Parfois, ça me donne le vertige! Il y a tant de choses à apprendre!

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Le parcours va ressembler à ça, avec un extra de 1000 kilomètres pour combler le trajet aller-retour entre l’aéroport de Paris et le Suntrip Tour.  Départ de Clermont Ferrand et Arrivé à Lyon. Le parcours définitif n’est pas encore finalisé, il devrait totaliser environ 1500km.

Dimanche le 30 Oct: La semaine s’est écoulée à vitesse Grand V.  Lundi dernier, j’étais sur le point d’acheter un moteur pédalier Bafang en Chine. Le lendemain, après avoir clavardé avec d’anciens concurrents, on me recommande le moteur-roue dans le moyeu arrière. Impossible car cette roue est dotée d’un moyeu à transmission intégrée Rolhoff.  Pas de problèmes, alors installe-le sur la roue avant!

Ouf, ça fait beaucoup d’apprentissages en quelques jours.  Je me sens comme un dinosaure! Au secours… j’ai besoin qu’on m’éclaire et me conseille. Ma Bonne Étoile s’est encore manifestée mercredi dernier.  Ho surprise! Je reçois un courriel provenant d’un étudiant en Génie de l’Université du Québec à Sherbrooke:

Bonjour M. Julien,
merci pour l’intérêt porté à notre projet! Nous sommes toujours intéressés d’entendre parler de projet de véhicules électriques! Nous aimerions en savoir un peu plus sur votre projet. Pour commencer, quel genre d’aide souhaiteriez-vous avoir? Est-ce au niveau de la fabrication, conception de pièces sur mesure, choix de pièce existante sur le marché, etc.
 Bonne soirée,
 Olivier

Wow…enfin ce que j’espérais depuis quelques jours! Je craignais que ces experts ne trouvent mon projet ridicule. Au printemps dernier, leur véhicule’ Projet Beyong’ a mérité le premier prix au Shell Éco-marathon des Amériques tenu à Détroit.

Après avoir échangés quelques courriels pour expliquer le concept de la Suntrip et les particularités de mes équipements, on se fixe un rendez-vous pour une conversation téléphonique le lendemain. Je suis comblé mais encore un peu inquiet.

Dès les premières secondes, j’ai senti que le courant passait bien entre nous. (le courant…hahaha!) On a placoté une bonne heure et convenu d’une prochaine discussion dans 7 jours! Olivier semblait ravi de me prêter mains fortes. Youpie!

Me voilà donc en route vers l’aéroport de Québec pour aller accueillir Charly et ma remorque. Un grosse étape de franchie! Je possède maintenant toutes les composantes pour commencer la transformation de notre future compagnon et complice. Il faudra bien que je le baptise un de ces jours…et pour cela, il faudra lui trouver un nom? Des suggestions les copains?

Le Chameau, ça lui conviendrait peut-être bien?  Deux Grenouilles sur un Chameau, ça fait rigolo!  Mais non… ça n’a rien à voir avec La grenouille et le boeuf! Claudette et moi seront les 2 bosses de la bête! Hahaha! Si je trouvais un graphiste pour me dessiner un logo sympathique pour illustrer le concept? On pourrait se faire imprimer des articles promotionnels et afficher le logo sur le vélo et nos vêtements!!! Quelque chose dans le genre mais sous ma thématique:frogtandem

Ok, Ok, Pierre, redescend sur terre… décrampe un peu, c’est pas le lancement de la navette spatiale! …mais je ne peux m’empêcher de sourire en évoquant cette possibilité!

La remorque et les panneaux paraissent en bonnes conditions bien que très sale.  Son poids plume est vraiment impressionnant, moins de 8 kilos incluant la quincaillerie et la roue. Un bon nettoyage en profondeur et d’un sablage sera nécessaire pour la repeindre de la même couleur que notre chameau.

J’ai commencé par dévoiler la roue et ajuster la tension des rayons.  Elle oscillait légèrement.

Houston, on a un problème!

En examinant la remorque de plus près, j’ai malheureusement constaté que le coin arrière droit était défoncé à 2 endroits. Surement causé par les bagagistes dans les aéroports!  Mon ami et carrossier BMW, Jean-Guy Camirand  <Les Productions le Carrossier>, a accepté de me la réparer avant de la peinturer de la même couleur que le tandem. Il a  d’abord fallu que je la décape avec de l’essence pour dissoudre les résidus de colle incrustés un peu partout.

Je l’ai assemblée ce matin avec un seul des 2 panneaux solaires pour me faire rêver:

Quelques potins:

Je viens de prendre un rendez-vous avez une diététicienne…ces 20 livres/10 kilos, ils ne fondront pas tout seul! 202 livres/91.63kg sur la balance aujourd’hui.

Bonne nouvelle: Claudette va embarquer dans l’aventure! Elle s’est même inscrite au Club Energie Cardio pour suivre un programme d’entrainement physique!

Mon projet SUNTRIP TOUR 2017

parcours et logoMe voilà embarqué dans un nouveau projet vélo passionnant et j’espère convaincre Claudette de se joindre à moi sur le tandem.
Comment tout cela a commencé??? Ha oui! À cause de mon idée fixe de parcourir le monde avec Claudette sur notre tandem. Comme la lecture constitue son principal loisir, il faut que je rende le voyage en vélo le plus confortable possible. C’est ce qui a motivé l’achat du tandem Pino et la vente de notre tandem Cannondale. Bon…Ok, maintenant qu’elle est confortablement assise dans le fauteuil du vélo, il reste à résoudre le problème des lourds bagages à trimbaler et à pousser dans les côtes.  (Vêtements, tente, sac de couchage, cafetière, etc).

En suivant mes amis Hélène et Normand sur Facebook (ils ont vendus tout leurs biens afin d’entreprendre la traversée des 2 Amériques en juillet dernier), j’ai aperçu la photo d’un Pino tirant une remorque blanche en fibre de verre!  Ma curiosité était piqué à vif! Normand m’apprend qu’il s’agit de 2 tandémistes Suisses (Tessalia et Benoit) qu’ils ont côtoyés quelques jours et me met en contact avec eux.  Les commentaires élogieux qu’ils m’en font m’amène à contacter le fabriquant TZC en France, Christian Touzé.

Ayoye! c’est pas donné!…mais toutes les critiques que je croise sur le Web sont sans équivoque: Elle en vaut le prix!

Hummm…ça mérite réflexion et davantage d’investigations. C’est ainsi que je tombe sur une course de 2000kms au travers de l’Europe sur des vélos propulsés par énergie solaire: La SUNTRIP 2013 . Quelques-uns des concurrents utilisent la remorque TZC pour trimbaler leurs panneaux solaires.

2 et 2 font 4! Je viens de trouver le moyen de locomotion par excellence pour entreprendre des voyages au long cours en tandem avec Claudette. Prenez note que toutes ces recherches et négociations se sont faites en catimini! Je lui réserve la surprise quand toute l’opération sera cannée!
Mais alors, c’est quoi cette SUNTRIP Tour? Une version écourtée de la SunTRIP, mais tenu dans les Alpes. +/-20,000 mètres de dénivelé en 15 jours.  Ça va grimper!!!
Nous sommes le 22 Octobre, les inscriptions sont limités à 50 concurrents et la préinscription se termine le 30 Octobre.   Je gigote sur ma chaise! Qu’est-ce que je risque??? Dans le pire des cas, j’annule!  Peut-être que mon frère Benoit viendrait avec moi?
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Benoit au Cyclo-Défi contre le Cancer de Montréal à Québec
Je lui écris un mail!  Pas de réponse! OK, je tente ma chance et je complète le formulaire d’inscription vers midi.
À 16:10h, je reçois un courriel:

Bonjour et merci votre inscription au Sun Trip Tour 2017, c’est un grand plaisir de vous compter parmi nous, et un grand plaisir de voir le Québec une nouvelle fois représenter dans nos aventures.Vous trouvez en pièce jointe les règlements technique et d’aventure.

A très vite, merci;

Florian Bailly

Sun Trip Company – www.thesuntrip.com

Et oui, ma candidature a été retenue pour le SUNTRIP Tour 2017 . Un rallye de 1500km sur 15 jours en passant par les plus beaux paysages de France, en Auvergne-Rhône-Alpes, des Mont du Forez au sommet du col de l’Iseran (plus haut col routier d’Europe), en passant par l’Ardèche, le Vercors, la Chartreuse et en faisant un détour par les pays voisin, Suisse et Italie. Nous gravirons trois grands cols à plus de 2000 m. Voici quelques photos des éditions précédentes.
C’est bien beau tout ça mais je fais quoi moi là? Je ne connais rien à l’énergie solaire ni davantage à la motorisation électrique des vélos! Inutile de vous dire le nombre d’heures que j’ai passées sur Internet pour tenter de combler ce gouffre profond. Je vous laisse deviner!
Le défi à court terme: Transformer notre Tandem PINO en vélo assisté uniquement à l’énergie solaire. Interdit de recharger les batteries autrement! Le véhicule sera complété par l’ajout d’une remorque munie de panneaux solaires, d’un chargeur et d’une batterie. Sur le tandem, je dois installer un moteur dans le pédalier ou dans le moyeu d’une des roues (non, ça ne remplace pas les jambes du cycliste).  L’hiver promet de passer vite!
Ma première réaction a été de contacter d’anciens concurrents pour racheter leurs équipements. J’étais sur le point de conclure une transaction le lundi suivant avec l’un d’eux dans le Vercors. On a clavardé, échangé des photos, négocié, parlé de nos passions pendant plusieurs heures.
Mais la nuit porte conseil! En me réveillant vers 3 heures du matin, je réalise que je dois construire par moi même mon véhicule, ou à tout le moins le personnaliser suffisamment pour me l’approprier et flatter un peu mon ego!  Deux heures plus tard, je reçois un courriel d’un autre concurrent (Adrien) que je n’avais pas réussi à rejoindre depuis 2 jours.  Il me propose sa remorque, son panneau solaire, le chargeur et même le vélo motorisé qui va avec. Son kit est encore beau comme un neuf mais je n’ai pas besoin du vélo!  On s’entend pour la remorque, le chargeur et les panneaux. Voici la bête!
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Ma remorque et son panneau solaire
Je conclue le deal avec lui et j’informe le premier vendeur de mon désistement. Par un heureux hasard, Charly, mon ami et voisin de Québec, fait escale à Paris pour la semaine. Je le contacte et il accepte de ramener mes 2 colis dimanche prochain.  Décidément!!!, je dois mener une bonne vie pour avoir aussi bonne fortune!
Parallèlement à toutes ces démarches, j’avais entrepris des recherches auprès des  Universités du Québec qui participaient au développement de véhicules électriques.  Après avoir expédiés plusieurs courriels, je reçois la réponse de la faculté de Génie de l’Université du Québec à Sherbrooke. Il me met en contact avec les étudiants du P rojet Behong qui ont gagné le premier prix au concours international Shell Éco-marathon dans la catégorie prototype  de véhicules électriques écoénergétiques . Merci Vincent!
Ça fait 2 nuits que je me réveille vers 4 heures du matin, incapable de m’empêcher de reprendre mes recherches sur le Net! Je flippe ben raide! C’est tellement l’fun de se retrouver dans cet état d’excitation extrême! Je me sens comme un enfant de 8 ans qui attend le Père Noël!
Aussi au Programme: Perdre 20 kilos, avant l’arrivée du printemps, disons plutôt, avant le début de l’évènement! Rencontre à céduler avec une diététicienne la semaine prochaine!

Post Mortem; Gaspésie 2016:

J’ai appris beaucoup de choses pendant ce périple! Sur le cyclotourisme, sur mon physique, sur mon mental, sur mon équipement, sur mon environnement, sur mes valeurs fondamentales, sur la méditation, sur la solitude, sur le dépassement de soi-même, sur la chance qu’on a de vivre, de vivre en santé, de vivre en profitant de chaque instant!

Commençons par le Bien-Être:

Au fil des années et après avoir traversé de nombreuses périodes tumultueuses au cours de ma carrière, j’en étais venu à me demander si je réussirais un jour à retrouver la paix en mon fort intérieur. De façon générale, j’ai tout le temps le cerveau en ébullition, à mijoter des projets, à envisager le futur, à chercher des solutions, etc. Je pense qu’on appelle ça de l’anxiété. Pour moi, dormir 5 heures d’affilées est un luxe, voire un miracle! Elle est loin la période où je voyageais nonchalamment au Sri Lanka avec Claudette sans me préoccuper du lendemain, où je pratiquais la méditation dans des bains d’eau salée au Nautilus, où je suivais des cours de Synergie pour améliorer mes techniques de relaxation. Sincèrement, d’avoir perdu ce sentiment de plénitude et de bien-être me préoccupe depuis de nombreuses années. C’est un peu comme si je me sentais handicapé.

Je n’ai pas réussi à atteindre ce summum pendant mon voyage mais j’ai tout de même réalisé que j’en avais encore la capacité. 13 jours, c’est court pour se défaire de mauvaises habitudes de vie. Hier, en parlant de mon voyage avec les aubergistes, j’ai réalisé qu’il y avait belle lurette que je ne m’étais senti aussi relax, aussi détaché du quotidien. Comme un immense sentiment de liberté, juste à contempler ce qui m’entoure, simplement ça. Ça me laisse espérer qu’avec un périple de plus de 30 jours, j’arriverais enfin à exister dans le présent, à sentir mon coeur battre le tempo, à me laisser divaguer sans crainte du lendemain.

Ça me rend heureux de penser que je pourrai un jour retrouver cette paix intérieure!

Le physique:

Quand je consultais les blogs de cyclotouristes qui se tapaient des journées de 100 à 125 kilomètres, je me disais que j’étais trop vieux, trop obèse, trop faible pour réaliser de telles performances. Bien sur, l’objectif n’est pas de faire une course contre la montre mais on est toujours inquiet de ses capacités quand on affronte un vent de face ou un parcours particulièrement vallonné. C’est pourquoi la réputation des 12 kilomètres de côtes à 10-12% de la Grande Madeleine en Gaspésie me faisaient douter de mes aptitudes. Bof…quand c’est trop pentu, on pousse et c’est pas plus grave que ça…que je ne cessais de me répéter. J’avais déjà expérimenté une situation semblable en juin dernier en parcourant les 2 rives du Saguenay.

Pas besoin d’entrainement spécial. Il suffit de commencer graduellement et le corps s’ajuste au jour le jour, en autant que la géométrie de votre monture est bien ajustée à votre physionomie. Une bonne selle et le tour est joué!

Mais c’est pas si simple que ça!!! Pédaler pendant des heures avec 75 kilos d’équipements à remorquer vous amène dans des états seconds où chaque sensation, chaque douleur, chaque effort vous transmettent un signal dans le cerveau. Je compare ça à de la méditation, ou à du Yoga. Vous vous enfoncez dans votre bulle et ça devient comme une drogue. Les endorphines vous stimulent et un profond sentiment de bien-être vous submerge. À chaque jour, vous percevez votre forme physique s’améliorer, votre endurance s’accroître et éventuellement votre tour de ceinture fondre progressivement. De la ceinture, j’en ai à revendre abondamment!

Vous constatez qu’une douleur au genou s’atténue en les rapprochant de l’axe du vélo, qu’une point sous la plante des pieds disparaîtra en changeant de position sur la selle, que des picotements dans les doigts et les coudes s’estompent en changeant de position des mains sur le guidon, et qu’un mal au cul s’atténue en pédalant quelques coups en danseuse ou simplement en prenant une pause collation de quelques  minutes.

Une baisse d’énergie, un gargouillement de l’estomac, les coins de la bouche qui sèchent vous suggèreront de boire plus fréquemment et de bouffer avant d’atteindre l’épuisement. C’est la pire chose qui puisse vous arriver. On dit que si vous attendez d’avoir soif avant de boire, qu’il sera trop tard pour éviter la déshydratation. Personnellement, j’ai trouvé ça drôlement stimulant de percevoir  mon corps me transmettre ces messages à tour de rôle.  Quelle belle machine que le corps humain!

Bien entendu, ne pas oublier la d’utiliser la crème de bronzage, le baume pour les lèvres et la crème chamois sur votre postérieur. (Pas indispensable mais ça prévient des gerçures)

Le mental:

J’ai adoré le sentiment de plénitude qui m’habitait pendant ces longues périodes d’effort. On se retrouve face à soi-même, on rencontre ses limites et on tente de les surpasser. J’ai constaté que de longues périodes à l’effort continu réduisait mon enthousiasme et ma motivation. Soudainement, après avoir rejoint un vent favorable ou une dénivelé négatif, mes énergies revenaient de plus belles et je pouvais parcourir des dizaines de kilomètres supplémentaires comme si je commençais une nouvelle journée. C’était comme si les muscles de mes jambes s’étaient transformé en acier. Ok bon, je charrie un peu mais je suis persuadé que vous comprenez le fond de ma pensée.

Veux veux pas, après plusieurs heures de pédalage, tu finis par cesser de réfléchir au passé et au futur pour ne te concentrer que sur le présent. Tu admires le paysage, compte les bestioles écrasées par les véhicules sur ton chemin, tu écoutes ton corps, les bruits de ton vélo, (et celui des putains de pickups et camions qui ne cessent de passer),  tu fais un arrêt pour prendre une photo, boire régulièrement et grignoter des barres tendres ou des noix tout en roulant. Lors de parcours monotones, tu me mets de la musique si la circulation n’est pas trop dense.

Il y a d’autres périodes où ça prend une tournure plus philosophique. Tu réfléchis au sens que tu veux donner à ta vie, aux éléments que tu voudrais changer pour devenir meilleur, pour rendre les gens de ton entourage plus heureux. Sans prendre de résolutions définitives, tu espères réussir à améliorer le quotidien à ton retour afin que cette expérience ne devienne pas qu’un souvenir.

Les sentiments :

J’ai remarqué que plus les jours avançaient, plus mes organes sensoriels devenaient affutés. J’étais de plus en plus à l’écoute des autres, sourire me rendait plus heureux, croiser des animaux écrasés dans la rue m’attristait au plus haut point (je n’oublierai pas de sitôt la mère canne et ses 3 canetons écrabouillés sur le bas-côté de la chaussé). L’anecdote du chat abandonné près de Mont St-Pierre me trouble encore profondément.

Lundi dernier, alors que mon B&B était pourvue d’une télévision, je suis tombé sur une émission spéciale de Grand Reportage à RDI. On y repassait le documentaire « La mort m’a dit » en hommage à Anne-Marie Séguin qui a finalement succombé dans l’allégresse à son cancer le 20 août dernier. Quel beau témoignage du cadeau que nous offre la vie!  Combien d’entre nous prennent le temps d’apprécier chaque moment qui passe? Profitent de chaque instants en étant conscient que jamais ils ne se reproduiront?  Qu’on a qu’une vie et que le replay n’est pas une option? Let’s go les amis et faites savoir à votre entourage que vous les aimez! Écoutez  attentivement le message qu’ils ont envie de vous partager!

Alors Alors, vous me croyez maintenant quand je vous dit qu’au fil des jours, votre sensibilité s’accroit?

Le Cyclotourisme:.

Ma monture est ce qu’il y a de plus précieux. Sans elle, rien ne va. Le moindre bruit suspect attire l’attention et il ne faut pas les ignorer. Un disque qui grince, une roue qui se dérobe dans un tournant, un changement de vitesse qui bloque, une sacoche qui claque, etc.

Tout ces petits symptômes sont comme des Anges-Gardien qui te préviennent d’un danger imminent!

La Sécurité

Ça englobe plusieurs aspects. Après plusieurs heures d’efforts, notre concentration diminue et c’est à partir de ce moment là que ça se complique en roulant. Un trou dans la rue, un morceau de vitre, un clou, un virage qu’on aborde à trop grande vitesse, un véhicule qui roule sur l’accotement qu’on aperçoit approcher par notre rétroviseur, un changement de direction qu’on manque parce qu’on est distrait, la pluie qui obstrue nos lunettes et j’en passe. Contrairement à ce qu’on serait porté à croire, le cyclotourisme, ça demande beaucoup de concentration et à la fin de la journée on se retrouve souvent mentalement épuisé. Ça vous conduira à oublier vos lunettes sur un comptoir, à perdre votre porte-feuille ou vos clefs de cadenas. Je me suis fait un check list dans une note sur mon cellulaire pour m’assurer que je n’ai rien oublié à chaque fois que je déménage d’endroit.

C’est aussi la protection de notre matériel. Il y a beaucoup de petits équipements sur le vélo: Sacoches, cyclo-mètre, pompe, GPS, Iphone, sac à outils, courroies élastiques, bouteilles, selle et même les roues. En solo, on doit abandonner sa monture à chaque lieu de ravitaillement, sur le camping, les traversiers, etc. Je n’aurais jamais envisagé que des enfants puissent dérober une gourde sale et usagée devant un restaurant. Mais c’est arrivé. Un détail me direz vous? Non, cette gourde était muni d’un bec verseur spécial et dotée d’un isolant thermique qui prolonge la fraicheur de son contenu. Ses dimensions et forme particulière épousent le profil des supports sur le vélo. J’ai été négligent et ça m’a fait prendre conscience à quel point un cyclotourisme est vulnérable. J’ai été chanceux qu’ils ne me subtilisent pas ma pompe de vélo ou mon sac à outils.

Le feu:

Prudence avec le réchaud au gaz, avec l’eau bouillante (je me suis brulé en versant de l’eau dans ma cafetière) et plus que tout, tenir les feux de camp éloignés de la tente.

Les prédateurs: (autres que les humains)

Pas de bouffe dans la tente. Ça attire les fourmis, les écureuils, les ratons laveurs, les ours… Je vous promet que les parois de la meilleure tente ne résisteront pas aux griffes d’un raton! N’oubliez surtout pas d’apporter un bon chasse-moustiques!

Le sommeil:

Ça c’est plus personnel. Un bon matelas gonflable pour couper l’humidité et les imperfections du sol. Un étui de soie à l’intérieur du sac de couchage pour le garder propre et ajouter une couche d’isolant. (Non, on ne peut pas toujours avoir accès à une douche en fin de journée). Des bouchons à oreilles contre les voisins bruyants, un bandeau pour les yeux si vous voulez dormir le matin, et des somnifères si vous avez le sommeil léger. Et j’oubliais!…une bouteille de plastique pour évacuer vos envies pressantes pendant la nuit sans avoir à sortir de votre abri!

Est-ce que j’ai fait le tour de la question? Non, surement pas! Je ne suis encore qu’un novice en la matière. Je tenais à mettre ces observations par écrit pour suivre mon évolution au fil des aventures qui suivront. Car oui il y en aura d’autres, sans doute plus exotiques les unes que le autres! J’ai attrapé la piqûre!

Merci Claudette de m’encourager et me supporter dans mes rêves les plus fous!

Gaspésie 2016; Jour #12 et #13; 80 et 112km; 597+507m; Pointe à la Croix/Causapscal/Ste-Luce-sur-Mer

BON BOY, BAD BOY. (NON, c’est pas une parodie de Bon Cup, Bad Cup)

Ce matin là j’entreprenais le dernier stretch de mon périple, la Vallée de la Matapédia, où une aventure rocambolesque m’arrivera. Attendez de lire la fin pour connaître le punch!

Je quitte donc l’Auberge de la Maison Verte vers 9h après avoir dégusté un déjeuner de Roi! Ce sera une longue montée progressive avec un vent de face. Comme il y aura peu de points de ravitaillement sur le parcours, après 20 km, je fais escale à Restigouche pour acheter des bouteilles d’eau car si vous vous en rappeler, je m’en suis fait voler une Chez Claudine il y a 2 jours. Nous retrouvons donc ici notre BAD BOY!

Je reprend la route pour un 45km avant de faire une pause à la halte de Routhierville pour admirer le pont couvert de 78 mètres qui enjambe la Matapédia. Il est classé Immeuble Patrimonial. Pour le prendre en photo dans sa totalité, je m’aventure dans un sentier escarpé de la falaise. Un peu casse-coup!

Je rembarque sur la route en espérant croiser un restaurant sur mon parcours car je sens que mes jambes et mon énergie tomberont dans la zone rouge dans peu de temps. 15km plus tard, je vois pointer à l’horizon une pancarte sur le bord de la route…enfin une cantine à Sainte-Florence! Je débarque de mon vélo et je sors mon porte-feuille de la sacoche de guidon…niet! J’ai perdu mon argent et mes cartes de crédit. Ayoye, quand tu es déjà au bout de tes ressources, ça donne envie de pleurer!  Allez Pierre, wake up!

La propriétaire du restaurant semble encore plus désolée que moi. Je lui demande de veiller sur mon vélo pendant que je fais du pouce pour retourner à Routhierville et à Restigouche dans le pire des cas. Ça pogne pas pantoute! Après une quinzaine de minutes, une voiture rouge s’immobilise au restaurant et discute avec la dame. Il se dirige ensuite vers moi et m’offre un lift. Interloqué, je lui demande d’où il sort?  Il m’explique que la proprio l’a téléphoné pour lui demander de venir à mon secours. Voici donc mes deux BON BOY !

Arrivé au pont, je fouille partout sous les tables de pique-nique, dans la falaise où j’avais pris mes photos, dans les poubelles, encore Niet! Mon bon samaritain me demande quelle serait l’autre possibilité? Je lui dis que je ne me sentais pas capable de lui demander de rebrousser chemin jusqu’à la station service de Restigouche, à 45 km d’ici. Il me le propose de lui même.

En placotant pendant le parcours, j’apprends qu’il est revenu dans la région après un douloureux divorce pour assumer la garde partagée de ses 2 enfants. Période sombre de sa vie, perte de son emploi, il décide de retourner au CEGEP pour faire son cours d’infirmier dont il entreprend la troisième année cette semaine. (5 années au total). Il subvient au besoin de la famille en réalisant des contrats de rénovation à gauche et à droite entre ses cours. Je le félicite pour son courage et sa ténacité.

Il m’append du même coup qu’il a mis sur pied une organisme pour venir en aide aux jeunes qui ont besoin de meubles et de vêtements pour retourner à l’école. Bravo!

À Restigouche, pas d’avantage de porte-feuille. De retour à Sainte-Florence, la dame du restaurant m’offre une repas gratuit.  Soupe au poulet, pâté chinois et dessert! J’enfile ça rapidement car le ciel noir se préparait à nettoyer la chaussée. J’enfile mon kit de pluie et c’est sous les éclaboussements vaseux des camions-remorques qui me dépassent que je terminerai les 15 derniers kilomètres. Arrivé à Causapscal, détrempé, crevé et avec le moral dans les talons, j’aperçois l’annonce de l’Auberge La Coulée Douce. Je me souvenais que j’avais une carte de crédit et un peu d’argent de secours dans ma saccoche arrière. Ni une ni deux, allez hop cascade!

Superbe petit Auberge, souper gourmand et dans les bras de Morphée dès 21h. Réveil à  6h et j’embarque sur la route à 8h en direction de Sayabec, 47km plus loin. Je voulais parcourir le plus de distance possible avant que le vent ne se lève. Le party s’est terminé dès 9 heures! J’avais prévu y dormir mais la météo m’annonce de la pluie pour le lendemain. Hummm…65km supplémentaires pour atteindre mon point de départ, Ste-Luce-sur-Mer. La bouchée est grosse mais je décide de tenter le coup! Je croise 3 cyclotouristes en pleine montée pendant que je dévale la même pente à bonne vitesse. On se salut à tour de rôle… À chacun son tour de profiter des dénivelés!

Complètement vidé, je rejoins Ste-Luce vers 16h. J’ai complété mon tour après 954 kilomètres en 13 jours, soit une moyenne de 73km/jour. Je suis vraiment fier de moi!

Mais attendez, voici le punch de l’histoire!

Après avoir récupéré ma voiture et trouvé un gîte, je décide d’aller faire des emplettes et souper à Rimouski. Assis à ma table au Bistro, mon cellulaire s’agite en indiquant un appel en provenance de Montréal d’un nom qui m’est totalement inconnu:

  • Allo, est-ce que je parle bien à Pierre Julien?
  • Oui, c’est moi, c’est à quel sujet?
  • Auriez-vous perdu quelque chose dans la vallée de la Matapédia?
  • Stupéfait, je n’arrivais pas à en croire mes oreilles, d’autant plus que l’ambiance dans le restaurant était plutôt bruyante. Oui que je lui répond, mon porte-feuille! Mais qui êtes-vous?
  • Mon nom est Andréanne et nous sommes 3 cyclotouristes. Avez-vous pris une photo du pont de Routhierville dans la falaise?
  • Oui, exactement!
  • He bien, en voulant prendre la même, mon copain a trouvé votre porte-feuille dans le cap. J’étais abasourdi!
  • Et il y a encore de l’argent dedans que je lui demande?
  • Oui, 3 billets de $50 et 3 cartes.
  • Je vous propose un deal que je lui relance. Vous prélevez $50 à titre de récompense et vous me postez le reste!
  • Merci beaucoup qu’elle me répond! Et je lui communique mon adresse!
  • Ne nous sommes-nous pas croisés dans la montée de Mont-Joli cet après-midi?
  • haaaa…c’était vous le cycliste en solo! Si vous saviez tout les directions que nos recherches ont prises sur Internet pour retrouver votre # de téléphone à partir de la photo sur votre carte d’assurance-maladie?

Je venais de rencontrer 3 autres BON BOY en 48 heures!

Maudit que ça redonne confiance en la nature humaine après toutes les horreurs qu’on nous défile jours après jours à la télévision!

Souriez! La vie est belle!

Gaspésie 2016; Jour #9-10-11; 100km/69km; 673+265m; Hopetown/Carleton-sur-Mer/Campbellton

 

Hé non, yé pas mort!

2 jours de route sans mentions spéciales! La route était belle, quelques bosses à monter et un moral à toute épreuve! Aujourd’hui, journée de pause à Campbellton car Y Mouille à boire deboutte! J’ai campé la nuit dernière mais je me suis booké un charmant petit B&B pour la nuit prochaine!

Passons donc aux anecdotes du parcours pour entretenir la conversation un peu !

En montant une côte à 7km/h avant-hier, pendant qu’une voiture me dépassait, j’ai été snappé au mollet par un caillou. Laissez-moi vous dire que ça pince en maudit et que ça surprend son homme!

En arrivant au superbe camping sur le Barachois de Carleton vers 16h, il ne restait que 2 emplacements de dépannage disponibles. Ils étaient situés derrière le bâtiment d’accueil, collés sur la rue principale par où tout les véhicules entrent et sortent avec en prime, le parc d’amusement des enfants à proximité! La nuit promettait d’être agréable!

Je paie mon emplacement mais je suggère un deal à la préposée: je ne monterai pas ma tente avant 20:h et si une annulation survenait, elle me switcherait d’emplacement. De toute façon, je me tiendrais à proximité! J’en profite donc pour faire mon lavage et prendre une bonne douche. Pendant que je sortais mes vêtements de la sécheuse, je propose à une dame terminant le sien d’utiliser le temps d’opération qui restait sur ma sécheuse.

  • Non, non, non qu’elle me répond, je préfère l’étendre sur ma corde à linge au grand vent!
  • Bien chanceuse que vous êtes ma petite dame d’avoir un emplacement doté d’un tel artifice!
  • Ho mais vous savez, c’est moi qui détient le plus bel emplacement sur ce camping!
  • Ha bon, vous êtes privilégiée, moi, je devrai me contenter de la cour arrière du poste d’accueil!

Sur ce, la dame s ‘en est allée avec ses 2 tas de vêtements mouillés et son gros chien genre Husky. Cinq minutes plus tard, elle s’en est revenue pour me proposer de partager son site car le règlement autorise 2 tentes par emplacement mais un seul véhicule. Le deal me semblait acceptable mais je vais tout de même m’assurer auprès de la préposée si tout ça est cachère? J’accepte donc la proposition et prend en note le numéro du site ainsi que les indications pour s’y rendre.

Après avoir rangé mes vêtements dans mes sacoches, je décide de pousser ma chance un peu plus loin et de demander le remboursement de mon emplacement. La préposé me répond interloquée par un beau NON!

  • D’accord, mais pourquoi donc en réalité?
  • Allez-vous louer 2 fois mon emplacement? Ça fait à peine une heure que je vous ai payé que je lui répond avec mon air piteux du vieux cycliste épuisé.

Bingo, elle accepte de me rembourser et je me dirige tout au bout de la pointe du Barachois, en fait, au tout dernier emplacement à l’extrémité de la pointe. Wow! La vue sur la Baie des Chaleurs à gauche et sur la rive intérieur du Barachois du côté droit était époustouflante…et le vent également!

Je commence alors à défaire mes bagages pour monter ma tente sur son vaste emplacement.  Son chien bien attaché à un poteau, elle m’informe que c’est un chien battu qu’elle a rééduqué pendant un an pour l’amadouer mais qu’il est demeuré très agressif envers la gente masculine. Ne pas m’en approcher sous aucun prétexte! Ha Bon, ça commence bien!

C’est alors qu’elle entreprend de me défiler toute l’histoire de sa vie, sans même m’accorder le temps de monter ma tente paisiblement. Tabarnak, dans quel guet-apens me suis-je fourré? Je m’ennuie déjà du parking de l’accueil!

Aussitôt ma tente montée, je l’informe que je dois retourner au poste d’accueil pour recharger les batteries de mon GPS…et je poursuis mon chemin pour me rendre en ville. Au diable la politesse et j’ai faim!  Premier arrêt au Supermarché pour m’acheter un déjeuner et ensuite direction Micro-brasserie pour bouffer une bonne pizza aux fruits de mer. Je range mon vélo bien à la vue de tous, dépose mon casque sur une table vacante de la terrasse pour ensuite me diriger à l’intérieur. Je me commande une bonne bière ambrée comme je les aimais avant d’avoir cessé de consommer de l’alcool en 2014. Le vaillant cycliste peut bien s’accorder une petite tricherie de temps en temps!

En retournant m’asseoir sur la terrasse, je constate qu’un homme accompagné de 2 jolies enfants occupe ma place. L’homme arbore un visage asiatique et je lui propose de partager ma table. Il me répond dans un français plutôt approximatif. Après l’avoir entendu parler avec ses enfants dans une langue incompréhensible, je lui demande de quel dialecte s’agit-il? Ça aurait aussi bien pu être de l’Inuit?

  • Japonais qu’il me répond. Pourtant, les deux enfants ressemblaient à des occidentaux, quoiqu’avec les yeux très légèrement bridés. Elles étaient toutes les deux belles à craquer.
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Mes 2 petites Québéco-Japonaises

Nous échangeons quelques mots, puis la conversation dévie en anglais pour lui rendre la tâche plus facile. Un peu plus tard, la mère québécoise se joint à notre table. J’apprend qu’elle détient un doctorat en science nature et qu’elle a rencontré son mari au Yukon alors qu’elle complétait son doctorat sur la santé des caribous et que lui parcourait le nord canadien en expédition plein air. Ils se sont mariés au Québec pour faciliter son immigration et ensuite au Japon dans la plus pure tradition nippone. Elle en conserve des souvenirs inoubliables avec tout les costumes et parures qu’elle a dù arborer.

Ils vivent aujourd’hui à Maria et elle fait de la recherche sur la santé de population de caribous de la Gaspésie pour le gouvernement canadien. Assez sauté merci comme emploi!

Bon, trêve de bavardage, il est temps que je retourne affronter mon hôte au camping…et qui je rencontre en sortant de la Micro-Brasserie? …Ma belle cycliste de Québec, Valérie, que j’avais perdu de vue depuis 2 jours! Définitivement, le monde est petit!

De retour au camping, ma voisine m’attendait avec un riz aux légumes et la ferme intention d’en placoter un coup. Je m’excuse sous prétexte qu’il n’y avait pas de service de restauration sur le site et je partage le reste de la soirée autour d’un feu de camp avec elle à écouter les moindres détails de sa vie personnelle. 2 cancers, un divorce, un enfant qui vit près d’ici, etc, etc.

Bref, dodo vers 22h avec bouchons dans les oreilles et réveil en panique à 7:30h. Je ne voulais surtout pas qu’elle se lève pour me préparer un déjeuner. Bien gentille, elle m’avait laissé un petit mot sur la table de pique-nique accompagné de céréales, fruits, confiture etc.  Dans le fond, elle n’était pas si pire que ça. J’ai quand même zappé le pti-dej.

Après avoir roulé un bout de chemin, il fallait que je mange. La pire chose qui peut arriver en cyclotourisme, c’est de se retrouver en déficit d’énergie ou d’hydratation. Mon GPS m’indique que j’ai parcouru une quinzaine de kilomètres et qu’il  était 8h du matin??? Je vérifie sur mon Iphone et je réalise qu’il est passé à l’heure des Maritimes sans que je ne m’en rende compte. Je me suis donc levé en panique à 6:30h, et non pas à 7:30h comme je le croyais!

Atterrissage en douce au camping de Pointe-à-la-Croix près de Campbellton vers 13h après un Brunch du dimanche dans un hotel à Nouvelle. Beau, bon, pas cher!

Dernier anecdote: Vers 16h, j’ai décidé de sortir du camping pour aller voir s’il n’y avait pas un café en ville où je pourrais me prélasser et dénicher une bon endroit pour souper. Le camping est assez éloigné de la ville et le seul resto à proximité est sur la 132…vous voyez le genre. « Chez Claudine ». J’y fait une escale pour examiner le menu: poutine, poulet, burgers, pizza, etc. Bof!

Je parcoure donc les 3km pour me rendre au pont qui enjambe la Baie des Chaleurs et donne accès à Campbelltown au Nouveau-Brunswick. Avant d’entreprendre la traversée, je cherche en vain un resto ou un Bistro pour me désaltérer. Niet!

Aux abords du pont, on retrouve un Subway, une Station Service, un Provigo et quelques petits commerces de détail. Hummmmm.! J’interpelle une automobiliste dans le stationnement du Provigo pour lui demander conseil avant d’embarquer sur le pont suspendu. Bien penaude et un peu découragée, elle m’informe que de ce côté ci de la rive, c’est la réserve indienne et que de l’autre côté, la seule terrasse qu’elle connaissait avait fermée ses portes il y a belle lurette. Difficile à croire mais assez pour me décourager. J’entre donc au Provigo m’acheter de la bière sans alcool et un sac de noix mélangées. Direction table à pique-nique sur mon camping près de la rivière.

 

Vers 20h, je me dirige chez Claudine pour souper. Je commande une cuisse de poulet qui semble être encore au poulailler. Il est presque 21h et la serveuse m’interpelle pour m’informer que leur système informatique ayant planté, ma commande ne s’est jamais rendue à la cuisine. Franchement, le resto est gros comme une binerie! Bref, je sors de là vers 22h en beau crisse d’avoir bouffé un poulet qui n’a pas réussi à prendre la poudre d’escampette assez rapidement! En me levant ce matin, je me suis aperçu qu’une de mes deux bouteilles d’eau avait disparue. Probablement un des jeunes à la fête d’enfants qu’il y avait chez Claudine! Il faudra que je sois plus prudent à l’avenir!

J’oubliais ce dernier anecdote! Je ne sais pas ce que mangent les moustiques dans cette région mais à chaque fois que je me fais piquer, il en résulte une boursoufflure de la grosseur d’une balle de golfe. Ce matin, j’avais l’air d’un boxeur qui avait perdu son match aux Olympiques!

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Gaspésie 2016; Jour #8; 112km; 1016m; Barachois/Hopetown

Gaspsie_2016_Jour_8_HopeTown_90km_738m

Ça fait deux jours que je reçois des PopUp sur mon Iphone m’annonçant que tel ou tel athlète canadien avait remporté tantôt une médaille d’Or, tantôt une médaille d’Argent! Hé bien, j’ai décidé de m’y mettre moi aussi et de joindre la partie!

Après une douce nuit réparatrice et un copieux déjeuner à mon auberge Au Coin du Banc, j’enfourche ma monture vers 9:15h (il faudra bien que je me résigne à la baptiser un de ces jours! Que pensez-vous de « Bertha »?

Toujours est-il que je choisi le parcours le plus escarpé, celui qui longe la falaise, pour me rendre à Percé au lieu de couper par la route intérieure qui débouche à l’Anse à Beaufils. Deux cents mètres de côtes supplémentaires à gravir et ça commence au premier tournant en sortant de l’Auberge. Mettons que ça vous descend le petit-dej dans les talons dans le temps de le dire. Je prévoyais camper à une quinzaine de kilomètres dépassé Percé.

L’apparition du Rocher au dernier tournant de la montagne produit toujours son effet spectaculaire. Il est vraiment impressionnant et majestueux, planté là au milieu du Golf St-Laurent! Dire qu’ils prévoient qu’il va finir par s’écrouler d’ici une centaine d’années. Est-ce qu’on se rend compte combien on est chanceux de pouvoir admirer ces monuments?

La descente en vélo de la côte de Percé qui atteint les 17% est allucinante. Voici donc mon premier record personnel avec médaille d’Or: 79.64km/h et le coeur tient bon!

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Record de vitesse a presque 80km/h

Après un bref arrêt au quai de Percé, je m’enligne vers le camping. Il fait frisquet et j’ai un fort vent nord-est qui me pousse dans le dos. Il a viré de bord cette nuit en même temps que le changement de Lune. Hasard? Lorsque j’atteins le camping, il m’apparait plutôt morne et la tentation de profiter du vent arrière est trop forte. Je fonce vers l’avant et advienne que pourra!

Les côtes se succèdent mais les radiants sont beaucoup moins accentués qu’au cours des derniers jours. Seconde médaille d’Or:  je dépasse les 34km/h sur le plat! J’accorde une médaille de bronze à Éole pour sa participation! Mon objectif est d’atteindre Hopetown avant la fin de la journée. La météo annonce 10 à 30 mm de pluie pour lundi. Je dois modifier mon agenda pour me mettre à l’abri.

Un petit diner dans un café granola, un gâteau aux bananes et des crottes de fromage dans un dépanneur. La journée file bon train et je rejoins mon camping à Hopetown vers 17h.

Une autre médaille d’Or! 112kilomètres de distance, 1074m d’ascension et 4838 calories brulées en une journée.

 

Je vais être bien déçu si je ne perds pas une dizaine de livres pendant cette aventure!

J’aurais peut-être pas dû manger un club sandwich avec des frites pour souper? Au moins, c’était plus santé qu’une poutine!

Bonne nuit les amis!

 

Gaspésie 2016; Jour #6 et #7; 65+37km; 719+234m; Anse Griffon/Anse à Brillant/Barachois

Gaspsie_2016_Jour_6__Cap_St-Pierre_75km_677_metersGaspsie_2016_Jour_7_Anse_Beau-Fils_43km_506m

Hier j’ai entrepris la traversée du Parc Forillon vers 11h, après avoir décidé de zapper le camping de Petit Gaspé en raison de prévisions de pluvieuses pour les 24 prochaines heures. J’ai réussi à contacter mon hôte Warmshower (WS) Jean-Raphael qui me confirme ma bienvenue!

Valérie, une jeune cycliste de Québec que j’ai rencontrée ce matin me précède. Elle a l’air si frêle, mais en réalité elle est drôlement en forme! Je ne m’attend pas la rejoindre à moins qu’elle ne fasse une pause…et c’est exactement ce qui s’est produit à la sortie de parc Forillon.  Bref, je la dépasse et on se recroise à Gaspé. Je l’invite casser la croute au premier resto à l’entrée de la ville. Fish & Chips complètement graisseux…dégeu! Bref, on reprend chacun notre chemin en direction de nos WS respectifs.

Encore quelques bonnes bosses à monter et mes jambes commencent à manifester leur mécontentement. Survient une grande descente obstruée par un gros viaduc en construction. L’accotement est sale et une file de voitures est immobilisée au feu de signalisation temporaire, en plein milieu de la côte. La prudence s’impose mais je veux profiter de l’attente au feu rouge pour enfiler le reste de la côte et traverser la route de terre qui enjambe temporairement la rivière. Lets go, j’atteint l’autre versant juste au moment où les véhicules en sens inverse ont priorité de passage. La pente remonte de plus belle. Ouf, la journée a été longue et je mets pieds à terre juste au moment où mon GPS m’indique que je dois bifurquer  immédiatement à gauche, dans une pente de gravel qui ne m’inspire pas du tout confiance. Hummm, dois-je ignorer ces indications? En théorie, je suis à quelques mètres du domicile de mon WS.

Je me laisse descendre en croisant les doigts…et je me retrouve devant un mini port de pêcheurs au fond d’un cul-de-sac. Il y a 2 bateaux mais aucune âme qui vive! Mon cell reçoit un faible signal, j’appelle Jean-Raphael qui m’explique le chemin.

Rendu sur place, Je plante ma tente et mes hôtes partent chacun de leur côté me laissant la maison pour vaquer à leurs occupations. Jean va avec un copain à la pêche au maquereaux en canot au Barachois. J’en profite pour prendre ma douche et me faire un souper Thai déshydraté, mais délicieux.

Ils rentrent de la pêche vers 7:30h avec 79 maqueraux de 12 pouces.  Bon..bon, ok d’abord,…10 pouces et plus! Tout les deux enseignent le programme en Plein air offert au CEGEP de Gaspé. Ces poissons seront fumés par les étudiants dans le cadre de leur cours de cuisine.

Marie-Pierre et leur adorable garçon viennent nous rejoindre vers 20h. S’ensuit une belle jasette autour de la table de cuisine jusqu’à 22h. Dodo sous la pluie toute la nuit. Vers 2 heures du matin, je suis réveillé par le chantier de construction au dessus de la rivière. Le BipBip de la sonette d’un camion lourd qui recule se fait entendre pendant une heure. J’enfile mes bouchons dans les oreilles mais le mal était fait. Je passe le reste de la nuit à tourner comme un Ready-Mix!

On est pas mal moins brave le matin quand on se réveille sous la chant de la pluie qui gicle sur le double toit de la tente! Allez Pierre ! un coup de pied dans le cul et je rejoins mes hôtes dans la maison. Jean me fait déguster ses mueslis fait maison. Délicieux et il me fera parvenir sa recette! Il me recommande une pause repas au Café Couleur et une Visite à l’Auberge au Coin du Banc.  Comme j’ai sauté une étape hier, je décide de me la couler douce et je me réserve une chambre à l’Auberge. 35km de vélo sous une météo imcertaine…parfait pour mes petites jambes qui crient famine!

Après 30km de route, j’aperçois une maison multicolore…2+2 font 4! Je commande une délicieuse soupe du jardin accompagnée d’un grille-cheese suisse farcie à l’effiloché de porc au Café Couleur. Idéal pour un cycliste et enfin sans fritures! Quelques minutes plus tard, je salue Valérie qui passe devant le resto, suivie d’une seconde cycliste à quelques distances. Je rencontrerai Sylvie un peu plus loin en traversant la Barachois.

Café Couleur
Café Couleur

Aussitôt arrivé à l’Auberge, le ciel s’assombrit et on aperçoit des éclairs fracturer le ciel. En moins de deux, un déluge se déverse sur la baie. Inutile de vous faire partager ma satisfaction d’être au sec!!!

Une bonne douche, une petite sieste et me voici assis en train de siroter une bonne bière en attendant ma bisque de homard et ma bouillabaisse! Dur Dur la vie de cyclotouriste!

Gaspésie 2016; Jour #5; 63.7km; 1264m; Pointe Frégate/Anse Griffon

Gaspsie_2016_Jour_5_Forillon_812km_1331m Encore une météo idéale sur un parcours très escarpé (1220 mètres d’ascension).

Pour la première fois j’ai rencontré un couple de cyclotouristes. Une fille de Québec et un gars de Toronto dans la vingtaine. La fille me dit qu’elle a traversé le Canada l’an dernier.  On a échangé quelques mots avant de se séparer. À ma grande surprise, je les recroiserai plus tard en fin de journée.

À l’entrée du Parc Forillon, après une longue montée à 6%, je fais une halte au kiosque d’information pour m’assurer des coordonnées de mon camping.  La route du Parc est en réparation et des camions 10 roues roulent sans cesse à des vitesse affolantes. Vraiment freakant, d’autant que l’accotement est très étroit.

Le préposé m’indique que le camping se trouve à 1 km de distance mais mon GPS m’en donne 8. J’argumente un peu avec lui…il me répond: Ha vous savez…les GPS DANS CE COIN CI!!!

J’atteints les 70km/h dans le descente avec mes 2 amis quand l’un d’eux me hurle que je viens de dépasser le Camping. Freinage d’urgence et vIrement de bord! Le site ne me plait pas du tout et après avoir torturé la réceptioniste, je finis par apprendre que le camping que je recherche est en fait une Auberge de Jeunesse doté de quelques espaces de camping. Elle tente de me dissuader en vaisant valoir que je risquait de me taper 15km aller retour inutilement! Après 2 appels infructueux, je décide quand même de m’y rendre! Toute une surprise m’attendait..et une belle!

La pancarte m´oriente vers un sentier poussièreux, pentu, encadré de conifères et à peine plus large qu’une voiture. J’ai pas roulé 10 mètres qu’une batisse délabrée semble abriter de la machinerie désuète. Seconde pancarte: Acceuil à 400 mètres plus bas! Fuck…chu pas pour descendre 400 mètres de dénivelé pour me faire dire que c’est complet!  Je bifurque à droite et j’atteins un cul de sac où une vieille roulotte, un autobus scolaire désaffectée et une grosse tente occupent la place. À ma gauche, 2 toilettes sèches. What the fuck is going on here?

Je reviens sur le sentier principal et j’aperçois des gens un peu plus loin. Je décide de me laisser descendre un peu pour aller à leur rencontre.  L’accueil apparait enfin au bout du sentier. Ouf!

Les 400 mètres signifiaient la distance et non pas la dénivellation! Difficile de vous décrire ce qui s’offre à ma vue mais je suis franchement épaté de trouver un endroit aussi cool dans ce bled perdu!

L’Auberge de Jeunesse me rappelle l’ambiance de La Maison du Pêcheur dans les années 70. Le bâtiment principal abrite un bar en forme d’ilot, une cuisine commune, une salle de billard, un foyer, jeu de dart, avec une vue magestueuse au sommet de la falaise qui surplombe le St-Laurent! Entre la bar et la falaise, un jardin où des jeunes conversent, pratiquent le Tai Chi, se prélassent dans un hamac, etc… J’ai vraiment l’impression de reculer dans le temps!

Et ce qui ressemblait à un cul de sac est devenu mon camping puisque l’Auberge affichait complet. Le souper était délicieux et la soirée magnifique!

 

 

Gaspésie 2016; Jour #4; 64km; 1149m; Mont-Louis/Cloridorme

Gaspsie_2016_Jour_4_Pointe_Fregate_67km_999m

Levé à 6:30h pour réparer ma crevaison, j’ai ensuite bouffé une copieuse omelette garnie au resto du camping. J’enfourche mon vélo à 9h pour affronter les célèbres côtes de Sainte-Madeleine.  15 kilomètres d’ascension avec des radiants atteignant les 13% par secteurs. Pas besoin de vous dire que j’en ai poussé un bon coup.  Jusqu’à 8-9% je reste en selle mais lorsque ça dépasse cette limite, je préfère préserver mes énergies pour la fin de la journée. Bref, grosse journée au bureau sous un ciel clément égayée de panoramas époustouflants!

Laissez-moi plutôt vous raconter une bizarre d’histoire qui m’est arrivée hier.  Je roulais dans le secteur de la Marthe. La route étroite qui longe le fleuve est bordée à sa droite par des escarpements gigantesques. Arrêté sur le bord du ravin se trouve un véhicule avec 3 adultes qui s’agitent autour d’un gros chat jaune. Il semble lui donner à manger ou essayer de lui faire faire ses besoins. Je les ai dévisagés avec insistance car je trouvais la situation incongrue. Eux aussi m’ont longtemps regardé, mais ça, je commence à y être habitué.

J’ai fait une pause un peu plus loin à Marsouis pour déjeuner. De retour sur la route, je sillonne encore l’étroite 132 bordée de falaises. Après quelques kilomètres, devinez qui je retrouve abandonné sur le bord de la route? J’ai trouvé ça franchement dégueulasse et je suis presque certain que c’était le même chat jaune.  Il se retrouvait au milieu de nulle part, à plusieurs kilomètres de distance de la plus proche localité, autant dans un sens que dans l’autre. Les salauds semblent lui avoir laissé de la nourriture sur l’accotement. Malheureusement, j’ai dû l’abandonner à son triste sort mais je ne cesse de me dire que j’aurais peut-être dû intercepter un automobiliste pour qu’il le dépose au prochain village! Ça m’a fait vraiment chier!

Je m’héberge à Pointe à la Frégate (Cloridorme) chez L’Étoile du Nord 

 

Gaspésie 2016; Jour #3; 63km; Ste-Anne-des-Monts/Mont-Louis

Gaspsie_2016_Jour_3_Mont_St-Louis_63km_773mLes journées se suivent mais ne se ressemblent pas! Comme chantait Obélix dans « Astérix chez les Gaulois »: Quand l’appétit va tout va! Quand l’appétit va tout va!

Toute cette aventure avec ce fameux bagel au saumon fumé empoisonné m’aura appris beaucoup de choses.  2 jours sur le cul, le moral à terre, à douter de ses choix, à se trouver physiquement nul et en se faisant rappeler à chaque coup de pédale ses crampes d’estomac. Ça démotive son homme, spécialement quand on voyage en solo. Tu roules dans l’espoir d’arriver à destination au plus vite, tu cesses d’admirer le paysage pour te concentrer sur les kilomètres qui ne défilent pas assez vite sur ton GPS. Même le bruit des voitures qui te dépassent finit par te tomber sur les nerfs.

Morale de cette histoire: Dans pareil cas, prend une pause et authorise ton corps à reprendre le dessus. C’est tu assez ZEN ça?

Hier soir, je me suis couché à 20h après avoir enfilé un relaxant! Je me suis levé à 7h après avoir récupéré 80 à 90% de mes capacités. Le déjeuner de l’auberge était plutôt basic, céréales, roties et café mais c’est le maximum que mon estomac a accepté d’ingurgiter. Ciel ensoleillé, légère brise de face, je décolle pour un petit 63 kilomètres à l’agenda, un peu plus pentu qu’hier.

Nous sommes dimanche et à ma grande surprise, le trafic est presqu’inexistant. Aucun camion, la route m’appartient. Passé le village de La Martre, la route est bordée à gauche par de hautes falaises et les vagues de fleuve grugent patiemment son flanc droit. Ici, on constate de visu les effets du réchauffement de la planète. De longs segments de la route ont récemment été protégés par une digue de roches de 2 mètres de haut, nous privant du panorama du fleuve dans toute sa beauté. On ne peut s’empêcher de penser que cette route sera sans doute condamnée dans un avenir pas si lointain.

À mi-parcours, la fringale se faisait sentir mais pas question de bouffer dans une cantine graisseuse! À Marsouis, j’ai déniché un minuscule resto plein à craquer. Tout le village y prenait son brunch! À la bonne heure, je m’y déniche une table pour un second déjeuner, mais digne de ce nom! 2 oeufs tournés, bacon, roties, patates rissolées et café. Super cocasse!

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Déjeuner à Marsouis

Contrairement à ce que mon planificateur de parcours m’indiquait, je suis arrivé à Mont-Louis vers 13h après seulement 340 mètres d’ascension au lieu des 730 qui étaient annoncés. Belle surprise!

J’ai planté ma tente sur le bord de la falaise du camping municipal avec une vue imprenable sur le fleuve. L’endroit est magnifique et mon moral est à 200%!  Ce soir, souper à l’auberge des Belles-Soeurs au restaurant L’eau à la bouche!

Après une visite du village à vélo, j’ai constaté que mon pneu arrière souffrait d’une crevaison lente. On va commencer la journée de demain par une réparation urgente!

La qualité de la cuisine à l’Eau à la Bouche m’a coupé le souffle. Potage aux carottes et gingembre suivi de pétoncles fraiches du port de Mont-Louis sur béchamel aux tomates séchées accompagné de riz aux légumes du jardin. La cuisson des pétoncles et légumes était parfaite.