sur la route! Le ciel est menaçant mais aucune goutte de pluie jusqu’à maintenant. Pas de vent, pas de soleil et ça roule plus rapidement que depuis le début! Super, j’avais prévu rouler 53 kms pour me rendre à La Baie mais j’y arrive vers 11:30h et toujours pas de signe de pluie. La ville est magnifique mais le ciel menaçant  assombri sa splendeur! Je fais escale au Tim Horton pour enfiler un déjeuner plus copieux et reprendre mes forces.  J’ai bien le goût de me rendre à Chicoutimi, mon point de mi-parcours à partir duquel je devrais pouvoir rouler désormais avec un vent de dos!  20 kms supplémentaires à parcourir… J’évalue la difficulté du parcours et je décide de tenter ma chance.

Le dénivelé est faible et j’atteins Chicoutimi vers 16h. Je n’ai pas reçu une goutte de pluie depuis ce matin! Drôlement content d’avoir décidé de bouger!

Chicoutimi (4) Chicoutimi (6)

Comme il n’y a pas de camping à proximité, je me dirige vers le kiosque d’informations touristiques. On me suggère un BB pour $85 situé un peu en dehors du centre-ville.  Je me tape 10 kms de vélo pour constater qu’il s’agissait d’un trou perdu avec une minuscule chambre étouffante. Je retourne au kiosque et la nouvelle préposée me suggère un hôtel situé à 2 coins de rue pour $80, déjeuner inclus. Vendu!

C’était pas le Chateau Frontenac mais la chambre était propre et dotée d’un air climatisé qui faisait autant de bruit qu’un bulldozer! Une pizza dans un sympathique resto et je retourne à ma chambre pour écouter un James Bond vu et revu cent fois! Je l’ai quand même regardé jusqu’à la fin!

GPS Chicoutimi