Gaspésie 2016; Jour #2; 69km; 625m; Ste-Félicité/Ste-Anne-des-Monts

Gaspsie_2016_Jour_2_St-Anne_70km_615m

Une température idéale, très léger vent de face et le début des vrais côtes!  Mais avant tout un délicieux déjeuner de crèpes, fruits frais, pain maison et café allongé que je n’ai pu vraiment apprécier vue mon état de santé!!

J’embarque sur la route vers 9:30h bien conscient que mes réserves d’énergies sont assez limitées. Après 30 km de côtes, je commence à me demander si c’est ma condition physique générale qui est déficiente où si mon manque de ressources est uniquement lié à mon empoisonnement alimentaire. Je m’en veux un peu de m’être imposé un parcours si exigeant dès le départ. Selon mes randonnées précédentes et les Blogs que j’ai lus, j’avais pourtant l’impression que mes objectifs étaient réalistes!

Casse-Croute à Capucins
Casse-Croute à Capucins

Vers 14h, je suis vidé et il faut que je mange quelquechose. La barre tendre me lève le coeur et ça me prend une éternité avant de trouver un casse-croute. L’odeur de frites qui y rêgne à l’intérieur est suffocante. La préposé est attristé par mon état déconfit et me propose une salade de poulet et tomates. Je tente le coup! À petites bouchées roulées maintes fois dans ma bouche, je finis par passer au travers. Après une demie heure, les gargouillis de mon estomac commencent à s’estomper. Ouf!

Grosses-Roches
Grosses-Roches

Je finis par rejoindre Ste-Anne-des-Monts après un parcours qui m’apparaît interminable. Heureusement, j’avais réservé une chambre à l’auberge d’un ami de mon associé. L’Auberge Chez Bass est un bistro charmant situé face à la plage et loue quelques chambres très hot! Heureusement que j’avais réservé ma chambre car c’est complet!

Auberge Chez Bass
Auberge Chez Bass

 

 

 

 

 

 

Une bonne pizza sur la terrasse avec une bière et direction chambre à coucher vers 19h. Je vais essayer de m’endormir en écoutant les Olympiques. Je déciderai demain matin si je m’accorde une pause de 24 heures…mais j’en doute!

Gaspésie 2016; Jour #1; 93km; 260m; Ste-Luce/Ste-Félicité

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Arrivé à Ste-Luce-sur-Mer à 9h, juste au moment où la pluie cédait la place au soleil sous un mercure de 16C. Je m’offre un bagel au saumon fumé dans un restaurant avant d’entreprendre mon périple. Le café était exceptionnel mais le saumon va me causer des crampes d’estomac Pendant tout le trajet. En fin de journée je grelottais de partout. 3 tylénols, une bonne douche et un repos bien mérité devrait remettre la machine en marche pour demain.

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L’Auberge Sainte-Luce

J’ai roulé 94km avec un petit vent de dos qui m’a facilité la tâche toute la journée. Par chance, sinon je ne me serais jamais rendu à destination. Je dois reconnaître que j’ai été un peu ambicieux pour une première journée.

Le parcours était relativement plat et la circulation sur la 132 dense, mais respectueuse. Je m’esquivais par les routes secondaires qui longent le fleuve pour traverser les nombreux petits villages.  Paysages charmants avec vue imprenable sur le fleuve!

Pisciculture de truites
Pisciculture de truites

J’ai rejoint l’Auberge de Jeunesse ‘Le Manoir des Sapins’ à Sainte-Félicité vers 16h (quel beau nom pour un village!). Super et très granola. Les jeunes proprios et leurs employés sont très sympathiques. Il a une petite crêperie qui offre les déjeuners et diner jusqu’à 17h. Pour le souper, il y a une cantine au village mais je vais passer mon tour pour ce soir…espérant que mon estomac aura récupéré demain matin!

La café du Manoir
Le Café de l’Auberge
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Ste-Félicité, rue Principale
Manoir des Sapins
L’Auberge de Jeunesse le Sapin Vert

 

 

 

 

 

 

Il fallait que je bouffe même malgré des crampes soutenues et des vapeurs incessantes. J’ai déniché une soupe minestrone et un sandwich au dépanneur de coin. Bof, mais au moins j’avais quelque chose dans l’estomac.

Dodo à 21:30h mais ça ne s’est pas déroulé comme je l’aurais souhaité. J’ai été malade toute la nuit. Tremblements, frissons, vapeurs, fièvre… Bref j’y ai gouté.  J’ai même envisagé devoir mettre un terme à mon voyage si ça persistait. J’ai finalement réussi à m’endormir vers 6h du matin. La journée va être pénible avec une tourista qui se pointe vous savez où!

Gaspésie 2016; 14 Jours; 915km; 8,384 mètres d’ascension

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Et voilà, c’est reparti pour une autre micro-aventure, car oui, c’est bien comme ça qu’on appelle ces expéditions de moins de quelques semaines.

Le concept de microadventure a été proposé en premier lieu par Alastair Humphreys*, un aventurier qui a été nommé par le National Geographics « Aventurier de l’année » en 2012. Il a accompli des expéditions d’envergures mais doit sa popularité au concept  de Microadventure.
Comme son nom le suggère, la micro-aventure est une « petite » aventure. Ne nous  méprenons pas, «petite» ne signifie pas qu’elle ne vaut pas le coup d’être vécue! Les micro-aventures se déroulent sur une courte période (1 ou quelques jours maximum), près de chez vous et ne requiert pas, ou très peu, de matériel ou compétences. Ces  aventures restent néanmoins des expériences uniques !

 

Donc départ matinal de Québec vendredi le 12 août. Direction Rimouski où j’abandonnerai ma voiture à «l’Auberge Ste-Luce» pour entreprendre mon périple de 14 jours autour de la Gaspésie. À mon retour, mes frères et sœurs ainsi que plusieurs de leurs enfants viendront m’y rejoindre pour célébrer un Party de famille traditionnel. Pendant plusieurs années, Albert et Simone nous y ont amenés pour passer les vacances estivales lorsque nous étions enfants.

Photo de notre précédent Party à Sainte-Luce-Sur-Mer en 2006!

Ste-Luce -tous

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #8 et #9

Jour #8 LSJ 2016Hier, j’ai fait la Dolce Vita à Ste-Rose comme prévu et il a plu toute la journée comme prévu aussi.  Je me sentais bizarre de ne pas avoir à monter en selle hier mais j’ai beaucoup apprécié de me mettre sur le neutre pendant 24 heures. Je me sentais vraiment Zen et le sentiment d’être en vacances s’était enfin ancré dans le fond de mon esprit. Mes hôtes, Johanne et Frédéric,  m’ont invité à un 5 à 7 en soirée et je suis ensuite allé déguster une tourtière du Lac St-Jean au petit Rose Café situé sur le quai.

 

Dernière journée de mon périple aujourd’hui. Après un bon déjeuner enfilé rapidement, Frédéric m’attendait pour me déposer avec son pickup  en haut de la vallée. J’étais tellement stressé de ne pas lui faire perdre sa journée de travail sur la ferme qu’à mi-chemin, j’ai réalisé que j’avais oublié mes bouteilles d’eau au Gîte.  Heureusement, Johanne s’en est apperçue et est venue nous rejoindre juste au moment où je déchargeais mon vélo de la boîte du camion.  Des hôtes vraiment exceptionnels!

J’ai donc roulé en direction de Tadoussac sous un ciel couvert mais sans risque de pluie.  80 kilomètres de routes vallonneuses parsemées de quelques grosses bosses. Le paysage qui longe la rivière Ste-Marguerite bordée de falaises abruptes est saisissant!  L’eau de la rivière de couleur ocre et claire comme du crystal serpente dans la vallée.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Le traversier de Tadoussac m’attendait vers 14:30h et j’ai préféré solliciter un automobiliste sur le bateau et terminer ma route en pickup pour rejoindre St-Siméon.  Cette portion de mon parcours est très achalandée par tout les camions-remorque qui desservent la Côte Nord.  C’est stessant et potentiellement très dangeureux!

Mon périple de 9 jours, incluant ma pause à Ste-Rose-du-Nord, s’est terminé sous un soleil de plomb. J’en ai appris un peu plus sur mes capacités et la façon que mon corps s’adapte après plusieurs jours de vélo consécutifs.  J’ai été à même de constater comment la résistance de mes jambes s’améliorait jour après jour.  À ma grande satisfaction, j’ai perdu un peu plus de 2 kilos pendant mon périple!

Prochain rendez-vous en solo sur le tour de la Gaspésie…bientôt je l’espère!

 

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #7

Jour #7 LSJ 2016Encore une belle journée aujourd’hui avec un ciel parsemé de cumulus et un mercure à 25C. Gros changement à l’horaire cependant, un bon vent de dos va me prêter main forte toute la journée…enfin!

La météo annonce 15 à 20 mm de pluie pour demain. Je prévoyais retourner camper à la ferme d’alpagas mais j’aimerais bien pouvoir pousser les pédales jusqu’à  Ste-Rose du Nord si mon corps me le permet. Donc, départ à 10 heures après un frugal déjeuner servi par mes charmants hôtes avec pour objectif de franchir 118km de route pimentés par 950m de dénivelé. Ce sera ma plus longue journée en cyclotourisme à vie. Ça fait 8 jours que je pédale sans arrêt et ça se passe plutôt bien, je suis stupéfait de mes performances!

Après avoir bouffé un macaroni au fromage chez l’épicier de St-Ambroise, la randonnée se déroule en douceur jusqu’à Chicoutimi. Quelques moments d’hésitation me traversent l’esprit quand je passe devant la ferme d’alpagas vers 14:30h. Allez, c’est pas le temps de lâcher! Demain, je vais m’en féliciter!

Lorsqu’on quitte Chicoutimi pour se diriger vers Tadoussac, ça démarre en trombe avec 2 grosses côtes à 10-14%. Pas question de monter ça en selle. Ensuite, une belle descente pour longer le Saguenay avant d’entreprendre 5 kilomètres de monté à St-Fulgence.  Je trouve que nos villages portent parfois des noms adorables!

 

S’en suit un parcours à dos de chameaux pendant 35 km jusqu’à Ste-Rose et j’ai du mettre pieds à terre à plusieurs reprises.  Plus le temps passait, plus je réalisais que mes capacités physiques fondaient au soleil!  J’ai tenu bon et j’ai dévalé la côte de 5km qui se rend au village vers 18:30h. Les propriétaires du coquet Gite qui m’avait hébergé l’an dernier m’ont une fois de plus accueilli à bras ouverts. J’ai même été convié à partager leur table en famille pour le souper!

 

 

Ste-Rose du Nord est sans conteste l’un des plus beaux villages du Québec, je me trouve drôlement chanceux d’y séjourner encore une fois pour 48 heures.

Ste-Rose du Nord (10)
Ste-Rose vue de la berge!

Demain, le repos du guerrier!

 

 

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #6

Jour #6 LSJ 2016Dame nature s’est encore moquée de nos météorologues. Je prévoyais prendre une journée de repos en raison de prévisions d’orages violents mais le soleil s’est pointé dès 9 heures.

Je reprends la route en direction de Mistassini avec un vent latéral modéré mais de face. Je me réjouissais en pensant qu’après avoir franchi cette étape, je prendrais la direction sud avec enfin un bon vent dans le dos!  Vous ne me croirez peut-être pas, mais ma désillusion a été grande. Le vent a viré de bord vers midi et a augmenté jusqu’à 35km/h.

J’en ai bavé jusqu’à Péribonka où j’ai embarqué sur le petit traversier reliant le Parc Jean-Taillon. Mon compteur indiquait alors 75km et mes vêtements étaient dégoulinaient de transpiration tellement le soleil plombait fort.image

Je n’étais pas encore fixé sur le lieu de mon prochain bivouac mais il restait au moins 20km à parcourir avant d’atteindre le camping.  Vers 17h, j’appelle Claudette pour qu’elle me déniche un B&B pour me réconforter de cette intense journée. Bonne idée car le ciel s’obscurcie soudainement et des orages déversent leurs flots jusqu’à 21h. Mon hôte m’offre sa Smart pour que je me rendre au resto où encore une fois, les côtes levées me feront défaillir. 98 km aujourd’hui, je suis vraiment impressionné par les réserves d’énergie que mon corps met à ma disposition, jour après jour.

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Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #5

Jour #5 LSJ 2016Commençons par le début!

Voici à quoi ressemble mon premier AirBnB. Assez rustique mais très confortable et situé à proximité de tout.

J’embarque donc sur la route vers 11 heures en direction de St-Félicien à 85 km de St-Gédéon. Raffales de vent de 28km/h particulièrement éprouvantes dans la région de Chamborg. J’arrive à la marina de Roberval vers 13h mais le restaurant que je préfère vient de fermer car il ne servent que des déjeuners et des soupers. Je fais les yeux doux à la serveuse pour qu’elle accepte de me servir n’importe quoi pour me rassasier. Elle me fait un clin d’oeil et m’indique de m’assoir sur la terrasse. Quelques minutes plus tard atterri une pizza-déjeuner à ma table, un genre de croque-monsieur servi sur pâte à pizza, délicieux!

Je reprend la route en espérant que les nuages ne déverseront leur colère sur ma tête comme hier.  Je rejoins le domicile de mon ami vers 16h après 85km de route. Leur charmante maison donne directement sur la plage. Comme ils ne sont pas encore rentrés, j’enfile mon maillot de bain et je plonge dans le lac.  L’eau est fraiche et relaxe mes muscles. Quelle jouissance et j’en profite pendant un bon moment!

J’emprunte la voiture de mon hôte pour aller souper à l’Auberge des Berges où l’on sert une cuisine régionale. Ma bavette de bison était succulente!

Demain, on annonce des orages violents, je risque de profiter d’une pause pour visiter le célèbre Zoo de St-Félicien!

Ciao et à plus!

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #4

Jour #4 LSJ 2016Vers 2 heures du matin, j’ai senti que la toile intérieure de ma tente appuyait sur ma tête. Je croyais rêver ou m’être accoté  sur la parroi pendant mon sommeil. Je me déplace un peu. Quelques minutes plus tard, j’éprouve la même sensation mais dans un endroit différent. Avant de me coucher, j’avais inséré des bouchons dans mes oreilles pour éviter de me faire déranger par les feux d’artifices de la St-Jean. Je n’ai donc pas pu distinguer de sons particuliers. J’avais vraiment pas envie de me réveiller et de scraper ma nuit.

Pas d’autres choix que de rechercher l’origine de ces mouvements…y a-il un animal menaçant dans les parrages? Ai-je oublié de la nourriture dans la tente? Trop tard, me voilà aux aguets, merde! Faut  vous mentionner que pour Pierre Julien, dormir, c’est un luxe! Alors quand ça fonctionne, j’essaie d’en profiter au max. OK, je me résigne à sortir la lampe de poche et j’apercois le plus jeune de mes voisins chatons qui s’est libéré de sa laisse et qui cherche un moyen de se faire caresser. J’ai surtout pas envie de sortir dehors à poil au beau milieu de la nuit pour le rattacher ni de me faire déchirer le revêtement de ma tente! J’ouvre donc la fermeture éclair de la tente pour le faire entrer. Laissez moi vous dire qu’il ne s’est pas fait prier.

Je me réinstalle pour dormir et il ne cesse de se frotter sur mon visage et de planter ses griffes dans ma figure. Il finit par s’endormir à un centimètre de mon nez, on dirait qu’il apprécie la chaleur de mon souffle. Ça dure jusqu’à ce que je bouge un peu et recommence le même manège.  Zut, Pierre, tu es en train de bousiller ta nuit de sommeil et la route sera longue demain.  Je me résigne à  aller le rattacher à sa laisse et pour me prévenir de mouliner le reste de la nuit, j’avale un relaxant et couvre mes yeux d’un bandeau opaque. On est équipé ou on ne l’est pas!!! Résulat, je me réveille en sueur à huit heures du matin dans une tente chaude comme un micro-ondes.

Je me sens plutôt ankylosé et la machine est lente à démarré. Le soleil plombe ferme et je suis déjà détrempé une fois que le campement est levé.  Je laisse les bagages à la ferme et roule en vélo jusqu’au Tim Horton à 3 km de là. Mes muscles me manifestent leur désaccord.

J’embarque sur la route vers 10:30h après avoir engobé 2 TimMatin aux saucisses et un gigantesque café. Ouf, que la première côte est pénible à monter. Mon escale doit me mener à Alma mais je sais qu’inconciesment, j’aimerais me rendre à St-Gédéon.

Après un peu plus d’une heure de route, je suis surpris de constater que mes jambes répondent efficacement aux sollicitations du parcours, et deux heures plus tard, je me sens comme un athlète de triathlon.  Je vais douter des directions proposées par mon GPS à plusieurs reprises er même aller jusqu’à rendre les directions proposées par des samaritains rencontrés sur mon chemin. Heureusement, leurs sugestions finissaient par rejoindre l’itinéraire planifié initialement. Seule surprise, un 15km de route de terre un peu rock&roll. J’étais content de rouler sur des jantes de 26 pouces pourvues de pneus de 1.75 pouces.

À l’approche d’Alma, le ciel s’était assombri de nuages menaçant et on entendait le tonnerre vrombir au loin. Mon tour s’en venait! Ça c’est déchainé juste au moment ou j’entreprenais la descente d’une côte à 14%. L’eau ruisselait ferme sur l’asphalte et par prudence, j’ai rebroussé chemin pour m’abriter sous la corniche d’un garage abandonné. J’ai du patienter debout plus d’une heure avant de pouvoir reprendre la route.

J’ai réussi à rejoindre Alma vers 16:30h. J’ai fini par trouver le chemin pour me rendre au traversier et je me suis embarqué sur la véloroute des Bleuets pour rejoindre St-Gédéon comme mon subconscient l’avait planifié. En ce samedi de la St-Jean Baptiste, je redoutais de ne pouvoir trouver d’hébergement convenable et la pluie intermittente me décourageait de chercher un endroit pour camper. Arrivé à la micro-brasserie du Lac à St-Gédéon, j’appelle Claudette pour lui demander de m’aider à trouver un gite. Malheureusement, rien de disponible à un prix abordable.  C’esr alors que l’employé de la brasserie me recommande de chercher sur Air BnB. Je n’avais jamais utilisé ce service et je télécharge donc l’application sur mon cell dont la batterie n’est plus qu’à 17% et dont le signal réseau me rappelle l’Afrique.

Ouverture de compte: veillez entrer vos coordonnées et password. Veillez entrer le numéro de confirmation qui vous a été acheminé par SMS!  Veillez activer le lien qui vous a été envoyé par courriel! Veillez télécharger une photo de vous!  Putain, ils commencent sérieusement à me pomper le système!

Je peux enfin procéder à la recherche de gite et je trouve une offre intéressante à $47/jour, j’achète!

Veillez payer la réservation par Paypal! Je recois un couriel de Paypal confirmant le paiement. Je ne connais toujours pas l’adresse de mon AirBnB!

Pour finaliser la transaction, veillez accepter nos conditions au bas(le texte doit remplir 22 pages format légal). Veillez utiliser votre appareil pour photographier le recto une carte d’identité légale(je ne dispose que de ma carte d’assurance maladie et de mes cartes de crédit). Veillez photographier le verso de votre carte…Je suis sur le point de péter une coche!

Merci, votre réservation est confirmée….apparait une minuscule photo de la maison indescriptible ainsi que le prénom du propriétaire. Aucune adresse, je sens qu’il y a quelquechose qui cloche. Je présente la photo de la maison à plusieurs clients de la brasserie mais personne ne la reconnait. J’embarque sur mon vélo sous la pluie et me dirige vers le dépanneur du coin espérant trouver assistance.  La caissière n’y voit que dalle et demande à un client. Celui-ci pense reconnaitre la maison que son beau- frère a vendu il y a quelques années.  Il m’indique quelle se trouve à plus de 2 km et porte une adresse civique entre 500 et 510. Et c’est reparti sous la pluie!

Arrivé à la maison, je reconnais les arbres qui la dissimule mais aucune âmes qui vivent à l’horizon. Je cogne à la porte de tout les voisins immédiats sans succès jusqu’à ce que j’arrive à un party où une vingtaine de personnes festoient allègrement.  On finit pas trouver quelqu’un qui connait les proprios et leur numéro de cellulaire. Je les rejoins immédiatement au téléphone mais mon interlocutrice me confirme qu’elle n’a reçu aucune réservation de AirBnB. Pour raccourcir l’histoire, j’ai fini par obtenur les clefs de la maison et Claudette m’a fait parvenir une photo de mon passeport pour que je finalise l’ouverture de mon compte.

Me voici donc dans une grande maison totalement bordélique après une journée de 87km de route avec 700 mètres de dénivelé. Après un délicieux repas de côtes levées à la brasserie, je vous souhaite Bonne nuit à tous! Demain, je vais essayer de rallier St-Félicien où mon  ami Alain m’attend chez lui.  Une autre bonne ride mais avec un dénivelé relativement plat.

 

 

 

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #3

Jour #3 LSJ 2016Commencons par le déjeuner! Digne d’un Roi et avec une fondue au chocolat comme surprise! Vive la fête de la Saint-Jean-Baptiste!

Comme promis, Maurice me reconduit à l’intersection en utilisant son 4×4 Artic Cat car le pickup refusait de démarrer ce matin. A 6h am, le thermomètre indiquait 6C. A mon départ vers 10h, il avait grimpé à 13C. Pas chaud chaud, mais le soleil promettait de me réchauffer progressivement.

La route est vallonneuse et borde le Saguenay, différente de celle que j’avais parcouru l’an dernier. Mes jambes ont accumulé de la fatigue et je crains de ne pouvoir compléter l’étape. L’avenir me prouvera que j’avais tors.  À l’approche de La Baie, j’embarque sur la magnifique piste cyclable qui longe la rive à marée basse. Des jeunes roulent en vélo sur la grève! À la sortie de la ville, je décide de m’acorder une pause pour bouffer un peu car je sais que plusieurs côtes pointent devant moi.

Mon GPS fonçtionne à merveille et m’indique la route à prendre. J’arrive à Chicoutimi vers 2:30h et je traverse le Saguenay par la voie cyclable. La ville est en effervessence et des kiosques proposent de la Street Food sur la place publique. À la sortie de la ville, une côte de 1 km à 12% me donne le goût de prendre une pose santé avant de la gravir! Quoi de mieux que l’éternelle guedille au poulet avec des frites! C’est tout ce qu’on propose outre les hotdogs, burgers et l’éternelle poutine que je ne me résigne pas à bouffer!

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Je prévoyais demander asile chez un éleveur d’Alpagas à quelque kilomètres d’ici. Je n’avais pas pris le risque de téléphoner de peur d’encaisser un refus.  Arrivé à la ferme, je doute que ce soit celle que j’avais identifié avant mon départ.  Le charmant couple de propriétaire m’invite à piquer ma tente au milieu du parc. Douche et toilette privée en prime, Yes!!!

Je m’installe au milieu des Alpagas, chatons, chevaux nains et poules pondeuses! Encore une fois, la rencontre est magique!

Réjean et Monique, les proprios, me racontent qu’ils sont à la retraite et qu’ils ont entrepris cet élevage sur les terres patrimoniales pour leur plaisir. Dernèrement, Monique a hérité de la maison centenaire voisine. Après avoir réfléchi et plutôt que de la transformer en pension pour touristes, ils ont décider de l’offrir à la communté religieuse pendant un an pour héberger une famille de 8 réfugiés Iraqiens qui vivent dans un camp au Liban depuis plusieurs années. Réjean a activé ses contacts d’affaires pour lever plus de $12,000 afin de supporter l’oganisme religieux en charge de faire venir les réfugiés.  J’ai été abasourdi par la générosité de leur geste et je me suis fait un malin plaisir à offrir ma contribution. Il y a la grand-mère, le fils et sa femme ainsi que leurs 5 enfants qui sont attendus en septembre.  Réjean m’a montré leurs photos, quel projet emballant, je suis vraimnt fier d’eux!

Donner Au Suivant … qu’on appelle ça,

Sur ce, je vais aller m’installer pour ma première nuit de camping et je suis tout exité de dormir sous la tente!

Ciao et à demain en direct du Lac St-Jean!

Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #2

Jour #2 LSJ 2016Quelle journée de fou!!!
Petit déjeuner copieux et qui se prolonge en discussion avec la propriétaire du BB. Un peu comme de bons amis puisqu’elle m’avait hébergé l’an dernier lors de mon passage en vélo. J’embarque donc sur la route vers 11 heures sous un ciel semi-couvert avec une température oscillant autour de 12C. Un peu frisquet mais je prévois que le dénivelé prévu saura me garder au chaud. Ouf, je ne croyais pas si bien dire!
Dès les premiers 500 mètres, la sortie du village m’impose une côte de 250 mètres sur une distance de moins de 4km avec un dénivelé allant jusqu’à 12%. Orgueilleux et fier, j’atteint le sommet sans mettre le pied à terre, mais tout en sueur! Après une pause pour calmer mes esprits, je réalise après avoir consulté la météo sur mon Iphone que le vent de face frôle les 25km/h. Un frisson de fraicheur me traverse la colonne, ça n’en sera pas une facile! Bon, arrête de te plaindre Pierre and Keep Positive! Et c’est reparti pour une autre ascension quelques tournants plus tard. J’ai escaladé 450m de dénivlé après 12km de route.
J’ai conservé en mémoire que les pires côtes surviendront à l’Anse St-Jean. Je roule lentement à cause du vent et le ciel s’assombri progressivement. Je dévale un grande à plus de 50km/h et je me dis que tout ce qui monte redescend et inversement! Voici dons les côtes tant redoutées. La première semble interminable et mon GPS m’indique 7%, 10%, 12%, je serre les dents mais la pente est longue, vaincu, je dois mettre pieds à terre et pousser mon mulet sur les derniers 800 mètres. Un pas après l’autre, les yeux rivés sur la chaussée devant moi pour conserver le moral!

En partant ce matin, j’ai installé le mini haut-parleur sur ma potence après l’avoir raccordé à mon Iphone. La musique rend les montées plus agréable et j’ai l’impression que ça racourcit le parcours. Je suis content d’utiliser mon nouveau gadget…qui rendra l’âme 5 jours plus tard.

J’approche de Rivière-Éternité quand de gros nuages menacants pointent à l’horizon. Vite sortons le kit de pluie, manteau, pantalons, couvre casque, bas imperméables pour mettre dans mes sandales Keen que j’adore. Je dévale la côte de Rivière-Éternité à 40km/h pendant deux trois kilomètres sous un déluge de pluie glaciale qui tombe comme de la grêle. Je suis transit de froid rendu en bas mais je reconnais la roulotte casse-croute où j’avais enseigné à la propriétaire comment confectionner une guedille au poulet l’an dernier. Après avoir constaté que ma guedille avait été ajoutée au menu, j’étais fier d’en commander une à la préposée qui m’a confirmé que c’est un cycliste qui avait enseigné à sa tante comment préparer ce populaire mets québécois. J’ai pas manqué l’occasion de lui signaler que j’étais cet honorable cycliste!

J’ai repris la route une heure plus tard lorsque la pluie s’est estompée mais j’hésitais à retirer mon kit de pluie car j’avais froid et le ciel demeurait menaçant. Quelques montées plus tard, le soleil était de retour et je transpirais comme un veau. Retour aux vêtements d’été!

La suite du parcours était vallonneuse et le vent de face persistait. Chaud/Froid, Froid/Chaud. Un peu emmerdante cette météo!
J’avais prévu souper dans un charmant petit resto Le Perchoir situé dans un bled perdu. Les propriétaires m’avait recommandé d’aller camper AU POD situé à 6 kilometres de là. Deux bonnes montées plus tard, je me retrouve à pousser mon vélo comme un forcené sur un dénivelé de 14%. Très fatigué, je conserve le moral en pensant au bon repas qui m’attend une fois le bivouac installé.  Une surprise sinon deux m’attendaient au prochain tournant! Les six kilomètres en questions dévalaient à raison de 8 à 10% et de gros nuages noirs ont commencé à déverser leur colère sur ma tête.

Je trouve enfin une pancarte affichant LE POD mais l’indication m’oriente dans une côte en terre très pentue et dans laquelle je ne m’engagerais, même avec un tout-terrain à 4 roues motrices. Après avoir atteint la première courbe dans la côte, je me dis que cela n’a aucun bon sens et que jamais je n’arriverai à remonter ça le lendemain. Je vire de bord et je pousse de peine et de misère ma monture vers l’intersection de la route asphaltée. Juste arrivé au sommet, un déluge de pluie s’affale sur ma tête. J’ai à peine le temps de m’abriter sous un arbre pour revêtir mes habits de pluie. Je suis découragé, fatigué, mouillé et en beau tab…! Je me souviens alors que le propriétaire du POD m’avait communiqué son numéro de çellulaire en cas de pépins . Devinez ce qui est arrivé? Et oui, pas de signal réseau sur mon Cell. C’était pas le moment de me demander comment j’allais!

Sous la pluie et frigorifié, j’aperçois un véhicule arriver dans la direction opposée. J’aurais préféré un pickup pour y embarquer avec mon vélo! Bref, j’intercepte le conducteur pour lui demander assistance. Bien gentil, il me propose d’utiliser son cell pour joindre LE POD. Hé oui, vous l’aurez encore deviné, pas de signal non plus! Le monsieur me suggère de continuer ma route jusqu’à l’auberge du Chien Noir. Très septique de trouver une auberge décente dans ce trou perdu, je lui demande à quelle distance se trouve-elle?  Environ 1km et demie qu’il me réplique. Est-ce que le dénivelé est plat ou pentu que je lui demande? Ho non, c’est très plat qu’il me confirme! On y sert de la bouffe? Je n’en suis pas certain mais ils offre des déjeuners!
Ok, de toute façon je n’avais pas réellement le choix car j’avais nullement envie de rebrousser chemin sous la pluie pour me retrouver sans adresse où crécher. Keep positive que je me répète, c’est ça l’aventure!

Gardez en tête que je roule sur un chemin perdu en campagne dont le pavage doit remonter aux années cinquante. Premier virage, on monte à 6% pour redescendre ensuite…hum, 1 km sur le plat, ça s’annonce prometteur!
Après 2 km de montées et descentes, toujours pas d’auberge à l’horizon et à l’approche d’un lac au bas de la montagne, le bitume est remplacé par du gravier non compacté. Je capote et je vous jure que le gars de tantôt n’aurait pas avantage à se retrouver en face de moi. Perdu et la route se détériorant à chaque virage, je pose mon vélo au pied d’une côte que je devrai escalader à pied. J’entre dans un parking où sont garées 4 voitures et je descend un chemin privé interdit aux autos qui ne sont pas 4×4 . Je me retrouve derrière un chalet sur le bord du lac où il n’y a pas âme qui vive! Putain de merde comme disent nos amis européens! Je rebrousse chemin et me rends à l’évidence que je n’ai d’autres choix que de m’enfoncer davantage dans la forêt. Toujours pas d’indication de la distance à parcourir pour me rendre à l’auberge du Chien Noir!

Quelques mètres plus loin, le pente s’accentue et j’aperçois une pancarte au loin. Enfin! Reste t’il une chambre disponible? Je franchis le portail et j’aperçois un petit paradis niché sur le flanc du lac. Une petite auberge qui ressemble d’avantage à un chalet privé. Je dépose mon vélo et je cogne à la porte bordée par un Jacuzzi extérieur. Un charmant couple de mon âge m’accueille amicalement. Oui, il y a une chambre est disponible! Pour la bouffe, c’est sur réservation seulement mais je crois que mon air de chien battu l’a convaincu de me dire qu’elle se débrouillerait pour me cuisiner quelque chose. C’est combien? $70 taxes et petit-déj’ inclus. Vous m’auriez proposé $500 et je crois que je n’aurais pas refusé que je lui répond! Tout le monde éclate de rire!

Après avoir pris possession de ma coquète chambre, j’enfile mon costume de bain et je m’immerge dans le lac pendant une bonne trentaine de minutes. C’était divin et récupérateur. Je n’en voulais plus à mon bon samaritain!

Ginette et Maurice me proposent une bière et on placote jusqu’à 8 heures avant de passer à table, ils sont tout à fait charmant et la conversation dévie sur leur vie, leurs passions et leurs aventures. Quelle belle soirée j’ai passée et comme je suis content de m’être écarté dans ce bled perdu!
Toute une journée et Maurice a promis de me reconduire à la croisée des chemins demain matin!
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