Saguenay/Lac St-Jean 2016; Jour #1

Jour #1 LSJ 2016Départ de Québec à 7:00h en direction de St-Siméon. Je me rend chez Pierre Remmerie comme convenu pour abandonner ma voiture…après un arrêt stratégique à la Fromagerie St-Fidèle! On n’y passe pas sans s’y être approvisionné en crottes de fromage fraiche du matin!

En me dirigeant chez Pierre, je réalise que sa maison est située au bas de la falaise sur les bords du St-Laurent! Un site enchanteur dans une coquette maison juchée sur les roches de la rive mais qui m’impose une remontée en vélo que je juge non essentielle. Un peu paresseux me direz vous? Allez vous faire cuire un oeuf…pour rester poli sur mon blog!

Je retourne donc à l’intersection de la route 170 et je sollicite la coiffeuse … d’un salon de coiffure comme vous l’aviez deviné, qui m’autorise gentilment à laisser ma voiture devant son commerce pour les 2 semaines de mon périple. Bingo!

Il fait un temps magnifique, un généreux vent de dos, et 250 mètres de dénivelé à se taper dans les premiers 8 kilomètres! Lets go mon kiki, té capable!

Après mes 15 premiers kilomètres, un gros pickup noir me double et s’arrête devant moi. On m’a souvent raconté que parfois des bons samaritains s’offraient pour supporter les cyclotouristes dans les régions montagneuses en leur offrant breuvages et nourriture!!! Mais bon, c’était plutôt au Pérou et en Bolivie! Une charmante demoiselle en descend et vient à ma rencontre. Est-ce pour m’inviter à camper chez elle??? Hé non, déception! Elle vient me demander les clefs de ma voiture parce que la coiffeuse ignorait qu’on devait peindre les lignes du stationnement cette semaine. Heureusement, j’avais apporté mon trousseau de secours.

J’ai donc poursuivi mon parcours pour arriver sans encombres à Petit Saguenay où je me suis négocié un Bed&Breakfast après avoir été acceuilli par un bataillon de moustiques voraces pendant ma visite du camping de la Zec. Y a rien de trop beau pour les amis de Zorro.

Club sandwich et frites maisons au seul casse-croute du coin. Le repas santé par ezcellence! Malheureusement, le petit bistro qui m’avait acceuilli l’an dernier a croulé sous le poids de la neige l’hiver dernier. Il ne sera ouvert qu’à compter de la semaine prochaine, dommage!

J’ai ensuite repris mon vélo pour me rendre admirer le coucher de soleil sur le quai au bord du Saguenay. Il était éboustouflant!

Sur ce, Bonne nuit et à demain!

Saguenay/Lac St-Jean 2016

20 Juin, j’entreprendrai demain les 2 parcours que j’ai parcourus en 2015 mais en un seul trait. Un total de 784 km avec 6413 mètres de dénivelé ascendant.

Départ de St-Siméon en remontant le Saguenay, Tour du Lac St-Jean en sens horaire et retour par le côté opposé du Saguenay.  J’ai prévu 12 jours pour compléter le parcours si je réussi à me restreindre à une moyenne de 60km par jour.

Comme je me connais, à moins que Dame Nature de se mette de la partie, je bouclerai probablement le tour en 10 ou 11 jours…mais je veux faire un effort pour prendre le temps de savourer chaque étape.

Oups, gros orages le 20 au soir sut tout le Québec avec de fort vents et éclairs. Panne d’électricité  vers 22h jusqu’au lendemain 18h. Impossible de partir parce que mon ordinateur est planté.  Départ remis au 22!

Map totale LSJ 2016

 

Route des Vins 2015 en Pino

Route des vins 2015   IMG_1920

Lundi le 14 Septembre, la météo prévoit une température estivale jusqu’à vendredi, mes méninges s’activent à vitesse grand V! Voici l’occasion idéale pour tenter notre première micro-aventure avec notre nouveau tandem Pino!

Vers où se diriger? Faut pas que je manque mon coup sinon ma stoker va râler! Il faut que je choisisse un parcours comportant des escales de moins de 50 kilomètres avec des dénivelés raisonnables.  En plus, il faut que je trouve des hébergements convenables car il est hors de question de camper! Claudette conserve encore des mauvais souvenirs de notre précédente expérience avec les enfants…il y a une vingtaine d’années!

Kamouraska? Non, on l’a fait en Juin avec notre tandem Cannondale.

Les rives de l’Outaouais? Intéressant, mais le trajet en voiture est plutôt loin et le parcours un peu trop long pour faire ça en 4 jours!

Estrie, Yes!!!! Septembre, idéal pour parcourir la route des vins!!!

Jour #1- Farnham-Frelighsburg

Mardi matin, on décolle de Québec vers 10h. Arrivé à Farnham vers midi trente, on s’arrête en ville pour bouffer une guedille au poulet dans un petit casse-croute. Je vais au poste de police afin de me faire recommander un parking sécuritaire pour ma voiture.

Route des vins 2015- Jour #1_Page_113:30h, on embarque sur le tandem en direction de Frelighsburg pour une randonnée de 45kms avec 300 mètres de dénivelé.  Ça semble pas trop difficile à parcourir pour une première journée! On a prévu faire un arrêt au vignoble Les Pervenches mais on l’a manqué. Faut croire qu’on a bifurqué sur le mauvais chemin… pas facile de s’orienter avec la carte, d’autant plus que le GPS du Iphone déconne royalement dans ce secteur. À plusieurs reprises nous remettons notre localisation en question et disons-le franchement, ça provoque des discussions animées à certains moments! Un détour de 5 ou 10 kilomètres en voiture, c’est rien! mais en vélo, on cherche à éviter ce genre de désagrément.

Plus on avance, plus les dénivelés s’accentuent…mais ça demeure gérable! Vers 16:30h, nous avons estimons avoir parcouru les 2/3 du trajet. On aperçoit un vignoble au loin et on aimerait bien se procurer une bonne bouteille de vin pour ce soir. Terrasse-7-300x225- RidgeLes installations du Domaine du Ridge sont magnifiques. Belle grande terrasse, boutique où déguster leurs vins et visite du domaine.

On reprend la route vers 17h et les derniers kilomètres sont assez vallonnés…la fatigue accumulée se fait sentir. Comme c’est notre première expérience en cyclo-tourisme, nous ne connaissons pas les limites de nos capacités physiques et en ajoutant le poids des bagages, la dépense d’énergie n’a aucun rapport avec les trajets que nous avons parcourus dernièrement dans la région de Québec.

Lévis 2014De plus, notre position assise sur le Pino est complètement différente que celle du tandem Cannondale. Ça ajoute de nombreux facteurs à maitriser!

 

 

Une dernière grande côte nous projette à 45km/h vers Frelighsburg. Au champ de L'aubeOn localise rapidement notre gite! Après avoir pris possession de notre coquette chambre, direction le Resto aux 2 Clochers pour relaxer sur la terrasse devant un bon verre, accompagné d’amuse-gueules. Nous sommes très fiers de nous et la journée a été fantastique. Soleil, peu de vent, paysages bucoliques, quelques bonnes bosses pour se mettre en jambe.  Il faudra cependant apprendre à gérer notre alimentation et à s’hydrater plus régulièrement. Les batteries étaient à plats vers la fin du parcours. Faut admettre que notre condition physique ne se rapproche en rien de celle de Peter Sagan.

Jour #2- Frelighsburg-Sutton

Route des vins 2015- Jour #2Lever vers 7h après une nuit agitée. Les oreillers étaient comme des guimauves synthétiques. Nous avons tourné comme des mulots en cage toute la nuit!.  Le déjeuner servi par nos hôtes Christine et Pierre était succulent. Nous l’avons partagé autour de la table familiale avec un couple de cycliste Ontarien à la retraite et un jeune couple de Belges en visite chez leurs fils qui étudie à Montréal. Ils ont parcouru plus de 2500kms au Québec en dix jours. Un vrai rallye!

Une belle journée en perspective avec 38km et 400 mètres de dénivelé. Quelques bonnes côtes sur le menu et plusieurs vignobles. On prend la mauvaise route pour sortir du village mais heureusement, on s’en aperçoit rapidement. Mon stoker semble un peu tendu ce matin et sa mèche est courte. La nuit a été courte!

Première escale à l’Orpailleur après une douzaine de kilomètres. Le soleil plombe fort et il fait très chaud sur le bitume! On enfile ensuite jusqu’à Dunham. À partir de là, nous devons quitter la route des vins pour emprunter des chemins de terre en direction vers Sutton. Nous prenons soin de s’alimenter adéquatement (crottes de fromage, barres tendres, noix, etc). En fin de compte, la route de gravelle est parfaite. IMG_1940 Très peu de circulation automobile, paysages magnifiques, de belles bosses à monter et descendre, que du plaisir! On croise des vignobles, de belles maisons canadiennes sur un chemin qui traverse des forêts denses qui nous protègent du soleil et de la chaleur.

Encore une fois, une grande descente nous accueille à 5 kilomètres de Sutton. On repère notre hotel et prenons possession de notre chambre! Le grand Luxe…mais un peu cher!  Comble de malchance, le restaurant est fermé le mercredi! Dommage, cette table a très bonne réputation. De façon générale, nous réaliserons que tout ce qui s’adresse aux touristes est cher à Sutton!

Il est 15 heures! Une bonne douche et on se retrouve assis sur la terrasse de la Micro-brasserie La Brouerie . La ville ressemble à une station balnéaire en hibernation. La saison de ski attire les touristes en hiver mais en dehors de ça, pas grand chose à visiter pour des cyclistes. Curieusement, presque tout les restaurants ferment du lundi au mercredi. Après avoir arpenté l’artère principal de long en large, on réalise qu’il n’y a que 2 ou 3 établissements où nous pourrons souper…et la micro-brasserie que nous avons visité cet après-midi semble la valeur la plus sure!

Jour #3: Sutton-Cowansville

Malgré une bonne nuit de sommeil et un succulent déjeuner, nous constatons que la fatigue accumulée gruge nos énergies et nous mettons en doute nos capacités à respecter le trajet prévu pour cette troisième journée, d’autant plus que le parcours sera de 46km avec 465 mètres de dénivelé.

Route des vins 2015- Jour #3En sortant de Sutton, les 5 premiers kilomètres nous proposent des dénivelés de 8 à 12%. Pas réchauffées, nos cuisses en prennent un coup!  Arrivés en haut de la première bosse, notre regard se tourne vers le bas de la côte et stupéfaits, nous croyons avec peine que nous ayons réussi à la gravir en tandem. Trempés mais oh combien fiers de nous!

Pour la suivante, nous devrons mettre pieds à terre car j’ai changé les vitesses trop brusquement et la chaîne a déraillé. Zut! La difficulté dans les côtes abruptes, c’est de maintenir une ligne droite (sans louvoiement) quand on pousse fort sur les pédales et que notre vitesse baisse en bas de 8km/h. C’est encore plus vrai sur les routes de gravelle. J’imagine qu’après un bon entrainement de quelques semaines, les jambes acquièrent de la musculation et que ça permet de rouler de façon plus stable?

On poursuit notre escalade et rendu au kilomètre #17, nous décidons de prendre un raccourci. Tant pis pour l’escale à Knowltown!  Mon raccourci passe par un petit Rang de gravelle et s’avère quand même vallonneux mais au moins, il a l’avantage d’être dépourvus de circulation. On finit par atteindre Cowansville vers 13:30h.

IMG_1947Nous sommes attirés par la terrasse d’un petit bistro-traiteur que nous avions croisé en entrant dans la ville. Le Saint Rafael est situé au coin d’un artère achalandé. Le menu est simple mais alléchant et la serveuse très sympathique. Notre légère collation s’avère digne d’un repas complet. (Soupe et Wrap au Canard confit). Délicieux!

 

Notre hôtel est un magnifique Manoir fraichement restauré par un charmant couple de Montréalais, Anne-Marie et Michel . Notre chambre est vaste et luxueuse. Nos hôtes nous proposent un menu gastronomique au souper. Avec un permis d’alcool  »Apporter Votre Vin » et comme nous sommes à vélo, nous lui demandons s’il peut nous indiquer la direction de la régie. Michel va s’occuper de tout! Chambre

Le repas sera délicieux. Potage de légumes, salade d’été, Osso Bucco et fondant au chocolat! Le décor d’époque évoque une ambiance de Relais et Châteaux!

 

 

Jour #4: Cowansville-Farnham

Route des vins 2015- Jour #4Encore une magnifique journée qui s’annonce! Soleil, 25-28C et pour la première fois, un léger vent de face nous challengera! Nous réalisons que c’est la première fois en 4 jours que nous apercevons des nuages!

Encore une fois, on prend la route vers 9h après délicieux déjeuner.  Trajet de 26km avec seulement 100m de dénivelé, une petite facile pour terminer le voyage! On réussit tout de même à se perdre dans la région de Brigham, ce qui nous vaut un détour de 8km. Le paysage est parsemé de champ de maïs et on traverse des villages où la dimension de certaines maisons canadiennes laissent croire que nos agriculteurs ne sont pas tous mal nantis!

Nous retrouvons la voiture sans encombres vers 13h. Retour au bercail après une randonnée extraordinaire: Une température d’estivale en plein mois de Septembre, pas de vent, pas de pluie, aucun trouble mécanique, pas de chute au sol, que du bonheur! Nous y retournerons un de ces jours…et ce qui compte par dessus tout:  Claudette a adoré l’expérience!

Fjord du Saguenay, Jour#6 : Sainte-Rose-du-Nord/Tadoussac/Saint-Siméon

Fjord du Saguenay - Jour #6_Page_1

Encore un bon petit déjeuner copieux en ce mercredi matin. Le bagages sont prêts et l’aubergiste va me déposer au sommet de la vallée. Ouf!

J’ai un bon 85 kms à parcourir aujourd’hui. Suite à mon expérience au camping provincial de Baie Éternité, j’ai décidé de zapper mon étape au camping provincial de Baie Ste-Catherine pour me rendre directement à Tadoussac.

J’ai constaté que mon cardio s’améliorait progressivement au fil des jours. Je me souviens que mes pulsations avaient grimpé jusqu’à 178bpm lors de la première montée à St-Siméon. Il se maintiennent maintenant autour de 160bpm pour les mêmes niveaux de difficultés.

Je fais escale à Sacré-Coeur pour me ravitailler dans un petit Casse-Croute sur le bord de la route. J’y enfile ma N’ième guedillle au poulet depuis le début de cette aventure!

Sacré Coeur (4) Sacré Coeur (2)

Je profite d’un bon vent de dos pour maintenir une cadence autour de 19km/h. Le paysage est magnifique le long de la rivière Sainte-Catherine. Dernier sprint avant d’atteindre les rives du Saguenay avant une dernière bonne côte pour atteindre le sommet qui surplombe Tadoussac. Je plonge alors dans une excitante descente de plusieurs kilomètres pour m’arrêter au côté d’un camion pickup qui fait la file pour prendre le traversier. Je cogne à sa vitre:  »Bonjour, je me cherche un bon samaritain pour me déposer avec mon vélo à Saint Siméon? » Embarques qu’il me répond sans aucune hésitation.  J’ai laissé en plan 2 duo de pouceux qui me précédaient!

Claude, le chauffeur très sympathique, revenait d’un séjour à son campement du nord où il construit 2 camps de pêche en pleine forêt.  Il se dirigeait vers Sainte-Hyacinthe.  J’apprends qu’il est un cultivateur semi-retraité d’ascendance Allemande.  Il a hérité récemment d’un vignoble en Alsace qu’il rénove depuis quelque temps. Il a vendu le vignoble pour n’en conserver que les bâtiments. Très intéressé, je lui ai fait part que je serais très heureux de devenir son premier locataire lorsque les rénovations seront complétées au printemps prochain.

Incroyable les rencontres qu’on fait en vélo!  Si on fait 1+1=2, on peut facilement imaginer qu’il serait possible de faire un premier voyage en Alsace, sur un Tandem PINO avec Claudette en 2016!!! Youppie!!! et à suivre!

Claude m’a déposé à ma voiture où j’ai embarqué un duo de Français qui, après avoir atterri à St-John/Terre-Neuve, se rendait à Québec pour le Festival d’Été avant de rentrer en France.

GPS Final 3 GPS Final 2 GPS Final 1

Fjord du Saguenay, Jour#4 et #5 : Chicoutimi/Sainte-Rose-du-Nord

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Lundi 7:30h, réveil et je me dirige vers le petit déjeuner! C’est bizarre, parce que je me disais ce matin que je n’avais encore rencontré aucun cyclo-touriste depuis mon départ! Est-ce parce que le niveau de difficulté du parcours décourage les candidats ou bien est-ce moi qui suis trop téméraire ? La saison touristique est pourtant bien entamée!

Hummm…leur petit déjeuner continental ressemble davantage à un comptoir de dépanneur.  Céréales en boîtes, Muffins gras genre Cantine Mobile, Café percolateur et quelques fruits…et des toasts de pain blanc.  Plutôt léger pour des cyclistes!  C’est là que je fais la rencontre de mes premiers globetrotteurs à vélo:  Un couple de France qui a atterri à Halifax il y a quelques semaines. Alexis est Parisien et Mary est Américaine de Seattle. Ils se sont rencontrés au Mexique il y a trois ans alors qu’ils travaillaient dans une auberge de jeunesse. Alexis bourlinguait à vélo depuis l’Alaska vers Ushuaïa mais son parcours s’est interrompu après sa rencontre avec Mary qu’il a d’ailleurs épousé récemment.  Je les ai invité à séjourner à la maison lors de leur passage à Québec. Ils roulent sur un tandem couché de fabrication allemande Hase Pino. C’était la première fois que j’en rencontrais un. Le Capitaine est assis à l’arrière sur une selle standard alors que le Stoker (Passager) est assis à l’avant sur un siège en forme de chaise.

Inutile de vous dire que mon cerveau s’est mis à galoper en imaginant que j’avais en fin trouver la solution au problème de confort du postérieur de Claudette lorsque nous utilisons notre tandem Cannondale. À suivre….

 

Je quitte donc Chicoutimi vers 9:30h en direction de Ste-Rose-du-Nord. Le ciel est nuageux et le vent de dos presque nul. Parfait!  Une grosse montée m’attend à une dizaine de km à St-Fulgence. Je ne suis pas prêt de l’oublier celle-là! 6% à 15% pendant 2-3 kilomètres. Pour un cycliste de mon calibre, (et de mon poids), c’est tout un défi!

St-Fulgence (1) St-Fulgence (4)

S’enfilent ensuite une série de dénivelés importants qui finissent par épuiser les quelques calories que mon déjeuner m’avait permis d’assimiler. Pour la première fois, mes jambes m’abandonnent et je me rend à l’évidence: J’ai mal géré mon alimentation! J’ai beau absorber banane, barres tendres et gels énergétiques, il est trop tard, le mal est fait. Heureusement, j’ai dépassé la mi-parcours et à part quelques bosses, le reste de la journée se déroule sur pente négative. À l’approche de Sainte-Rose, je dévale une côte de 6 à 15% sur une distance de 6 a 8 kms… Mon compteur grimpe jusqu’à 75km/h.

Sainte-Rose-du-Nord est un village enchanteur. J’avais eu l’occasion d’y séjourner avec Claudette il y an une trentaine d’années. Alexis m’avait recommandé le Gite  »Au Jardin Potager » tout en me précisant qu’ils offraient le service de navette vers le sommet de la côte pour les cyclistes. Une offre irrésistible!

Ste-Rose Village (3) Potager-Ste-Rose (1)

J’apprends que l’auberge a été le site principal pour le du tournage du film  »Le bonheur de Pierre » mettant en vedette Pierre Richard en 2008.

Le village à beaucoup changé depuis mon premier séjour mais il en demeure tout aussi charmant. L’activité se déroule autour du quai où boutiques d’artisanat, croisiéristes et 2 petits restaurants offrent leurs services aux nombreux touristes qui défilement toute la journée. Des dizaines de motocyclettes bruyantes y font escale sans arrêt et le bruit de leur motos anéanti le calme qu’impose cet oasis au creux d’une vallée plongeant dans le Saguenay. Pour ma part, j’ai bien hâte qu’on impose un niveau de décibels restreint à toutes ces ho….. d’Harley. J’aimerais proposer au manufacturier de vendre des casques munis d’écouteurs reproduisant le bruit du moteur à ses clients. Comme ça, on aurait plus à endurer la pétarade des leurs engins!

Ste-Rose Village (7)

Pour diner, je me suis rendu au Rose Café ou Linda, sa fille et Martine offrent un accueil chaleureux à chaque visiteur. On y sert des repas santé du terroir. La salade au saumon fumé et fromage de chèvre était délicieuse.

Ste-Rose Village (9)Ste-Rose Village (13)

Plus tard en soirée, vers 20:30h, un panne générale d’électricité affecte tout le village.  Je suis donc retourné au Rose Café.  Il y faisait noir et le resto était désert.  On m’a proposé des salades, assiette de fromage et bière locale. Un client accompagné de ses 2 adolescents s’est présenté vers 21h. Un couple de New-yorkais un peu plus tard. Chacun bouffait de son côté jusqu’à ce que Linda arrive et interagisse avec tout un et chacun. On apprend alors que le trio est d’origine Italienne. Le père de famille (neurologue) a déjà travaillé à Montréal pendant 6 mois il y a une quinzaine d’années. Il voulait faire partager son expérience du Québec à ses 2 enfants pendant 2 semaines. Le party a levé et chacun s’est mis à échanger avec les tables voisines. Grosse déception lorsque le courant a été rétabli vers 22:30h mais quels beaux souvenirs!

La météo prévoit quelques averses demain et je sens que mes jambes réclament un moment de repos. Je décide donc de prolonger mon séjour de 24 heures.  Seconde journée à trainer dans le village, à lire sur le quai et à observer les allées et venues des touristes et des croisiéristes. Deux ou trois averses en fin d’après-midi.  Vers 19h, alors que je lisais sur le balcon de l’auberge, Johanne, l’aubergiste, m’invite à partager le souper avec ses amis. Le menu proposait de la Ouananiche à l’étuvée (saumon d’eau douce du Lac St-Jean) garni d’une délicieuse farce accompagnée de riz brun et de salade du potager! Génial !!!

Ste-Rose Village (4)Ste-Rose Village (11)    Ste-Rose Village (1)Ste-Rose Village (2)

En résumé:

GPS Ste-Rose (3) GPS Ste-Rose (4)

Fjord du Saguenay, Jour#3 : Baie Éternité/Chicoutimi

Fjord du Saguenay - Jour #3

Dimanche, 5h du matin, les averses se sont transformées en orage. Ma tente résiste très bien à l’eau et c’est agréable d’entendre la pluie ruisseler sur la toile même si j’ai de la difficulté à dormir profondément. Une accalmie se présente vers 7h. Je consulte la météo sur mon Iphone: 12 à 18mm de pluie à compter de 10h et des orages violents en après-midi. J’ai vraiment pas envie de perdre une journée à me morfondre dans ce camping ennuyant. Je décide donc de décamper au plus vite! Mon bois est humide mais je réussi quand même à allumer mon réchaud. Je fais chauffer l’eau pour le café et je me grille 3 roties au beurre de peanut. Une banane pour compléter le tout…et un deuxième café pour la route.

Baie Éternité (14)

Je m’empresse de démonter la tente encore détrempée et plier bagages. Mon voisin vient me proposer de remonter mes bagages au poste d’accueil, il ne me restera plus qu’à m’y rendre en vélo, j’accepte. Ouf! La montée est plus facile que je ne l’aurais imaginée bien que j’aie du en monter quand même une partie à pieds.

Me voila enfin sur la route! Le ciel est menaçant mais aucune goutte de pluie jusqu’à maintenant. Pas de vent, pas de soleil et ça roule plus rapidement que depuis le début! Super, j’avais prévu rouler 53 kms pour me rendre à La Baie mais j’y arrive vers 11:30h et toujours pas de signe de pluie. La ville est magnifique mais le ciel menaçant  assombri sa splendeur! Je fais escale au Tim Horton pour enfiler un déjeuner plus copieux et reprendre mes forces.  J’ai bien le goût de me rendre à Chicoutimi, mon point de mi-parcours à partir duquel je devrais pouvoir rouler désormais avec un vent de dos!  20 kms supplémentaires à parcourir… J’évalue la difficulté du parcours et je décide de tenter ma chance.

Le dénivelé est faible et j’atteins Chicoutimi vers 16h. Je n’ai pas reçu une goutte de pluie depuis ce matin! Drôlement content d’avoir décidé de bouger!

Chicoutimi (4) Chicoutimi (6)

Comme il n’y a pas de camping à proximité, je me dirige vers le kiosque d’informations touristiques. On me suggère un BB pour $85 situé un peu en dehors du centre-ville.  Je me tape 10 kms de vélo pour constater qu’il s’agissait d’un trou perdu avec une minuscule chambre étouffante. Je retourne au kiosque et la nouvelle préposée me suggère un hôtel situé à 2 coins de rue pour $80, déjeuner inclus. Vendu!

C’était pas le Chateau Frontenac mais la chambre était propre et dotée d’un air climatisé qui faisait autant de bruit qu’un bulldozer! Une pizza dans un sympathique resto et je retourne à ma chambre pour écouter un James Bond vu et revu cent fois! Je l’ai quand même regardé jusqu’à la fin!

GPS Chicoutimi

Fjord du Saguenay, Jour#2 ; Petit-Saguenay/Baie Éternité

Fjord du Saguenay - Jour #2

Réveil à 8:30h…oups, j’ai passé tout droit! Les jambes semblent bien répondre à l’appel malgré quelques élancements dans le dos. Ça va s’améliorer chemin faisant. Déjeuner super copieux et je me gave comme un ogre. Patit Saguenay (1)

Je plie bagages et charge mon vélo sous les regards de l’hôtelier, fasciné de constater la lourdeur et la quantité de bagages qu’on peut charger sur deux roues. (…et de m’imaginer grimper les côtes de l’Anse Saint -Jean!!!)  Après 2 ou 3 mètres il me crie d’arrêter au même moment où je sentais de la résistance dans mon pédalier. Je constate que j’avais oublié de fixer le bungee(crochet élastique) autour de mon sac arrière et qu’il s’était enroulé autour du moyeu et des rayons de ma roue. J’ai frisé la catastrophe!  Je remets tout ça en place mais un frottement persiste lorsque la roue tourne.  Les barres de fixation en métal de mon aile arrière ont plié à cause du bungee et le garde-boue frotte sur la roue. Je démonte tout ça à l’aide de mon Multi-Tools et je redresse les barres du mieux que je peux.  Ouf, tout rentre dans l’ordre et je peux enfin partir l’esprit tranquille.

Comme on m’en avait prévenu, les côtes de l’Anse St-Jean sont redoutables. Le dénivelé dépasse les 20% à certains endroits et ça grimpe pendant plusieurs kilomètres.  À deux reprises, je dois mettre pieds à terre pour atteindre le sommet et un léger vent de face ne fait que me ralentir encore d’avantage.  Belle leçon d’humilité!

Baie Éternité (4)

À l’approche de Baie Éternité, j’amorce une belle descente de plusieurs kms où j’atteins les 75km/h..Yahoo!  Le village est pittoresque et je fais une pause à la halte routière pour bouffer un peu! La serveuse du Casse-croute invente pour moi une guedille au poulet délicieuse, j’en prend deux et lui recommande de l’ajouter sur son menu sous le vocable de Guedille du Cycliste!  C’est alors qu’une dame m’approche pour me demander si j’avais aperçu l’ours au bord de la route pendant ma descente? Il semblerait qu’il était à quelques mètres de moi mais toute mon attention devait se porter sur la route qui défilait sous mes yeux à plus de 70km/h!

Baie Éternité (2)Baie Éternité (8)

Ce soir, j’avais prévu coucher au camping du Parc de Baie Éternité.  La route pour s’y diriger se trouvait juste à côté de la halte mais j’ai du passer au dépanneur avant de l’aborder. Il me faut du pain, de l’eau, du lait et de la bière avant d’entrer dans le parc.  Arrivé au poste d’Accueil, la préposé me fait payer le droit d’accès en plus du frais de camping pour un montant de $45.  Hummm…presque le prix de mon Bed Breakfast d’hier et le copieux petit déjeuner n’est même pas inclus. Bien entendu, elle ne m’indique pas que le camping est situé en bas d’une côte de 4 kilomètres au milieu de ce qui ressemble à un terrain de football. J’entreprends donc la descente et ça descend, et ça descend encore…au mon Dieu, comment vais-je faire pour remonter tour ça demain matin?  Espérons qu’un bon samaritain acceptera de me prêter main forte!

Baie Éternité (11)Baie Éternité (12) Il est 15:30h et pas âme qui vive aux alentours. Bon, je monte le campement et me dirige vers la douche…Oups, ça prend 4 vingt-cinq sous pour l’activer! Je m’étais fait prendre au Lac St-Jean mais pas cette fois ci, j’ai accumulé de la monnaie dans ma sacoche! HaHaHa! le vélociste qui prend de l’expérience!

Il faut maintenant me préparer pour le souper et je dois trouver du bois pour alimenter mon poêle en combustible. Il est clairement indiqué qu’il est interdit de ramasser du bois mort dans la forêt!  À plus de $45/nuit, je trouve qu’ils charrient un peu et je me sers allègrement, d’autant plus que mes voisins en font autant! J’ai même droit à la visite d’un porc-pic!

Menu pour le souper: Rizotto au Poulet déshydraté accompagné de pois et de pain grillé! Quelques moustiques se pointent pour le repas mais mon insecticide les convainc d’aller voir ailleurs.

Il ne reste qu’à faire bouillir 2 tasses d’eau et d’incorporer ensuite dans le sachet. Laisser reposer 15 minutes et servez!  Bon, c’est pas la grande gastronomie mais  »Ça fait la job » comme on dit !

RisottoBaie Éternité (15)

Est-ce que le monsieur à l’air content? Réponse: OUI, même si mon moral a sombré dans un creux de vague un peu plus tôt!

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La brunante tombe, j’ai occupé le reste de ma soirée à alimenter un petit feu de camp à l’aide de mon Bruleur au bois Bio Lite:

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Je suis vraiment impressionné par ce petit poêle. Il ne nécessite que quelques branches sèches et en plus, il recharge mes appareils sur USB, camera, GPS et Iphone. Il chauffe très vite grâce à son petit ventilateur intégré auto rechargeable!

21:30h; l’heure du repos bien mérité est arrivée.Je prends soin de protéger ma selle en cuir de la rosée avec un sac en plastique.  Je recouvre également le reste de branches que j’ai réservées pour allumer mon feu demain matin. Très bonne idée, parce qu’il va pleuvoir toute la nuit!

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Fjord du Saguenay, Jour#1 : Saint-Siméon/Petit-Saguenay

Fjord du Saguenay - Jour #1

11h. vendredi le 3 juillet, il fait un temps ensoleillé à St-Siméon et on prévoit un mercure de 22C avec un vent latéral variant de15 à 25 km/h.  Je vais éviter de me défoncer les premiers jours comme la fois précédente, d’autant plus que le dénivelé prévu pour aujourd’hui est de 1000 mètres. Curieusement, je n’ai aucune idée de ce que représente ce dénivelé sur un vélo pesant plus de 40 kilos une fois chargé!  J’ai un peu la chienne!

Départ St-Siméon (3)

Arrivé à St-Siméon, je me cherche un endroit pour stationner ma voiture de façon sécuritaire à l’angle de la route 170. Je cogne à la porte d’un motel inoccupé et la dame m’indique un endroit pas trop isolé.  Quand je l’informe que ce sera pour 5 ou 6 jours puisque je m’apprête à faire le tour du Fjord, elle me regarde d’un air découragé en me disant:  »Le tour du Saguenay??? »  Faut croire que mes cheveux gris lui permettent de douter de mes chances de succès!  Merci, c’est très encourageant avant de partir!

Départ St-Siméon (2)

Effectivement, les premiers kilomètres se font sur un dénivelé variant de 6 à 15%. Ouch, ça fait mal lorsque les muscles sont encore à froid!

Départ St-Siméon (4)

Je réussi donc ma première montée avec fierté pour constater une fois en haut qu’une seconde tout aussi abrupte s’annonçaient à quelques mètres devant moi. Aussi bien se résigner, j’ai une bonne vingtaine de kilomètres de montées à parcourir avant de basculer au sommet de cette étape.

À l’approche de Petit Saguenay, un grande descente précédait l’arrivée au village mais j’avais oublié que je devais bifurquer à droite au milieu de la côte.  Je me retrouve donc au beau milieu du charmant village à quémander des indications pour me rendre au Village vacances de Ste-Étienne situé à plus de 18 km .   »Vous devez remonter le tiers de la côte monsieur et tourner à gauche!!! »

Je rebrousse donc chemin et remonte péniblement jusqu’à l’intersection pour ensuite m’accorder une pause réflexion afin de consulter le relief de ma carte routière. Ayoye, encore un col de 210 mètres à monter pour ensuite enfiler une grande descente jusqu’au camp…et le préposé du camping m’avait averti qu’il y avait une grande côte à monter juste avant d’atteindre le site:  »Mais on pourra aller vous chercher en pickup si vous êtes épuisé ». Effectivement, j’avais mon voyage et je n’avais pas encore entrepris le dernier stretch.  Juste à m’imaginer débuter la journée suivante en me tapant un dénivelé de 210 mètres a refroidi mes ardeurs. Je suis donc retourné au village à la recherche d’un camping ou d’un BB. La présence de nombreux moustiques m’a persuadé d’accepter l’offre alléchante d’un BB à $75 la nuit.  Il était environ 18 heures et la perspective d’une bonne douche m’attirait au plus haut point.

Une bonne pizza accompagnée d’une salade de quinoa et d’une bière sans alcool dans un petit bistro a comblé mes envies les plus fous!  Tout ça servi sur une terrasse avec vue sur les palissades de la montagne où s’exercent des alpinistes à longueur d’année.

Patit Saguenay (3)

Pour terminer la soirée, je me suis rendu en vélo au quai de Petit Saguenay pour admirer le coucher du soleil.  Le panorama, le calme du Saguenay et l’éclairage multicolore du soleil tombant étaient féériques.

Patit Saguenay (10) Patit Saguenay (13)

Au final:

Patit Saguenay (16) Patit Saguenay (17) Patit Saguenay (19)

Lac Saint-Jean, Jour #3

Réveil à 3 heures parce que j’ai froid.  Je me couvre avec ma serviette de bain mais c’est pas assez chaud…Je passe donc le reste de la nuit en mode réveil/sommeil. Je me lève à 7 heures avec des frissons  et je vais déjeuner au resto. La sympathique serveuse/cuisinière est fidèle au poste. Jus d’orange, oeufs, bacon, pain de ménage au blé et café. Me voici rassasié!

Je suis surpris de ne pas être plus raqué que ça! Je plie les bagages et je quitte vers 9h. Temps merveilleux mais frisquet ce matin! Je prévois dormir au camping de Val Jalbert (70km) mais je sais qu’au fond de moi, je vais tenter de me rendre à la voiture si le vent est clément.  Ça ferait une journée de 95 kilomètres, avec 38 kilos de bagages, sans compter le poids du vélo.

Barrage Hydro 2

Grosse montée pour commencer la journée mais la serveuse m’a indiqué un raccourci. La pente est à 15% mais beaucoup plus courte que celle du chemin pavé.  J’en arrache pour me rendre au sommet mais ça valait le coup. Peu de vent sur cette piste cyclable qui longe les champs de bleuets à perte de vue. Saint-Félicien…Roberval pour un lunch rapide au Subway…Val-Jalbert et bof, comme je m’y attendais, pourquoi ne pas compléter le tour aujourd’hui???

Le parcours à partir de St-Félicien jusqu’à Saint-Gédéon plus agréable que la section d’hier où je devais rouler sur l’accotement de la 169 la plus part du temps. On roule principalement sur des pistes cyclables qui longent le Lac.  Panorama intéressant et calme garanti!  La section entre Saint-Gédéon et Sainte-Monique était aussi plus agréable que celle d’hier.

Guidon

Rendu à ma voiture, après 95kms de route, je sens que mes jambes vont se plaindre demain. Heureusement, c’était la dernière journée du périple.  Je n’aurais pu maintenir ce rythme encore bien longtemps. Je me souviendrai qu’à l’avenir je devrai économiser mes énergies et développer la force de mes muscles progressivement pour les séjours plus longs.  Je devrais commencer par 50km et puis progresser lentement de 10km de plus par jour tout au plus. À défaut de quoi, je risque de devoir me payer une escale de quelques jours pour récupérer l’énergie dépensée trop intensément.

Ce périple m’a permis de mesurer mon endurance, me familiariser avec le vélo et le matériel de camping, de gérer son alimentation et la résistance de mon postérieur.

Je suis très heureux de l’expérience et fier de mes performances! Prochaine étape???

A suivre!
PS: Effectivement, j’ai du récupérer pendant quelques jours à mon retour à Québec. Comme je l’avais lu sur un blog, j’ai hypothéqué mes jambes en roulant plus de 70km au cours des 3 premiers jours. Leçon à retenir pour les prochaines excursions. Heureusement, j’avais déjà un 1500km de route de parcouru depuis le début de la saison!

Lac Saint-Jean, Jour #2

Réveil à 6h avec les cris des voiliers d’outardes. Une orage a déversé un peu de pluie vers 5 heures mais j’avais pris soin d’envelopper ma selle en cuir la veille! Ouf! Le soleil se pointe et il est temps d’aller déjeuner au camp principal.  J’ai oublié de m’acheter un pain mais je réussi à en quêter une tranche à un employé de la base. Donc, beurre d’arachides, noix et fruits mélangés avec une barre tendre…et 2 bons cafés expresso concoctés à l’aide de ma machine expresso et pompe de vélo! Délicieux!

Mon Iphone annonce une journée ensoleillée avec des bourrasques de vent de face entre 25 à 35km/h.  Hummm…par chance, mes jambes n’ont pas l’air trop affectées par la ride d’hier. J’embarque donc sur la route en direction de Dolbeau, un petit 60km tranquille…De petites surprises m’attendent.

Le tracé longe la route 169 et c’est pas vraiment l’fun. Par chance, on enfile un bout par la campagne après 30km. Je croise un maison où 4 vélos s’agitent en guise de girouettes. Vraiment impressionnant, j’en profite pour faire une pose.Girouette 2

Je poursuis ma route jusqu’au camping des pères Trappistes de Dolbeau mais le site en plein cœur de la ville, bien que sur le bord de la rivière.  J’ai 50km de fait et le prochain village se nomme Albanel, à 18km de là…humm…un autre petit coup de pédale avec un vent de face! Let’s go!

Arrivé au village vers 15 heures, je prend soins d’arrêter au dépanneur pour m’acheter du pain et un peu de bouffe… quand j’aperçois un 6 pack de bière sans alcool en bouteille. Comme la caissière me confirme que le camping est quelques mètres plus loin…je l’achète et je trouve moyen de fixer ça sur mon rack avant. Je rêve d’une bonne bière sur le bord de la piscine!

En sortant de l’épicerie, il y a 2 cyclo-touristes dans la cinquantaine qui prennent un pause sur le banc.  Il rigolent un peu en me voyant chargé comme un mule avec ma bouffe et ma bière. Ils m’apprennent qu’ils sont partis du même camping de Ste-Monique ce matin et la veille de St-Gédéon comme moi. Le monde est petit. Comme ils louent des chalets, leur vélos ne sont chargés que de 2 sacoches arrières. Ils se rendront à St-Félicien ce soir.

Je me dirige vers le camping municipal. Surprise!!! Le camping en question est un parc à roulottes empilées les unes sur les autres et la piscine n’est pas encore en opérations. Pas question que je campe dans ce parking de centre d’achats! La préposé a la gentillesse de me suggérer de me rendre à Normandin et me fourni même le pamphlet du camping de la Chute à l’Ours.

Seul inconvénient,c’est à plus 20km et je suis pogné pour trimbaler mon 6 pack! GOGOGO, 65km de fait avec le vent de face…ayoye, j’ai pas hâte ce me voir demain matin!

Je reprends donc la route et je rejoins mes 2 complices au pied d’une bosse de 4% après 45 minutes de route. Je suis surpris de voir les 2 gars mettre pieds à terre pour monter la côte qui fait à peine 500 mètres. C’est comme s’ils ne savaient pas comment changer les vitesses sur leur vélo! ByeBye!

Une heure plus tard, j’arrive à l’intersection du camping de la Chute de l’Ours. Le chemin est sinueux et j’aperçois une vallée qui se dessine au loin.  Hummm… tout ce qui monte redescend!. Bof…on verra demain, même si je devrai me taper ce 400 mètres de dénivelé pour sortir d’ici. Je suis content de mon choix malgré tout, mais il était temps que j’arrive! La préposé me loue l’un des plus beaux sites, collé sur la chute, loin des roulottes et des voisins.

Camping Chute a l'ours 3  Chute de l'ours

Je bouffe comme un affamé au restaurant du camping: Spaghetti gratiné, pointe de pizza, tarte au sucre et le 6 packs en soirée…on pourra pas dire que le vélo fait maigrir jusqu’à maintenant!

Pour digérer un peu, je visite le camping d’un versant à l’autre.  Mon site est un peu à l’écart des autres, vraiment collé sur la rivière.  Je traverse un petit pont pour piéton et je me retrouve sur une allée asphaltée qui sillonne le camping.  Beaucoup de roulottes et VR empilés l’un à côté des autres avec des terrains à peine assez grand pour y installer une table et un BBQ.  De la façon qu’ils sont installés, j’en déduit que la majorité d’entre eux y passeront la saison estivale. Bon, disons qu’il faut aimer socialiser et entendre ses voisins.

Je vais donc m’étendre sur les rochers autour des rapides de la rivière situé à 2 pas de ma tente.  (voir photo en haut). Sur les bord de l’eau, il y a 2 gars qui lancent leur ligne dans le remous de la chute en buvant de la bière.  Ils capturent quelques poissons d’une dizaine de pouces. (perchaude, brochet, barbotte?). Ils emprisonnent leurs captures en les lançant dans une mare d’eau contenue entre les rochers. Deux enfants s’amusent à essayer de les attraper avec un sac de Dollorama. Tout ce manège dure de 19h à la brunante.  Les enfants quittent en abandonnant le sac blanc de Dollorama sur le site… et quelques instants plus tard les pêcheurs suivent.  Croyez le ou non, mais ceux-ci ont laissé sont passés à côté du sachet de leurs canettes de bières vides sans le ramasser. Je n’arrivais pas à y croire!!! des pêcheurs pollueurs. Merde, j’avais le goût de les interpeller mais j’ai préféré m’abstenir…on ne peut jamais prévoir la réaction de ce genre de bonhommes. J’ai plutôt accompli ma B-A de la journée! C’est quand même frustrant de rencontrer des sportifs qui se foutent de l’environnement et des prochains visiteurs!

Pierre….décrampes, tu es en vacances!

Donc très grosse journée avec des vents de face de 25 à 35km/h pour un total de  85kms avec une moyenne de 16.4k/h Je ne pensais pas être capable de rouler autant aujourd’hui!🚴🚴🚴

Ici, le camping est paradisiaque. Bien que bruyant, j’ai hérité du + beau site sur le bord de la rivière. S’il y a une crue des eaux cette nuit, Adieu la compagnie!